Les lycéens s’étaient bien fait entendre ce jour-là, à Vannes. Ils étaient venus pour exprimer leur désaccord sur la réforme du bac pro, au cours d’une
manifestation générale pour la défense du secteur public. Vers midi, alors que le mouvement tirait à sa fin, une poignée d’entre eux avait poursuivi la marche jusqu’à la cité administrative. Ils
s’étaient retrouvés à une cinquantaine dans le hall du bâtiment, dont ils avaient fini par être évacués par les forces de l’ordre. Deux avaient été interpellés. Le premier, un mineur, a reçu un
rappel à l’ordre par le délégué du procureur début mars. Le second, âgé de 19 ans, répondait, mercredi, de ses actes devant le tribunal correctionnel. L’enjeu de l’audience a été de savoir s’il a
bien fait acte de rébellion ou non lors de son interpellation. En premier lieu, le président a posé le cadre, affirmant qu’en pénétrant dans le bâtiment, « on n’était plus dans l’exercice normal
d’une manifestation, mais dans une intrusion illégale ».
Résister ce n’est pas se rebeller
Puis les faits eux-mêmes : les policiers ont interpellé le mineur, le prévenu a tenté de lui venir en aide, et s’est fait interpeller à son tour. Là, les
versions divergent. Le policier a affirmé que le lycéen a voulu lui donner des coups de pied et de poing, ce qu’a réfuté l’intéressé. C’est tout le sens de la plaidoirie de son avocat qui a
demandé que son client soit relaxé. « La passivité, la résistance à l’interpellation, ce n’est pas de la rébellion. La jurisprudence le dit, pour qu’il y ait rébellion, il faut qu’il y ait un
minimum de violence ». Pour le parquet, en revanche, l’infraction est constituée. Refuser de se mettre au sol pour y être menotté, « c’est un manquement à la loi ». Il a demandé au tribunal de
sanctionner le lycéen en lui infligeant des heures de travail d’intérêt général. Le tribunal rendra son jugement le 13 mai. Une cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées devant le tribunal
en soutien au lycéen.
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