NOUVELOBS.COM | 03.02.2007 | 14:08
17 réactions
Interrogé au micro d'Europe-1 sur son renvoi vendredi devant le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), le juge Renaud Van Ruymbeke a assuré qu'il n'avait "rien à se reprocher", estimant être victime d'un "lynchage".

Renaud van Ruymbeke (AP)
Interrogé samedi 3 février au micro d'Europe-1 sur son renvoi vendredi devant le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), le juge Renaud Van Ruymbeke a assuré qu'il n'avait "rien à se reprocher", estimant être victime d'un "lynchage".
"Je suis lynché depuis deux jours dans des conditions que je juge tout à fait scandaleuses", a déploré le magistrat. "Des extraits d'un rapport (de l'Inspection des services judiciaires, ISJ) que je ne connais pas et dont je n'ai toujours pas connaissance circulent dans la presse, présentés de façon tendancieuses".
Existence d'un premier rapport Le célèbre juge financier a rappelé l'existence du rapport du premier président de la cour d'appel de Paris "qui a conclu dès le 17 mai 2006 qu'il n'y avait rien à (lui) reprocher, qu'il n'y avait pas matière à saisir le CSM (conseil supérieur de la magistrature), qu'il n'y avait pas de faute".
"Ce rapport a été adressé au garde des Sceaux (Pascal Clément) le 17 mai 2006, il n'en a jamais fait état", a-t-il souligné.
"Aujourd'hui, on nous sort un deuxième rapport qui est fait, non pas par un magistrat indépendant, mais par un inspecteur général qui est directement rattaché au Garde des Sceaux. C'est un magistrat qui ne présente pas les garanties d'indépendance que présente le premier président de la cour d'appel", a souligné Renaud Van Ruymbeke.
Le juge d'instruction est renvoyé devant le CSM pour avoir notamment accepté de rencontrer hors procédure Jean-Louis Gergorin, ancien dirigeant d'EADS et corbeau présumé de l'affaire Clearstream.
lefigaro.fr (Avec AFP).
Publié le 02 février 2007
Actualisé le 02 février 2007 : 17h52
Renvoyé devant le CSM, Van Ruymbeke accuse Sarkozy
Le juge Renaud Van Ruymbeke et le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.
Le Figaro.
Le juge d’instruction attribue ses poursuites disciplinaires devant le Conseil supérieur de la magistrature à une "décision politique" dans un dossier où le ministre de l’Intérieur a été faussement mis en cause.
Du simple blâme jusqu’à la radiation. C’est ce que risque Renaud Van Ruymbeke devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Car vendredi matin, le ministre de la Justice Pascal Clément a indiqué qu’il allait renvoyer le juge financier devant l’organe disciplinaire des magistrats. Une décision rendue inévitable après le rapport de l’Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) qui relevait mercredi "un manquement au devoir de loyauté" du magistrat dans l’affaire Clearstream.
La nouvelle à peine annoncée, Renaud Van Ruymbeke n’a pas tardé à réagir. Regrettant de ne "pas avoir eu connaissance du rapport", il met nommément en cause Nicolas Sarkozy qui avait expliqué le 19 octobre sur TF1 avoir été faussement mis en cause dans l'affaire Clearstream "sur la base du mensonge d'un corbeau qui s'était allié avec un juge".
Van Ruymbeke assure n'avoir fait que son travail
"Il s’agit d’une décision politique sans surprise dans un dossier où le ministre de l’Intérieur m’a publiquement attaqué", a déclaré vendredi le juge d’instruction assurant n'avoir fait que son travail.
"Cette affaire Clearstream a été montée de toutes pièces, elle est destinée à cacher l'affaire des frégates de Taïwan, il y a 500 millions de dollars qui sont partis, il y a des morts dans ce dossier. Mais on nous ressort toujours Cleartsream avec une surmédiatisation qui a été encouragée par Nicolas Sarkozy. On m'a mis au pilori", a-t-il précisé sur France info.
