Jeudi 15 mai 2008

 

Capture d'écran du reportage de Charles Enderlin, réalisé le 29 septembre 2000 à Netzarim dans la bande de Gaza

JERUSALEM (AFP) — La mort filmée à Gaza du petit Mohammed al-Doura, devenu une icône de la répression israélienne dans le monde arabe, a fait lundi pour la première fois l'objet d'un débat dans un tribunal israélien, près de huit ans après ce drame.

Un cabinet d'avocats ultra-nationalistes a réclamé à la Cour suprême la révocation des accréditations de journalistes de l'équipe de télévision de France 2, accusée d'avoir "mis en scène" la mort de cet enfant de douze ans dans les bras de son père, le 30 septembre 2000, au tout début de la seconde Intifada.

En face, les représentants de l'Etat et de la chaîne française, soutenus par les associations de la presse israélienne et étrangère, ont rejeté cette exigence au nom notamment de la "liberté de la presse".

"Ce recours s'inscrit dans une campagne calomnieuse suite à l'impact qu'ont eu ces images, une campagne qui vise à délégitimer le travail des journalistes" couvrant le conflit israélo-palestinien, a déclaré Charles Enderlin, le journaliste auteur du reportage et directeur du bureau de France 2 à Jérusalem.

Il s'est toutefois félicité que l'affaire soit portée pour la première fois devant les tribunaux en Israël, affirmant que jusqu'à ce jour "aucune demande en bonne et due forme n'a été adressée à France 2 par une instance judiciaire israélienne" pour faire la lumière sur les circonstances du drame.

Ofir Tal, l'avocat de France 2, a rappelé au tribunal qu'aucune instance juridique israélienne (ou étrangère) n'avait jusqu'à ce jour conclu à une fabrication, et qu'au contraire, des auteurs de telles affirmations avaient été "condamnés pour diffamation" à quatre reprises devant des tribunaux français, l'un des jugements faisant l'objet d'une procédure d'appel.

Le cabinet d'avocats Shurat HaDin a soutenu pour sa part que les images filmées par un cameraman palestinien de la fusillade de Gaza au cours de laquelle le petit Mohammed avait été tué, "avaient été sans nul doute une mise en scène, et cela à des fins de propagande palestinienne".

L'avocate de Shurat HaDin, Nitsana Darshan Leiner, a estimé que cette "mise en scène a provoqué un dommage terrible à l'image d'Israël de par le monde et suscité des accusations de +crime rituel+", comparables à celles lancées contre les juifs au Moyen Age.

Selon elle, le chef du Bureau de presse gouvernemental, Daniel Seaman, avait repris à son compte cette thèse, dans une lettre à cette association en octobre dernier.

M. Seaman avait toutefois déclaré être dans "l'incapacité légale" de retirer les cartes d'accréditation des journalistes en l'absence de plainte officielle israélienne contre France 2 et car aucune atteinte à la sécurité de l'Etat ne pouvait être relevée.

Le tribunal a annoncé qu'il déciderait prochainement si l'affaire relève de sa compétence.

Les images poignantes, retransmises en boucle par les télévisions du monde entier, de l'enfant tué dans un échange de tirs entre militaires israéliens et policiers palestiniens à Gaza, avaient plongé Israël dans un profond embarras.

On voyait le père, Jamal, supplier des tireurs, apparemment des militaires israéliens, de ne pas tirer. Le film ne montrait pas qui avait tiré, mais concluait que l'enfant avait été victime de balles israéliennes.

Dans un premier temps, l'armée n'avait pas opposé de démenti, déplorant la mort de l'enfant et dénonçant "l'utilisation cynique des femmes et des enfants conduits sur des terrains de confrontations" tout en évoquant la possibilité que l'enfant ait été tué par erreur par des Palestiniens.

Lorsque la scène est devenue emblématique de la cause palestinienne, des responsables militaires ont affirmé avoir la certitude que l'enfant n'avait pas été tué par des soldats.

Différents organismes ultra-nationalistes ont alors répandu la thèse d'un véritable complot anti-israélien, certains allant jusqu'à prétendre que le petit Mohammed n'était pas mort.

Retour à l'accueil

JUSTICE BRULANTE

  • Des assises comme s'il en pleuvait
    Agresseur toxicomane Egorger sa concubine Enceinte Patron d'un bar Braquage du Super U Les braqueurs de Tourlaville Les conséquences tragiques d'une banale altercation Pink Panthers L'incroyable périple Transmis le...
  • Cour d'Assises de Conakry
    Aminata 108 affaires Conakry Un dossier d'espionnage ! Deux dossiers douteux déjà! Le premier condamné à la peine de mort Peine de mort pour homicide
  • Jacques Viguier
    Meurtre sans cadavre   8 décembre " Je ne comprends pas..." Le procès peut-être reporté Contre-expertise annoncée
  • Procès Ferrara
    Antonio Ferrara Le "baveux" Comment "le Petit" est devenu caïd Ferrara, roi de la belle et du braquage Le roi de la belle Ouverture du procès Ferrara décontracté ...
  • Le procès de l'inconscience
    Le procès de l'inconscience Crédit Photo : LCI L'immeuble incendié en 2005 à L'Haÿ-les-Roses ...
  • Des tonnes de correctionnelles
    Le psy Hébergement Mariages blancs Agression d'une policière ...
  • «Tricherie»
    La Française des Jeux perd son procès Diffamation "La Française des Jeux a eu tort de me prendre de haut" Robert Riblet
  • Les déboutés du droit au logement opposable peuvent attaquer l'Etat
    En pleine tempête médiatique sur le sort des sans-abri, les personnes considérées comme prioritaires en matière de demande de logement, sont désormais en droit de saisir le tribunal administratif si l'Etat s'est avéré défaillant. Photographe : Miguel...
  • Marc Cécillon, ancien rugbyman à nouveau sur le banc !
    Le procès en appel de l'ancien rugbyman, Marc Cécillon, a débuté à Nîmes Le procès en appel de l'ancien rugbyman international, Marc Cécillon, condamné en première instance à 20 ans de réclusion pour avoir assassiné son épouse en 2004, a débuté lundi devant la...
  • "Libération" interpellé : flagrant délire
        L'interpellation musclée d'un ex-PDG de «Libération», vendredi, a suscité de nombreuses réactions d'indignation.     L'interpellation musclée de l'ancien directeur de Libération, Vittorio de...
liste complète

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Belles lignes!

 

"Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur, comme du cancer ou de la tuberculose..

Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."

                            METEO JUDICIAIRE

 


Images aléatoires

Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus