Mardi 25 septembre 2007


LAURENCE DE CHARETTE.
 Publié le 25 septembre 2007
Actualisé le 25 septembre 2007 : 07h47

À peine mis en service, ces systèmes performants ont détecté pêle-mêle couteaux, paire de ciseaux, cutter, bombe lacrymogène, mais aussi un pistolet Taser.

 
Un portique de sécurité à Angers.
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Un portique de sécurité à Angers.
Berti Hanna/Rea.
UNE CINQUANTAINE de tribunaux de grande instance sont aujourd'hui équipés de portiques de sécurité : c'est le premier bilan réalisé sur le terrain par l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), cinq mois après que la chancellerie a annoncé un nouveau budget d'urgence de 20 millions d'euros pour la sécurité des juridictions.
 
En juin dernier, la nouvelle agression d'un magistrat a relancé le débat sur la sécurité. Il avait été attaqué en plein tribunal, avec un couteau de 20 centimètres de longueur, par une mère de famille à la dérive à laquelle il venait de refuser la garde de son enfant. Depuis plusieurs années, les magistrats s'alarment en effet de l'augmentation de la violence à l'intérieur même des palais de justice. Depuis deux semaines, les magistrats voient arriver, dans de nombreuses juridictions, des portiques flambant neufs à l'entrée de leur tribunal. « La pression syndicale a porté ses fruits », explique Bruno Thouzellier, président de l'USM. La chancellerie estime de son côté que fin septembre, 29 des 35 ressorts de cour d'appel seront équipés selon leurs demandes.
 
Ces systèmes de sécurité fraîchement installés ont tout de suite révélé leur utilité. La semaine dernière, le nouveau détecteur installé à l'entrée du tribunal de Besançon a montré qu'un individu allait se rendre chez le juge des enfants équipé d'un couteau. Celui de Meaux a empêché un jeune mineur de gagner la salle d'audience, où comparaissait l'un de ses amis, muni d'un gros cutter. À Bourgoin-Jallieu, sans le nouveau dispositif, une femme serait entrée dans le tribunal, armée d'un Taser (pistolet à impulsion électrique) et d'une bombe lacrymogène. Le portique de Millau a intercepté une quarantaine de couteaux dans la journée. Au cours de sa première matinée de fonctionnement, celui de Nantes a amassé onze couteaux, une bombe lacrymogène, une paire de ciseaux.
 
Besoin de deux agents
 
Malgré tout, la sécurisation des tribunaux affiche encore des difficultés. Certaines sont liées à la vétusté et à la complexité des plans des locaux judiciaires. À Clermont-Ferrand, par exemple, une seule entrée du tribunal, pourtant dessiné en étoile - avec trois entrées accessibles au public -, a été équipée d'un filtre.
 
Par ailleurs, pour fonctionner, les portiques ont besoin de deux agents en moyenne, et ceci sur le long terme. Et c'est là que réside la principale inquiétude des magistrats. À Avesnes-sur-Helpe, le portique a en effet été remisé au sous-sol, il n'y avait pas de personnel de sécurité. À Metz, où le juge a été agressé à coups de couteau en juin dernier, le palais de justice était bien équipé d'un portique, mais il était hors service, faute de personnel... « Pour assurer la pérennité du dispositif, nous demandons un système de recrutement organisé de personnels de la réserve civile (des retraités de l'administration pénitentiaire, de la police ou de la gendarmerie, NDLR) affectés à la sécurisation des tribunaux », explique Bruno Thouzellier.

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Vendredi 21 septembre 2007

JACQUES CREMER ET CHRISTIAN GOLLIER


[ 20/09/07 ]

Cliquez ici

Un des grands chantiers de la ministre de la Justice, Rachida Dati, est la numérisation des procédures pénales. La justice française traite tous les ans plus de 5 millions de procédures et, dans une réponse parlementaire, Rachida Dati met en avant la possibilité de recourir à « de nouvelles méthodes de recherche, d'analyse et d'archivage » ainsi que la diminution des frais postaux liés à l'acheminement des procédures.

Certes, la réduction des coûts de reprographie et l'amélioration de la vitesse de transmission des dossiers sont des objectifs importants mais ce chantier, tel qu'il est présenté, semble ignorer une des leçons essentielles de la littérature économique sur l'introduction des nouvelles technologies : elles ne remplissent leur potentiel de gain d'efficacité qu'à condition d'être accompagnées d'une réorganisation du travail.

L'ordinateur sur lequel nous écrivons ce texte est la combinaison de deux machines, une machine à écrire sophistiquée et un instrument de communication. La machine à écrire nous sert à préparer des rapports ou des présentations ; l'instrument de communication nous permet, entre autres, d'envoyer des messages électroniques, d'accéder à toutes les ressources de la Toile ou de téléphoner. C'est dans ce deuxième rôle que l'informatique change l'organisation des entreprises. On observe que les plus informatisées ont moins de niveaux hiérarchiques, décentralisent la prise de décision, favorisent les communications latérales plutôt que hiérarchiques et accroissent la qualification de leur employés. Dans le langage de l'économie, il y a complémentarité (ou « supermodularité ») entre l'informatisation et la réorganisation des procédures de décision : l'une ne peut être efficace qu'en présence de l'autre.

Beaucoup de travaux ont été menés sur ce sujet à partir de données d'entreprises. Des travaux récents conduits à l'université de Chicago par Luis Garicano et Paul Heaton confirment certaines de leurs conclusions à partir d'une étude des départements de police américains. Comme celui de justice, le travail de police est surtout une tâche de traitement d'information : il s'agit de traiter les données à disposition pour en tirer des conclusions ou décider quelle autre information se procurer. Dans un premier temps, Garicano et Heaton trouvent que l'informatisation des départements de police n'a aucun effet sur le pourcentage de crimes résolus. Pire, elle augmente le nombre de faits constatés par les services de police, c'est-à-dire portés dans leurs bases de données.

En examinant les données de façon plus fine, ils montrent que l'augmentation des faits constatés n'existe que pour les crimes les moins graves. Elle est sans doute due au fait qu'une plus grande proportion est transcrite dans les bases de données de la police. Les données indiquent que si l'informatisation des tâches n'augmente pas la productivité, un ensemble de réformes, inspirées des méthodes mises en place par la police new-yorkaise dans les années 1990, incluant l'informatisation mais aussi la décentralisation des décisions au niveau des districts et l'utilisation systématique des données dans la prise de décision, a un effet positif important sur l'efficacité de la police.

