Vendredi 21 décembre 2007

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Compte rendu de la séance du 18 décembre :

M. le président. La parole est à M. Philippe Madrelle, auteur de la question n° 95, adressée à Mme le garde des sceaux, ministre de la justice

M. Philippe Madrelle. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, vous en conviendrez, rarement une réforme gouvernementale n’a suscité un tel front de mécontentement ! Tous les professionnels de la justice se sont rassemblés pour crier leur incompréhension, leur indignation, leur révolte face à cette réforme de la carte judiciaire décidée arbitrairement et sans concertation aucune, au mépris des avis des chefs de cour et des autorités préfectorales, sans parler de celui des élus.

Synonyme de régression, cette réforme n’est en fait qu’un vaste plan de fermeture des tribunaux. Après la suppression des bureaux de poste, des hôpitaux de proximité, des trésoreries et des brigades de gendarmerie, la suppression des tribunaux porte une nouvelle et grave atteinte au service public.

En Gironde - département le plus étendu de France en superficie -, les tribunaux d’instance de Bazas, de Lesparre, de La Réole et de Blaye sont ainsi rayés de la carte.

En ce qui concerne la sous-préfecture de Blaye, la sentence de suppression est double puisque, à la suppression du tribunal de commerce, vient s’ajouter la liquidation du tribunal d’instance. Ressentie comme un non-sens absolu par l’ensemble de la profession et de la population, la suppression du tribunal de Blaye a de quoi surprendre.

En effet, cette décision va à l’encontre de l’évolution même de la structure, car ce tribunal affiche, ces dernières années, une activité en hausse constante, illustrée notamment par une forte augmentation des affaires liées au surendettement, par de très nombreuses procédures de tutelle, par des déclarations de pacte civil de solidarité... Il faut également rappeler que le budget de fonctionnement est de seulement 20 000 euros, avec des locaux mis gratuitement à disposition par la municipalité.

La suppression de ce tribunal va entraîner l’obligation pour les justiciables de se rendre à Libourne ou à Bordeaux, alors que le secteur de la Haute Gironde reste très mal desservi par les lignes de transport en commun : il n’y a pas de ligne ferroviaire, les bus sont très rares pour Bordeaux et inexistants pour Libourne.

La disparition d’un tel service de proximité va aggraver considérablement l’asphyxie des tribunaux de Libourne et de Bordeaux, allonger les délais de délibéré, accroître les distances et créer des coûts de déplacement.

Cette réforme pénalise lourdement les plus faibles et les plus vulnérables. Pourquoi supprimer ainsi un service public qui fonctionne ?

Au-delà d’un coût de fonctionnement très modeste, de l’efficacité reconnue des services rendus, il faut savoir, monsieur le secrétaire d’État, que près de 80 000 justiciables dépendent du tribunal de Blaye, que toutes les professions travaillent de concert et en proximité. Si nous sommes d’accord pour que la nouvelle carte judiciaire s’inscrive à la fois dans une logique de territoires et de services, nous ne pouvons pas accepter qu’elle méconnaisse l’évolution démographique des cantons concernés et les réalités de ce territoire. Ces critères plaident au contraire en faveur du maintien du tribunal d’instance de Blaye.

Vous me permettrez, monsieur le secrétaire d’État, de déplorer les graves conséquences de l’approche technocratique et financière de cette réforme qui va injustement compliquer la vie des justiciables de la Haute Gironde. Une nouvelle fois, la ruralité verse un lourd tribut à la disparition du service public.

Les motions votées à l’unanimité par les élus des conseils municipaux de toutes les communes concernées, quelles que soient les étiquettes politiques, les pétitions signées par plus d’un millier de personnes illustrent bien la volonté politique de tout un territoire qui ne peut se résoudre à voir disparaître le tribunal d’instance.

Ce n’est pas ainsi, monsieur le secrétaire d’État, en oubliant les citoyens, que l’on peut réformer l’État. Il faut absolument que le sort du tribunal d’instance de Blaye soit réexaminé favorablement.

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État.

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État, porte-parole du Gouvernement. Monsieur Madrelle, je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser l’absence de Mme Rachida Dati, garde des sceaux, ministre de la justice, retenue ce matin à l’Assemblée nationale et qui regrette de ne pouvoir répondre en personne à votre question.

Voici la réponse qu’elle m’a chargé de vous transmettre.

Vous avez souhaité l’interroger sur les modifications de la carte judiciaire envisagées dans le ressort de la cour d’appel de Bordeaux, notamment sur le devenir du tribunal d’instance de Blaye.

Comme vous le savez, monsieur le sénateur, le tribunal d’instance de Blaye est une juridiction de faible niveau d’activité avec seulement 495 affaires civiles nouvelles par an. Aussi, malgré une augmentation de l’activité civile qui n’a toutefois pas de corollaire en matière pénale, le tribunal d’instance de Blaye compte parmi les 187 tribunaux d’instance dont l’activité ne permet plus de justifier l’emploi d’un juge à plein temps.

