lundi 12 mars 2007, 21h04
MEAUX (AFP) - La belle-mère de Lydia Gouardo, une femme violée et maltraitée par son père 28 années durant, a été condamnée lundi à du sursis par le tribunal correctionnel de Meaux pour "non empêchement de crime", à la grande déception de la victime qui veut faire appel et poursuivre l'Etat. Le parquet de Meaux a annoncé lundi soir son intention de faire appel. Lydia Gouardo, 44 ans, a subi des viols, séquestrations et actes de barbarie de la part de son père légitime (mais pas génétique) de 1971 à 1999, date du décès de Raymond Gouardo, qui l'avait reconnue comme sa fille. Six enfants en sont nés entre 1982 et 1993, sans que les services sociaux ni la justice ne se porte à son secours. Lucienne Ulpat, qui selon l'accusation a assisté à ces crimes sans rien dire, ce qu'elle a nié, n'était jugée que pour la période courant du 10 août 1998 au 19 novembre 1999, les faits concernant la période antérieure étant prescrits. Mme Ulpat, qui ne s'est pas présentée au tribunal pour le délibéré, a été condamnée à trois ans de prison avec sursis, et à verser 15.000 euros de dommage et intérêt à sa belle-fille, plus 3.000 euros de frais d'avocat. Au prononcé du jugement, Lydia Gouardo n'a pu s'empêcher de s'exclamer: "elle aurait au moins pu passer cinq jours en prison, après tout le temps que j'ai passé enfermée !" "Nous sommes déçus, et outrés", a affirmé à la presse le compagnon de Mme Gouardo, Sylvain Skirlo. Il a annoncé que sa compagne ferait certainement appel, et qu'elle avait l'intention de poursuivre l'Etat: "Si les institutions socio-judiciaires avaient fait leur travail, le calvaire de Lydia aurait pu prendre fin quand elle avait 12 ans". Ni l'Education nationale (elle n'était pas scolarisée), ni le service d'action éducatif de Meaux qui l'a suivie de ses dix à dix-huit ans, ni les gendarmes de la brigade de Crécy-la-Chapelle, à qui une enquête a été confiée en 1996, ni les médecins qui ont eu à examiner les brûlures à l'acide chlorhydrique infligées par son-père, ne sont venus au secours de Lydia Gouardo. Celle-ci raconte même qu'elle a été plusieurs fois placée en foyer à Melun après des fugues, et que son père l'en retirait systématiquement. Me Christine Balducci-Guérin, son avocate, a confirmé qu'elle allait "certainement" engager une procédure en responsabilité contre l'Etat. "De nombreuses institutions ont failli. Il va falloir que nous engagions un travail de fourmi pour savoir qui attaquer précisément", a-t-elle déclaré à la presse. L'avocate attend pour engager ces poursuites que soit tombé le résultat d'une procédure en cours au civil. En 1997, le tribunal de grande instance avait jugé les parents de Lydia solidairement responsables d'une brûlure de 1971. La belle-mère de Lydia l'avait ébouillantée jusqu'aux genoux, selon celle-ci. Mais Raymond Gouardo avait fait rédiger à une amie de Lydia un acte de renonciation aux poursuites. "J'ai engagé une procédure civile pour que l'acte de renonciation soit reconnu comme un faux", a expliqué Me Balducci-Guérin à l'AFP. |
Sur Internet
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BRIEY (AFP) - Une grand-mère, mise en examen pour avoir caché son petit-fils afin qu'il ne soit pas rendu à son père, s'est expliqué lundi devant un juge de Briey (Meurthe-et-Moselle) en assurant qu'il s'agissait de le "sauver" et en se plaignant que la justice n'écoute pas la parole de l'enfant.
