Vendredi 26 octobre 2007
Par Matthieu DEMEESTERE AFP - 

PARIS (AFP) - L'islamiste algérien Rachid Ramda a été condamné vendredi soir à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, pour sa complicité dans trois des attentats de 1995 à Paris dont celui du RER Saint-Michel (huit morts).


Attentat le 25 juillet 1995 à la station ...

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L'un de ses avocats, Sébastien Bono, a qualifié ce verdict de "sans surprise" et annoncé son intention de faire appel.

La cour d'assises spéciale de Paris, devant laquelle Ramda a comparu pendant quatre semaines, avait délibéré pendant près de sept heures. A l'énoncé du verdict, l'accusé est resté impassible. Avant de quitter le box, il a salué son frère présent dans le public d'un geste de la main en souriant.

Rachid Ramda lors de son extradition en France, début 2005 (AP)

Rachid Ramda lors de son extradition en France, début 2005 (AP)

"On se sent un peu soulagé mais toujours un peu déçu parce que l'on a pas eu d'explication", a déclaré à la presse Jean-Claude Brocheriou, père d'une jeune fille tuée dans l'attentat de Saint-Michel.

Ramda a été reconnu coupable de complicité d'assassinat et de tentatives d'assassinats pour l'attentat de Saint-Michel (8 morts, 150 blessés, le 25 juillet 1995) et pour ceux des stations Maison-Blanche et Musée d'Orsay qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre de la même année.

Parmi les éléments retenus par l'accusation, une empreinte digitale de Ramda a été identifiée sur un bordereau de transfert d'argent à un des poseurs de bombe, à la veille d'un des attentats en octobre 1995.

Au cours du procès, l'accusé, 38 ans, au profil d'intellectuel, portant veste et barbe soignée, a reconnu ce virement effectué depuis Londres, destiné selon lui à rémunérer les avocats des "frères" interpellés lors de coups de filet anti-islamistes en France.

Mais il a affirmé ignorer que le destinataire, un certain "Benabbas", était en réalité Boualem Bensaïd, un des deux auteurs principaux des attentats avec Smain Aït Ali Belkacem. Tous deux ont été condamnés à la prison à vie en 2002 dans un procès dont Ramda avait été le grand absent. Arrêté à Londres en novembre 1995, il n'a été extradé que dix ans plus tard après une longue bataille de procédure.

Dans le volet délictuel de l'affaire (association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste), il a été condamné en 2006 à 10 ans d'emprisonnement, une peine qu'il avait "déjà purgé" avant même de comparaître, a souligné vendredi Me Sébastien Bono qui a demandé l'acquittement de son client.

"Ce qui est présenté par l'accusation n'est pas convaincant", a déclaré Me Bono, s'étonnant par exemple que n'aient pas été interrogés les islamistes vivant sous le même toit que Ramda à Londres et qui, selon lui, auraient également pu être mêlés au financement des attentats.

Tout au long des débats, la défense s'est aussi employée à étayer, avec une quinzaine de témoignages d'experts, la thèse selon laquelle le gouvernement algérien de l'époque aurait pratiqué "un terrorisme d'Etat" dont il faisait porter la responsabilité aux islamistes afin de les discréditer.

L'avocat général Delphine Dewailly a fermement écarté cette thèse. Selon elle "peu importe qui arme le bras meurtrier". Dans son réquisitoire mercredi elle a qualifié Ramda de "rouage essentiel" du GIA, un homme de confiance dont la hiérarchie de cette organisation en Algérie avait fait sa "courroie de transmission" en Europe.

Vendredi, l'accusé, qui faisait face à quatre parents de victimes de Saint-Michel brandissant une photo de leur proche disparu, s'est une nouvelle fois déclaré étranger aux attentats : "Je ne les ai pas reconnus à l'époque et je ne les reconnaîtrai jamais".


Sur Internet

Le portrait de Rachid Ramda

NOUVELOBS.COM | 27.10.2007 | 09:38
Condamné, vendredi 26 octobre, à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa collaboration à la préparation des attentats de 1995 en France, Rachid Ramda est considéré comme étant un financier de la mouvance islamiste algérienne.

Rachid Ramda
, appelé aussi "Elyess" alias Abou Farès, condamné pour avoir financé les attentats de 1995 dans le métro parisien, est considéré comme un "intellectuel" de la mouvance islamiste algérienne radicale mais aussi comme le "responsable de la propagande" du GIA (Groupe islamique armé) qui avait revendiqué les attentats.

Cet islamiste algérien est considéré comme le "pivot" de la préparation des attentats de 1995 commis en France et comme le commanditaire des poseurs de bombes dans le métro parisien, notamment sur la ligne du RER C qui, le 25 juillet, avait fait 9 morts et 119 blessés.

Rachid Ramda, homme replet aux cheveux noirs coups courts et arborant un collier de barbe, n'a jamais eu à s'exprimer longtemps devant un tribunal. Son rôle exact au sein du GIA est encore peu connu, même s'il est suspecté d'avoir été dès 1994 l'un des principaux dirigeants en Europe de cette organisation.

Rachid Ramda a été arrêté le 4 novembre 1995 en Grande-Bretagne et placé sous écrou extraditionnel dans une prison située près de Londres, à Belmarsh, prison ou sont détenus la plupart des suspects d'actes terroristes. Malgré l'insistance de Paris à réclamer son extradition, Rachid Ramda a réussi pendant dix ans à l'éviter en utilisant tous les recours offerts par une ancienne loi britannique. Il a finalement été extradé en décembre 2005, après dix ans passés en prison à contester cette extradition.

En 1993, en pleine guerre civile algérienne, Rachid Ramda avait été condamné à mort par contumace pour sa collaboration présumée à l'un des tout premiers attentats d'envergure commis l'année précédente par le Groupe islamique armé contre l'aéroport d'Alger. Cet attentat avait causé la mort de 9 personnes et fait 123 blessés.

Réfugié à Londres
, Rachid Ramda était étroitement surveillé par les autorités britanniques qui le soupçonnaient d'être également le rédacteur du bulletin du GIA, Al-Ansar.

La justice française a établi que Rachid Ramda était très probablement le "financier" du réseau terroriste orchestré par l'"émir" algérien Djamel Zitouni qui, reprochant à Paris son "soutien" à Alger avait décidé d'exporter la violence en France. Les enquêteurs pensent notamment que Rachid Ramda avait opéré des transferts de fonds de Londres afin de permettre à Boualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem de perpétrer les attentats de 1995. Pour ce crime, ils ont été condamnés, en octobre 2002, à la réclusion criminelle à perpétuité.

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Vendredi 26 octobre 2007
PARIS (AFP) - Me Sébastien Bono, un des avocats de Rachid Ramda, a demandé vendredi matin son acquittement devant la cour d'assises spéciale de Paris, où l'islamiste algérien de 38 ans est accusé d'avoir financé trois des attentats de 1995 dans la capitale.
Portrait d'audience de Rachid Ramda le 1er ...

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"Ce qui est présenté par l'accusation n'est pas convaincant, Rachid Ramda doit être acquitté", a déclaré Me Bono, après avoir passé en revue pendant deux heures les "pistes non explorées" de l'enquête. L'avocat a notamment relevé qu'aucune autre empreinte digitale n'avait été recherchée sur les documents comptables retrouvés au domicile londonien de Ramda, alors que ce dernier était fréquenté par au moins "4 ou 5" autres personnes.

Parmi les éléments retenus par l'accusation, une empreinte digitale de Ramda a été identifiée sur un bordereau de transfert d'argent à un des poseurs de bombe la veille d'un des attentats en octobre 1995. Il a reconnu ce virement mais affirmé ignorer l'identité du destinataire.

Après la plaidoirie de Me Bono et les derniers mots de l'accusé, qui s'est à nouveau dit étranger aux attentats, la cour s'est retirée peu après 12H00 pour délibérer. Son verdict est attendu en fin de journée. Rachid Ramda, contre lequel a été demandée la réclusion criminelle à perpétuité, est accusé d'avoir financé depuis Londres trois attentats de la vague terroriste de 1995, ceux du RER Saint-Michel (8 morts, environ 150 blessés, le 25 juillet) et des stations Maison-Blanche et Musée d'Orsay qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre.

Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.

Le parquet a requis la perpétuité à l'encontre de cet islamiste algérien de 38 ans, accusé d'avoir financé depuis Londres trois attentats de la vague terroriste de 1995, ceux du RER Saint-Michel (8 morts, environ 150 blessés, le 25 juillet) et des stations Maison-Blanche et Musée d'Orsay qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre.

Parmi les éléments matériels retenus par l'accusation, une empreinte digitale de Rachid Ramda a été identifiée sur un bordereau de transfert d'argent à un des poseurs de bombe la veille de l'attentat du Musée d'Orsay. Il a reconnu ce virement mais affirmé ignorer l'identité du destinataire.

Jeudi, la défense de l'accusé a soutenu la thèse de la "manipulation" des islamistes par le gouvernement algérien de l'époque, tout en affirmant que cela "ne diminuait en rien" la responsabilité des poseurs de bombe.



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Jeudi 25 octobre 2007
PARIS - Le parquet général de Paris s'est opposé jeudi devant la chambre d'application des peines de la cour d'appel à la mesure de semi-liberté qui avait été accordée le 26 septembre dernier à Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action directe, a-t-on appris de source judiciaire.

L'arrêt a été mis en délibéré au 29 novembre.

Le parquet général a soutenu, comme le parquet avant lui, que le projet de réinsertion de Jean-Marc Rouillan n'était pas satisfaisant et qu'il présentait un risque de reprise de ses actions armées, a-t-on précisé de même source.

Le 26 septembre, le tribunal d'application des peines de Paris avait accordé la semi-liberté à Jean-Marc Rouillan, mais l'appel immédiat du parquet a suspendu son transfert de la centrale de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) au centre de semi-liberté de Marseille (Bouches-du-Rhône) où il devait travailler chez un éditeur.

La semi-liberté est un régime d'aménagement de peine pour préparer la sortie définitive et favoriser la réinsertion. Pendant toute sa durée, la personne vit et travaille à l'extérieur, mais passe ses nuits et ses week-ends en prison.

Les éditions Agone de Marseille ont proposé d'embaucher Jean-Marc Rouillan, 55 ans, en contrat à durée indéterminée comme éditeur. Il a déjà publié trois livres dans cette maison d'édition et a travaillé sur deux autres en tant qu'éditeur.

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1989, avec d'autres membres du groupe Action Directe, à la réclusion criminelle à perpétuité, dont 18 ans de peine incompressible, notamment pour complicité dans les assassinats de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et de celui du PDG de Renault Georges Besse en 1986. Sa période de sûreté de 18 ans s'est achevée au début de l'année 2005.

Son épouse Nathalie Ménigon, également ancienne d'Action Directe, est en semi-liberté à Toulouse (Haute-Garonne) depuis le 2 août. Souffrant de séquelles d'une hémiplégie après deux accidents vasculaires cérébraux en détention, elle travaille désormais dans un centre de réinsertion spécialisé dans l'aménagement d'espaces verts avant de rejoindre sa cellule dans le quartier des femmes de la prison de Seysses, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse.

Joëlle Aubron a été libérée pour raisons de santé en juin 2004, avant de décéder en mars 2006 d'un cancer. Si Jean-Marc Rouillan sort, seul Georges Cipriani resterait détenu, en Alsace. AP

der/mw


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Mercredi 24 octobre 2007


NOUVELOBS.COM | 24.10.2007 | 16:51

Une peine de sûreté maximale de 22 ans a également été requise à l'encontre du financier présumé des attentats de 1995.

Portrait d'audience de Rachid Ramda le 1er ...

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La réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté maximale de 22 ans, a été requise devant la cour d'assises spéciale de Paris à l'encontre de Rachid Ramda, accusé d'avoir financé trois des attentas de 1995 à Paris.
L'avocat général Delphine Dewailly a affirmé "Une seule réponse s'impose, celle de la fermeté". Elle a qualifié l'accusé de "rouage essentiel" du GIA, l'organisation islamiste algérienne qui avait revendiqué les attentats.
L'accusé était "la courroie de transmission de Djamel Zitouni", le chef de ce groupe en Algérie, "l'argentier (...) chargé de bien plus" que de fournir l'argent ayant servi à fabriquer les bombes, a ajouté Delphine Dewailly.
Il a financé "toute la logistique" des jihadistes du GIA en France, a-t-elle poursuivi, à propos du paiement des téléphones ou des billets de transport qu'ils utilisaient.