De ces études se dégage un thème : les bénéfices de la numérisation sont faibles quand elle n'est utilisée que pour automatiser les procédures préexistantes. Pour tirer profit de l'informatique, il faut aussi réformer les méthodes de travail et améliorer la formation du personnel. Il n'y a aucune raison que la justice fasse exception aux règles générales. Une réflexion globale sur son fonctionnement administratif est un complément nécessaire à la réflexion. Cette règle vaut pour les autres services publics, de la santé à l'école, des transports aux comptes publics. La théorie est certes plus facile que la pratique. On peut se demander si nos administrations centrales ne sont pas souvent trop lourdes pour conduire les expérimentations nécessaires et si les administrations décentralisées ont les compétences et l'autorité pour le faire.

JACQUES CREMER ET CHRISTIAN GOLLIER sont chercheurs à Toulouse Sciences économiques (TSE) et à l'Institut d'économie industrielle (IDEI)


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Vendredi 21 septembre 2007

Fontainebleau

Pascal Villebeuf

jeudi 20 septembre 2007 | Le Parisien

(LP/P.V.)

(LP/P.V.)ZOOM

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UN PROJET ambitieux pour éviter la fermeture du tribunal de Fontainebleau. C'est ce que proposent les avocats du barreau de Fontainebleau, alors que les consultations pour la réforme de la carte judiciaire s'arrêtent le 30 septembre. Toujours inquiets d'une éventuelle suppression du tribunal de grande instance de la ville, les avocats viennent de déposer au ministère de la Justice un contre-projet de grande ampleur.



Ils proposent de créer une « cité judiciaire », comprenant notamment une décentralisation partielle de la cour d'appel de Paris ou encore un tribunal pour enfants. Une importante réunion sur ce dossier est d'ailleurs organisée ce lundi 24 septembre, à la mairie de Fontainebleau.

Une idée lancée en 1980

David Bouaziz, ex-bâtonnier du barreau de Fontainebleau, chargé de la communication des avocats, entend démontrer d'abord que la disparition du TGI serait « absurde » au vu des chiffres d'activité du tribunal. « Il traite plus de dossiers par an et par magistrat que les autres tribunaux de grande instance d'Ile-de-France, et notamment ceux de Melun ou Bobigny, avec un ressort de plus de 190 000 habitants. Sur 186 TGI en France, il se classe à la 107 e place en volume d'affaires traitées. » Les avocats de Fontainebleau ont donc repris une idée lancée en 1980. « Il a été question d'installer une cour d'appel dans le quartier Henri-IV du château. On ressort ce dossier », confirme Jean-Jacques Hyest, sénateur-maire de La Madeleine-sur-Loing. « Pour l'instant, la cour d'appel de Paris est surchargée, ajoute David Bouaziz. Nous proposons donc de récupérer les ressorts d'Auxerre, Sens, Evry, Meaux et Melun et de les regrouper au sein d'une cité judiciaire, qui pourrait s'implanter à la place de l'école de gendarmerie, qui doit déménager du quartier Damesme, au Bréau. » Pour Yves Repiquet, bâtonnier des avocats de Paris, le projet semble « utopique et coûteux ». En revanche, beaucoup militent pour que Fontainebleau récupère un tribunal pour enfants. « L'actuelle organisation, qui passe par Melun, est peu efficace », confie une greffière. David Bouaziz ajoute que « ce tribunal pour enfants aurait une place de choix dans cette cité judiciaire, avec une maison du droit et de la médiation, des services sociaux et pourquoi pas y transférer l'actuel commissariat logé actuellement dans des locaux vétustes ». Le projet prévoit également le renforcement du tribunal de Montereau, en y regroupant les tribunaux d'instance et l'activité des prud'hommes.

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Vendredi 21 septembre 2007
[ 21/09/07 ]

La méfiance rentrée ressentie par les élus locaux, au début de l'été, à l'annonce du projet de carte judiciaire, pourrait laisser place à une franche hostilité.

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Les maires des villes moyennes, premiers concernés par la réforme, et dont l'association, la FMVM, avait été reçue en juillet par la chancellerie, sont inquiets. Hier, l'organisation présidée par Bruno Bourg-Broc, député-maire UMP de Châlons-en-Champagne, a regretté que la « concertation qui devait se tenir jusqu'au 30 septembre prochain - et être poursuivie par une phase de propositions - [...] ne semble déjà plus convenir à la chancellerie ». La divulgation mercredi des premiers contours du projet de carte judiciaire lui fait craindre « la tentation d'une logique purement comptable », au détriment d'une justice « à la fois plus proche et plus efficace pour le citoyen ». La FMVM s'est pourtant montrée ouverte à la discussion, mais non sans réserves. Ainsi, dans la contribution qu'elle a apportée la semaine dernière à Rachida Dati, l'association n'entend surtout pas voir l'Etat se décharger sur les collectivités. Notamment en faisant des maisons de justice, financées par les villes, « des nouvelles portes d'entrée de la justice de proximité », à l'issue de la restructuration annoncée et dont « Les Echos » dressent ci-dessous les points chauds.

Aquitaine. La cour d'appel d'Agen est condamnée. Le TGI de Marmande est sur la sellette, tout comme ceux de Dax et Bergerac.

Alsace. Saverne risque fort de perdre son TGI. Les TI de Guebwiller, Altkirch, Brumath sont menacés.

Auvergne. Si la règle d'un TGI par département est maintenue, ceux de Vichy, Montluçon et Riom seraient éliminés.

Bourgogne. Les TI de Château-Chinon et Clamecy, Tonnerre, Avallon, Châtillon-sur-Seine, Semur-en-Auxois, Louhans risquent la disparition.

Bretagne. La cour d'appel de Rennes ne serait plus compétente sur la Loire-Atlantique. Plusieurs TGI sont menacés, dont Vitré.

Centre. La suppression, très contestée, de la cour d'appel de Bourges est loin d'être acquise. Gien, Chinon, Vendôme, Romorantin, Pithiviers et Loches ont de fortes chances de perdre leur TI.

Champagne-Ardenne. Epernay perdrait son TI, comme Vitry-le-François, au profit de Châlons qui, avec Reims, gardera son TGI. La disparition du TI de Rocroi est sûre et celle du TI de Vouziers envisagée.

Franche-Comté (lire ci-dessous).

Ile-de-France. A Paris, un tribunal de première instance, auquel quatre pôles seraient rattachés, pourrait remplacer le TGI et les vingt TI. En banlieue, plusieurs TI disparaîtraient, comme Charenton et Vincennes.

Languedoc-Roussillon. La régionalisation des cours d'appel entraînerait le rattachement de l'Aveyron à Midi-Pyrénées, du Vaucluse à Paca et de l'Ardèche à Rhône-Alpes. Les tribunaux de Mende, Alès, Narbonne et Carcassonne n'y survivraient pas.

Limousin. La Corrèze n'aura plus qu'un TGI, vraisemblablement celui de Brive au profit de Tulle.

Lorraine. Le maintien de la cour d'appel à Metz semble scellé. Le sort du TGI de Thionville et, plus encore, de celui de Sarreguemines est incertain.

Midi-Pyrénées. L'Etat envisage de fermer le tribunal de Castres, qui serait regroupé avec celui d'Albi dans le Tarn.

Nord-Pas-de-Calais. Seulement trois des sept TGI de la région pourraient subsister. Hazebrouck, Avesnes-sur-Helpe, Cambrai et Douai sont visés.

Basse-Normandie. Les TGI de Lisieux, Avranches et Argentan seraient supprimés. Le même sort pèse sur les TI de Mortain et de Valognes.

Haute-Normandie. Les tribunaux de Dieppe et Bernay, du ressort de la cour d'appel de Rouen, sont appelés à disparaître.

Paca. Les TGI de Tarascon et Carpentras, sur les onze que compte la région, feraient les frais de la restructuration. Dans les Alpes-Maritimes, les TI de Cannes et de Grasse pourraient être regroupés.

Pays de la Loire. La cour d'appel d'Angers s'étendrait à toute la région administrative, y compris à la Loire-Atlantique et à la Vendée. Saumur et Les Sables-d'Olonne n'auraient plus de TGI.

Picardie. Le TGI de Compiègne est appelé à disparaître et ceux d'Abbeville et Péronne sont plus que menacés. L'arbitrage s'annonce délicat entre les TGI de Laon, Saint-Quentin et Soissons.

Poitou-Charentes. C'est l'hécatombe annoncée sur la région avec la vraisemblable suppression des TI de Ruffec, Barbezieux, Rochefort, Marennes, Parthenay, Melle, Thouars, Châtellerault, Loudun, Civray, Montmorillon. Bressuire risque de perdre son TGI.

Rhône-Alpes. Les cours d'appel de Chambéry et Grenoble devraient disparaître ainsi que les TGI de Thonon et Bonneville. Ceux de Vienne et Bourgoin pourraient ne faire qu'un et ceux de Villefranche-sur-Saône et Belley remis en cause. Les TGI de Montbrison et Roanne sont menacés.

J. C. (AVEC LES CORRESPONDANTS)
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Dimanche 16 septembre 2007
Les juges Richard Nadeau, Paule Gaumond et Gilles Charest apparaissent en compagnie de Me J. Michel Doyon, bâtonnier du Québec et Me Sonia St-Onge, Bâtonnière du Barreau de Richelieu. (Photo Le Soleil - Dennis Morin)



Les travaux au palais de justice se font attendre. (Photo Le Soleil - Archives)




Normand Morand

Toute la communauté juridique du district de Beauharnois est toujours en attente d'une décision définitive concernant les travaux de rénovation et d'agrandissement du palais de justice de Valleyfield.

"Il y a eu une annonce officielle en février dernier, la Ville a cédé une partie de la rue Montcalm et des expropriations ont été effectuées. Nous sommes toujours en attente du début des travaux et rien ne semble poindre à l'horizon. C'est le calme plat au ministère de la Justice", a confié la Bâtonnière du Barreau de Richelieu, Me Sonia St-Onge, quelques jours après la cérémonie de la rentrée judiciaire qui a eu lieu jeudi dernier à Valleyfield.

Me St-Onge a émis l'opinion que la relocalisation de l'actuel centre de détention pourrait être un obstacle dans la réalisation à très court terme du projet. Le centre de détention relève du ministère de la Sécurité publique et quand deux ministères sont impliqués dans un même dossier, c'est toujours plus compliqué.

On se rappelle que le projet annoncé par le ministre de la Justice de l'époque, Yvon Marcoux, quelques semaines avant la tenue des élections du 26 mars dernier, laissait clairement voir que le centre de détention n'avait plus sa place au-dessus du palais de justice et qu'il devrait être relocalisé, ailleurs à Valleyfield ou plus loin en Montérégie, comme le proposait à l'époque le gouvernement.

Le projet de rénovation et d'agrandissement estimé à 58,7 millions $ avait été confié pour une analyse de la part de l'Agence des partenariats public-privé afin d'évaluer la pertinence d'utiliser cette façon de faire. "Pour une meilleure utilisation des fonds publics", avait souligné M. Marcoux.

L'agence des PPP devait émettre un avis au cours des quatre mois suivants. Par la suite, le projet devait être entrepris pour être complété vers la fin de 2010. Or, pour l'instant, aucune nouvelle de la part du ministère.

En février, celui à qui le premier ministre Charest a retiré le ministère de la Justice avait rappelé que les travaux au palais de justice étaient réclamés depuis fort longtemps par les intervenants du district judiciaire où la population est passée de 192 500 à 262 155 habitants entre 1986 et 2005. De plus, le niveau de l'activité judiciaire à Valleyfield vient au 6e ou 7e rang parmi les différents palais de justice de la province.

Cette annonce de février 2007, à quelques semaines d'un scrutin général, n'aura-t-elle été qu'une autre promesse électorale comme la population de la région en a entendues des dizaines concernant l'éventuelle autoroute 30 ?

La première Bâtonnière du district
Une cinquantaine d'avocats et une vingtaine de juges et invités ont assisté jeudi dernier, au palais de justice, à la rentrée judiciaire du Barreau de Richelieu qui regroupe les districts de Beauharnois, Saint-Hyacinthe, Sorel et Iberville.

Cette cérémonie protocolaire signifie la reprise des activités normales sur la scène judiciaire puisque durant la saison estivale, il n'y a pas de procès.

Me Sonia St-Onge est la première avocate du district de Beauharnois à être nommée Bâtonnière. Son prédécesseur, en 2003, avait été Me Jocelyn Rancourt.