"On dit que la justice écoute les enfants. C'est faux. Elle les entend peut-être, mais ne les écoute pas", a dénoncé à l'AFP Mireille Millet, 58 ans, regrettant que "les juges n'aient pas tenu compte de ce que (son petit-fils) Sébastien avait dit". La grand-mère était entendue lundi par un juge d'instruction pour avoir caché de septembre à décembre 2003 son petit-fils afin qu'il ne soit pas rendu à son père, chez qui il ne souhaitait pas retourner, selon elle. Mise en examen pour "non présentation d'enfant", elle avait à l'époque passé cinq jours en prison pour ce délit. Avec son mari Guy, 68 ans, Mme Millet avait eu la garde de Sébastien, aujourd'hui âgé de 16 ans, depuis la séparation des parents en 1994, jusqu'à ce que son père ne le récupère en octobre 2002 - la mère n'étant pas en mesure de s'en occuper. L'enfant, malheureux, avait alors tenté de se suicider, puis il avait cessé de s'alimenter normalement - il pesait 28 kilos à l'âge de 13 ans -, demandant à être à nouveau confié à ses grands-parents. "Les Millet n'ont pas pris cette décision à la légère. Ils l'ont fait par nécessité. L'état de dépression dans lequel se trouvait l'enfant le plaçait en danger physique et psychologique", a affirmé Me Antoine Fittante, avocat des grands-parents, qui espère qu'un non-lieu sera prononcé à l'égard de ses clients. "Le bon sens aurait suffi pour résoudre cette affaire à son origine. Après, on entre dans le maquis juridique, où le citoyen est placé en état d'infériorité", a commenté l'abbé Dominique Wiel, l'un des accusés d'Outreau, venu soutenir Mireille Millet. "Ensuite, l'institution judiciaire a du mal à reconnaître ses erreurs. Partout, la justice fonctionne de façon assez semblable", a-t-il observé dans un entretien à l'AFP.![]() |
NANCY (AFP) - Une grand-mère sera entendue lundi par un juge d'instruction de Briey (Meurthe-et-Moselle) pour avoir caché son petit-fils pendant quelques mois afin qu'il ne soit pas restitué à son père.
"Je serai peut-être mise en examen pour enlèvement et séquestration, mais je crois que j'obtiendrai un non lieu et que je pourrai prouver que j'ai eu raison d'agir ainsi pour sauver Sébastien", a déclaré Mireille Millet, 58 ans, dans un entretien par téléphone à l'AFP. Mme Millet, qui dénonce aussi des dysfonctionnements dans la justice, a indiqué que l'abbé Dominique Wiel, un acquitté d'Outreau, serait lundi à ses côtés pour lui apporter son soutien. Cette grand-mère et son mari avaient eu la garde de Sébastien, aujourd'hui âgé de 16 ans, depuis la séparation des parents en 1994, jusqu'à ce que son père ne le réclame fin 2001, - la mère n'étant pas en mesure de s'en occuper. La justice a confié la garde de l'enfant au père en octobre 2002 avec un droit de visite aux grands-parents. "J'ai des photos de lui pendant les vacances chez nous, à 12 ans, il ne pesait plus que 28 kg, il mangeait un bol de soupe et un yaourt le soir", raconte-t-elle. Elle a cependant été déboutée de ses plaintes pour maltraitance contre le père. Estimant son petit-fils en danger chez son père, Mme Millet l'a caché pendant quelques mois en 2003 avant d'être interpellée. L'adolescent a alors été placé pendant six mois dans des services d'accueil. "J'ai reçu de lui des lettres déchirantes, à en pleurer, écrites en cachette sur des papiers d'emballage ou des étiquettes de boîtes de camembert", a raconté Mme Millet. Depuis, l'adolescent vit chez sa mère "qui n'a jamais été capable de s'en occuper, pas plus aujourd'hui qu'autrefois", selon Mme Millet. La grand-mère a cependant ferme espoir que la justice agira bientôt en considérant le bien de l'enfant. "Je vais apporter lundi au tribunal les photos de mon petit-fils, ses lettres, et surtout les nombreux rapports de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), de psychiatres ou d'éducateurs qui prouvent que Sébastien est en danger chez son père ou sa mère et qu'il a droit à cet amour que nous pouvons lui offrir", indique-t-elle.PARIS (AP) - La première chambre civile de la Cour de cassation a interdit mardi l'adoption simple d'un enfant par la conjointe de sa mère biologique, estimant que cette mesure était "contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant" car elle faisait perdre l'autorité parentale à sa mère en la transférant au seul adoptant.
La plus haute juridiction française a également exclu que la mère, pour récupérer les droits perdus, engage une action en partage de l'autorité parentale ce qui est "antinomique et contradictoire avec l'adoption demandée qui a pour effet de conférer l'autorité parentale au seul adoptant".
L'article 365 du code civil prévoit en effet que "l'adoptant est seul investi à l'égard de l'adopté de tous les droits d'autorité parentale (...) à moins qu'il ne soit le conjoint du père ou de la mère de l'adopté", c'est-à-dire le mari ou la femme.
La chambre civile était saisie de deux affaires contradictoires.
