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S’adressant au juge président, Me Moutou-Leckning a soutenu que le témoin-vedette, Antoine Chetty, est crédible et que sa version des faits doit être acceptée pour condamner le notaire pour trafic de drogue. Pour elle, l’accusé a bel et bien remis de la drogue à Chetty pour être conservée chez lui. Transaction qui s’est faite chez le notaire à Solferino, comme révélée par le témoin. La représentante du DPP a rappelé qu’Antoine Chetty est un repenti, qu’il a collaboré avec la police, dans un langage de vérité, pour dénoncer son ancien patron. Ce témoin, a-t-elle déclaré, a désavoué ceux de la défense qui ont confirmé l‘alibi de Vinay Deelchand. Ce sont des témoins de complaisance qui ne sont pas fiables, a-t-elle dit. Elle a conclu son intervention en se disant persuadée que l’accusé s’est fabriqué un alibi pour tenter de se tirer d’affaire. Alibi démoli par Antoine Chetty qui a, lui, confirmé à plusieurs reprises en cour que Vinay Deelchand lui a remis de l’héroïne pour la conserver chez lui. Lui donnant la réplique, Me Jacques Panglose a qualifié ce procès à la fois de bizarre et de merveilleux (weird and wonderful). Il a rappelé que deux policiers se sont déguisés en acheteurs de drogue pour piéger Antoine Chetty, lequel, se voyant pris, a dit :«Mo finn tase.» L’avocat a comparé Antoine Chetty à Iago, personnage qualifié de menteur dans la pièce Othello, de Shakespeare, dont il a cité un extrait : «When devils will their blackest sins put on, they do suggest at first with heavenly shows». Pour lui, le notaire Deelchand est un homme honnête. Dès qu’il a appris qu’Antoine Chetty l’a impliqué dans cette affaire de drogue, il n’a pas hésité un seul instant à rentrer de son voyage «pour faire triompher la justice», a déclaré l’avocat. Ce dernier a dénoncé l’attitude de la police qui a été injuste envers son client tout au long de l’enquête entreprise. Les enquêteurs n’ont pas retrouvé les empreintes digitales de Vinay Deelchand sur le colis soi-disant remis à Antoine Chetty. «J’ai l’intime conviction qu’il n’y a aucune preuve (case) contre mon client.» Il a ainsi invité le juge à croire son client, qui a dit toute la vérité. L’alibi fourni démontre l’innocence du notaire Deelchand car, a-t-il soutenu, la poursuite n’a pu le démolir, d’autant plus qu’il a été confirmé par plusieurs témoins de la défense. Raison pour laquelle son client doit être libéré, a conclu Me Panglose. |
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Suresh MOORLAH |
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Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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