Pendant son mandat d'un an, Me St-Onge représentera la section Richelieu qui compte 562 avocats auprès du Barreau du Québec et siègera au Conseil de l'Association des avocats de la province à l'exception de Montréal et Québec.

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Vendredi 14 septembre 2007

À la Une < Le Nouvel Observateur < Un tribunal en flagrant délire


Délinquance ordinaire de plus en plus réprimée mais peines de moins en moins appliquées, scandales politico-financiers enterrés, magistrats désabusés, justiciables égarés dans le labyrinthe des procédures : Florence Aubenas a plongé dans le triangle des Bermudes judiciaire où se perdent aussi bien les «affaires Chirac», les dossiers des petits dealers que les réformes pénales de Sarkozy


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L'audience vient de se terminer dans la salle des comparutions immédiates, successions d'affaires ordinaires, au hasard de ce que brasse la justice quotidienne. Dans le hall du palais de justice de Nanterre, Ingrid, agent d'administration, attend juste à côté, derrière le guichet du bureau d'exécution des peines. Elle a 28 ans, des fossettes, des barrettes et un sourire studieux. Elle regarde les condamnés sortir de la salle et s'avancer vers elle comme en apesanteur, sonnés, confus, tout empêtrés d'eux-mêmes. Ca y est ? C'est fini ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Pleurer ? Rire ? S'embrasser ? Se maudire ?
A tous, Ingrid pose la même question : à quoi avez-vous été condamné ? Elle est formelle. Depuis un an que le bureau est ouvert, elle n'en a pas rencontré un seul qui ait compris sa peine. Ingrid secoue la tête, creuse gravement ses fossettes et répète : «Non, pas un seul» Dans la vie publique, la justice n'a jamais pris une place aussi impor tante : à la télévision, dans les discours politiques, dans les écoles, elle est partout. Pourtant, jamais non plus, elle n'a été aussi illisible.
Ce n'est pas uniquement parce qu'il a été construit dans les années 1970 sans aucune anticipation sur ce qu'allait devenir la périphérie de Paris, ni la justice en France que le tribunal de Nanterre est devenu un cas d'école. Ce n'est pas seulement non plus parce qu'il est en chantier permanent le long d'une voie rapide, construit avec un permis douteux et des matériaux saturés d'amiante qu'il faut y voir un symbole de l'institution judiciaire tout entière. Nanterre, deuxième tribunal de France après Paris, donne d'un côté sur ces Hauts-de-Seine dorés, département dont le budget dépasse celui de la Grèce, avec son quartier d'affaires de la Défense et la ville de Neuilly, fabrique brevetée de ministres. Sur l'autre versant, les barres HLM raient l'horizon à l'endroit des anciens bidonvilles, des associations s'éreintent contre l'extrême pauvreté, les motos des dealers zigzaguent au milieu des feux de poubelles. La ligne entre ces deux Nanterre, différents jusqu'à la caricature, traverse aussi le tribunal : d'un bureau à l'autre, d'une audience à l'autre, deux justices se côtoient, étanches et opposées.



Bureau des déférés
«Il est où, votre exhibitionniste ?»
Aux quatre coins de la pièce, les quatre téléphones se sont mis à sonner exactement en même temps. Ici, dans le bureau des déférés, se déverse en temps réel sur une poignée de magistrats de permanence tout ce que le département charrie de petits et grands désordres.
Marie-Claire Maier, substitut, dégaine la première. «Allô, je suis bien au commissariat numéro 1, secteur sud ? Votre exhibitionniste, il en est où ? Il s'est accroché un testicule à la grille en s' enfuyant ?»
En agitant un combiné, une greffière crie : «Deux malades qui se sont battus aux urgences et menacent un docteur, c'est pour qui ?»
Derrière un paravent, deux policiers font asseoir un grand type menotte, en survêtement brillant. Il a conduit Cindy dans une cave de l'immeuble «pour la négocier».
En face, le magistrat doit avoir le même âge, à peine sorti de stage. «Négocier ? C'est-à-dire ?»
L'autre reste silencieux. De l'autre côté du paravent, on entend une greffière : «J'ai six bouteilles de whisky volées chez Carrefour par un Kurde, à qui je passe ?»
Le grand type : «Négocier, c'est juste sucer.»
Le magistrat tente une question. On sent qu'il veut bien faire : «Qu'est-ce que c'est pour vous un moment agréable ?»
Alors l'autre répond avec un immense sourire, comme à l'école quand on connaît la réponse : «Regarder la télé.»
Le claquement de la porte recouvre sa réponse : Michèle Adrion, greffière, agite le résultat d'autopsie d'un crâne, retrouvé dans le sac à dos d'un lycéen. Il l'a échangé contre quatre jeux vidéo à un ami, qui l'avait trouvé sur un terrain vague et agrémenté d'une bougie pour faire lampe de chevet. Avant d'être nommée «greffière des morts», Michèle Adrion s'occupait des contraventions. Elle s'est blindée. «Je vais même vous dire : j'aime ça.» Michèle Adrion a l'impression que les gens meurent de plus en plus, sous les trains, dans la Seine, putréfiés dans leurs appartements, tués par leurs enfants ou par leurs parents. L'an dernier, elle s'est occupée de 400 cadavres, dont 34 homicides. Tous ne se valent pas. «Parfois, derrière un mort, il y a quelqu'un, dit Michèle Adrion. Alors je m'attache, c'est plus fort que moi.» Elle lit «le Parisien» pour essayer de grappiller de leurs nouvelles.
«Allô, ici madame Maier. Récapitulons, lieutenant, votre exhibitionniste, il lui reste combien de boules attachées ? »...
Il y a vingt ans, la justice ne donnait suite qu'à 30% environ des dossiers, estimant qu'une réponse pénale n'était pas adaptée, par exemple, pour un vol de moins de 500 francs ou la détention de moins de 10 grammes de stupéfiants. Aujourd'hui, le taux de poursuites tourne autour de 80%. Les instructions de la chancellerie ne laissent aucun doute : on traite absolument tout. Ca s'appelle la «tolérance zéro». François Reygrobellet, magistrat du siège, se souvient avoir vu monter cette tendance à la fin des années 1980, au fur et à mesure que l'Europe et la mondialisation dessinaient un paysage politique de plus en plus complexe. «La justice reste le dernier secteur où nos dirigeants ont l'impression de pouvoir agir, sans en référer à aucune instance internationale. Là, ils peuvent faire voter des lois et dire aux électeurs : vous voyez, on fait quelque chose. La justice est devenue un enjeu de communication politique.» Marie-Claire Maier, qui a raccroché le combiné, précise : «Aujourd'hui, il faut faire du chiffre, des interpellations, des gardes à vue, des comparutions, des écrous. Moi, on me dit de poursuivre, j'obéis.»