Dans un cas, une cour d'appel avait considéré que l'adoption simple de l'enfant "n'était pas conforme à l'intérêt de l'enfant au motif que la mère naturelle perdrait son autorité parentale et que la délégation d'autorité parentale de la mère adoptive au profit de la mère naturelle ne serait pas possible". Position finalement retenue par la Cour de cassation.
Une autre cour d'appel avait, au contraire, admis le possibilité d'une telle adoption en considérant que la mère naturelle conserverait la possibilité de demander un partage ou une délégation d'autorité parentale.
La Cour de cassation a en effet autorisé le 24 février dernier qu'un parent homosexuel délègue tout ou partie de son autorité parentale à son partenaire avec lequel il vit en union stable, à condition que cette mesure soit prise dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant, selon la définition légale. Cela signifie que, jusqu'à la majorité, ses père et mère doivent le protéger, assurer son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa personne.
Cela implique notamment de déterminer le lieu de résidence de l'enfant, de protéger sa vie privée, de le protéger dans la société, de veiller à sa santé, d'assurer son éducation au quotidien (sociale, scolaire ou professionnelle) ou de gérer ses biens.
Cette décision ne prend pas position sur la question plus générale de l'adoption par les couples homosexuels d'un enfant tiers jusqu'ici interdite par la loi. AP
der/mw
Sur Internet
Le site de la Cour de cassation
La compétence de la Cour de cassation
L'article 365 du code civil sur l'adoption
La convention internationale relative aux droits de l'Enfant
Homosexualité et "droit à l'enfant", la situation juridique
L'adoption sur le site homoparentalité.com
Chronologie: les avancées des droits des homosexuels
Doctissimo.fr : les parents homosexuels sont des parents comme les autres!
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AMIENS (AFP) - La cour d'appel d'Amiens a prononcé mercredi l'adoption simple d'un garçonnet de deux ans et demi par la compagne de sa mère biologique, confirmant ainsi la décision prise en première instance, a-t-on appris auprès de l'avocate du couple, Me Hélène Devismes-Gras.
Selon l'avocate, ce serait "la première fois" qu'une cour d'appel confirme une telle adoption. Avec cette décision, la mère biologique de l'enfant perd son autorité parentale et les deux femmes vont devoir désormais engager une procédure devant le tribunal de grande instance pour "obtenir le partage de l'autorité parentale entre les deux", a précisé Me Devismes-Gras. "Elles sont très contentes, elles n'y croyaient pas", a déclaré leur avocate, après les avoir informées par téléphone de la décision de la cour, dont elle ne disposait pas encore des attendus. Le 8 septembre, le tribunal de grande instance d'Amiens avait déjà fait droit à la demande d'adoption, jugeant "conforme à l'intérêt supérieur de (l'enfant) de bénéficier d'un lien juridique avec la partenaire de sa mère qui le considère comme son propre enfant et qui participe à son éducation". Mais le parquet avait interjeté appel, considérant qu'il s'agissait d'un contournement de la loi qui prohibe l'adoption par un couple homosexuel. Lors de l'audience du 13 décembre, le ministère public avait également requis le rejet de cette demande d'adoption. "Ce que j'avais demandé à la cour, c'est de ne pas se positionner dans un débat national, mais de statuer en fonction de l'intérêt de cet enfant-là par rapport à ces parents-là", a expliqué leur avocate. Les deux femmes, des fonctionnaires qui résident dans la Somme et se sont pacsées en 2001, élèvent ensemble l'enfant depuis sa naissance, en 2004. Le petit garçon est né d'une insémination artificielle pratiquée en Belgique. "C'est un projet qu'elles ont porté à deux, c'est l'aboutissement de leur histoire", a souligné leur avocate. En première instance, le tribunal avait ainsi estimé que les deux femmes "partagent avec (l'enfant) une vie de famille épanouie" et que leur relation "est stable depuis une dizaine d'années et fondée sur une complémentarité et un respect de leur rôle auprès de l'enfant". L'adoption simple permettrait à la compagne de "continuer à tenir le rôle éducatif qu'elle a toujours eu" auprès du petit garçon, "en cas de survenance d'un événement privant la mère d'exprimer sa volonté", avait-il souligné.Sur le site