Virement de 5.000 livres 

Durant son procès, Rachid Ramda a reconnu avoir effectué un virement de 5.000 livres sterling à la veille d'un des attentats, mais affirmé qu'il ignorait que le destinataire était un des poseurs de bombe.
Les enquêteurs affirment depuis Londres qu'il il aurait financé, depuis Londres les attentats du RER Saint-Michel (8 morts, environ 150 blessés le 25 juillet 1995) et ceux des stations Maison-Blanche et Musée d'Orsay qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre de la même année.
Condamné en 2006 à dix ans de prison dans le volet délictuel de l'affaire (association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste) il avait été, en 2002, le grand absent du procès criminel qui s'était soldé par la condamnation à la prison à vie de Boualem Bensaïd et de Smain Aït Ali Belkacem.
Arrêté en novembre 1995 à Londres, Ramda n'a été extradé vers la France que dix ans plus tard au terme d'une longue procédure.


Sur Internet

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Mercredi 24 octobre 2007


L'image “http://www.rtlinfo.be/template/images/logo_rtl_info.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.JUSTICE mar 23 oct

Deux prévenus poursuivis dans le cadre de la filière d'envoi de kamikazes en Irak n'ont pu expliquer mardi de manière convaincante les flux financiers pistés sur leurs comptes par les enquêteurs.

Le chef présumé, Bilal Soughir, n'a pas plus détaillé les raisons de ses nombreux voyages - au Kenya, en Ukraine et en Tunisie - qui paraissent difficilement conciliables avec ses revenus déclarés.

Aucun cachet d'entrée en Tunisie n'est repris dans son passeport pour un des cinq voyages qu'il y a effectués en 2004 et 2005. Bilal Soughir s'est borné à dire qu'il a séjourné "pour des raisons privées" en Ukraine un mois en avril 2005. Les enquêteurs ont simplement pu déterminer qu'il y a vu un certain Malek.

Son séjour d'un mois en août 2005 au Kenya reste encore plus mystérieux, d'autant plus que Bilal Soughir a retiré quelque 10.000 euros avant de s'y rendre et y a reçu 5.000 euros. "C'était en partie pour financer mon voyage et pour aider des personnes sur place", a répondu Bilal Soughir.

Mais il est resté très vague sur les personnes qu'il a aidées et sur les montants qu'il leur a donnés. Il est resté tout aussi imprécis sur les personnes qu'il a rencontrées au Kenya.

Pressé de questions à plusieurs reprises, le prévenu a expliqué qu'un homme, que lui avait renseigné un autre prévenu, Nabil Karmun, avait besoin d'argent pour soutenir sa fille qui souffrait de malaria.

Interrogé sur un versement d'argent à une Kenyane, Bilal Soughir a précisé qu'il avait "quasiment aidé toutes les personnes qu'il avait rencontrées: des habitants des bidonvilles de Nairobi".

Le président a passé en revue tous les retraits d'argent effectués par Bilal Soughir en 2004 et 2005. "Cela ne justifie pas vos retraits en liquide. Vos allocations de chômage ne sont pas suffisantes pour tous vos voyages et l'entretien de deux voitures", lui a lancé le président.

Il a fait remarquer que pour la seule année 2004, Bilal Soughir avait retiré de ses comptes deux fois plus que ce qu'il avait gagné."Il était nourri, logé et blanchi chez sa maman. Il a épargné 250 euros par mois pendant huit ans", a rétorqué son avocat, Me Mehdi Abbes.

L'enquête a encore montré que le prévenu a notamment viré en Turquie de l'argent à Abou Mazen, un homme considéré comme un recruteur pour le réseau Al-Zarquaoui actif en Irak.

Les explications données par Nabil Karmun sur des versements qu'il a effectués n'ont pas plus semblé convaincre le président.

Nabil Karmun, qui a séjourné quelques semaines en Syrie en juillet 2004, a versé l'année suivante, à plusieurs reprises, des montants allant jusqu'à 1.250 euros en Syrie via Western Union."C'était pour aider des étudiants, rencontrés en Syrie, qui m'avaient contacté par e-mail pour me demander de les aider", a expliqué Nabil Karmun, tout en restant évasif sur l'identité de ces personnes et la nature de leurs liens.


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Procès des attentats de 1995 : Ramda, un «jihadiste animé par la haine», selon un avocat

Par AFP le 23/10/2007 à 17:18

Me Georges Holleaux, qui défend quelque 200 parties civiles au procès de Rachid Ramda, a qualifié ce dernier de «jihadiste» animé par «une haine évidente», aujourd’hui devant la cour d'assises spéciale de Paris.

L'islamiste algérien âgé de 38 ans y est jugé jusqu'à vendredi, accusé d'avoir financé trois des attentats de 1995 à Paris dont celui du RER Saint-Michel qui avait fait 8 morts et environ 150 blessés. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

«Le moteur de l'action de Rachid Ramda, c'est une haine évidente!», a affirmé Me Holleaux en entamant les plaidoiries des parties civiles. «Cette haine, il la libelle même sur ses documents comptables», a ajouté l'avocat, en évoquant la mention «friandises» que le financier présumé utilisait dans sa comptabilité pour qualifier les dépenses en écrous et
boulons destinés à être placés avec les bombes. Avec de tels engins explosifs, «on n'a pas seulement cherché à tuer mais à faire le plus de mal possible», a poursuivi Me Holleaux, sous l'oeil toujours vif et attentif de l'accusé.

L'avocat a brossé le portrait d'un homme «intelligent, ambitieux (..) venu s'installer comme jihadiste à Londres en 1993», après avoir passé plus de trois ans dans la zone tribale pakistano-afghane. A son arrivée dans la capitale britannique, où il sera arrêté en novembre
1995, Ramda «se présente comme un Afghan, se vante d'avoir été blessé (...) c'est un combattant!», a lancé Me Holleaux. Il a par ailleurs jugé «pathétique» la thèse de la défense, étayée par plusieurs témoignages au procès, selon laquelle l'accusé aurait été manipulé par les services secrets algériens. Le réquisitoire est attendu mercredi après-midi, et le verdict vendredi.