Galerie de l'instruction
Du chiffre, toujours du chiffre
Sur les huit cabinets généralistes, deux juges viennent de partir en maladie. Ici, chacun instruit entre 70 et 100 dossiers. «On va se répartir les plus urgents, les autres affaires vont dormir six mois», dit Stéphanie Forax. Le téléphone sonne. La police, bien sûr. «On a cinq ou six personnes en surveillance pour des stupéfiants. Qu'est-ce qu'on fait ?» Il faudrait remonter le réseau, travailler le coup. Ca fait longtemps que les Hauts-de- Seine ont pris une place centrale sur la carte des stups. Nanterre fournit le meilleur shit d'Ile-de- France, suivi par Colombes; Gennevilliers se spécialise dans la cocaïne et l'héroïne. Quelques trafics sont si bien huilés que les vendeurs sont ravitaillés par plateau-repas pour que le business tourne non-stop de midi à minuit.
Depuis 2002, l'Assemblée nationale a doté la police et la justice d'instruments procéduraux comme elles en avaient rarement eu, infiltrations, balisages, utilisation de témoignages anonymes. «En fait, on ne les utilise pas vraiment», explique Stéphanie Forax. Pas le temps, pas l'argent et toujours le même problème : la logique statistique avant tout. Mieux vaut l'arrestation de beaucoup de petits dealers et tout de suite que la traque aléatoire de quelques têtes de réseaux. «Pas d'enquête. Arrêtez les cinq vendeurs et ouvrez en flagrance», dit Stéphanie Forax aux policiers.
Au tribunal de Nanterre, la 12e chambre s'est, de fait, spécialisée dans les stups. Défilent dans le box, Sissoko, qui a acheté trois barrettes à La Courneuve, et deux garçons d'Athis-Mons venus négocier 32 grammes de shit à Villeneuve-la-Garenne. Tous ont été arrêtés de la même manière : la police se poste avec des jumelles à un point de vente. «Ce n'est pas le cartel de Medellin, mais comme ça au moins il n'y a pas de contestation des faits, dit un gradé. De toute manière, qui va pleurer sur un dealer ? Pour les juges comme pour nous, c'est devenu une bonne manière de tenir les résultats.» A la maison d'arrêt de Nanterre, 25% des prisonniers ont été arrêtés pour stupéfiants.
Les audiences durent parfois jusqu'à 23 heures, en général sous la présidence de Ghislaine Polge. Elle a la réputation de rendre des jugements qui «cognent». Ca ne la choque pas. Elle a pris la relève d'« un vieux magistrat délicieux qui se trouvait mal dès qu'il mettait plus de deux ans de prison». Elle, non. «Quand j'étais juge pour enfants, certains dossiers me hantaient. Aux stups, jamais.»

Parquet commercial
«On dort tranquille»
Il suffit de monter deux étages et de pousser la porte du vice-procureur Bruno Bougie pour tomber sur une situation radicalement opposée. «Vous êtes dans un bureau où si un magistrat a envie de dormir, il dormira tranquille», dit Bougie. Lui s'occupe des infractions commerciales. Ici, le téléphone sonne peu, aucune plainte n'est déposée, ou si rarement : «Il faut aller les chercher soi-même, mais je n'ai jamais senti que c'était une priorité politique. Les organismes antifraude servent surtout de vitrines pour ne pas se faire traiter de république bananière aux colloques internationaux.» Créée en 1991, la Miem, la mission interministérielle qui veille à l'attribution des marchés publics, a vu ses saisines dégringoler. En sommeil depuis 2003, aucun président n'est plus nommé à sa tête. A la cour régionale des comptes ou à l'Inspection générale des Finances, les agents ont le devoir de révéler les infractions au procureur. «En fait, leurs administrations font tout pour bloquer.» Le texte de loi contre la corruption a été rédigé de telle manière qu'il est presque impossible à appliquer. Dans la plupart des tribunaux français, les peines tournent généralement autour de deux mois de prison avec sursis. Nanterre, où se joue parfois à l'audience une année de prison, voire de la détention ferme, est estampillé «ultrarépressif». Isabelle Prévost-Desprez préside souvent l'audience. «Je préfère m'occuper des affreux, on se sent plus légitime. Les autres, on a envie de pleurer avec eux.» Rouge à lèvres éclatant, ton enjoué, qu'on ne s'y trompe pas : Isabelle Prévost-Desprez garde quelque chose des grands brûlés. «J'ai vu ce que c'était que la machine à broyer quand on veut se débarrasser de quelqu'un.» Ex-juge à la galerie financière de Paris, elle a instruit l'Angolagate, l'affaire du Sentier ou de la COB et vécu plus de trois ans sous protection de garde du corps.
«Nous comptons moins d'affaires politico-financières ou tout simplement économiques qu'il y a cinq ou six ans», confirme Jacques Degrandi, président du tribunal de Nanterre, jusqu'en juillet dernier. A l'entendre détacher lentement les syllabes et répéter qu'il faut «rester prudent dans son expression», on comprend aisément que ne pas faire parler de soi reste la manière la plus sûre de réussir dans la magistrature. «C'est un milieu où il ne faut être ni marqué ni remarqué. Ne parlons pas d'indépendance. Mais d'une manière d'assumer nos dépendances.» En juillet, l'affaire des emplois fictifs du RPR a rebondi à Nanterre. Cité en 1995, Jacques Chirac a pu être entendu, puisqu'il quittait l'Elysée. Un voile douloureux passe fugitivement sur le visage de Degrandi. «Je ne suis pas au courant et je ne tiens pas à l'être. Point. La seule chose qu'on attend du juge d'instruction concerné est qu'il tienne compte des hautes charges qui furent celles de ce monsieur. Il ne faut pas que les institutions de la France soient affaiblies, le rôle de la justice est de poursuivre la paix civile.» Degrandi a un soupir. «J'adorais ce métier.» Un temps de respiration. «L'amour est parti.»