Sur Internet
Guide pratique sur l'adoption d'un enfant, sur le site du ministère de la Famille (en pdf)
Conditions pour adopter un enfant
Un dossier sur la politique de la famille
L'Agence française de l'Adoption sur le site du gouvernement
L'association des parents et futurs parents gays et lesbiens
L'homoparentalité : informations et débat
L'homoparentalité en Europe : étude comparative du Sénat (janvier 2002)
jeudi 8 février 2007, 7h18
LILLE (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) a condamné dans la nuit de mercredi à jeudi un jeune homme à huit mois de prison avec sursis pour avoir conçu un enfant avec une fillette de onze ans, laquelle a accouché d'une petite fille. L'homme, âgé aujourd'hui de 20 ans, tout juste majeur au moment des faits, a également été condamné à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à la jeune fille. L'audience s'est déroulée à huis clos mercredi. Le procureur avait requis une peine d'un an de prison avec sursis. L'enquête ayant déterminé qu'il n'y avait pas eu de contrainte et donc de viol, l'homme était par conséquent poursuivi pour "atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans". L'homme, un ami de la famille, a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la fillette avant de quitter le Nord Pas-de-Calais pour s'engager dans l'armée. La fillette, de forte corpulence, a caché sa grossesse à ses parents qui n'ont appris qu'elle était enceinte qu'au moment de l'accouchement, quand elle a été conduite à l'hôpital pour des maux de ventre. Son père avait alors porté plainte et le jeune militaire avait été identifié grâce à un test ADN. D'après son avocate, il ne devrait pas faire appel du jugement et souhaite assumer sa paternité. |
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PARIS (Reuters) - Les députés ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le projet de loi sur les tutelles dont l'objet est de mieux protéger les majeurs en état de vulnérabilité.
Les groupes UMP, UDF et PCR ont voté pour. Le groupe PS s'est abstenu sur ce projet de loi que le Sénat devrait l'examiner à son tour début février, le texte devant être définitivement voté par le Parlement avant la fin de la législature, fin février.
Ce texte présenté par le garde des Sceaux, Pascal Clément, et par le ministre délégué aux Affaires sociales, Philippe Bas, s'inspire de plusieurs rapports élaborés sur ce sujet durant ces dernières années et concerne "plus de 700.000 personnes".
Le ministre de la Justice a précisé que sa réforme visait trois objectifs.
"Recentrer la protection juridique sur les personnes atteintes d'une réelle altération de leurs facultés, renforcer et mieux définir les droits et la protection de ces personnes, professionnaliser les intervenants extérieurs à la famille qui exercent la protection juridique", a-t-il expliqué.
Le projet de loi prévoit que la mise sous curatelle ou tutelle ne sera désormais possible que si la personne concernée est atteinte d'une altération de ses facultés, constatée par un certificat médical.
Le texte, qui supprime les mises sous tutelle pour "prodigalité, intempérance ou oisiveté", prévoit que les personnes dont la vulnérabilité résulte de difficultés sociales ou économiques seront prises en charge par des dispositifs d'accompagnement adaptés.
Le texte prévoit également la création d'un "mandat de protection future" qui permettra à toute personne de désigner à l'avance un tiers qui sera chargé de veiller à ses intérêts en cas de vulnérabilité comme, par exemple, de maladie d'Alzheimer.
