Reuters - 26/05/08 à 16:49:00 - 365 mots
ADDIS-ABEBA (Reuters) - L'ancien dictateur marxiste Mengistu Hailé Mariam a été condamné à mort lundi par la Cour suprême d'Ethiopie.
La cour a ainsi accédé à un appel de l'accusation qui jugeait la condamnation à la réclusion à perpétuité prononcée en première instance insuffisante pour un homme d'Etat dont les opposants ont été tués par milliers.
L'ancien président, surnommé le "négus rouge", vit un exil doré au Zimbabwe depuis sa fuite d'Ethiopie, en 1991, et le renversement de son régime par les maquisards de Meles Zenawi, devenu Premier ministre.
Les autorités zimbabwéennes refusent de le livrer à la justice éthiopienne, mais cette position pourrait évoluer à l'issue du second tour de la présidentielle, le mois prochain.
Le président Robert Mugabe, qui considère Mengistu comme un compagnon de la libération de son pays, sera opposé à Morgan Tsvangirai, dont le mouvement s'est prononcé pour l'extradition.
"Etant donné l'appel interjeté par l'accusation, qui affirmait qu'une peine de prison à vie n'était pas proportionnée aux crimes commis par le régime de Mengistu, le tribunal a décidé de le condamner à mort", dit l'arrêt de la Cour suprême.
En janvier 2007, à l'issue de 12 ans de procès, la justice éthiopienne a condamné Mengistu à une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour son implication directe dans 2.000 assassinats et des actes de tortures infligés à 2.400 personnes.
Né en 1937, le futur dictateur, alors obscur officier dans l'armée, avait pris part à la révolution qui a chassé l'empereur Hailé Sélassié en 1974 avant de s'élever dans la hiérarchie de la Derg, junte militaire qui devait instaurer la "terreur rouge" des années 1977-78, et d'en prendre la tête.
Dix-neuf autres membres de son régime ont été condamnés à la peine capitale et un 20e écope de la prison à vie.
"Les crimes commis par Mengistu et ses co-prévenus, qui ont assassiné un empereur et l'ont enterré sous des toilettes, sont sans précédent dans l'histoire humaine", ajoute la Cour suprême.
Tsegaye Tadesse, version française Eric Faye
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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