La plupart des accusés étaient des récidivistes ou des fuyards qui circulaient sous de fausses identités car condamnés par contumace à de lourdes peines de prison, par différents tribunaux, du pays pour leur implication dans un trafic de drogue.
Le procès d’un réseau transnational spécialisé dans le trafic de résine de cannabis s’est ouvert, hier, au tribunal criminel sous haute surveillance policière. 32 inculpés étaient présents dans le box des accusés pour répondre des griefs de détention et de commercialisation de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux et de détention d’armes à feu. La plupart des accusés étaient des récidivistes ou des fuyards, qui circulaient sous de fausses identités, condamnés par contumace à de lourdes peines de prison par différents tribunaux du pays, pour leur implication dans un trafic de drogue. Parmi les inculpés présents hier, figure également un ressortissant libyen, H.S., évadé d’un pénitencier dans son pays d’origine. Il avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour les mêmes griefs. Selon l’arrêt de renvoi, dont la lecture a duré toute la matinée, les ramifications de ce réseau s’étendaient à toutes les villes du territoire national. Ces narcotrafiquants disposaient de complices au Maroc, en Tunisie et en Libye.
ECHEVEAU
Ils avaient également à leur disposition pour les besoins de leur trafic tout un parc de véhicules de tourisme, utilitaires et tout terrain, qu’ils utilisaient pour le transport de quantités considérables de résine de cannabis, entre 100 kilogrammes et 5 quintaux, acquises chez leurs acolytes du Maroc. La marchandise était entreposée, après sa réception, dans des caches situées dans les localités jalonnant la bande frontalière algéro-marocaine avant qu’elle ne soit convoyée vers une ville du pays où elle sera fourguée en gros pour être dispatchée ensuite par des dealers. Des sommes d’argent exorbitantes en dinars et en devise ont changé de mains à chaque fois lors des transactions. Les narcotrafiquants convoyaient d’énormes quantités de drogue sur des véhicules tout terrain « Station », à partir des villes du Sud du pays (Ouargla, El Oued, Touggourt ou Tamanrasset) pour les fourguer en Libye. La drogue transitait généralement par la Tunisie où elle étaient réceptionnée par d’autres membres de ce réseau, qui se chargeaient de l’acheminer vers la Libye. Selon l’arrêt de renvoi, les présumés accusés écumaient le pays depuis le début de l’année 1996 et auraient mis à profit la conjoncture de l’époque liée au terrorisme. Ce réseau a été démantelé après plusieurs mois de surveillance par les enquêteurs de la police, le 27 février 2007 dans la commune de Boutlélis. L’enquête judicaire, qui a permis de démêler ce compliqué écheveau, aura duré presque une année. Notons que l’audition des 32 inculpés, qui n’a pas encore débuté à l’heure où nous mettons sous presse, s’étalera certainement sur au moins trois jours.
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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