Gabriel Bouys AFP/Pool ¦ Le producteur de musique rock Phil Spector a été décrit mercredi par le parquet comme un homme parfois "mauvais et dangereux" à l'ouverture des débats de son procès pour le meurtre d'une ancienne actrice en 2003 près de Los Angeles.
Le producteur de musique rock Phil Spector a été décrit mercredi par le parquet comme un homme parfois "mauvais et dangereux" à l'ouverture des débats de son procès pour le meurtre d'une ancienne actrice en 2003 près de Los Angeles.
"Nous allons établir un portrait très très clair d'un homme, Phil Spector, qui devient mauvais et dangereux dans certaines circonstances", a déclaré le procureur Alan Jackson aux 12 jurés, dans une salle bondée du tribunal de Los Angeles.
Spector, 67 ans, est accusé du meurtre de Lana Clarkson, une ancienne comédienne de série B dont le corps sans vie avait été retrouvé dans sa propriété d'Alhambra, à l'est de Los Angeles le 3 février 2003. L'ex-starlette blonde de 40 ans avait reçu une balle dans la tête.
"Il va être prouvé que cet homme a mis un pistolet chargé dans la bouche de Lana Clarkson et l'a abattue", a ajouté M. Jackson.
Lors de l'instruction, l'accusé a affirmé que la victime, qu'il avait rencontré peu auparavant dans un restaurant de Hollywood où elle travaillait comme serveuse, était ivre et s'est suicidée.
Spector comparaît libre après avoir versé une caution d'un million de dollars. Le parquet a décidé de ne pas requérir la peine de mort contre lui, mais il risque de longues années sous les verrous.
Alors que M. Jackson développait ses arguments, Spector, vêtu d'un costume clair et d'une chemise violette au col largement ouvert, est apparu par instants prostré, les mains tremblantes. Mais il a aussi réagi à la démonstration du procureur en secouant la tête et en soupirant.
L'ouverture des débats intervient plus de quatre ans après les faits présumés et à l'issue de cinq semaines de sélection des jurés. L'unanimité de ces neuf hommes et trois femmes est requise pour établir la culpabilité de l'accusé.
Spector est considéré comme l'un des génies de la musique rock grâce à la technique révolutionnaire d'enregistrement dite du "mur du son" qu'il avait mise au point dans les années 1960 au profit d'artistes comme John Lennon, George Harrison ou les Ronettes.
Diffusé en direct à la télévision, le procès constitue l'affaire judiciaire pour meurtre la plus importante mettant en cause une célébrité à Los Angeles, la deuxième ville des Etats-Unis, depuis l'acquittement de l'ancien sportif O.J. Simpson en 1995.
Spector est défendu par Bruce Cutler, un avocat au style flamboyant qui a compté parmi ses clients le parrain de la mafia new-yorkaise John Gotti. Il devrait prendre la parole à l'issue des déclarations du parquet.
Ce ténor du barreau devra déployer tout son pouvoir de persuasion pour convaincre au moins un juré de l'innocence de son client, de nouveaux éléments à charge ayant fait surface contre Spector ces dernières semaines.
Le 10 avril, le président du tribunal, le juge Larry Fidler, a accepté que le parquet fasse témoigner une ancienne amie de Spector, qui affirme que ce dernier lui a dirigé le canon d'une arme à feu sur la tête à deux reprises, dans les années 1970 et 1980.
Quatre autres femmes accusent Spector de les avoir menacées. Elles devraient elles aussi témoigner. "Nous allons montrer que (Spector) a été violent avec des femmes, une violence où des armes sont utilisées", a affirmé M. Jackson.
Vivant en reclus depuis plus de 25 ans, Phil Spector a quasiment cessé toute activité professionnelle et s'est construit une image d'excentrique mais aussi d'amateur d'armes à feu.
Il avait affirmé dans un rare entretien au journal anglais Daily Telegraph, quelques semaines avant son arrestation, être "(son) pire ennemi". "J'ai des démons intérieurs qui me combattent", avait-il dit.
© 2007 AFP
20Minutes.fr avec AFP, éditions du 25/04/2007 - 20h48
dernière mise à jour : 26/04/2007 - 00h32


La justice argentine a resserré mercredi l'étau autour de deux des principaux anciens dictateurs militaires, l'ex-général Jorge Videla et l'ex-amiral Emilio Massera, en annulant la grâce dont ils bénéficiaient, même si cette décision n'est pas encore définitive.


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