Samedi 17 mai 2008


CLICANOO.COM | Publié le 17 mai 2008

COUR D’ASSISES - Antonio Rodrigues, 35 ans comparaissait hier devant la cour d’assises pour viol sur son ex-amie. Tout au long du procès, l’accusé n’a de cesse de plaider son innocence. Face à la partie civile, il a toujours confirmé sa version des faits : “Le rapport était consenti”. Retour sur un procès à couteaux tirés.

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“Ce ne sont pas des mensonges. Moi, je sais ce que je dis”. La victime ne fera que répéter ces mots face au tribunal et surtout aux questions de l’avocate de la défense, Maître Briot. La jeune victime conclura même les débats, clamant : “Je n’ai plus rien à dire. Je ne suis pas obligée de répondre”. Après quelques brèves et contradictoires explications, elle ne veut plus s’expliquer. Mais les faits sont graves. C’est une accusation de viol. Antonio Rodrigues, très habile du verbe, le dira lui-même : “Vous êtes en train de jouer avec ma vie”. L’accusé est déjà bien connu des tribunaux locaux. Il affiche plus de quinze accusations à son casier judiciaire. Mais rien jusqu’alors touchant aux personnes. Alors que la victime affirme avoir été emmenée de force dans l’appartement de son agresseur, ex-compagnon, aux Camélias le 9 mars 2006, dix jours après sa libération de prison, et avoir été violée avec violence, Antonio Rodrigues lui, plaide avec ferveur qu’elle était consentante et par conséquent, qu’elle ment. “C’est elle qui me harcèle. Ça fait un an que ça dure. Elle a toujours fabulé”, explique-t-il. Effectivement, anciennement alcoolique, qualifiée de “personne vulnérable, fragile et ambiguë” par l’expert psychologique, elle entretenait une relation tumultueuse avec lui, ponctuée à deux reprises de plaintes déposées contre ce dernier. Plaintes qui se sont avérées mensongères.

“Depuis deux ans, il n’a de cesse de se dire innocent”

“C’est à cause de l’alcool et de ma fragilité que j’ai menti. Mais le 9 mars, il m’a bien violée. Je ne raconte pas de bobards”, se défend la victime. Me Lucas Caliamou, son avocat, basera sa plaidoirie sur l’image de la femme battue et en souffrance de sa cliente qui, “s’est toujours battue pour survivre”. Il pointera ensuite du doigt la personnalité de l’accusé rappelant les faits : “L’expert gynécologique a relevé plusieurs plaies importantes au niveau du vagin et de l’anus. Le rapport a été forcé et violent”. Il termine sur la peur de la victime qui craint de voir son agresseur en liberté. L’avocat général, François Basset, jouera sur le même registre. Celui de la femme battue type par le macho type à la sexualité particulière (recours aux prostituées et à des rapports homosexuels). “Vous l’avez sodomisée pour la punir des tromperies qu’elle avait commises”. Il lui donnera même un conseil : “Vous avez une certaine arrogance et du culot. Mais vous devez vous remettre en cause”. Il requiert une peine de dix ans ferme car craint un risque de récidive. Une peine que l’avocate de la défense, Me Briot, n’accepte pas. Pour elle, son client est innocent. Sa plaidoirie se basera essentiellement sur ce fait. “Depuis deux ans, il n’a de cesse de se dire innocent. Il harcèle le juge d’instruction pour lui demander des vérifications multiples qui, jusqu’à maintenant, se sont avérées exactes, identiques aux propos de mon client”, argumente l’avocate. En fin de soirée, le jugement s’avérait difficile pour les jurés qui devaient trancher entre les deux discours. Antonio Rodrigues écope de huit ans de prison ferme. Une peine qu’il n’a pas acceptée. Les gendarmes ont dû le maîtriser pour l’évacuer du box

Vanessa Hoarau

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"Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur, comme du cancer ou de la tuberculose..

Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."

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