Dans ces conditions, la continuité du service, l’accueil du justiciable et la sécurité du tribunal ne peuvent être assurés de manière acceptable.

Il n’est pas non plus concevable, et vous en conviendrez monsieur le sénateur, d’avoir des juges d’instance, souvent nommés à la sortie de l’École nationale de la magistrature, seuls dans leur tribunal, sans possibilité d’échanges avec des magistrats plus expérimentés. Nous avons éprouvé, par le passé, les erreurs auxquelles pouvait conduire ce type de situation.

Je tiens à vous préciser, monsieur le sénateur, puisque vous avez soulevé la question de la concertation, que la réflexion de Mme le garde des sceaux est le résultat de la concertation conduite du mois de juin 2007 jusqu’au 19 octobre 2007, date de l’annonce par Mme le garde des sceaux de la fermeture de cette juridiction lors de son déplacement en Aquitaine.

Mme le garde des sceaux a été notamment attentive aux observations des avocats des deux barreaux de Bordeaux et Libourne. Ceux-ci, par la voix de leur bâtonnier, lui ont fait connaître leur préférence pour un nouveau découpage des ressorts des tribunaux de grande instance de Bordeaux et Libourne permettant le rattachement des cantons composant le ressort du tribunal de Blaye au tribunal d’instance de Libourne plutôt qu’à celui de Bordeaux.

Ainsi, sur le plan de l’aménagement du territoire, il en résultera également un meilleur équilibre entre Bordeaux et Libourne.

S’agissant du tribunal de commerce de Blaye, comme vous le savez, monsieur le sénateur, son niveau d’activité est extrêmement faible : 73 affaires contentieuses nouvelles par an en moyenne entre 2003 et 2005, ce qui représente 12 dossiers par an pour chacun des 6 juges consulaires de cette juridiction, pour une charge moyenne nationale par juge consulaire proche de 60 dossiers.

Ainsi, la fusion de cette juridiction avec le tribunal de commerce de Libourne a été proposée par les chefs de la cour d’appel de Bordeaux. Elle est également conforme à la proposition faite par la conférence des juges consulaires de France.

Enfin, il convient de signaler que les greffes des deux juridictions sont, au demeurant, déjà rassemblés.

M. le président. La parole est à M. Philippe Madrelle.

M. Philippe Madrelle. Monsieur le secrétaire d’État, votre réponse ne saurait me satisfaire. Elle va à l’encontre des intérêts des justiciables. La présidente du tribunal d’instance de Blaye a une grande compétence et une très grande expérience. Les magistrats en poste ne sont pas de nouveaux venus.

Des raisons géographique et démographique plaident en faveur du maintien du tribunal d’instance de Blaye : d’abord, les justiciables de l’arrondissement de Blaye se trouveraient à quelque soixante-dix kilomètres de Libourne sans aucun moyen de transport en commun et, ensuite, 80 000 justiciables dépendent de ce tribunal d’instance.

Il faut également savoir que les personnes vulnérables, sans protection judiciaire, suivies par le juge des tutelles local - 970 personnes protégées sont suivies par le juge des tutelles du tribunal d’instance de Blaye en raison de leur déficience physique ou mentale - ne disposent pas de moyens de transport et sont incapables de se déplacer sur de longs trajets. Cette suppression rendrait virtuelle leur protection, ce qui serait en totale contradiction avec la réforme des tutelles qui va entrer en vigueur en janvier 2009.

Je ne peux donc accepter une telle réponse.