Attentats de 1995: la piste des généraux algériens

Une journaliste, témoin au procès de Rachid Ramda, relance la thèse d'une manipulation des poseurs de bombes par Alger.

Le président Abdelaziz Bouteflika entouré d'officiers algériens, en 2005 (Zohra Bensemra/Reuters).

La thèse controversée est connue depuis de longues années: derrière les attentats de 1995 se cacheraient les généraux algériens. Notamment ceux des services secrets. Développée par des journalistes, puis par des déserteurs de l'armée, elle sera ce lundi matin au coeur des débats de la cour d'assises spéciale, à Paris, qui juge Rachid Ramda, le financier du réseau.

Les juges vont en effet entendre un témoignage inédit: Nicole Chevillard, journaliste spécialiste du Maghreb, affirme que plusieurs hauts responsables des services français connaissaient l'implication des militaires algériens, dès 1995! La preuve? Ils lui ont commandé une étude pour mener une opération de représailles contre les durs du régime...

Deux rendez-vous avec le patron de la DST

L'histoire commence le 9 octobre 1995, trois jours après un attentat à la station de métro Maison-Blanche, qui a fait 18 blessés. Depuis trois mois, la France essuie une campagne d'attentats comme elle n'en a pas connue depuis dix ans. Bombe à la station RER Saint-Michel, 8 morts, bombe au RER de la gare d'Orsay, 26 blessés, sans compter de nombreuses tentatives... Les services de renseignement sont sous tension.

Journaliste à la lettre confidentielle Nord-Sud Export, Nicole Chevillard est convoquée par le patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST), le préfet Philippe Parant, qui la reçoit avec Raymond Nart, numéro 2 de la DST en charge de la lutte anti-terroriste.

Les deux hommes s'intéressent à l'étude que cette spécialiste des risques-pays au Maghreb a réalisée fin 1994 et début 1995 sur les structures de l'armée algérienne. Qui fait quoi? Quels sont les réseaux structurants du coeur du pouvoir? Lors de ce premier rendez-vous qu'elle décrit comme une "prise de contact", les deux hommes évoquent les généraux algériens.

Puis lors d'un deuxième rendez-vous, le préfet Parant lui dit qu'il a été tout à fait éclairé par son analyse du pacte de San Egidio. Fin 1994, la communauté catholique de San Egidio a abrité à Rome des pourparlers entre les acteurs de la scène politique algérienne, pour aboutir à une plate-forme permettant de revenir à la démocratie. L'idée est de revenir au processus électoral interrompu par le coup d'Etat des généraux, en janvier 1992. Ces derniers subissent un coup dur lorsqu'un accord est finalement trouvé, début 1995.

L'initiative San Egidio est saluée par Bill Clinton, Jacques Chirac et Alain Juppé. Edouard Balladur et Charles Pasqua sont plus réservés. En mai 1995, Jacques Chirac gagne la présidentielle, Alain Juppé s'installe à Matignon.

Ce deuxième rendez-vous avec le directeur de la DST a lieu le 12 octobre 1995, au petit déjeuner, à l'hôtel de la Trémoille à Paris. Après avoir évoqué le pacte de San Edigio, Nicole Chevillard découvre que les services français aussi s'interrogent sur l'implication des généraux algériens dans les attentats. Voici le récit qu'elle fait de cette rencontre:



La journaliste accepte de réaliser cette étude, dont l'objectif est clairement d'identifier des leviers de pression sur les durs d'Alger, pour les forcer à accepter une normalisation du jeu politique. Avoirs à l'étranger, soins réguliers à Paris, visas accordés aux intéressés: tous les moyens sont méthodiquement recensés.

Après un repas arrosé, des généraux se vantent d'utiliser les terroristes

Nicole Chevillard se met au travail, lorsque se pose la question du paiement de cette étude. La DST propose à son patron de Nord-Sud Export de la laisser travailler gracieusement, "pour la France". Refus de l'intéressée. Finalement, un contact avec Rémy Pautrat, numéro 2 du Secrétariat général pour la Défense nationale, permet de trouver un arrangement. Le SGDN paie l'étude à la livraison.

C'est l'occasion pour la journaliste d'avoir une longue et étonnante discussion avec le préfet Pautrat en janvier 1996. Où il lui révèle qu'au cours d'une soirée arrosée, les principaux responsables des services algériens se "sont vantés d'avoir retourné Djamel Zitouni", l'émir des Groupes islamiques armés (GIA).



Or, Rémy Pautrat n'est pas n'importe quel préfet. Ancien patron de la DST (1985-1986), il a longuement fréquenté la communauté du renseignement sur les deux rives de la Méditerranée. De plus, son récit corrobore les déclarations de plusieurs anciens du renseignement algérien.

Un ancien sous-officier du DRS accuse aussi les généraux de manipulations

Au premier rang de ces témoins, l'adjudant-chef Abdelkader Tigha. Ce sous-officier du Département du renseignement et de la sécurité algérien (DRS) a fui son pays, écoeuré par les manipulations des hommes de l'ombre.

Dans une longue interview réalisée en octobre 2003 à Amman, en Jordanie, dans le cadre de la préparation d'un livre, Françalgérie, il a expliqué au journaliste Jean-Baptiste Rivoire pourquoi et comment les généraux ont manipulé les GIA.

Pour Abdelkader Tigha, il est évident que le DRS est derrière les attentats de 1995. Son objectif? Encourager la France a aider l'Algérie à lutter contre le GIA, et retourner les politiques français, trop bien disposés à l'égard du processus de San Edigio. (Voir la vidéo.)



Evidemment, cette thèse des services algériens commanditaires des attentats commis en France n'exclut pas la participation de groupuscules, croyant oeuvrer pour une cause radicale. Dans les premiers jours du procès de Rachid Ramda, Jean-François Clair, de la DST, détaillait les liens entre Ramda et les GIA. Sans écarter complètement l'hypothèse d'une manipulation. Cela rejoint les explications d'Abdelkader Tigha. (Voir la vidéo.)



A 38 ans, Rachid Ramda a peu de chance de recouvrer la liberté. Le financier présumé des réseaux terroristes algériens de 1995 a déjà passé plus de dix ans en prison. Il encourt aujourd'hui la réclusion criminelle à perpétuité.