mercredi 17 janvier 2007, 21h24
PARIS (AFP) - Les députés ont trouvé mercredi un large consensus sur le projet de loi réformant les tutelles, destiné à mieux protéger les adultes vulnérables, toujours plus nombreux avec le vieillissement de la population, et mettre fin à de nombreux abus. UMP, UDF et PCF devaient voter pour, et le PS s'abstenir, le texte portant "réforme de la protection juridique des majeurs", très attendu par les associations et les familles et qui refond en profondeur une législation devenue obsolète. "Le projet contient de nombreuses innovations, nous ne voulons plus voir de vieilles dames dépouillées de leurs économies, des handicapés dont les comptes bancaires fondent comme neige au soleil", a lancé Maxime Gremetz (PCF). "Ce texte va dans le bon sens", a souligné Alain Vidalies (PS), dont le groupe, inquiet pour le financement d'un transfert de charges aux départements, devait s'abstenir. La discussion, très technique, s'est déroulée sereinement, reflétant cet esprit consensuel. Les députés devaient achever cette première lecture mercredi soir ou jeudi matin. Aujourd'hui 700.000 personnes sont sous protection juridique (un adulte sur 80), et un million devraient l'être en 2010, du fait de l'allongement de la durée de vie et de la maladie l'Alzheimer. S'y ajoutent 60.000 adultes relevant d'une tutelle aux prestations sociales, chiffre en constante hausse avec la montée de la précarité et de l'exclusion. Le texte recentre les tutelles sur les seules personnes atteintes d’une altération mentale et renvoie les cas d'exclusion sociale au département. Il créé un accompagnement personnalisé avec une aide à la gestion des revenus sous forme de contrat passé avec le conseil général. En cas d'échec, le volet judiciaire sera activé avec instauration d'une mesure d'assistance judiciaire (MAJ). Il privilégie la tutelle familiale et limite au strict nécessaire la mise sous protection judiciaire, privative de nombreux droits (gestion de biens, mariage, vote...). Le juge ne pourra plus s'auto-saisir, il auditionnera le majeur qui pourra être assisté d'un avocat. La demande de protection pourra être faite par le majeur, son conjoint ou pacsé, par un parent ou allié, une personne résidant avec le majeur, mais aussi par le procureur de la République. La demande sera motivée par un certificat d'un médecin agréé et sa durée fixée par le juge ne pourra excéder 5 ans. Le droit au maintien des comptes bancaires et au logement est affirmé. Le texte moralise et professionnalise le secteur avec la création d'un certificat de compétence. Les mandataires privés devront être inscrits sur une liste du préfet. Le juge des tutelles et le procureur de la République surveillent l'ensemble du système. La loi entrera en vigueur en 2009. Autre innovation, la création d'un "mandat de protection future". Ce système, inspiré des droits allemand et québécois, permettra à toute personne de désigner un mandataire pour le jour éventuel où elle ne pourra plus pourvoir seule à ses intérêts, par exemple en cas d'Alzheimer. Ce mandat concerne aussi les parents d'enfants handicapés. |
| eddetours | hum, savez vous de quoi vous parlez ? s'il y a des abus, c'est d'abord du fait des juges qui prononcent les mesures, pas des "tuteurs". Sous curatelles le droit de vote est conservé, les tutelles tendent à être exceptionnelles. donc le... Mardi 16 Janvier 2007 - 21:08 |
| skino | question pognon Si l'Etat veut réformer les tutelles, c'est d'abord et avant tout pour une question d'argent. Alors, il va procéder comme il l'a toujours fait :1/ évaluation du nombre de gens concernés 2/ évalu... Mardi 16 Janvier 2007 - 21:08 |
| SiDo | accompagner D'accord avec sarnia: les personnes qui ont été appelées à être "tuteurs" avec les membres de leur famille savent que l'on est seul avec le problème. Aucun accompagnement, aucun suivi, aucune fo... Mardi 16 Janvier 2007 - 21:07 |
| esther | non aux abus Il est urgent qu'une loi claire soit votée. Il y a encore trop de gens mis abusivement sous tutelle ou curatelle (comme les internés d'ailleurs) alors qu'une aide, un dialogue pourrait aplanir des d... Mardi 16 Janvier 2007 - 13:33 |
| sarnia | à frelon vert un peu démago, cette façon de voir les choses.il ne faut pas réduire le problème de la tutelles à un simple rapport au fric, mais à la citoyenneté en général. c'est facile de parler d'associa... Mardi 16 Janvier 2007 - 11:43 |
| Le Frelon vert | C'est pas trop tôt Cela fait bientôt cinq ans que doit être entérinée cette réforme des tutelles. Quelle allure d'escargot ! Il est vrai que les vieillards impotents ou les miséreux placés sous tutelles par des a... Mardi 16 Janvier 2007 - 09:19 |