En réponse aux accusations du juge, le ministre de l'intérieur a estimé vendredi que celui-ci avait "tort, vraiment tort" de le mettre en cause dans cette décision. "Ses propres pairs l'ont jugé, qu'il relise le rapport (de l'IGSJ), il comprendra. Il est suffisamment sévère pour que je n'aie aucun commentaire à faire", a souligné Nicolas Sarkozy.
Renaud Van Ruymbeke, qui avait demandé à devenir président de chambre à la cour d’appel de Paris, voit aujourd’hui sa promotion fortement compromise.
Le juge Van Ruymbeke rattrapé par l'affaire Clearstream
ÉRIC DECOUTY.
Publié le 01 février 2007
Actualisé le 01 février 2007 : 13h04
Le garde des Sceaux a renvoyé le magistrat devant le Conseil supérieur de la magistrature
LA DÉCISION du garde des Sceaux sera officiellement prise vendredi, mais son directeur de cabinet a discrètement confié, hier, à quelques collègues que Renaud Van Ruymbeke sera renvoyé devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
Le ministre de la Justice n'aura aucune peine à justifier cette initiative. Dans son rapport, l'Inspection générale des services judiciaires (la police de la justice), qui en juin dernier avait dédouané de toute faute le juge Burgaud dans l'affaire d'Outreau, se montre rude pour Van Ruymbeke dans le dossier Clearstream.
En substance, elle retient contre lui trois fautes susceptibles de constituer
« un manquement aux devoirs de son état de magistrat et de son devoir de loyauté ». Premièrement, il n'aurait jamais dû entendre, hors procédure, Jean-Louis Gergorin, l'ancien vice-président d'EADS. Deuxièmement, il aurait dû informer ses collègues Pons et d'Huy, saisis de l'enquête sur les listings falsifiés, que ce même Gergorin était bien le corbeau de Clearstream. Troisièmement, il n'aurait pas dû montrer des pièces de sa procédure à un autre acteur de l'affaire, l'informaticien Florian Bourges. Un épisode que Van Ruymbeke a d'ailleurs toujours contesté.
Nombreux soutiens
Les faits sont là. Mais l'Inspection va beaucoup plus loin, dénonçant le comportement du juge, qui serait de
« nature à faire suspecter l'objectivité des magistrats ». Et si l'Inspection concède que Renaud Van Ruymbeke a agi par seul souci de la vérité, et qu'il n'a prêté son concours à aucune manoeuvre, le rapport ne souligne pas qu'il a lui-même démonté, dès l'automne 2004, la manipulation que constituaient les listings falsifiés.
Alors que l'enquête visant cette falsification n'a abouti qu'aux seules mises en cause de Jean-Louis Gergorin et de l'informaticien Imad Lahoud, cet épisode relance la polémique au sein même de l'institution judiciaire. Outre le fait que le rapport de l'Inspection contredit celui du premier président de la cour d'appel de Paris, Renaud Chazal de Mauriac, qui, en octobre dernier, avait dédouané Van Ruymbeke, de nombreux magistrats ironisaient hier sur l'indépendance de ce service.
L'affaire Clearstream, qui pourrait bien devenir l'affaire Van Ruymbeke, risque donc de connaître d'autres développements. Dans un entretien à l'AFP, le magistrat - qui bénéficie du soutien de très nombreux collègues et avocats -, s'est étonné hier d'avoir découvert dans la presse
« des extraits choisis » d'un rapport dont il n'a
« pas eu connaissance ». Il s'interroge par ailleurs sur l'existence de
« fuites organisées » et, surtout, demande au garde des Sceaux copie de ce document. Reste que c'est une des figures emblématiques de la lutte contre la corruption qui s'apprête à comparaître devant le Conseil supérieur de la magistrature. Les sanctions vont du blâme à la radiation.
