132,340 kg de résine de cannabis, 8,019 kg de cocaïne, 8,110 kg d’herbe de cannabis et 360 g d’héroïne. « En valeur estimée à la vente, cela représente
675.180 €. C’est énorme ». Vice-procureur de la République de Saint-Brieuc, Patrick Lewden l’affirme : c’est l’une des plus grosses affaires de stupéfiants jamais menées par le parquet briochin
qui connaîtra son épilogue les 3 et 4 juillet prochains. Au total, 22 prévenus se retrouveront à la barre pendant ces deux jours. « Et 28 autres personnes, qui ont été mises en examen dans cinq
dossiers qui découlent directement de celui-ci, seront jugées ultérieurement », poursuit le magistrat. Les membres de ce groupe d’une cinquantaine d’individus - allant du fournisseur installé en
région parisienne au petit revendeur-consommateur costarmoricain - appartenaient au même réseau. Un réseau qui a alimenté en produits stupéfiants les régions de Saint-Brieuc, Saint-Cast-le-Guildo
et Loudéac, du mois de juin 2006 à celui de novembre 2007.
Deux frères au cœur du trafic
Au cœur du trafic,
deux frères, âgés de 27 et 28 ans, auraient joué un rôle central selon l’enquête menée par les gendarmes de la brigade de recherche de Saint-Brieuc. Très peu
connus des services de police et de gendarmerie, les deux hommes, domiciliés dans l’agglomération briochine, sont soupçonnés de s’être fournis en région parisienne afin « d’inonder » une partie
du marché de la drogue costarmoricain via leurs lieutenants. « Ils ne travaillaient pas et vivaient très largement du trafic, en dépensant notamment leur argent en flambant au casino », continue
Patrick Lewden.
Vente à chrome
Dans la plupart des cas, la vente se faisait « à chrome » : « Le vendeur donne le produit et un délai pour se faire payer. Le revendeur a généralement huit à
dix jours pour ramener l’argent ». Une méthode, source de tensions selon le vice-procureur de la République de Saint-Brieuc ; sollicitations téléphoniques et descentes musclées étant fréquentes
envers les mauvais payeurs. « Ce sont les méthodes connues des trafiquants. C’est un milieu très dur ». Cependant, si fusils et armes de poing ont été trouvés lors des différentes saisies, aucun
des prévenus ne sera toutefois poursuivi pour violence début juillet.
Vingt ans encourus
Mais les peines encourues restent très lourdes : vingt ans en cas de récidive, avec une peine plancher de quatre ans. Et pour mémoire, le 27 octobre 2006, le
tribunal correctionnel de Saint-Brieuc avait condamné à neuf ans de prison ferme un jeune homme qui se trouvait à la tête d’un réseau de taille similaire. Ceux qui seront dans le box des accusés
dans quelques semaines sont présentés comme ses successeurs par l’accusation.
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