Source : Site du Sénat


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Vendredi 21 décembre 2007
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Quinze ans ferme pour une mère entraînée par son second mari dans une vie «cul et came».
Par Alice GERAUD
QUOTIDIEN : jeudi 26 octobre 2006
Lyon correspondance
Elle s'est allongée contre son mari, lui a pris la main, l'a posée sur son visage à elle. Elle est restée ainsi blottie. «Peut-être une heure», dit-elle. Elle se sentait «soulagée». Puis elle a réalisé. Elle a vu le sang sur les draps. Elle s'est relevée, est allée chercher une serviette pour effacer ses empreintes sur l'arme. Elle a posé le pistolet à côté de la main droite de son mari. A la famille, aux gendarmes, elle expliquera avec force détails comment et pourquoi Patrice Genin s'est suicidé ce 28 août 2004 dans leur chambre à coucher. Le mensonge n'a pas résisté à l'évidence balistique. Le coup avait été tiré derrière la tête, à une distance d'au moins 20 centimètres et la sécurité de l'arme a été rabattue après le coup de feu. Géraldine Dubois, 36 ans, mère de deux enfants, a été arrêtée quelques jours plus tard. Elle n'avouera qu'au bout de la trente-troisième heure de garde à vue. Mardi soir, devant la cour d'assises du Rhône, elle a été reconnue coupable et condamnée à quinze ans de réclusion criminelle conformément aux réquisitions.
Impasse. Un meurtre sans mobile apparent. Devant la cour, d'une voix douce, l'émotion contenue, Géraldine Dubois a raconté son geste plus qu'elle ne l'a expliqué : «J'ai tiré sur l'homme que j'aimais. Parce que je ne voyais pas d'autre solution.» A la barre, les experts psychiatres ont confirmé la thèse de l'impasse psychologique. «Elle ne supportait plus la vie qu'elle menait, elle ne voulait plus être avec cet homme, mais elle n'était pas capable de prendre une décision rationnelle : lui dire ou divorcer. A ce moment-là, le tuer lui a semblé la seule issue, même si ce n'en était pas une», a expliqué le Dr Agnès Peyramond. La psychiatre évoque une «faille narcissique béante» et une «immaturité affective évidente». Elle dessine les contours d'une structure mentale dans laquelle l'émotion prend toujours le dessus sur la raison. En rappelant le parcours de l'accusée lors de son réquisitoire, le procureur général Jean-Olivier Viout donne son sentiment sur un drame «que l'on voyait poindre depuis longtemps». Il parle du «huis clos underground qui a présidé au requiem de Patrice Genin». 
Avant de rencontrer Patrice Genin, restaurateur plutôt réputé à Chaponost, dans l'ouest lyonnais, Géraldine Dubois était une fille discrète. De celles que l'on dit sans histoire. Tendance Bovary. Mari aussi gentil qu'absent. Vie sexuelle épisodique. Métier d'esthéticienne abandonné pour se consacrer à ses deux enfants. Sans regret, mais sans entrain.
Puis, en 1995, Géraldine croise le chemin de Patrice Genin. Il a dix ans de plus qu'elle, il est père de deux ados. Il vient de perdre son épouse, emportée par un cancer. Mais il reste un homme à femmes. Il a le verbe haut, de nombreux amis, encore plus de maîtresses. Il est séduit par cette très belle jeune fille. Grande, fine, un quelque chose de Bardot dans la moue. Géraldine a «le coup de foudre, tout de suite», explique-t-elle à la barre. Elle emploie le mot «impressionnant». Un an plus tard, elle s'installe avec lui à Chaponost. Ils vivent en famille recomposée avec les quatre enfants. Elle travaille ­ dur ­ avec lui au restaurant.
Jupes raccourcies. Elle est prête à tout pour celui qu'elle considère, encore aujourd'hui, comme son «dieu». Patrice aime les femmes sexy. Elle raccourcit ses jupes et se fait offrir une nouvelle poitrine. Patrice aime l'échangisme. Elle accepte de fréquenter avec lui les clubs lyonnais. «Je n'aimais pas ça, mais je ne voulais pas le perdre, je voulais le séduire. Tout le temps.» Patrice fume des pétards, prend de la coke, vit la nuit. Elle suit.
En 2002, sept ans après leur rencontre, il lui présente Franck, un type un peu largué, la quarantaine. Peu à peu, Franck intègre leur vie. Puis leur lit. A la demande de Patrice, ils mettent en place une sorte de ménage sexuel à trois. La pente est glissante. D'autant qu'elle est saupoudrée de cocaïne.
A partir de 2004, l'année des faits, le trio est à plus de trois grammes chacun par jour, plus le shit, plus les cachets d'ecstasy. Patrice et Géraldine n'ont plus jamais de rapports sexuels seuls tous les deux. Elle se rapproche de Franck. Patrice en est malade de jalousie. Les voyages «cul et came» à Amsterdam se multiplient. Les engueulades aussi. Dans son réquisitoire, le procureur général évoque l'image d'un «bateau ivre échouant régulièrement au port d'Amsterdam pour se réapprovisionner». 
Le 28 août, après un retour d'Amsterdam justement, Géraldine se regarde dans le miroir de la salle de bain. «J'ai vu mon corps marqué par la drogue. J'ai pensé à mes enfants, dont je m'occupais mal. J'ai réalisé que c'était bientôt la rentrée scolaire et que je n'avais rien préparé.» Elle entend Patrice dormir. Elle ouvre le coffre-fort, prend le pistolet de son mari. Et lui tire une balle dans la tête. Pour ne plus rien entendre. Plus rien subir. Me Jacques Debray, son avocat, plaide «une souffrance terrible devenue insupportable». «J'ai honte, a-t-elle expliqué, j'aime mon mari.»

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Vendredi 21 décembre 2007

 

20.12.07 | 18h41

Le gouvernement bulgare a décidé jeudi de saisir la Cour européenne de Justice pour protester contre la décision de la Commission européenne de réduire les quotas d'émissions de gaz à effet de serre fixés pour 2008 à 2012.

"Le gouvernement a décidé de porter plainte auprès de la Cour européenne de justice concernant les décisions de la Commission européenne du 26 octobre sur le plan national de distribution des quotas d'émissions de gaz à effet de serre", selon le communiqué gouvernemental.

La Commission a notamment décidé une réduction des émissions de dioxyde de carbone de 34,4% à 42,3 millions de tonnes.