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Renaud Van Ruymbeke crie au "lynchage"
NOUVELOBS.COM | 03.02.2007 | 14:08
17 réactions
Interrogé au micro d'Europe-1 sur son renvoi vendredi devant le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), le juge Renaud Van Ruymbeke a assuré qu'il n'avait "rien à se reprocher", estimant être victime d'un "lynchage".

Renaud van Ruymbeke (AP)
Interrogé samedi 3 février au micro d'Europe-1 sur son renvoi vendredi devant le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM), le juge Renaud Van Ruymbeke a assuré qu'il n'avait "rien à se reprocher", estimant être victime d'un "lynchage".
"Je suis lynché depuis deux jours dans des conditions que je juge tout à fait scandaleuses", a déploré le magistrat. "Des extraits d'un rapport (de l'Inspection des services judiciaires, ISJ) que je ne connais pas et dont je n'ai toujours pas connaissance circulent dans la presse, présentés de façon tendancieuses".
Existence d'un premier rapport Le célèbre juge financier a rappelé l'existence du rapport du premier président de la cour d'appel de Paris "qui a conclu dès le 17 mai 2006 qu'il n'y avait rien à (lui) reprocher, qu'il n'y avait pas matière à saisir le CSM (conseil supérieur de la magistrature), qu'il n'y avait pas de faute".
"Ce rapport a été adressé au garde des Sceaux (Pascal Clément) le 17 mai 2006, il n'en a jamais fait état", a-t-il souligné.
"Aujourd'hui, on nous sort un deuxième rapport qui est fait, non pas par un magistrat indépendant, mais par un inspecteur général qui est directement rattaché au Garde des Sceaux. C'est un magistrat qui ne présente pas les garanties d'indépendance que présente le premier président de la cour d'appel", a souligné Renaud Van Ruymbeke.
Le juge d'instruction est renvoyé devant le CSM pour avoir notamment accepté de rencontrer hors procédure Jean-Louis Gergorin, ancien dirigeant d'EADS et corbeau présumé de l'affaire Clearstream.
Les syndicats de magistrats solidaires
lefigaro.fr (Avec AFP).
Publié le 02 février 2007
Actualisé le 02 février 2007 : 16h24
ans un dossier comme celui des frégates-Clearstream parce que les enjeux économiques, financiers et politiques sont tels que la justice est bloquée",
Les deux principales organisations syndicales répouvent le renvoi devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du juge Renaud Van Ruymbeke.
Bruno Touzellier, président de l'Union syndicale des magistrats :
"Nous regrettons profondément cet aboutissement disciplinaire pour un magistrat dont tout le monde reconnaît la haute valeur morale et professionnelle. Il y a la raison d'Etat d'un côté, de l'autre un travail individuel et solitaire qui fait qu'à un moment, pour ouvrir certaines portes, le juge d'instruction est obligé de sortir des règles classiques de le procédure. Nous sommes dans un pays où il n'est pas possible pour un magistrat qui tente de faire son travail normalement, d'avancer dans un dossier comme celui des frégates-Clearstream parce que les enjeux économiques, financiers et politiques sont tels que la justice est bloquée",
Hélène Franco, secrétaire générale du syndicat de la magistrature :
"Nous déplorons les attaques manifestement orchestrées par différentes personnes, qui dépassent de loin la seule personne du juge Van Ruymbeke. On essaye manifestement de détourner l'attention de l'opinion publique en focalisant sur ce juge particulier dont le rapport dit lui-même qu'il n'a jamais démérité. Nous allons le soutenir"
Hélène Franco, secrétaire générale du syndicat de la magistrature :
"Nous déplorons les attaques manifestement orchestrées par différentes personnes, qui dépassent de loin la seule personne du juge Van Ruymbeke. On essaye manifestement de détourner l'attention de l'opinion publique en focalisant sur ce juge particulier dont le rapport dit lui-même qu'il n'a jamais démérité. Nous allons le soutenir"