Que dire des vrais commanditaires des bombes posées à Paris? Echapperont-ils encore longtemps à la justice internationale? Le général Smaïl Lamari, ancien chef de la Direction du contre-espionnage (DCE), a devancé les juges. Il est mort le 27 août, des suites d'une longue maladie.





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Mercredi 24 octobre 2007


24.10.07 | 22h07

Lotfi Lagha, un ancien détenu tunisien de la prison américaine de Guantanamo, a été condamné mercredi à trois ans de prison ferme pour "association de malfaiteurs projetant des agressions contre des personnes et des biens" dans le cadre d'un projet terroriste.

Ce jugement a été rendu mercredi soir par la Chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, qui a aussi condamné par défaut à onze ans de prison un autre accusé, Salah Sassi, actuellement encore détenu par les Etats-Unis à Guantanamo (Cuba).

Lotfi Lagha, 40 ans, avait demandé son acquittement et nié les accusations selon lesquelles il a combattu sous les ordres du régime taliban en Afghanistan ou avoir projeté des actes terroristes en Tunisie et à l'étranger.

Selon un de ses avocats, Samir Dilou, Lotfi devait être remis en liberté immédiatement, puisqu'il a déjà été emprisonné durant cinq ans à Guantanamo.

Incarcéré depuis son rapatriement le 18 juin 2007, il a été accusé d'avoir servi sous les ordres des talibans contre l'Alliance du Nord du commandant Shah Massoud. Il s'est aussi vu reproché des activités de maniement d'armes, d'apprentissage aux techniques de la guérilla et de recrutement pour le compte du régime fondamentaliste au pouvoir à Kaboul (de 1996 à 2001).

Mercredi, il est revenu sur des aveux. "J'avais fait ces déclarations sous la pression. J'étais menotté et j'ai eu peur", avait-t-il affirmé au tribunal.

Jugé par contumace, Salah Sassi, originaire de Menzel Bourguiba (nord), a été, quant à lui, lourdement condamné pour adhésion à Al-Qaïda d'Oussama Ben Laden.

Inculpé d'"incitation à des crimes terroristes, entraînements militaires et adhésion à une organisation terroriste opérant hors du territoire tunisien", Salah Sassi, 34 ans, a également écopé de dix mille dinars d'amende (6.000 euros environ).

Lotfi Lagha avait été rapatrié par les Etats-Unis le 18 juin dernier en même temps qu'un autre ex-détenu, Abdallah Hajji Ben Omar, qui doit être jugé fin octobre par la justice militaire.

Les associations américaine, Human Rights Watch (HRW), et britannique, Reprieve, parrainent ces deux ex-détenus de Guantanamo, une juge fédérale américaine ayant récemment interdit le rapatriement de Mohammed Rahman, un troisième Tunisien, qui redoute d'être maltraité.

Les autorités tunisiennes ont réfuté de nouveau mercredi "les allégations de mauvais traitements" et affirmé que les deux Tunisiens rapatriés sont assurés de "toutes les garanties d'un procès équitable".



Procès d'un ex-détenu tunisien à Guantanamo: la défense réclame le non-lieu

AP | 24.10.2007 | 18:23

Un ancien détenu tunisien à la base américaine de Guantanamo (Cuba), Lotfi Ben Souï Lagha, récemment rapatrié, a comparu mercredi devant le tribunal de première instance de Tunis pour répondre de plusieurs chefs d'accusation, dont appartenance à association de malfaiteurs ayant pour but de commettre des agressions contre les personnes et les biens.

Selon ses avocats, Mes Samir Dilou et Samir Ben Amor, il encourt une peine maximale de six ans d'emprisonnement.

Le tribunal présidé par le magistrat Mehrez Hammami devait au cours de la même audience -à laquelle assistait la diplomate américaine Trina Saha- juger par contumace un autre Tunisien encore incarcéré à Guantanamo, Salah Ben Hédi Ben Jilani Sassi, inculpé de délits à caractère terroriste.

L'acte d'accusation impute au prévenu d'avoir adhéré à "une organisation terroriste" (allusion aux Talibans afghans, NDLR), qui serait elle-même liée à Al-Qaïda, et d'avoir projeté de commettre des actes criminels en territoire tunisien.

Selon le document lu par le juge, Lotfi Lagha a émigré clandestinement en Italie en 1998, où, après avoir embrassé le courant salafiste djihadiste, il a gagné l'Afghanistan en 2001. Il est accusé d'y avoir reçu une formation au maniement des armes et à la fabrication des explosifs et d'avoir rallié le "bataillon des combattants arabes", allié des Talibans contre l'Alliance du Nord du commandant Ahmed Chah Massoud.

Fuyant l'Afghanistan à la suite des événements qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, il a été arrêté en décembre de la même année par les forces pakistanaises qui l'ont remis à l'armée américaine, après un séjour de plus de trois mois dans un hôpital à Islamabad. Il avait en effet les mains et les pieds gelés par le froid qui sévissait dans les montagnes afghanes au moment de sa fuite.

Après des escales à Bagram, puis à Kandahar, où les militaires américains lui ont sectionné plusieurs doigts des mains et des pieds, il a été transféré dans la base de Guantanamo, où il resté en détention pendant cinq ans avant d'être rapatrié en juin dernier.

Lors de son interrogatoire mercredi, l'ex-pensionnaire de Guantanamo, dont plusieurs doigts des deux mains étaient encore enveloppés de sparadrap, a nié toute appartenance à des organisations terroristes. Il a aussi démenti avoir suivi des entraînements militaires ou pris les armes aux côtés des Talibans. Il aurait, d'après lui, été arrêté au Pakistan dans le cadre d'une "campagne qui visait tous les Arabes sans distinction".

A l'en croire, les aveux contenu dans les procès verbaux des investigations lui ont été extorqués "sous la menace et la peur".

Ses avocats, ont plaidé le non-lieu, faisant valoir que "rien dans le dossier n'étayait les accusations retenues contre leur client".

"Il n'y a pas lieu de criminaliser notre client, qui n'a aucun lien avec Al-Qaïda et qui s'était rendu en Afghanistan à une époque où le régime des Talibans était un Etat reconnu par plusieurs pays", a martelé Me Dilou, relayé par son confrère Me Ben Amor.

