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Si l'avis du SGDN est suivi au sommet de l'Etat, cet accès à des lieux protégés, essentiel dans un travail d'enquête, ne sera plus possible que sous certaines
conditions. Le projet d'article, intitulé "les investigations judiciaires ne peuvent porter atteinte au secret de la défense nationale", est ainsi rédigé : "Lorsqu'un magistrat
envisage de procéder à une perquisition dans des lieux classifiés ou abritant des secrets de la défense nationale, il remet à l'autorité administrative compétente une décision écrite et motivée
indiquant la nature de l'infraction, (…) les raisons justifiant la perquisition et l'objet de celle-ci."
L'effet de surprise de la perquisition disparaîtrait de fait. D'autant que l'autorité administrative est alors censée transmettre cette "décision" du juge au président de la commission
consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), seul habilité à déclarer une "déclassification temporaire, totale ou partielle" du lieu visé par le magistrat. La perquisition,
si elle est autorisée, se ferait alors en sa présence. Par ailleurs, "les saisies et les mises sous scellés" ne pourraient "porter que sur des documents non classifiés ou
déclassifiés". Seul le président de la CCSDN pourra prendre connaissance des "informations classifiées" et décider, ou non, de les transmettre au magistrat instructeur.
AUDITIONS EXCEPTIONNELLES
En outre, l'audition d'agents des services secrets ne pourrait être qu'exceptionnelle, puisqu'ils seraient autorisés à témoigner par écrit, sans mentionner leur identité. Le fait de révéler
toute information conduisant à la découverte de l'appartenance d'un fonctionnaire aux services de renseignements serait désormais puni de trois ans de prison et de 150000 euros d'amende.
Enfin, le SGDN entend réglementer le "brouillage", en prévoyant que "les installations radioélectriques de l'Etat (…) permettent de rendre inopérants les appareils de communications électroniques de tous types".
Bruno Thouzelier, le président de l'Union syndicale des magistrats (USM), estime qu'il s'agit là de "dispositions préoccupantes". "L'Etat s'autoprotège et se met à l'abri des juges", commente-t-il.
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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