12
mai 2008
Pour avoir récemment été invité à participer à l’audition de trois jeunes avocats candidats à la Conférence du Stage, institution bicentenaire du Barreau de Paris, je puis attester des qualités innées de comédien de nombre d’entre eux. Il
ne s’agit pas que d’un concours d’éloquence appuyé par une certaine force de conviction. Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si
bon nombre rêvent de monter effectivement sur les planches. Ce que six d’entre eux feront les 16 et 17 mai prochains à 20h30 au théâtre de l’Aquarium de la Cartoucherie de Vincennes. Six
anciens Secrétaires de la Conférence qui ressusciteront, le temps de deux soirées exceptionnelles, le procès intenté en 1857 à Charles Baudelaire pour Les Fleurs du mal pour atteinte aux bonnes moeurs et à la morale publique et religieuse.
Le spectacle, mis en scène par Olivier Treiner, est monté par l’Association qui regroupe anciens et actuels Secrétaires sous la houlette de François Gibault, avocat et écrivain. Ils ont bien l’intention de montrer en quoi cette affaire de censure des oeuvres de l’esprit n’a rien perdu de son actualité. Vont-ils tirer à la courte paille le nom de celui qui prononcera le fameux réquisitoire de Pinard, substitut du procureur général, ou bien cet avocat sera-t-il commis d’office ? Sera également évoquée la réhabilitation de Baudelaire par la cour de Cassation le 31 mai 1949 à la demande la Société des Gens de Lettres. (renseignements 01-45-51-42-02). Il y a quelques mois encore, Philippe Blondeau, un magistrat du Tribunal de Grande Instance de Chalon-sur-Saône, avait pareillement monté le procès des Fleurs du mal mais à la Sorbonne, à l’initative de Pierre Brunel, son vice-président, pour le 150ème anniversaire du procès.
(”Trois candidats à la conférence du Stage reçus à l’issue du concours par le bâtonnier en son bureau même”, photo passou)
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Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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