07.05.08 | 20h27
es sympathisants du mouvement d'opposition de l'ex-champion
d'échecs Garry Kasparov ont été jugés mercredi à Moscou pour participation à une manifestation non autorisée et "hooliganisme", le jour même de l'investiture du nouveau président, Dmitri
Medvedev.
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Au total, 30 personnes ont été interpellées mardi à proximité du lieu d'une manifestation contre le nouveau président, annulée au dernier moment par M. Kasparov faute d'autorisation, a indiqué à l'AFP Viktor Birioukov, porte-parole de la police de Moscou.
La plupart des 30 interpellés ont été ensuite convoqués devant des tribunaux de la capitale. Le tribunal du quartier Basmanny a ainsi confirmé à l'AFP que cinq d'entre eux, accusés de "participation à une manifestation non-autorisée" ou de "hooliganisme", avaient été amenés par la police.
Le mouvement L'Autre Russie, animé par M. Kasparov, a dénoncé la condamnation par ce tribunal d'un de ses jeunes militants, Vladimir Akimenkov, à six jours de prison.
Deux autres personnes, Maxime Poliakov et Alexandre Vanchteïn, étudiants en journalisme selon L'Autre Russie, ont été eux aussi condamnés à six jours selon le mouvement d'opposition.
Le porte-parole de la police a évoqué également l'interpellation mardi de 17 autres militants d'opposition. Un groupe de jeunes a affirmé avoir été bloqué dans un appartement du sud de Moscou par la police afin de les empêcher de manifester.
"Cela n'avait rien à voir avec la manifestation", a dit M. Birioukov, assurant que les policiers arrivés mardi matin dans l'immeuble pour une affaire de meurtre avaient été intrigués par ces jeunes ayant refusé d'ouvrir la porte de leur appartement. L'Autre Russie, qui s'inquiète de la multiplication des arrestations préventives de ses militants, a dénoncé "un mensonge".
L'un des 17 militants interpellés, Anton Stradymov, a été condamné mercredi par le tribunal Simonovski à cinq jours pour "désobéissance" à une injonction de la police, a annoncé L'Autre Russie.
"Malheureusement pour nos hommes politiques l'ordre signifie un silence de mort", a déclaré mercredi dans un communiqué Lioudmila Alexeeva, la présidente du groupe Helsinki de Moscou, la plus ancienne organisation de défense des droits de l'Homme actuellement en activité en Russie.
"C'est justement ce silence de tombeau sans la moindre expression, même pacifique, de quelque désaccord que ce soit au sujet de l'investiture qui est pour les hôtes étrangers du président la preuve la plus convaincante de l'existence d'un régime policier dans ce pays", a-t-elle ajouté.
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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