Pôle financier
«On va encore dire que je suis mou»
Le juge chargé du «dossier Chirac» s'appelle Alain Philibeaux. Sa carrière a débuté à l'époque où convoquer un notable dans un palais de justice paraissait impensable. Puis, dans les années 1990, le juge Philibeaux se souvient avoir humé «cette grande bouffée d'indépendance quand certains collègues courageux ont modifié (notre) travail». Philibeaux s'est lui-même retrouvé à poursuivre l'instruction du «dossier des emplois fictif s». Il en garde surtout un souvenir cuisant. Sa décision de classer une partie de la procédure avait, en effet, entraîné les railleries du «Canard enchaîné». Aujourd'hui encore, Philibeaux proteste que «rien ne permettait alors défaire autrement». Hélas, entre-temps, l'audience tenue en 2004 a donné raison au «Canard». «Je m'en étais encore pris plein la figure», lâche Philibeaux. Cet été, il a senti «la pression qui recommençait» quand il a en tendu Chirac, simplement comme témoin assisté. Le juge ne sait pas pourquoi, mais il en est sûr : «On va encore dire que je suis un mou.»
Prestigieux durant un temps, le pôle financier des sept juges de Nanterre est maintenant surnommé «la galerie des non- lieux». Richard Pallain est l'un des derniers survivants de la grande époque. Certains collègues lui ont raconté comment «savonner» un dossier pour éviter les ennuis : «Dès que tu reçois une constitution de partie civile, tu demandes une enquête à la brigade financière. Tu peux y aller tranquille : le service a été torpillé et rien ne reviendra avant un an. Pendant ce temps, tu interroges les types. Pose des questions bateau, ils te feront des réponses bateau. Ensuite, tu commandes une expertise, ça traîne dix mois de plus. Là, tout le monde a oublié ton affaire, tu peux déposer ton non-lieu.» Pallain estime que «ces dernières années, l'Etat a sacrifié la fonction judiciaire à ses propres intérêts. On est devenu un service public de la justice, et non plus une autorité judiciaire».
Depuis 2000, les députés ont commencé à transférer aux magistrats du parquet les mêmes compétences que celles jusque-là dévolues aux juges d'instruction, perquisitions, écoutes, sans parler de la détention. Si les enquêtes menées par le parquet sont de fait plus rapides, il existe une autre différence : contrairement au juge d'instruction, il est soumis à la hiérarchie de la chancellerie. Récemment, la garde des Sceaux, Rachida Dati, a convoqué un procureur pour exiger sa soumission. «Au mépris de la séparation des pouvoirs se met en place une catégorie de magistrats obéissants comme des préfets, flanqués d'une super police», dit un juge. Aujourd'hui, seulement 3% des dossiers passent à l'instruction contre 10% il y a quelques années. «Personne n'ose le dire, mais le système français est en train de changer en douce», reprend le vice-procureur Bruno Bougie.

Bureau d'ordre pénal
«On est des victimes, Sarko nous soutient»
Une dame vient pour un enlèvement d'enfant, un père dénonce «un complot à l'école de son fils», un autre veut déposer plainte parce qu'il n'obtient pas d'appartement HLM. «Mais une plainte contre qui ?», demande l'agent administratif. «Qui vous voulez.» Ici, les particuliers peuvent saisir la justice directement. «On est des victimes, le président Sarkozy est avec nous», scande un commerçant, qui craint un «contrôle fiscal illégal». «Moi aussi, j'ai droit à avoir mon affaire.» Tous attendent un miracle. «Plus rien ne marche dans le pays : la justice peut nous sauver de tout, non ?»
Un homme sort une botte de carottes d'un sac en plastique. «Elles sont empoisonnées», dit-il. Il veut voir le procureur de la République. Pourquoi lui ? «Aujourd'hui, c'est Dieu, non ?»
Le bureau de «Dieu» est au dernier étage. Il est soucieux. Il voit la justice comme une citadelle, «le dernier rempart encore debout, quand tout le reste est tombé, l'école, l'emploi». Philippe Courroye, qui a pris ses fonctions à Nanterre un peu avant l'été, semble incarner à lui seul la justice dans ses forces contraires. Juge d'instruction pendant sept ans, il a enquillé les affaires retentissantes et controversées, Carignon, Jean-Christophe Mitterrand, le financement du RPR ou Pétrole contre Nourriture. Sa candidature au parquet stratégique de Nanterre a été interprétée par ses pairs comme un acte forcément politique. L'avis défavorable du Conseil supérieur de la Magistrature, balayé comme toujours d'un revers de manche par la chancellerie, a encore augmenté la défiance craintive autour de sa nomination.