La défense a réfuté l'accusation selon laquelle le prévenu projetait de commetre des actes criminels en Tunisie. "Il n'existe aucune trace d'un tel projet", a soutenu Me Dilou.

Son collègue a pour sa part déploré "le non respect des droits fondamentaux de l'accusé" dans la procédure judiciaire. "Il suffit les cinq ans de détention à Guantanamo sans qu'aucun délit n'ait été retenu contre lui et les souffrances qu'il a endurées: notre souhait est que Lotfi Lagha trouve justice dans son pays", a lancé Me Ben Amor.

La cour s'est ensuite retirée pour délibérer et rendre son verdict attendu en fin de journée. AP


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Mardi 23 octobre 2007


22.10.07 | 19h13

Le procès contre une organisation caritative musulmane accusée de liens avec le Hamas et deux de ses dirigeants a été annulé lundi, le jury américain n'arrivant pas à se mettre d'accord sur un verdict dans cette affaire issue de la "guerre contre le terrorisme".

Après des mois de procès et 19 jours de délibérations, les jurés n'ont pas pu rendre de verdict sur les anciens dirigeants poursuivis et sur la fondation elle-même, interdite par le président George W. Bush trois mois après les attentats du 11-Septembre.

Le juge Joe Fish, chargé de l'affaire au tribunal fédéral de Dallas (Texas, sud), leur a demandé de reprendre leurs délibérations, mais face au blocage, il a prononcé l'annulation du procès.

L'accusation a immédiatement annoncé que le gouvernement entendait organiser un nouveau procès contre la "Fondation de la Terre sainte pour le secours et le développement", qui était la plus grande organisation caritative musulmane aux Etats-Unis dans les années 1990.

En début de matinée, les jurés avaient cependant acquitté trois des cinq anciens dirigeants poursuivis notamment pour complot, soutien à une organisation terroriste étrangère, blanchiment d'argent et fraude fiscale.

La fondation et ses anciens dirigeants sont accusés d'avoir versé plus de 36 millions de dollars, recueillis dans des mosquées et lors de réunions de collectes de fonds aux Etats-Unis, à des comités palestiniens contrôlés par le Hamas entre 1992 et sa fermeture.

Au moins 12 millions auraient été versés après que les autorités américaines ont inscrit le Hamas sur la liste des organisations terroristes en 1995, rendant illégal tout soutien à ce mouvement, même sous la forme d'aide humanitaire.

Selon l'accusation, le Hamas utilisait l'argent versé par la fondation pour soutenir les familles de kamikazes ayant commis des attentats suicide en Israël.



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Mardi 23 octobre 2007
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L’énigme Mokhtar Benmokhtar
23 Octobre 2007 - Page : 4
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Recherché depuis 1993

Des sources sécuritaires affirment qu’il aurait trouvé refuge dans une tribu du nord du Mali. Ses relations avec Hassen Hattab n’ont jamais été élucidées.

En dépit de tout le bruit fait autour de son sort, l’énigme Benmokhtar reste entière et n’a toujours pas livré ses secrets. Sa dernière montée au créneau remonte au lendemain des attentats commis par le Gspc, en avril dernier à Alger. Des sources crédibles avaient affirmé, à l’époque, qu’il aurait dénoncé les attentats et décidé de prendre ses distances par rapport à l’organisation dirigée alors par Droukdel. La suite des événements a été médiatisée et l’on a beaucoup parlé de contacts amorcés par les services de sécurité en sa direction afin de l’amener à la reddition.
Sa famille aurait été mise à contribution. Et même des notables de la région de Metlili, près de Ghardaïa, auraient été approchés pour faciliter la procédure. Selon des sources généralement bien informées, même les barons qui contrôlent l’ensemble du trafic des cigarettes dans la région d’El Ménéa se seraient impliqués, mais on ignore si c’est pour forcer Benmokhtar vers la sortie et le remplacer par un autre qui répond aux exigences de la nouvelle conjoncture, ou au contraire, lui renouveler leur allégeance. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, il semble qu’il n’est plus question de reddition pour l’émir de la zone 9 du Gspc. Recherché depuis 1993, son procès s’ouvrira à Ghardaïa, demain, et le verdict devrait aboutir inéluctablement par contumace. Il n’y aura donc pas de révélations. Et de son refuge, Benmokhtar sera bel et bien informé de tout ce qui s’est passé. Maintenant que l’ensemble de la région du Sahel suscite un grand intérêt de la part des puissances occidentales pour des raisons stratégiques, on imagine mal comment l’un des émirs du Gspc les plus dangereux va abandonner l’immense trafic qu’il dirige. Sauf coup de théâtre, tout indique qu’il va continuer à contrôler les marchés parallèles de la cigarette et la totalité de la contrebande englobant le Sud algérien, d’In Guezzem à Ghardaïa en passant par Adrar et El Ménéa. Les frontières sud de l’Algérie représentent un enjeu de taille, à la fois, pour la mafia des cigarettes, les trafiquants d’armes ainsi que les groupes armés. Les véhicules tout-terrain, les cigarettes, le haschisch et même les armes procurent chaque année des millions, pour ne pas dire des milliards aux barons touareg. A l’instar d’El Para, Hattab qui, faut-il le rappeler, est entre les mains des services de sécurité et n’a jamais été présent à la barre, l’énigme de Mokhtar Benmokhtar demeure «entière». Selon des sources sécuritaires, Mokhtar Benmokhtar, dit Laouar, a trouvé refuge dans une tribu du nord du Mali.
Il active avec un réseau de soutien au terrorisme dans la région. A en croire la même source, il y aurait eu une connexion entre celui-ci et le leader de la rébellion touarègue, Ag Bahanga. Avec sa parfaite connaissance du Sahara, Mokhtar Benmokhtar est d’une grande utilité aux réseaux terroristes et du trafic d’armes.
D’ailleurs, on a évoqué même l’implication de Touareg dans l’épisode de l’enlèvement des touristes allemands dans le Sahara algérien, en 2003. C’était à l’époque de Abderrazak El Para. Ce qui confirme l’hypothèse d’une connexion entre les rebelles armés du Niger et du Mali avec les terroristes activant dans le Sud algérien. Des repentis auraient confirmé que les groupes terroristes activaient au Sahara avec la complicité d’autres réseaux implantés en Mauritanie et en Libye.

