Philippe Cohen-Grillet, le vendredi 30 mai 2008 à 04:00
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 25 au 26 avril dernier. Mais jusqu’à aujourd’hui, Ils restaient entourés de la plus parfaite discrétion, peut-être afin qu’ils n’interfèrent en rien dans le procès de Michel Fourniret et de son épouse, tous deux condamnés mercredi par la cour d’assises de Charleville-Mézières pour une série de crimes, au terme de deux mois d’audience.
Ce soir-là, donc, un homme a été interpellé par la police, suspecté d’exhibition sexuelle et de s’être, à deux reprises au cours de la même soirée, masturbé
devant des jeunes femmes en pleine rue. Placé en garde à vue, il décline son identité et sa fonction : fonctionnaire de l’administration pénitentiaire, il est membre de l’Equipe régionale
d’intervention et de sécurité (ERIS), basée à Dijon et spécialement détachée à Charleville pour assurer la surveillance et la protection de Michel Fourniret. Branle-bas de combat immédiat au
commissariat : le commissaire Legrand est alerté, tout comme la préfecture. A son tour, celle-ci informe sans délai le cabinet de la garde des Sceaux Rachida Dati de l’embarrassant fait
divers, l’ERIS dépendant du ministère de la Justice.
Nous avons pu reconstituer les faits qui posent question et revêtent un relief particulier en raison de leur contexte ainsi que de la qualité de leur auteur
présumé. Le membre de l’ERIS, B. D., était arrivé à Charleville la veille, jeudi 24 avril. Il était chargé, avec ses collègues, de veiller à la sécurité de Fourniret, un détenu
« particulièrement surveillé » dont certains redoutaient qu’il porte atteinte à ses jours durant son procès. Selon nos informations, B. D. a expliqué aux policiers que vendredi 25
vers 19 heures, après son service, il était allé dîner en compagnie d’un officier de l’ERIS au restaurant-pub Le Bureau, devenu durant la durée des audiences le QG des forces spéciales
mobilisées pour l’occasion, ERIS et GIPN notamment. Une fois son supérieur parti, il serait resté un moment, consommant une ou deux bières. La suite nous est racontée par quatre des jeunes
femmes qui ont déposé plainte cette nuit-là.
Edition France Soir du vendredi 30 mai 2008 n°19810 page 11
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Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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