Comparutions immédiates
«Tout se fait pas au pif»
M. Martin comparaît pour un vol de scooter dans un hangar. «Vous vivez de quoi, M. Martin ?», demande Olivier Fourmy, le président. «De rien», dit M. Martin. Fourmy : «Si, je vais vous dire de quoi vivez, M. Martin. Vous faites de la gratte, comme les petites souris. Gratte-gratte-gratte-gratte.»«Il a un talent extraordinaire de maître de revue.»
Avant d'arriver à Nanterre, Fourmy a été magistrat au Tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie. Il n'a jamais oublié l'interrogatoire de ce soldat qui racontait calmement un massacre : «J'ai arrêté de tirer seulement parce que, à force, j'avais trop mal au doigt pour appuyer encore sur la gâchette.»
A La Haye, le tribunal condamnait à vingt ans de prison pour génocide. Fourmy avait tendance à remettre les prévenus assez largement dehors quand il est revenu en France en 2003. Puis il a fini, dit-il, par se «resituer sur la carte : France-Ile-de-France-département 92-Nanterre». Il trouve quand même que quelque chose ne marche plus. «On oblige à assumer certaines poursuites, c'est indécent. Qui poursuit-on et pour quoi faire ?»
Dans le box arrive Antoine qui a bu, qui est monté sur son vélo puis qui a tapé sa femme (pour la troisième fois et dans le même ordre). Une comptable a volé un pantalon à la pause-déjeuner avec des copines. Chaque fois qu'un prévenu sort, Pierre Delattre, substitut du procureur, ne peut s'empêcher de chronométrer le temps qu'il faut aux policiers pour amener le suivant. Un quart d'heure, en moyenne. Donc, au rythme de dix affaires par audience, cela fait au moins deux heures et quart perdues. Delattre, ça le rend fou. Il se demande pourquoi on n'aménage pas une petite salle derrière qui régulerait ces temps morts. Il a passé vingt-cinq ans dans la pénitentiaire, avant de devenir magistrat il y a seize mois. «Quand on arrive du management, on est surpris : ici, on travaille sans aucune visibilité.» Pour désengorger le système, on a re commandé aux parquetiers de faire appel au juge unique. Delattre a demandé combien ce secteur-là pouvait écluser de citations. Pas de réponse. Et pour les alternatives aux poursuites, qu'est-ce que chaque secteur peut absorber ? Personne n'en sait rien. «Tout se fait au pif. Au ministère de la Justice, on s'en fout. Ceux qui viennent là veulent une loi qui porte leur nom, mais se moquent d'évaluer les dispositifs qui existent ou de réduire ne fût-ce que de 30 à 40% les écarts entre les intentions affichées et les moyens : la grande réforme de la justice serait que la chancellerie accepte d'être aussi gestionnaire.»
Olivier Fourmy et les deux assesseurs se retirent pour délibérer. «On va se triturer le cervelet pour fixer la barre entre quinze jours et deux mois de prison. De toute manière, on condamne politiquement, mais techniquement on ouvre.» Depuis 2002, toute peine de prison peut être aménagée en une mesure autre que de la détention, comme des travaux d'intérêt général. Un conseiller d'insertion explique que l'institution n'avait, de toute manière, pas le choix : «Beaucoup de comportements ont été pénalisés, on condamne de plus en plus mais le nombre de places en détention n'a pas évolué.» Comme partout, la maison d'arrêt de Nanterre est «surbookée» : 814 détenus pour une capacité de 594. «Il n'y a plus de lit non plus dans les établissements de semi-liberté, explique Olivier Guichaoua, magistrat chargé de l'application des peines. On appelle pour réserver comme à l'hôtel, on attend sept mois au bas mot pour un matelas par terre.»
Saluée à droite comme à gauche, l'aménagement des peines se révèle inapplicable. Le service est tellement engorgé que certains condamnés n'ont toujours pas été convoqués dix-huit mois après le jugement. «On a totalement perdu la maîtrise de nos outils procéduraux, affirme le conseiller d'insertion. On augmente les peines mais on ne les applique pas. C'est une manière de gérer l'opinion, qui ne dupe que les braves qui croient au système.»
Olivier Fourmy vient de rendre son jugement. La porte de la salle d'audience s'ouvre. Là-bas, derrière son guichet, Ingrid regarde ceux qui sortent.

Reportage photos au tribunal de Nanterre en mai-juin 2007 : Bernard Le Bars
Et Fourmy roule des yeux, en agitant ses doigts comme des petites pattes de rongeur. Dans la salle, côté public, Julien, scénariste à Canal+, ne rate pas une audience. A son insu, le président Fourmy est devenu l'un de ses personnages favoris.

 

Florence Aubenas
Le Nouvel Observateur


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Jeudi 13 septembre 2007
NANTES, Loire-Atlantique (Reuters) - Onze couteaux, une bombe lacrymogène, une paire de ciseaux : pour sa première demi-journée de fonctionnement, le portique de sécurité du palais de justice de Nantes a fait ample moisson.

ENTRÉE EN SERVICE DU PORTIQUE DE SÉCURITÉ AU PALAIS DE JUSTICE DE NANTES Agrandir la photo

L'un des visiteurs s'est ainsi fait confisquer un couteau avec une lame longue de 12 cm (arme de 5e catégorie). " Il avait un rendez-vous chez un juge ", a précisé à Reuters un agent d'accueil.

Le parquet de Nantes a ouvert une enquête.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, a lancé en juin dernier un plan d'urgence pour la sécurité des tribunaux doté de 20 millions d'euros à la suite de l'agression d'un magistrat.

Jacques Noris, vice-président du tribunal de Metz, avait été blessé à coups de couteau par la mère d'un mineur alors qu'il présidait une audience d'assistance éducative dans son cabinet.

L'agression avait provoqué une vive émotion chez les magistrats, qui ont dénoncé les lacunes criantes dans les palais de justice en matière de sécurité.




La bonne récolte du nouveau portique de sécurité du palais de justice de Nantes

LE MONDE | 17.09.07 | 15h11  •  Mis à jour le 17.09.07 | 15h11


Drôle d'inventaire de sacs à main : un couteau à la Rambo arborant une lame de 13 cm, des couteaux suisses, un cutter, deux bombes lacrymogènes. A peine mis en marche, le portique de sécurité qui trône à l'entrée du palais de justice de Nantes a détecté une dizaine d'armes blanches, jeudi 13 septembre.

L'installation de ce dispositif concerne tous les tribunaux de grande instance de France et fait suite à une circulaire ministérielle édictée cet été après qu'un juge a été poignardé dans son bureau, début juin à Metz, par une femme. Quelques jours plus tard, la polémique sur la sécurité dans l'enceinte des tribunaux avait enflé : à Laon, un accusé comparaissant libre a sorti une arme et s'est suicidé à l'énoncé du verdict le concernant.

La saisie du long couteau a provoqué un certain émoi à Nantes. Il a été détecté dans le sac d'un couple qui était convoqué par un juge de tutelle. L'arme a aussitôt été saisie. Le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête afin de déterminer la raison pour laquelle cette arme se trouvait dans ce sac.

Le palais de justice de Nantes voit défiler 1 500 à 2 000 personnes chaque jour. "On peut avoir cinq cents personnes sur une plage d'un quart d'heure, à l'ouverture des audiences juste avant 9 heures et à 14 heures", précise-t-on du côté du tribunal.

Yan Gauchard (Nantes, correspondant)
Article paru dans l'édition du 18.09.07.

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Jeudi 13 septembre 2007

11 septembre 2007


Samedi 15, de 14 h à 17h et dimanche 16 septembre, de 10h à 16h, la Chancellerie, située au 13, place Vendôme, ouvre ses portes au public.

Logo de l'évènementA l’occasion des journées européennes du patrimoine, le grand public est invité à découvrir l’hôtel de Bourvallais, siège du ministère de la Justice depuis 1718.

Guidé dans son parcours, le visiteur pourra contempler ornements, décors, pièces et mobiliers  constitutifs du riche patrimoine qu’abrite l’édifice, lui-même, inscrit à l’inventaire des monuments historiques.

