Dimanche 25 mai 2008

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Paru le vendredi 23 mai 2008 0 commentaire(s)

Le verdict de la cour d'assises du Var hier, dans un procès pour viol à Gonfaron (Var-matin d'hier), s'est achevé sur une scène de violence que rien n'avait laissé prévoir. En apprenant qu'il était condamné à sept ans d'emprisonnement, l'accusé, Mohamed Baradji a brandi une minuscule lame de rasoir sortie d'on ne sait où, et s'est aussitôt entaillé à deux reprises les veines du poignet gauche, sous les yeux horrifiés des jurés.

Mohamed Baradji ayant comparu libre, après avoir été remis en liberté au bout de neuf mois de détention provisoire, le service d'ordre était légèrement en retrait pendant le prononcé du délibéré par le président Jean-Luc Tournier. Le moment de surprise passé, un policier s'est avancé pour désarmer le condamné. Ce que voyant, Mohamed Baradji s'est appliqué la lame contre la gorge, menaçant de s'entailler une carotide.

Le sang-froid d'un policier

Avec beaucoup de sang-froid et de courage, le sous-brigadier Régis Minet, du commissariat de Draguignan, a esquissé un geste d'apaisement pour mieux bondir sur le condamné et saisir la main armée. Quelques minutes plus tard, les pompiers prenaient en charge Mohamed Baradji, conduit sous bonne escorte aux urgences du centre hospitalier. Ses jours ne semblaient pas en danger. Dans la matinée, une peine de dix à douze ans de réclusion avait été requise contre l'accusé par l'avocat général Marie-Laure Arnouil dans cette affaire où les jurés avaient à choisir entre deux thèses.

Question de bon sens

Celle de la victime, qui expliquait que l'accusé l'avait attendue jusqu'à la fermeture du bar où elle travaillait, pour l'entraîner sous la menace jusqu'à un parking voisin, la frapper et la violer.

Celle de Mohamed Baradji qui soutenait que cette relation, en partie filmée par la caméra de surveillance du parking, avait été entièrement consentie par la jeune femme qui lui avait fait des avances.

La démonstration de l'avocat général, comme celles des avocats de la plaignante, se résumait à cette seule question soumise au bon sens de la cour.

« Pensez-vous vraiment que cette femme avait si hâte d'avoir un rapport sexuel avec l'accusé, qu'elle l'ait emmené une nuit de novembre, à 1 heure du matin, sur la place principale de Gonfaron, pour avoir cette relation à même le pavé du trottoir, devant une caméra de vidéosurveillance ? »

Les jurés menacés

Me Didier Collin, très inspiré en défense, a plaidé l'acquittement pur et simple de Mohamed Baradji, en suggérant que les accusations de la plaignante pouvaient avoir un tout autre motif que le viol. « Elle l'a accusé parce qu'elle a eu peur du sida, parce qu'elle était déboussolée par son propre comportement et son manque de lucidité pendant les quelques minutes de l'acte sexuel qu'elle a accepté. Elle l'a regretté juste après, à cause du manque de romantisme de Baradji qui l'a délaissée pour uriner. »

On sait désormais quel a été le choix de la cour entre ces thèses.

Les jurés n'en ont pas été quittes de leurs émotions après la conclusion sanglante du verdict. Un membre de la famille de l'accusé, dépité par la décision, les a attendus à la sortie du palais de justice pour les menacer. Il a ensuite été interpellé à l'hôpital et devrait être déféré aujourd'hui devant le tribunal correctionnel, pour répondre en comparution immédiate de ses actes.

G. D.
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"Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur, comme du cancer ou de la tuberculose..

Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."

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