La Bulgarie estime que la Commission n'a pas pris en compte le fait que les Bulgares sont contraints de produire davantage d'électricité dans les centrales au charbon après avoir été obligés de fermer, sous la pression de l'UE, deux des réacteurs de l'unique centrale nucléaire à Kozlodoui fin 2006.

Sofia avait déjà demandé à renégocier ses quotas d'émissions de gaz à effet de serre, mais n'a pas reçu de réponse de la Commission, a indiqué à l'AFP le ministre de l'Environnement Djevdet Tchakarov.

Il a expliqué la décision gouvernementale de saisir la Cour de justice par un souci de respecter un délai expirant à la fin de l'année.

"Si entre temps nous recevions une réponse positive de la part de la Commission, nous retirerions notre plainte", a indiqué le ministre.


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Vendredi 21 décembre 2007

Le joueur tchèque de l'Olympique Lyonnais Milan Baros, le 18 août 2007 à Lorient

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LYON (AFP) — Le parquet du tribunal de police de Trévoux (Ain) a requis jeudi la confiscation définitive de la Ferrari de Milan Baros à bord de laquelle l'attaquant tchèque de l'Olympique Lyonnais (L1) avait été contrôlé à 271 km/h le 1er novembre, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet a réclamé également une interdiction de conduite en France d'un an et une amende de 1500 euros à l'encontre de l'international tchèque.

Selon les gendarmes, le joueur de l'OL avait voulu "faire entendre le bruit du moteur à un ami" sur l'autoroute A42 dans l'Ain, et avait établi au passage "le record de vitesse du département".

Le jugement a été mis en délibéré au 28 février.


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Vendredi 21 décembre 2007

 

AP | 21.12.2007 | 11:19

Un avocat marseillais a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Marseille à une peine de trois ans d'emprisonnement, dont 18 mois ferme et 18 mois avec sursis, assortie d'une mise à l'épreuve avec obligation de soins et d'indemniser les victimes.

Me Jean-Louis Blanc, 62 ans, était jugé pour "abus de confiance aggravés".

Il avait détourné plus de deux millions d'euros au préjudice d'une quarantaine de ses clients, dans le cadre dans la cession de fonds de commerce, bars, brasseries et autres maisons de la presse.

L'avocat virait les sommes placées sous séquestre lors des ventes sur des comptes personnels et jouait aussi au banquier en proposant à ses clients des rémunérations de 8 à 10%. Il a été radié en octobre 2002. AP


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Vendredi 21 décembre 2007
Libération, 22 septembre 2004

Par Jacqueline COIGNARD et Dominique SIMONNOT

Il prépare un jeu de chaises musicales très politique au sommet de la justice.

Chez les hauts magistrats, le grand bal est pour bientôt. Il ne sera pas joli à voir. Ce ne sont, dans le mouvement d’échiquier qui se prépare, que petits calculs stratégico-politiques. Où l’intérêt de l’institution elle-même paraît un critère bien secondaire. Un seul homme s’en va pourtant : le procureur général près la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, prend sa retraite le 18 octobre. Mais d’après les rumeurs de palais, le retraité ne serait pas remplacé par l’un des plus éminents juristes de la Cour de cassation, comme Bruno Cotte ou Régis de Gouttes (respectivement président de la chambre criminelle et premier avocat général).

Selon les pronostics, plusieurs têtes devraient changer. « On en profite pour resserrer encore un peu plus les boulons. On est déjà en 2007 », commente un connaisseur. Ainsi, Jean-François Burgelin céderait son fauteuil (honorifique et prestigieux) à l’actuel procureur général de la cour d’appel de Paris, Jean-Louis Nadal. Qui lui même serait remplacé par Yves Bot, le procureur de la République de Paris, arrivé en novembre 2002. Une promotion fulgurante, peu usuelle. Elle a cependant l’avantage de dégager ce lieu névralgique de pouvoir pour Jean-Claude Marin, l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG). Pour la DACG, poste ultrasensible du ministère par lequel transitent tous les dossiers délicats ? Le nom de Michel Dobkine, actuel procureur général de Nîmes, circule.

Chiraquien pur sucre. Le tandem procureur général-procureur de la république qui se profile dans la juridiction parisienne, suscite (c’est peu dire) des commentaires réservés. Entre Jean-Claude Marin et Yves Bot, c’est le choc d’une profonde inimitié. Et tout le palais de justice de Paris bruisse déjà des futures algarades entre ces deux fortes personnalités passant une bonne part de leur énergie à guetter les faux pas du voisin, à tenter de le neutraliser. D’aucuns parient qu’ils feront taire « leurs dissensions narcissiques » parce que sur le fonds des dossiers, « ils sont en phase ». Et aussi par intérêt personnel. « Ils seront obligés de s’entendre et ils auront l’intelligence de le faire. » D’autres ironisent : « On part du principe que tous ces gens-là sont excellents, et donc que tout ça va très bien marcher. » Circule aussi l’hypothèse d’un affreux calcul. Promouvoir Yves Bot, c’est aussi se débarrasser d’une sorte d’électron libre, réputé proche de Sarkozy et aujourd’hui au poste clé de procureur de la République de Paris. Là où défilent la plupart des affaires sensibles. Et, ce au profit d’un homme plus rassurant, chiraquien pur sucre. Et surtout, à la faveur de cette valse, l’un des hommes qui s’est illustré de la pire des manières comme directeur de la DACG sous l’ère Toubon, Marc Moinard, reviendrait à la chancellerie comme secrétaire général, fonction qui n’existe pas encore.