Ikram GHIOUA


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Mardi 23 octobre 2007


De notre bureau de Paris, Khadidja Baba-Ahmed

le 20/10/2007 6:00:21 (13 lectures)

Rachid Ramda pourra-t-il éviter la condamnation à perpétuité qu’il encourt dans le procès qui lui est intenté devant la cour d’assises spéciale de Paris pour “complicité d’assassinats dans l’attentat de la station RER de Saint-Michel le 25 juillet 1995 (8 morts et 150 blessés) ; celui de la station Maison-Blanche le 6 octobre 1995 (18 blessés) et l’attentat de la station RER d’Orsay, le 17 octobre de la même année et qui avait fait 26 blessés ? Rien n’est moins évident. L’assurance affichée depuis trois semaines par l’accusé comme les arguments de la défense commencent à se fissurer sérieusement.

Depuis le 1er octobre (date d’ouverture du procès qui prendra fin vendredi 26 octobre), celui qui est considéré comme le financier des attentats terroristes de 1995 en France s’évertue à donner de lui l’image BCBG, d’un homme qui n’aurait rien à voir avec les actes terroristes et qui n’aurait jamais financé quoi que ce soit ni envoyé un quelconque mandat aux poseurs de bombes, à Paris. Il a longtemps persisté et signé même si ses empreintes digitales ont été trouvées dans son domicile londonien sur le bordereau d’envoi d’un mandat de 5000 livres à un certain Benabbas à Paris, de son vrai nom Boualem Bensaïd, l’organisateur et poseur des bombes qui purge actuellement une condamnation à perpétuité. Ramda n’a, cependant, pas pu tenir jusqu’au bout cette ligne de défense. Mardi dernier, cette attitude constante de déni s’est effondrée devant l’évidence et il a bien dû avouer, même s’il continue désespérément à minimiser son rôle. “C’est moi qui ai envoyé cette somme, on m’a demandé de le faire… C’était pour payer les honoraires d’avocats des frères arrêtés en France.” Tout est bien sûr dans ce “on” dont il ne donne évidemment aucune explication, aucune identité, sinon un nom inventé pour la cause, un fantôme prénommé “Youssef Ali” qui lui aurait demandé de transférer les fonds à un autre fantôme, Benabbas “qu’il ne connaissait pas». Durant tout le procès, la ligne de défense de l’accusé et de ses avocats a consisté à présenter Rachid Ramda comme un “intellectuel”, amoureux des études ; parti d’Algérie en 1989 parce que n’ayant pas supporté la “répression du pouvoir algérien de 1988” ; un jeune militant islamiste animant le Journal El Ansar (édité depuis Londres) qui diffusait la bonne parole, celle “d’un islam traditionnel sans visées politiques”, un homme contre toute action violente. Tout a été tenté par la défense pour réussir à donner cette image soft de l’accusé. D’abord la mère, le père et le frère de l’accusé, ramenés pour l’occasion d’Algérie pour dire que leur fils est un enfant “très sage”, de “famille honorable”, “instruit”, qui n’a quitté l’Algérie que pour aller étudier sans qu’ils sachent où il allait faire ces études, parce qu’ils ont toujours eu confiance en leur fils et que ce dernier “n’a rien à voir avec les faits dont on l’accuse ni rien à voir d’ailleurs avec toute organisation terroriste”. Pour apporter du crédit à sa déposition, le frère de Ramda s’interroge : “Pourquoi les enquêteurs n’ont pas demandé un casier judiciaire aux autorités algériennes, pourquoi ne se sont-ils pas rapprochés des services de sécurité algériens ? Ils auraient bien vu que Rachid n’a jamais été accusé de quoi que ce soit et que son casier judiciaire est vierge. Les parents étaient là dans leur rôle : celui de défendre leur fils coûte que coûte. Ceux par contre qui l’étaient moins sont les fameux professionnels du terrorisme et autres tenants du “qui tue qui ?”, qui ne désarment pas malgré le peu d’écoute et la perte de crédit considérable qu’on leur manifeste aujourd’hui dans l’Hexagone, surtout lorsqu’il s’agit d’actes terroristes perpétrés sur des citoyens français et sur leur propre territoire. Appelé comme témoin par la défense de Ramda, François Gèse, directeur de la maison d’édition la Découverte, a déclaré (faut-il s’en étonner ?), que l’armée algérienne, au moment des attentats, était engagée dans une “sale guerre” contre les islamistes, reprenant pour l’occasion, le titre du livre de Habib Souaïdia que sa maison d’édition dita, comme elle donna refuge d’ailleurs à de nombreux autres ouvrages du même acabit. Et, se faisant plus explicite encore, Gèze a déclaré qu’à l’époque, le pouvoir algérien pratiquait la désinformation auprès des gouvernements étrangers et notamment en France pour inquiéter les islamistes allant jusqu’à faire tomber dans le piège, les services de contre-espionnage (DST). L’autre témoin est l’écrivain et chercheur — encore un expert en islamisme — François Burgat qui commit de nombreux écrits dans les années 1990 sur notre pays niant les actes terroristes et les attribuant au pouvoir algérien. Dans son témoignage, il persiste et signe lui aussi, jugeant “qu’à l’époque, le pouvoir algérien était capable de monter de toutes pièces des attaques terroristes dans le but de les faire attribuer aux islamistes et de faire croire ainsi à l’opinion internationale que l’Algérie fait face au terrorisme des islamistes”. Beaucoup d’efforts de la part de la défense mais qui, apparemment porteront peu leurs fruits. Car après l’audition de ces témoins, Ramda, même s’il n’a pas tout avoué, a reconnu, tout de même, qu’il est l’auteur du mandat envoyé à Bensaïd. De plus, il n’a donné aucune explication sur le séjour qu’il a effectué au Pakistan de 1989 à 1992, ni comment il a pu être blessé au Pakistan s’il n’avait pas franchi l’Afghanistan et rejoint les talibans. Il n’a pas non plus expliqué les raisons de son séjour au Nigeria de mai 1992 à février 1993 où il rejoint la Grande-Bretagne où sa demande d’asile était à l’étude, jusqu’à son arrestation par la police britannique en novembre 1995 et son extradition vers la France en décembre 2005. Tous ces questionnements restent sans réponse. Pour l’accusation, Rachid Ramda était l’intermédiaire entre Djamel Zitouni, l’émir du GIA, et les terroristes et poseurs de bombes à Paris. Le feuilleton Ramda se poursuivra encore jusqu’à vendredi prochain. Après les plaidoiries de la défense de jeudi 25 octobre, l’accusé interviendra pour la dernière fois et l’affaire sera mise en délibéré.
K. B.-A.



