Les deux hommes, respectivement ex-propriétaire et ex-directeur de la compagnie Crossair, comparaissent depuis lundi devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone, pour répondre du crash d'un avion Jumbolino, survenu le 24 novembre 2001 à Bassersdorf (ZH). L'accident avait coûté la vie à 24 personnes et fait 9 blessés.
Les deux prévenus sont responsables du crash et doivent être reconnus coupables d'homicide par négligence, a exposé vendredi le procureur fédéral Carlo Bulletti. En raison de leur politique commerciale «d'expansion à tout prix», ils sont accusés d'avoir commis de graves négligences en matière de sécurité et d'avoir répandu une culture de la peur au sein de l'entreprise. Le pilote du Jumbolino qui s'est écrasé aurait ainsi été laissé aux commandes d'un avion qu'il ne maîtrisait pas.
Quatre autres cadres de l'ancienne entreprise figurent également sur le banc des accusés. Les peines requises contre eux oscillent entre 12 et 18 mois de prison avec sursis.
Du côté de la défense, les six avocats ont plaidé non coupable et demandé l'acquittement de leurs clients et d'éventuels dédommagements pour tort moral. «Les accusations [du procureur] ne sont ni claires, ni précises et ne reposent sur rien de concret. Il s'agit de pures spéculations», a notamment déclaré l'avocat de Moritz Suter, Me Bernard Gehrig, au cours d'une plaidoirie de trois heures.
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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