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Apporter rapidement une réponse judiciaire ferme face à des faits inacceptables : tel était le but des quatre comparutions immédiates qui se sont déroulées hier matin au tribunal correctionnel de Saint-Denis. Quatre hommes étaient jugés pour des violences commises sur leur épouse ou concubine. Quatre hommes d’âges différents, apparemment bien insérés dans la société, mais qui dans l’intimité de leur couple se révèlent des bourreaux. “Il fait partie des gens qui peuvent finir devant une cour d’assises, a estimé le vice-procureur Dominique Audureau à propos d’Agenet Palmizin. Il a manifestement l’alcool mauvais. Je ne veux pas courir le risque d’aller à la morgue pour assister à l’autopsie de la victime.” Car c’est bien le spectre des homicides par un concubin ou un ex-concubin qui planait sur l’audience d’hier. L’actualité récente à La Réunion a prouvé combien certains contextes de violences conjugales ou de séparations peuvent un jour basculer dans le drame. D’où la réaction rapide de la justice face à ces concubins violents et qui n’ont pas hésité, pour deux d’entre eux, à faire usage d’une arme contre leur compagne. À commencer par Palmizin, Saint-Andréen de 44 ans, qui mercredi dernier a blessé son épouse à la cheville en la frappant avec un éclat de vitre, après avoir brisé une lamelle de naco. Estimant visiblement que les coups de poings et de pieds n’étaient pas suffisants, Gianni Lenclume, 36 ans, a tiré avec un pistolet gomme-cogne une cartouche de chevrotines sur son épouse, enceinte de quatre mois. Un acte qui n’était pas le premier de ce type : il avait déjà tiré sur sa victime, l’atteignant à une fesse. Mercredi au Port, il l’a blessée aux bras, lui occasionnant trois jours d’incapacité. “On a atteint là un niveau de violence qui me laisse sans voix”, s’est émue Me Ingrid Taile-Manikom, l’avocate de trois des quatre femmes battues. Thérésien Emidi, un homme de 39 ans, n’a pas fait usage d’arme. Possessif et jaloux, il s’est “contenté” d’asséner un coup-de-poing à sa femme. En revanche, les enquêteurs ont trouvé à son domicile une carabine et un revolver 6,35 “parfaitement entretenus” selon le représentant du parquet, qui s’y connaît en armes à feu. “Pourquoi ces armes chez vous ? a demandé le président Niel. Ça fait louche, pour ne pas dire suspect.” D’autant que le prévenu avait déjà été condamné en 1992 pour une tentative de meurtre... Autre aspect qui a fortement déplu au tribunal : le prévenu a reconnu se rendre régulièrement en vacances à Madagascar, sans en demander l’autorisation au juge d’application des peines. De plus, il avait été condamné à payer 28 000 euros de dommages et intérêts à sa précédente victime. Mais s’il peut régler apparemment sans problème ses billets d’avion, il se contente de rembourser la victime à raison de quelques dizaines d’euros par mois seulement ! Du haut de ses 20 ans, Yary Borahimo est le plus jeune du quatuor jugé hier. Mais les faits qui lui étaient reprochés étaient sans doute les plus répugnants. Les 13 et 14 décembre derniers, il menace de mort et frappe son ex-copine, une étudiante d’à peine 20 ans, lui occasionnant huit jours d’incapacité. Il récidive mardi dernier. Le certificat médical mentionne deux jours d’incapacité. Placé en garde à vue jeudi, il insulte et menace de mort les policiers du Port chargés de l’enquête.
UN ÉTAT DE CRAINTE PERMANENTE
Encore plus grave, le jeune homme maintient sa victime dans un état de crainte permanent, la frappant régulièrement, allant jusqu’à lui imposer des rapports sexuels. “Des faits qui relèvent clairement du viol”, a expliqué Me Taile-Manikom, qui était prête à aller devant une cour d’assises. “On atteint là le paroxysme dans la violence et dans l’absence de prise de conscience de la part du prévenu.” “La plupart des faits qu’elle dénonce sont faux. Elle en rajoute parce qu’elle veut que j’aille en prison”, s’est défendu le prévenu en toute mauvaise foi. “Je veux simplement qu’il arrête de me frapper et de m’insulter”, a simplement répondu la victime, qui avait trouvé le courage de venir à l’audience. Lourde tâche pour Me Agnès Gaillard que de défendre un tel individu : “Il est jeune. Il fait preuve d’une grande immaturité dans son rapport avec les autres, avec les policiers, avec la loi. Certes, la détention est un moyen, mais je ne suis pas sûr qu’en sortant de prison il aura compris ces règles élémentaires”. Sans surprise, les sanctions prononcées contre les auteurs ont été lourdes, à la hauteur des traumatismes subis par les victimes. Agenet Palmizin a été condamné à 18 mois de prison dont huit avec sursis mise à l’épreuve (SME), avec obligation de soins ; Thérésien Emidi à 1 an de prison ferme et à la révocation d’un précédent SME de deux mois ; Gianni Lenclume à 3 ans de prison dont un avec SME ; Yari Borahimo à 2 ans dont un avec SME. Les mises à l’épreuve comprennent une obligation de soins, y compris psychiatriques. Les quatre hommes ont été placés en détention dès l’issue de l’audience.
Damien Valette
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