Mardi 27 mai 2008
        ASSISES
 
Crédit Photo : TF1-LCI
 
. Son mari avait été retrouvé en 2004 sans tête, ni mains, ni pieds. Sa femme a été condamnée en appel à 15 ans de prison.
. La cour a reconnu l'accusée coupable de "violences volontaires" ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

- le 26/05/2008 - 21h30

 

Florence Féderlé, 46 ans, accusée du meurtre de son mari dont le corps sans tête, ni mains, ni pieds, avait été retrouvé en 2004 en lisière d'un bois en Essonne, a été condamnée lundi à 15 ans de réclusion par la cour d'assises du Val-de-Marne, qui a requalifié les faits. Après quatre heures de délibéré, la cour a reconnu l'accusée coupable de "violences volontaires" ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Quinze ans de réclusion est la peine maximale encourue pour ce chef d'accusation.

Florence Féderlé, qui a toujours clamé son innocence depuis son arrestation, n'a pas réagi à l'énoncé du verdict. En requalifiant les faits, la cour semble avoir tenu compte des questions restées sans réponse dans une affaire où l'accusée avait été mise en examen pour assassinat, avant d'être renvoyée devant les assises pour meurtre. Une peine de 20 ans de réclusion criminelle, identique à celle prononcée en première instance par la cour d'assises de l'Essonne en janvier 2007, avait été réclamée lundi matin par l'avocate générale Annie Grenier, tandis que pour la défense, Me Joseph Cohen-Sabban avait évoqué "le spectre de l'erreur judiciaire". "Le doute est là (...), il est énorme", avait-il lancé, après avoir détaillé les nombreuses zones d'ombre du dossier.

Les membres découpés à l'aide d'une scie électrique

Le corps mutilé, dénudé et partiellement calciné d'Yves Bourgade avait été retrouvé le 27 février 2004 en bordure d'un bois à Champcueil. La tête, les mains et les pieds de cet artisan en bâtiment, vraisemblablement découpés à l'aide d'une scie électrique selon les expertises, n'ont jamais été retrouvés. Deux jours plus tôt, le 25 février 2004, Florence Féderlé avait annoncé à ses proches que son mari, qualifié de "fêtard" et dont le penchant pour l'alcool s'était aggravé les mois précédant sa disparition, l'avait quittée soudainement pour une autre femme. Il était parti, selon elle, ce jour-là après une dispute les ayant opposés tôt le matin alors qu'il revenait d'une nuit dans un bar à Fontainebleau. Une version que cette mère de trois enfants a toujours maintenue.

Mais pour Me Cohen-Sabban, si on suppose qu'Yves Bourgade a été tué le 25 février au matin, comment expliquer que lors de la découverte de son corps, deux jours plus tard, "pas une goutte d'alcool" n'ait été retrouvée dans son sang. De même, pourquoi l'accusée aurait-elle attendu deux jours pour se débarrasser du corps, après l'avoir découpé, alors qu'elle était restée seule chez elle, ses enfants ayant été envoyés chez sa soeur le matin de la dispute. "Tout ramène à Florence Féderlé", avait au contraire estimé l'avocate générale qui, sans apporter de réponses aux zones d'ombre entourant l'affaire, a considéré que les "éléments" matériels permettaient "de dire que (l'accusée) est effectivement coupable".

(D'après agence)

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"Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur, comme du cancer ou de la tuberculose..

Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."

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