L'audience s'est ouverte en fin d'après-midi avec du retard, l'un des accusés - celui dont les aveux avaient déclenché l'enquête - n'ayant pas été extrait de sa cellule à la maison d'arrêt d'Angoulême (Charente) à la suite d'une erreur administrative.
Parmi les 14 accusés figurent plusieurs Néerlandais, un Turc et un chauffeur routier polonais. Ce dernier n'était pas présent au tribunal, tout comme le commanditaire présumé du trafic, toujours recherché.
La plupart des accusés sont des chauffeurs routiers poursuivis pour avoir participé à un trafic découvert à la suite d'un contrôle routier des douaniers français effectué à Biriatou (Pyrénées-Atlantiques), le 29 décembre 2004.
Ces derniers avaient mis la main, dans un poids lourd venant d'Espagne, sur trois tonnes de résine de cannabis conditionnées dans des ballots. Au cours de l'instruction, le chauffeur néerlandais a fait des révélations pour tenter d'atténuer sa future condamnation.
Le dossier instruit par la juridiction interrégionale de Bordeaux porte sur un trafic d'au moins 140 tonnes de résine de cannabis, d'une valeur de 284 millions d'euros sur le marché illicite.
La plupart des accusés sont des routiers auxquels étaient proposés de fortes sommes d'argent pour chaque voyage, la drogue étant chargée dans des entrepôts de Murcie, Séville ou Malaga dans le sud de l'Espagne.
Sur le chemin du retour d'Espagne, les poids lourds étaient précédés de voitures de forte cylindrée pour se prémunir d'éventuels contrôles des douanes ou de la police.
L'enquête a bénéficié de gros moyens financiers, mais la tête du réseau n'est pas tombée dans les filets du juge d'instruction Jean-Michel Gentil.
Comme d'autres de ses confrères, l'avocat bordelais Me Pierre Hurmic, qui défend l'un des accusés, a estimé que la culpabilité de tous les accusés n'était "pas établie".
"Mon client conteste les faits qui lui sont reprochés et nous plaiderons l'acquittement", a-t-il déclaré à Reuters.
Le procès devrait durer trois semaines.
Claude Canellas
Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen-Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société."
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