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Mardi 23 octobre 2007

Par rafik tayeb le 21/10/2007 à 10:49

Depuis l’annonce de sa reddition en septembre dernier, la question était sur toutes lèvres : Hassan Hattab sera-t-il jugé ou bénéficiera t-il des dispositions de la loi sur la concorde civile sans passer par la case prison? Selon l’AFP, qui cite une source judiciaire, le procès du chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) aura bien lieu. Il s’ouvrira le 4 novembre prochain à Alger, probablement en présence de l’ancien chef terroriste.

Hassan Hattab sera jugé notamment pour « création et appartenance à une organisation terroriste, assassinat avec préméditation et utilisation d'explosifs dans des lieux publics ». La source judicaire ne précise pas la peine encourue par l’ancien chef terroriste qui s’est rendu aux autorités le 22 septembre dernier pour bénéficier des dispositions de clémence prévues dans la loi sur la concorde civile.  Le ministre de l’intérieur Yazid Zerhouni avait indiqué, en annonçant cette reddition, que le fondateur du GSPC était considéré « comme un repenti». Mais « comme il est concerné par plusieurs dossiers judiciaires, il doit éclaircir sa situation", avait-il précisé.

Hassan Hattab est déjà sous le coup de deux condamnations prononcées par des tribunaux algériens. En juin dernier, il avait été condamné par contumace, à la perpétuité par le tribunal criminel de Tizi Ouzou pour « constitution  d'un groupe terroriste armé ». Il avait également été condamné à mort par contumace par le tribunal criminel de Batna pour « constitution de groupes terroristes armés, atteinte à l'intégrité des intérêts de l'Etat, assassinat avec préméditation, incendie volontaire, vol et port d'armes prohibé ».
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Algerie : Hattab sera-t-il présent à son procès ?

L’audience est programmée pour le 4 novembre

dimanche 21 octobre 2007.

L’ex-chef du GSPC sera notamment jugé pour dépôt d’explosifs dans des lieux publics. La Charte a le mérite d’être clair à ce sujet puisqu’elle exclut les auteurs de cette catégorie d’actes terroristes des bénéfices de ses dispositions.

Le fondateur et ex-émir du Groupe pour la prédication et le combat, Hassan Hattab, qui, selon le ministre de l’Intérieur s’est rendu récemment aux services de sécurité, est-il concerné par les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation ? La question mérite, en tout cas, d’être posée puisque parmi les chefs d’inculpation retenus contre le chef terroriste en figure un qui exclut, de fait, son auteur du bénéfice des mesures prévues par le texte. L’un des procès de Hattab doit s’ouvrir le 4 novembre prochain à la cour d’Alger. Il sera, entre autres, jugé, en compagnie de six de ses acolytes, pour constitution de groupe terroriste tendant à faire régner un climat de terreur parmi les citoyens, homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, vol à main armée, dépôt d’explosifs dans des lieux publics. Si les premiers autres chefs d’inculpation cités ne semblent pas réellement poser problème à l’ex-chef terroriste, le dernier, en l’occurrence celui lié au dépôt d’explosifs dans les lieux publics, risque de créer une situation inédite dans le traitement des dossiers des repentis. Certes, la Charte pour la paix et la réconciliation prévoit l’extinction des poursuites judiciaires à l’encontre des individus impliqués dans les actions terroristes, ou ayant fait partie des réseaux de soutien qui décident de se rendre aux services de sécurité. Cependant, les avantages prévus par le texte ne s’appliquent pas à trois catégories de terroristes. Il s’agit des membres de groupes armés impliqués dans les massacres collectifs, les viols et les attentats à l’explosif dans les lieux publics. Si l’on se réfère au contenu de la Charte qui a le mérite d’être clair sur ce point précis, Hassan Hattab ne peut, selon toute évidence, accéder aux dispositions réglementaires prévues par le législateur. La question se pose donc de savoir quel sort sera réservé à l’ex-émir du GSPC après son jugement par la cour d’Alger ? Et s’il est maintenu en détention, quel artifice sera trouvé par les autorités pour passer l’éponge sur les crimes commis par cet ex-chef terroriste ? Mais déjà, il s’agit de savoir s’il sera présent ou pas lors du procès prévu début novembre, lui qui a été, par le passé, condamné par contumace, notamment par la cour de Tizi-Ouzou. Sera-t-il encore une fois jugé par contumace, alors que le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Noureddine Zerhouni a confirmé récemment, à partir de la capitale française, sa reddition aux autorités à la fin de septembre dernier ? Même si aucune information officielle n’a été avancée à ce sujet, l’on peut dès à présent prédire l’absence du fondateur du GSPC à son procès. Déjà dans le programme de la session criminelle qui s’est ouverte hier, Hassan Hattab est présenté, ainsi que quatre de ses acolytes, comme étant toujours en fuite. Selon le même programme, seul deux éléments de son groupe, à savoir Alaou Hamid et Belassel Mohamed, sont entre les mains des services de sécurité et seront, donc, normalement présents à la barre. Par contre, Hassan Hattab et quatre de ses compagnons, Messaoudi Mohand, Boudahri Kamel, Mustapha Naceri et Mesli Rachid, sont toujours considérés en état de fuite. Pourtant, le ministre de l’Intérieur a été très clair à ce sujet. Lors de sa visite de travail à Paris, il avait déclaré que Hattab “s’est rendu” aux autorités le 22 septembre et qu’il est considéré “comme un repenti”. Le ministre avait également déclaré qu’étant “concerné par plusieurs dossiers judiciaires, il (Hattab Ndlr) doit éclaircir sa situation”. Reste à savoir maintenant de quelle manière sa situation sera éclaircie ? Nous serons peut-être fixés le 4 du mois prochain.

Source : Liberté



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