« Supercopter. » Marc Moinard, baptisé « Supercopter » pour son intervention la plus calamiteuse : l’envoi d’un hélicoptère dans l’Himalaya pour récupérer le procureur d’Evry dans une ultime tentative d’enterrer l’affaire Xavière Tiberi. Mais plus chanceux, dans ses multiples interventions pour étouffer d’autres dossiers RPR, dont ceux de Jean-François Mancel dans l’Oise. « Jamais le mot de morale n’a été plus mal accolé à celui de justice », commente un haut magistrat.

L’idée de créer un secrétariat général ? « C’est bien. Si cela marche, c’est la première fois qu’on arriverait à décloisonner la chancellerie », explique un ancien de la maison. « Actuellement, chaque directeur défend son autonomie. Il n’y a que le directeur de cabinet, un politique à 100 %, qui peut arbitrer. Or sur les dossiers comme ceux de la politique de la ville, tout le monde est concerné ; les réunions sont interminables et c’est le directeur le mieux en cours qui finit par l’emporter », décrit-il. Sur le papier, secrétaire général est une fonction administrative et son titulaire est censé présenter un profil de technicien-technocrate. Personne n’imagine Moinard en administratif pur. « Son influence dépendra des directeurs qu’il aura en face de lui, surtout à la DACG », analyse un autre connaisseur. Même ceux qui apprécient son imagination créatrice de gestionnaire (initiateur des maisons de justice et du droit, d’un bureau d’exécution des peines en temps réel à Bordeaux), ont du mal à oublier son activisme débordant sur les dossiers politiques. « On récompense, pour services rendus, Marc Moinard qui piaffe d’impatience dans son bureau de procureur général à Bordeaux et comme on ne peut pas lui offrir un poste trop voyant... Mais c’est un retour en force, il sera un ministre bis ! », prédit un haut magistrat.

Rage. Tous se souviennent, entre ironie et rage, qu’en décembre 1996, Chirac avait entrepris une grande réforme pour que plus jamais ne pèsent de soupçons d’intervention du pouvoir sur la justice. Il parlait même de « l’indépendance du parquet » et avait confié une grande mission au premier président de la cour de Cassation Pierre Truche. Une grande réforme aujourd’hui totalement enterrée.

Avec sa loi Perben 2, l’actuel ministre de la Justice consacre une reprise en main des parquets, totalement assumée. Le ministre de la Justice fait même son entrée dans le code pénal, en tant que patron des parquetiers. Une première. Un magistrat s’en étouffe : « Et là, c’est ahurissant ! On a reculé de 25 ans, avec des nominations du fait du prince ! »


Mouvements stratégiques à venir au sommet de la justice

La magistrature et ses postes les plus sensibles font l’objet d’une attention traditionnelle du pouvoir exécutif. Les titulaires des fonctions occupants des postes les plus élevées du ministère public sont nommés discrétionnairement par le chef de l’Etat, en conseil des ministres.

Or, avec le départ à la retraite, programmé le 18 octobre, du procureur général près la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, un jeu de chaises musicales sous haute surveillance va bientôt se déclencher.

M. Burgelin, âgé de 68 ans, fut directeur du cabinet d’Albin Chalandon de 1986 à 1988, puis procureur général près la cour d’appel de Paris de 1994 à 1996 sous le gouvernement d’Alain Juppé, Jacques Toubon étant alors garde des sceaux.

Pour le remplacer, Jean-Louis Nadal, procureur général de Paris depuis 2001, semble favori. Les noms de Bruno Cotte, président de la chambre criminelle de la Cour de cassation, et de Régis de Gouttes, premier avocat général, sont aussi évoqués.

S’il est promu, M. Nadal pourrait être remplacé par Yves Bot, procureur de la République à Paris, nommé par Jacques Chirac mais réputé proche de Nicolas Sarkozy. M. Bot, en poste depuis la fin 2002, céderait alors sa place à Jean-Claude Marin, lui-même classé chiraquien de stricte obédience et actuel directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la justice.

Le 15 juillet, un premier mouvement a conduit à la nomination du nouveau procureur général de Versailles (Yvelines), qui requerra contre Alain Juppé lors de son procès en appel en octobre : la chancellerie a choisi Jean-Amédée Lathoud, qui venait, à la cour d’appel de Douai, de superviser le procès d’Outreau.

Au cours de l’été, on a également appris que Marc Moinard, procureur général de Bordeaux depuis 1998 et ancien directeur des affaires criminelles, va rejoindre la chancellerie au poste nouvellement créé de secrétaire général, chapeautant l’administration centrale de la justice.

