Vendredi 16 mai 2008

EVRY (AFP) - Jean-Luc Cayez, violeur récidiviste, a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, pour le meurtre et le viol d'Audrey Jouannet, 24 ans, en septembre 2005 à Soisy-sur-Seine (Essonne), par la cour d'assises de l'Essonne.

Le verdict, conforme aux réquisitions de l'avocat général, a été accueilli par des applaudissement, puis des insultes à l'encontre de l'accusé.

Il s'agit de la peine maximale prévue pour de tels faits.

Agé de 50 ans, Jean-Luc Cayez avait déjà été condamné à deux reprises pour viol en 1984 et 1981 à respectivement 7 et 20 ans de prison. Il était sorti en 2002, profitant des réductions de peine et des décrets de grâce présidentielle.

Dans la nuit du 13 au 14 septembre 2005, Jean-Luc Cayez s'était introduit, cagoulé et muni d'un fusil à pompe, au domicile de la jeune fille qui habitait la résidence dont il était le gardien.

Après l'avoir séquestrée et violée, il l'avait étranglée avec une corde à sauter.


Le double visage du meurtrier d'Audrey Agnès Vives

jeudi 15 mai 2008 | Le Parisien

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Au tribunal, Jean-Luc Cayez s'est montré colérique avant de craquer. Il est accusé d'avoir violé, torturé et tué une jeune femme en septembre 2005 à Soisy-sur-Seine.

UN MONSTRE à visage humain ou un fils traumatisé par l'abandon de sa mère ? Qui est Jean-Luc Cayez ? La cour d'assises de l'Essonne a tenté de comprendre hier ce qui a conduit ce gardien d'immeuble de 50 ans à enlever, violer, torturer et tuer en septembre 2005 Audrey. La jeune femme de 24 ans habitait au-dessus de sa loge, à Soisy-sur-Seine. Des faits que le violeur récidiviste reconnaît, à l'exception des actes de torture et de barbarie.



Dans le box, cet homme assez massif, petites lunettes rondes et longs cheveux blancs noués, s'est montré tour à tour repentant et colérique. Dès l'ouverture d'audience, Jean-Luc Cayez sort de ses gonds en voyant arriver sa mère, malade. « Non, rentre à la maison ! » ordonne-t-il avant de menacer le président : « Elle ne témoigne pas. Je fous la merde, je vous ai prévenu. » Ce ne sera pas son seul coup d'éclat. Il donnera un coup de poing dans le box, à la lecture de déclarations de sa mère qui ne lui pardonne pas son crime.

De son enfance, Jean-Luc Cayez ne retient « aucun souvenir ». A 10 ans, ses parents se séparent. « J'en voulais à ma mère car elle était partie. » Selon les experts, ses problèmes avec les femmes viennent de là. S'ensuit une dérive délinquante (vols, cambriolages) avant qu'il s'engage dans l'armée. Le légionnaire est alors violé par un autre militaire. Une agression qu'il taira pendant vingt-trois ans.

En 1983, après une dispute avec son amie, le jeune homme de 26 ans part « faire quelque chose de grave pour retourner en prison ». L'agression d'une passante se transforme en viol. Retour à la case prison. Deux ans plus tard, il drogue une de ses voisines, l'attache, la gifle et la viole.

« Vous n'analysez jamais vos actes ? » s'enquiert le président. « Ça vient dans ma tête, ça repart. C'est une obsession. » En détention, Jean-Luc Cayez suivra à la fois une thérapie médicamenteuse pour supprimer ses pulsions et une psychothérapie. Le 4 octobre 2002, il recouvre la liberté. Les soins s'arrêtent. « J'étais bien dans ma tête. Je n'avais plus de libido. » Il arrive à Soisy comme gardien. Là, l'homme « serviable » pour certains est contesté par d'autres. Des habitantes l'accusent de dérober des sous-vêtements. « Il y a deux personnages qui cohabitent, résume le président. Une personne sympathique... » « Et derrière le monstre », coupe Jean-Luc Cayez avant de s'effondrer en larmes. « Il y a une réelle volonté d'explication », argue M e Bourdais. « C'est un grand comédien », conteste M e Laurent-Franck Liénard.

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"Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur, comme du cancer ou de la tuberculose..

Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."

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