Procès du gang des pilleurs de châteaux: des peines de trois mois à cinq ans ferme
Des peines de trois mois à cinq ans de prison ferme ont été infligées vendredi par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand dans le procès de 30 personnes soupçonnées d'appartenir à un gang de cambrioleurs et de receleurs spécialisés dans les meubles anciens et antiquités. Des relaxes ont également été prononcées.
Dans ses réquisitions, le procureur Nicolas Rigot-Muller avait particulièrement visé la famille Dedinger, une famille de gens du voyage sédentarisés dans la Loire. Ce clan est soupçonné d'être la plaque tournante d'un trafic d'oeuvres d'art rayonnant sur toute la France au début des années 2000 jusqu'à l'arrestation de ses membres en 2005. Jean-François Dedinger écope ainsi de cinq ans ferme et 5.000 euros d'amende, son petit frère Johnny de trois ans ferme et 5.000 euros d'amende. Leur père, Louis, est condamné à un an d'emprisonnement pour recel.
Le cas de Georges, le frère aîné, qui avait été désigné comme la tête pensante du clan, a été renvoyé au 19 juin prochain. Invalide à 80% suite à une agression armée remontant à 1990, il doit faire l'objet d'une expertise médicale comme annoncé au premier jour du procès.
Côté receleurs, la peine la plus lourde frappe le Néerlandais Franciscus Tanis avec quatre ans d'emprisonnement et 5.000 euros d'amende. L'Alsacien Jean-Pierre Bodin a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, assortis d'une amende de 10.000 euros. Un couple d'antiquaires de Haute-Saône écope de deux ans de prison, dont un an assorti d'une mise à l'épreuve avec obligation d'indemniser les victimes, ainsi qu'une ammende de 5.000 euros. Enfin, 18 mois de prison, dont neuf avec sursis, assortis de 5.000 euros d'amende ont été retenus contre Allemand Anton Winter.
Les membres de ce réseau de pilleurs de châteaux comparaissaient depuis le 12 novembre pour des chefs d'inculpation tels que recels, association de malfaiteurs, vols et vols aggravés.
C'est une cellule de gendarmes du Puy-de-Dôme qui a permis de démanteler ce gang ayant mis en place "un mode opératoire quasi militaire", avait expliqué au premier jour du procès le chef de la cellule Manoir 63, l'adjudant Serge Duard. Ce mode leur a permis de cambrioler châteaux et maisons bourgeoises sur l'ensemble du territoire avec une prédilection pour les régions situées au sud de la Loire, notamment l'Auvergne, riches en maison secondaires.
Le butin était revendu à des receleurs sur le territoire français qui se chargeaient de les revendre à des receleurs belges, néerlandais ou allemands. Après 18 mois d'enquête, les gendarmes avaient mis fin à leurs agissements en organisant un coup de filet en mars 2005 qui avait mobilisé près de 400 membres des forces de l'ordre dans 14 départements (Loire, Rhône, Indre-et-Loire, Hérault, Loiret, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Doubs, Corrèze, Pyrénées-Atlantiques, Bouches-du-Rhône, Oise, Aisne). AP
Par Laurence Addario AP -
CLERMONT-FERRAND - Le ministère public a requis lundi après-midi des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement assorties d'amendes pouvant s'élever jusqu'à 75.000 euros à l'encontre des 30 prévenus qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour une affaire de vols de châteaux et maisons bourgeoises, de trafics d'oeuvres d'art et d'antiquités.
Les plaidoiries devraient se terminer mardi et le jugement devrait être rendu vendredi.
Dans son réquisitoire, le procureur Nicolas Rigot-Muller a particulièrement visé une famille de gens du voyage sédentarisés dans la Loire, les Dedinger. Ce clan est soupçonné d'être la plaque tournante d'un trafic d'oeuvres d'art et d'antiquités rayonnant sur toute la France au début des années 2000 jusqu'à l'arrestation de ses membres en mars 2005.
Le procureur a été plus sévère avec le frère aîné, Georges, 44 ans, décrit pendant l'audience comme l'organisateur, celui qui faisait l'interface entre les casseurs et les receleurs. Cinq ans de prison et 75.000 euros ont été requis contre lui. Le procureur a ensuite requis cinq ans et 30.000 euros contre un autre frère, Jean-François, 40 ans, ainsi que trois ans et 15.000 euros contre un troisième, Johnny, 33 ans, et enfin deux ans, dont un avec sursis avec mise à l'épreuve, pour le père, Louis, 64 ans.
Les réquisitions n'ont guère été clémentes à l'endroit des receleurs, qui écoulaient la marchandise à l'étranger, notamment en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, comme le Néerlandais Franciscus Tanis contre lequel le ministère public a requis quatre ans de prison avec demande de mandat de dépôt.
Le receleur alsacien présumé Jean-Pierre Bodin n'a pas été épargné: quatre ans, dont un avec sursis avec mise à l'épreuve, assortis d'une amende de 75.000 euros ont été requis. Le procureur a demandé deux ans de prison et 5.000 euros d'amende contre un couple originaire de Haute-Saône et, contre le receleur allemand présumé Anton Winter, absent des débats, 18 mois de prison et 10.000 euros d'amende.
Démantelé par la cellule de gendarmes baptisée Manoir 63, ce gang avait fait l'objet de filatures et d'enquêtes entre décembre 2003 et mars 2005. Un vaste coup de filet mené les 15 et 16 mars 2005 par près de 400 gendarmes et policiers dans 14 départements (Loire, Rhône, Indre-et-Loire, Hérault, Loiret, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Doubs, Corrèze, Pyrénées-Atlantiques, Bouches-du-Rhône, Oise, Aisne) avait brisé le réseau. Les perquisitions ont alors permis la réalisation de 500 saisies, dont 100m3 de mobilier, des tableaux, des bronzes, des bijoux, des statuettes.
Les peines encourues par les prévenus varient selon leurs chefs d'inculpation (vols, recels, association de malfaiteurs, etc.). Certains risquent de sept à 14 ans d'emprisonnement pour vols en réunion aggravés du fait de récidive et d'autres jusqu'à dix ans pour recels aggravés. AP
lad/mw



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