FAITS DIVERS lun 19 mai
La cour d'assises de Bruxelles-Capitale a ouvert lundi matin le procès en cause de Mustapha Hazem, alias Ibrahim Welou, un ressortissant marocain âgé de 44 ans,
accusé du meurtre de Saïd Bouzakhti, un autre ressortissant marocain, né le 30 janvier 1965.
Le crime présumé a été commis la nuit du 18 au 19 mars 2006, sur un trottoir du boulevard du Midi, à Bruxelles-Ville, à hauteur du n°53, devant un immeuble en
cours de rénovation, souvent occupé par des SDF.
C'est probablement une dispute entre sans-logis qui est à l'origine du drame.
La personne qui appela la police et les services de secours déclara avoir découvert la victime - qu'elle ne connaissait pas -, alors qu'elle gisait dans une mare
de sang et avoir aperçu un homme qui s'enfuyait.
Ce dernier fut rapidement interpellé et, sans la moindre pièce d'identité, il déclara s'appeler Mustapha Hazem. Il reconnut facilement qu'il avait battu
la victime sur la tête, avec une planche en bois et qu'il lui avait porté des coups de pied au visage.
Selon les médecins légistes, la mort de Saïd Bouzakhti est la conséquence de multiples lésions traumatiques résultant de plusieurs coups violents portés à l'aide
d'objet(s) contondant(s). Ces lésions sont une large fracture du crâne, la fracture des os du nez, l'éclatement de la lèvre supérieure et des contusions aux mains qui constituent très
probablement des lésions de défense.
L'analyse de l'ADN de Saïd Bouzakhti révéla que son profil génétique correspondait au sang prélevé sur les vêtements et sur les chaussures de
Hazem, sur les débris de verre d'une bouteille de whisky découverts près de la victime et sur une poutrelle en bois de 2,7 kilos également saisie près de la victime.
La cour a procédé au tirage au sort du jury (5 hommes et 7 femmes), lundi matin, et a enchaîné immédiatement pour procéder à l'interrogatoire de
l'accusé.
Ce dernier a dit avoir subi de "graves traumatismes" mais ne pas vouloir en parler. Il a simplement dit avoir souffert de la guerre - sans dire
laquelle - et avoir échappé à une tentative d'assassinat. Mais il a dit deux mots d'un viol collectif dont il affirme avoir été la victime, à Montauban, en France, en 2004. Selon lui, il
dormait seul dans une forêt et a été assailli par quatre hommes qui lui ont fait subir les abus sexuels les plus graves.
Mustapha Hazem a longuement parlé de ses internements dans des cliniques psychiatriques et des nombreux traitements médicamenteux auxquels il
s'est soumis. Deux internements au moins sont certains.
A propos du crime, l'accusé a répété qu'il avait été surpris par la victime, Saïd Bouzakhti, et par Hakim C., alors qu'il dormait dans un
immeuble squatté du boulevard du Midi. Il a affirmé que les deux hommes prétendaient être recherchés par Interpol et qu'ils craignaient qu'il les dénonce. Bouzakhti aurait parlé de le
"flinguer". "Ils m'ont traité de 'fils de pute'... J'avais peur, je tremblais.
Saïd a fait un geste de la main, comme pour sortir une arme mais Hakim lui a dit de ne pas me flinguer et il est venu vers moi. Il a essayé de m'embrasser sur la
bouche. J'ai pensé qu'ils voulaient me violer. J'ai repoussé Hakim et Saïd a commencé à faire des gestes de karaté. J'ai alors décidé de partir mais Saïd m'a rattrapé, alors
que j'allais sortir de l'immeuble", a relaté Mustapha Hazem.
Contrairement à ses déclarations pendant l'instruction, l'accusé a affirmé qu'il avait frappé la victime avec une pierre, qu'il l'avait tirée à
l'extérieur de l'immeuble et qu'il l'avait encore frappée, notamment avec les pieds sur tout le corps et surtout au visage. Puis, il lui a fracassé une bouteille vide sur la mâchoire. "J'avais
perdu tout contrôle, mais, pour moi, il n'était pas mort! ", a soutenu Hazem.
La présidente de la cour, la juge Karin Gerard, lui a fait remarquer que le visage de la victime était déchiqueté. "Oui, j'ai déchiqueté son visage. Ce
que j'ai fait est horrible! ", a répondu le quadragénaire. La présidente lui a également demandé pourquoi il avait déclaré pendant l'instruction qu'il avait frappé avec une planche et
que la personne qui est intervenue, alors qu'il allait poursuivre Hakim C., a dit l'avoir vu avec une planche dans une main. "Je ne sais plus ce que je faisais. Ma tête était hors de moi.
J'étais dans la folie", a-t-il répondu.
A propos du sang de la victime prélevé sur la poutrelle, Hazem a dit qu'il avait beaucoup de sang sur ses chaussures pour avoir frappé la victime à coups de pied
et qu'il a répandu ce sang sur la planche en marchant dessus.
Pendant l'instruction, le quadragénaire avait dit avoir tenté de poursuivre Hakim C. "pour lui faire la même chose". "Je l'ai dit mais je ne l'ai pas fait. Je ne
sais plus pourquoi j'ai dit ça. J'avais peur... Je n'étais plus moi-même", a conclu l'accusé avant d'émettre "des regrets profonds et sincères". L'audience a repris lundi à 14h30.
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