Le Monde, 8 septembre 2004, Nathalie Guibert

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Vendredi 21 décembre 2007
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à la barre

DIDIER ARNAUD
QUOTIDIEN : vendredi 21 décembre 2007
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Ce sont d’épais dossiers. Fermés. Comme l’homme dont ils parlent. Sur leurs tranches, en grosses lettres, est écrit «Robert». Le jour, Robert était travailleur social dans une association de lutte contre la toxicomanie. La nuit, on le soupçonne d’être ce violeur à rollers qui fondait sur ses proies, dans Paris. Il est jugé pour cela depuis jeudi dernier, à la cour d’assises de Paris, là où trônent ces dossiers. Viols et agressions sexuelles sur treize jeunes femmes, entre 2002 et 2005. Ses connaissances sont tombées de l’échelle quand elles ont appris le fin mot de l’histoire.

Robert a un prénom : Didier. Il a 43 ans. Catogan, jeans, large chemise. Son look pourrait coller avec son dernier job. Ceux qui l’ont côtoyé comme travailleur social sont venus à la barre raconter leur stupéfaction. Lia Cavalcanti, la directrice d’EGO (Espoir Goutte-d’Or), une association de lutte contre la toxicomanie, ne s’en est toujours pas remise. «Quand les faits ont été révélés, j’étais dans l’impossibilité concrète de les croire. Si les empreintes génétiques n’existaient pas, je me serais ruinée pour le défendre.» Alain Perlus, éducateur spécialisé, connaît bien Didier. «Ça dépasse l’entendement. Compte tenu de l’attitude qui était la sienne, des propos qu’il tenait, ce genre d’actes, ça ne pouvait être lui.» Gentil, attentif aux autres…

Réinsertion. Personne ne comprend. Le psychiatre Daniel Zagury est dubitatif. Didier Robert a commis des actes aux «allures d’énigme». L’enquêtrice de personnalité avoue sa circonspection : «Du toxicomane multirécidiviste, il est passé au militant actif dans un retournement assez spectaculaire. On peut s’interroger sur ce virage», dit-elle. Le «virage» : celui d’une réinsertion exemplaire à laquelle tout le monde veut croire. Avant de commettre ces agressions, Robert était toxicomane. Il a volé pour se procurer de l’héroïne, passé des années en prison. Son parcours familial est une succession de mauvais sorts. «Un dictionnaire de carences», dira le psychiatre. «Une famille glauque», résume Sabine, son ex-compagne. Une mère complètement imbibée, un père qui ne le reconnaît pas. Lui qui quitte le domicile familial à 14 ans. Il croise pour la première fois l’héroïne le jour de ses 15 ans. Ensuite ? Il vole pour s’en procurer. En prison, il rencontre un travailleur social de l’association Aides, suit une formation de maquettiste. A sa sortie, il se retrouve bénévole à l’association Asud (Autosupport des usagers de drogue), puis salarié d’Espoir Goutte-d’Or. Il maquette le journal de l’association, nommé Alter-Ego. L’ego, c’est comme un lapsus à son propos.

Car Didier Robert se montre, se multiplie dans les colloques, raconte son parcours, comment on peut s’en sortir. Devient un exemple. «Une vitrine», dit une avocate. «J’ai eu l’impression que sa vie était déjà un roman, qu’il l’avait beaucoup évoquée», dit l’enquêtrice de personnalité.

Didier est ce garçon qui fait tous les efforts pour rompre avec son passé. «C’était quelqu’un de respectueux, très pudique, très rigoureux», dit Lia Cavalcanti. Lorsqu’il y avait des disputes, il savait s’excuser : «Il disait souvent : "Je n’avais pas l’intention de vous blesser."» Lia a beaucoup misé sur lui. «En interne, dit-elle, aucune personne n’a eu autant de chance que Didier Robert.» Lui donne le change. Le jour où Didier «tombe», elle est avec lui à l’hôtel de ville de Paris pour une conférence. Elle le réprimande sur son habillement négligé. Il lui répond : «Ce qui compte pour moi, c’est l’essence, pas l’apparence.» L’apparence de Didier Robert, elle tient aussi à sa santé. Séropositif depuis 1985, il a développé la maladie dix ans plus tard. Ça ne l’empêche pas de connaître un franc succès avec les femmes. A l’écoute, sensible. Il ne leur cache pas qu’il est malade.

