La chambre du conseil de Bruxelles a ordonné vendredi matin le renvoi devant les assises d'Adam G., le jeune Polonais suspecté d'être le meurtrier de Joe Van Holsbeeck le 12 avril 2006 à la Gare centrale de Bruxelles, a-t-on appris auprès de l'avocate de la défense.
La chambre du conseil a retenu la qualification du meurtre pour faciliter le vol, avec la circonstance aggravante qu'il a été commis à plusieurs. La même qualification avait été retenue dans le dossier de Mariusz, qui a été reconnu le 6 décembre dernier coupable, comme co-auteur, du meurtre de Joe Van Holsbeeck.
Les avocats d'Adam avaient réclamé devant la chambre du conseil une disqualification des faits en vol avec violence avec homicide.
Adam G. n'était pas présent vendredi matin à la chambre du conseil en raison de la grève des gardiens de la prison de Forest. Ni la famille de Joe Van Holsbeeck ni celle de l'ami de Joe ne s'étaient déplacées vendredi matin au palais de justice de Bruxelles.
La chambre du conseil a ordonné la transmission des pièces du dossier au procureur général près de la cour d'appel qui saisira la chambre des mises en accusation. Celle-ci devra trancher alors sur le renvoi ou non de l'affaire aux assises.
"La chambre du conseil a suivi, sans statuer sur le fond de l'affaire, le réquisitoire du ministère public en qualifiant les faits de vol avec meurtre. Ce n'est pas une surprise pour nous. La famille de Joe aurait mal vécu une disqualification des faits car il faut se rappeler du nombre de coups portés, de la violence des faits et du fait que les coups de couteau ont été portés à des endroits vitaux. Nous savions qu'Adam allait être renvoyé devant la Cour d'Assises car même un fait de vol avec violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ne peut être correctionnalisé. Les auteurs de ce type de fait risquent la réclusion entre 20 et 30 ans tandis que les auteurs de meurtre risquent la réclusion à perpétuité", a réagi Me Marc Preumont, avocat de la famille de Joe Van Holsbeeck.
"La chambre du conseil est restée cohérente vis-à-vis de la qualification du fait retenue dans le dossier de Mariusz même s'il n'y avait pas d'obligation. Le dessaisissement du cas d'Adam pourra poser des difficultés puisque deux auteurs d'un même fait feront l'objet de deux jugements différents", a-t-il ajouté.
"Dès le moment où les avocats de Mariusz n'ont pas obtenu la disqualification des faits, nous n'avions plus d'espoir. C'était mission impossible. On n'est donc pas surpris. Le parquet réclamait le renvoi d'Adam et de Mariusz aux assises mais seul Adam, comme tête de turc, sera renvoyé", a déclaré Me Frédéric Clément de Cléty, l'avocat d'Adam Giza.
"A ce stade, seule l'existence des charges a été examinée et non celle des preuves. Nous ne nions pas la gravité des faits et ne contestons pas les charges. Adam a reconnu avoir porté les coups de couteau mais nie avoir voulu tuer. Nous allons contester avec vigueur l'intention d'homicide. Adam souhaite s'expliquer au plus vite devant une juridiction. Il n'a jamais souhaité faire appel d'une décision. Quelque soit la juridiction, il fera face", a dit l'avocat d'Adam.
Selon la défense, Adam aurait porté les coups de couteau pour se dégager alors que Mariusz avait déjà pris la fuite avec le MP3. Cette version des faits est contestée par les parties civiles.
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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