De l’escalier d’honneur, en passant par la galerie Peyronnet, le salon des oiseaux, la galerie des portraits, le circuit se prolongera jusqu’aux jardins de la Chancellerie, véritable joyau de verdure dans le Paris d’aujourd’hui. Le visiteur pourra découvrir également la bibliothèque Royale, chef d’œuvre de style classique, dans laquelle est installé le bureau du ministre de la justice, Garde des sceaux.

Invité à vivre l’histoire d’une institution par le biais de son patrimoine, le public se verra remettre un livret sur l’hôtel de Bourvallais à travers le temps.  

 

Hotel de Bourvallais, crédits J.B. LerouxLes jardins de l'hôtel, crédits : J.B Leroux

 

Ministère de la Justice,
13, place Vendôme- 75001 Paris

Visites : Samedi15 septembre de 14h à 17h
Dimanche16 septembre de  10h à
16h

 

Outre la Chancellerie, quelques palais de justice en région seront ouverts au public à l’occasion des journées européennes du patrimoine.

Pour toute information, veuillez consulter le Tribunal de votre domicile.

 

Consulter le site des journées européennes du patrimoine et la rubrique Histoire et patrimoine du présent site.

 


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Jeudi 13 septembre 2007

12 septembre 2007


Rachida Dati a signé un protocole visant à prévenir les détournements d'hélicoptères

Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice, a présidé, le mercredi 12 septembre, à la Chancellerie, la cérémonie de signature du protocole -entre l'Etat et les représentants des exploitants d'hélicoptères- visant à prévenir les détournements d'hélicoptères en vue d'évasions. "La question de la sécurité des personnels, des pilotes et de nos concitoyens est essentielle à mes yeux" a assuré le ministre.

Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice et à gauche Gérard David, président de l'Union Française de l'hélicoptère et à droite Eric Fraissinet, président du Syndicat national des exploitants d'hélicoptères

Après avoir rendu hommage aux personnels des établissements pénitentiaires pour "leur courage", "leur sang-froid" et "leur dévouement au service de leur mission", Rachida Dati a insisté: "il est de mon devoir, en ma qualité de garde des Sceaux, de tout mettre en oeuvre pour renforcer la sécurité des personnes et des établissements pénitentiaires".

Le ministre a aussi eu une pensée pour les pilotes. "On ne peut pas accepter qu'ils puissent être pris en otage dans l'exercice de leur métier a-t-elle déclaré. Il est indispensable d'agir pour leur sécurité, en empêchant les criminels de détourner leurs appareils". Le garde des Sceaux a en outre assuré le Syndicat national des exploitants d'hélicoptères et l'Union Française de l'hélicoptère de son plein soutien pour atteindre cet objectif.

"Le protocole permet de conjuguer les efforts des différents acteurs" a par ailleurs estimé le ministre. Cet accord associant d'une part, pour l'Etat, la direction de l'Administration Pénitentiaire, la direction générale de l'aviation civile, la direction générale de la police nationale et la direction générale de la gendarmerie nationale et d'autre part, les représentants des exploitants d'hélicoptères.

De droite à gauche: Rachida Dati, garde des Sceaux, ministre de la Justice, Claude d'Harcourt, directeur de l'Administration Pénitentiaire, Eric Fraissinet, président du Syndicat national des exploitants d'hélicoptères, Gérard David, président de l'Union Française de l'hélicoptère, et Didier Lallement, directeur général de l'aviation civileRachida Dati a ensuite détaillé les dispositions du protocole: réservation des vols avec la plus grande anticipation possible, identité complète du bénéficiaire du vol, contrôle de l'identité avant embarquement et rapprochement avec les informations initialement données, vigilance autour des bagages et des effets personnels, information des salariés des sociétés d'hélicoptères sur les risques de détournement des appareils notamment.

Le garde des Sceaux s'est engagé, en échange, à ce que le ministère de la Justice poursuive la mise en oeuvre des moyens de sécurisation des établissements pénitentiaires car "c'est aussi indispensable".

Le président du Syndicat national des exploitants d'hélicoptères, Eric Fraissinet, ainsi que Gérard David, le président de l'Union Française de l'hélicoptère ont ensuite prononcé un bref discours.

Le directeur de l'Administration Pénitentiaire, Claude d'Harcourt, remettra en fin d'année au ministre un bilan de la mise en oeuvre du protocole.

Le discours de Rachida Dati  >>Ecouter>>

L'interview de Claude d'Harcourt  >>Ecouter>>


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Jeudi 6 septembre 2007
STRASBOURG (Reuters) - Les avocats du barreau de Belfort (Territoire de Belfort) se sont mis en grève jeudi pour une durée indéterminée.

Ils protestent contre un projet de suppression du Tribunal de grande instance, le seul du département, qui fusionnerait avec celui de Montbéliard, dans le Doubs.

"C'est inimaginable d'un point de vue historique et juridique", a estimé Me Alain Dreyfus-Schmitt, membre du barreau de Belfort, joint par Reuters.

Le TGI de Belfort est la seule juridiction pénale de ce petit département de 140.000 habitants qui a été créé après la guerre de 1870 lorsque le Haut-Rhin, dont il faisait partie, a été annexé par l'Allemagne.

Le Territoire de Belfort présente déjà la particularité de n'avoir jamais disposé de cour d'assises, les dossiers criminels étant jugées par celle de la Haute-Saône.

Le procureur général de la République, Christian Hassenfratz, a confirmé ce projet qui devrait être présenté au ministre de la Justice à la fin du mois.

"L'idée n'est pas de supprimer le tribunal de Belfort mais de fusionner les juridictions de Belfort et de Montbéliard afin de créer une juridiction interdépartementale qui soit compétente sur l'ensemble de l'agglomération de Belfort-Montbéliard", soit environ 300.000 habitants, a-t-il précisé.

Belfort obtiendrait en compensation le tribunal de commerce et le conseil des prud'hommes communs aux deux juridictions.

Les deux TGI, distants d'une vingtaine de kilomètres sont actuellement classés parmi les plus petites juridictions françaises. Le tribunal de Montbéliard dispose de 15 magistrats, celui de Belfort en compte 13. Ils emploient à eux deux une soixantaine de fonctionnaires.

La refonte de la carte judiciaire, qui vise à regrouper certaines juridictions, est l'une des réformes annoncées en mai par Rachida Dati, à son arrivée au ministère de la Justice.



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