C’est à cause de cela qu’il se met aux rollers. Il ne les quitte pas. Il les préfère de loin aux transports en commun, qui le rendent malade à cause de la trithérapie. «Les rollers faisaient partie de son personnage», dit Lia. C’est avec eux qu’il commet ses forfaits, le soir, la nuit. Des agressions, le cutter sous la gorge de ses victimes, qu’il force à exécuter fellations ou masturbations. Personne ne se doute de ses activités nocturnes. Ni ses proches, ni même sa compagne, Sabine. «Vous viviez avec lui lorsqu’il a commis onze de ses treize agressions, demande un avocat des parties civiles. Vous ne vous êtes doutée de rien ?» Elle répond : «Je n’ai pas connu Didier violeur, Didier agresseur. Il m’a aidée à me construire.» Pas de signes précurseurs. Elle se souvient juste d’un type qui pique des colères noires contre l’injustice. D’un homme qui lui ment aussi. Quand elle le prend la main dans le sac à vouloir la tromper, elle met ça sur le compte de «son passé de voyou. Il a toujours appris à nier». Quand elle veut le quitter, il fait du chantage au suicide.

Pathologie. Alain, lui non plus, ne s’est douté de rien. Oh, il parle bien des oublis professionnels de Didier. Mais il y voit un effet de sa toxicomanie passée. Lia Cavalcanti est véhémente lorsque la présidente la cuisine. N’y avait-il vraiment aucun signe ? «Je vous défie de trouver une seule personne qui aurait pu imaginer ça. Il n’y a pas eu un geste qui puisse annoncer cela.» Puis elle ajoute, sans un regard à Robert : «Je fais du social depuis que j’ai 12 ans. J’ai l’habitude de la ruse et de la manipulation. Avec Didier, c’était pas cela. Je n’ai jamais eu l’impression qu’il jouait la comédie.»

Robert ne s’expliquera pas plus. Parlera juste de sa «grande solitude». De «pulsions». Le psychiatre précise que, «dans sa tête, il y a un lien entre la présence de Sabine et le fait de ne pas passer à l’acte». Selon lui, Didier Robert n’est atteint d’aucune pathologie mentale. Il le considère accessible à une sanction pénale.

Le procès n’a pas vraiment réussi à mettre en lumière le danger que faisait courir Didier Robert à ses victimes en les agressant sans se protéger. Lia Cavalcanti dira pour lui : «Didier avait pleinement conscience des risques encourus. Il parlait tout le temps de prévention, était à la pointe des informations.» Et le psychiatre devancera l’appel des questions, en lâchant : «Il n’y a pas cette dimension "Je vais te détruire avec ma maladie." Le fait qu’il soit séropositif et qu’il n’y ait pas eu de pénétration, c’est quelque chose que je n’ai pas exploré.»

Hier, Didier Robert a été condamné à sept années d’emprisonnement.





           PARIS
7 ans de prison pour le "violeur aux rollers"
 
Crédit Photo : TF1
 
. Didier Robert s'est aussi vu imposer un suivi socio-judiciaire de 10 ans, pour plusieurs viols et agressions sexuelles à Paris entre 2002 et 2005.
. Une peine "incompréhensible" pour l'avocat des parties civiles.

- le 20/12/2007 - 20h33

 

Le "violeur aux rollers", Didier Robert, a été condamné jeudi à sept années d'emprisonnement par la cour d'assises de Paris, pour avoir commis plusieurs viols et agressions sexuelles à Paris entre 2002 et 2005. Didier Robert s'est également vu imposer un suivi socio-judiciaire de 10 ans. Si durant cette période, il commet une nouvelle infraction, il devra retourner en détention durant une nouvelle période de sept ans. La peine est beaucoup moins lourde que les 15 ans requis par l'avocat général.
 
"Sept ans pour un homme qui a terrorisé tout un quartier de Paris durant trois ans : c'est incompréhensible pour les victimes", s'est indigné Me Eric Morain, avocat de plusieurs parties civiles. D'autant que pour lui, "ces suivis socio-judiciaires, ça ne marche pas en France" car, faute de personnel suffisant, "en fait, il n'y aura personne derrière M. Robert".

La séropositivité largement évoquée lors du procès
 
La nuit tombée, Didier Robert repérait des femmes qu'il suivait à rollers, souvent jusqu'à l'entrée de leur immeuble. Sous la menace d'un cutter, il les contraignait à le masturber ou à lui faire une fellation, prenant la fuite quand ses tentatives échouaient. Lors de son interpellation, en juin 2005 dans le Xe arrondissement de Paris, Didier Robert
 
Lors de son réquisitoire, l'avocat général avait estimé que Didier Robert "cherchait ses victimes comme il cherchait sa dose". Il avait également relevé "l'hypocrisie" que constituait son engagement associatif dans la lutte contre le sida. Durant les six jours d'audience, la séropositivité de l'accusé avait été abordée à plusieurs reprises. "C'est affreux les risques qu'il se permet de faire prendre à d'autres être humains", avait ainsi lancé à la cour une des victimes, enceinte au moment des faits.
travaillait dans une association de quartier de lutte contre le sida et la toxicomanie. Ex-héroïnomane, il était séropositif. Poursuivi pour trois viols et une tentative, cinq agressions sexuelles et trois tentatives, Robert a reconnu durant l'audience dix de ces faits et en a nié deux.


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Vendredi 21 décembre 2007
TOURS - Véronique Courjault, écrouée depuis octobre 2006 pour "un triple infanticide" et son époux Jean-Louis, accusé de "complicité d'assassinat", ont été confrontés jeudi après-midi au tribunal de Tours.

Philippe Varin, le procureur de la République, a précisé que cette confrontation a eu lieu "dans le bureau du juge d'instruction dans le cadre de la procédure normale". Selon lui, "elle n'a rien d'exceptionnel". "Il s'agit vraisemblablement du dernier interrogatoire" a-t-il ajouté.

C'était la première confrontation entre les époux depuis leur mise en examen le 12 octobre 2006.

Me Hélène Delhommais accompagnait sa cliente Véronique Courjault. Me Henri Leclerc, ancien président de la Ligue française des droits de l'Homme et membre du conseil national de l'ordre des avocats de Paris, qui est entré dans le dossier depuis quelques semaines, était aussi présent. Jean-Louis Courjault était accompagné par son avocat Marc Morin.

Véronique Courjault, âgée de 38 ans, a été mise en examen le 12 octobre 2006 pour avoir étouffé deux bébés nés de manière clandestine en 2002 et 2003 à Séoul et dont les corps ont été découverts en juillet 2006 par son mari dans le congélateur du domicile familial. Elle a aussi avoué avoir, en août 1999 à Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime), accouché clandestinement d'un nouveau-né, né viable, qu'elle avait étranglé avant de le brûler dans la cheminée de la maison qu'elle occupait avec son mari. AP

pan/cre/ir


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Vendredi 21 décembre 2007
PARIS - La cour d'appel de Paris a prorogé jeudi au 24 janvier sa décision sur les demandes d'actes complémentaires dans l'enquête sur les circonstances du décès par électrocution de deux adolescents de Clichy-sous-Bois en octobre 2005 formulées par leurs familles, a-t-on appris de sources judiciaires.

C'est la troisième fois que la chambre de l'instruction proroge sa décision dans cette affaire. Deux policiers sont mis en examen dans ce dossier pour "non assistance à personne en danger".

Le 27 octobre 2005, Bouna Traoré et Zyed Benna périssaient dans un transformateur EDF en tentant d'échapper à la police. Un troisième jeune Clichois, Muhittin Altun, était grièvement brûlé. Le 3 novembre suivant, le parquet de Bobigny ouvrait une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger".

Pendant plusieurs jours, policiers et ministère de l'Intérieur avaient contesté l'existence d'une course-poursuite qui s'est achevée aux abords du transformateur EDF.

Le rapport de l'Inspection générale des services (IGS) remis au juge d'instruction début décembre 2006 a confirmé la version des jeunes sur l'existence d'une course-poursuite avec les policiers.

La mort des deux jeunes avait été suivie de trois semaines de violences urbaines dans les banlieues françaises. AP

pas/sb


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Vendredi 21 décembre 2007


PARIS - Yves Jannier, l'avocat général qui a représenté l'accusation au procès d'Yvan Colonna, sera le successeur de Jean-Louis Bruguière, ancien premier vice-président du tribunal de grande instance de Paris chargé du terrorisme, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires.

Le Conseil supérieur de la magistrature a émis jeudi un avis favorable à la nomination de M. Jannier à la succession de Jean-Louis Bruguière, qui a prolongé sa disponibilité à la suite de son échec aux élections législatives de juin 2007.

Yves Jannier, né en 1953, était le seul candidat proposé par le ministère de la Justice alors que plusieurs dizaines de magistrats avaient postulé à cette fonction. Il deviendra le responsable des sept juges d'instruction antiterroriste.

Pour les juges du siège, dont l'indépendance est garantie par la Constitution, notamment les juges d'instruction, le ministre de la Justice doit suivre l'avis conforme du CSM. Le décret de nomination devrait être pris dans la première quinzaine de janvier, a-t-on précisé à la Chancellerie.

Yves Jannier, arrivé au parquet général de la cour d'appel de Paris en 2002 comme substitut-général en provenance du parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine), a été nommé avocat général en avril 2007.

Il est présenté comme un proche d'Yves Bot, ancien procureur général de la cour d'appel de Paris et aujourd'hui avocat général à la Cour de justice des communautés européennes à Luxembourg.

Gilbert Thiel, l'un des juges antiterroriste, candidat à ce poste, n'a souhaité faire aucune commentaire sur la nomination de M. Jannier. "Sur le fait que ma candidature n'ait pas été retenue, il faut faire preuve d'humilité: je paye sans doute mes insuffisances informatiques. Je ne suis pas, en effet, un homme de réseaux", a-t-il déclaré à l'Associated Press.

Parmi les candidats figuraient Jean-François Ricard, juge d'instruction antiterroriste en détachement au ministère de la Défense, Yves Choquet, juge d'instruction à Marseille ou Michel Debacq, ancien chef de la section antiterroriste du parquet de Paris.

Yves Jannier a été le représentant du ministère public lors du procès d'Yvan Colonna, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac.

Il représentait déjà l'accusation lors du procès du commando ayant participé à l'assassinat du préfet. AP

pas/sb


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