Exclusif Nouvelobs.com publie une tribune de Jean-Pierre Bonthoux, ancien secrétaire général du parquet général de la cour d’appel de Versailles, qui a été en charge du suivi du dossier d'intégration directe de Rachida Dati à l'Ecole nationale de la magistrature.
NOUVELOBS.COM | 27.10.2007 | 18:41
L’intégration directe en qualité d’auditeur de justice est prévue par l’article 18 de l’ordonnance statutaire, qui dispose qu’une personne titulaire d’un diplôme sanctionnant quatre années d’études supérieures de droit et justifiant de quatre années d’une activité professionnelle dans le domaine juridique, économique ou social peut solliciter l’accès sans concours à l’Ecole nationale de magistrature. Elle a pour objectif d’enrichir la magistrature de jeunes professionnels disposant déjà d’une expérience réussie, présentant des profils alternatifs par rapport à ceux recrutés par les concours et susceptibles de constituer un apport pour le corps.
Le dossier est d’abord instruit par le parquet du tribunal de grande instance du domicile du candidat qui rassemble les pièces justificatives (nationalité, bulletin n° 2 du casier judicaire, diplômes, justificatifs de domicile…) et sollicite les personnalités dont le candidat a dressé la liste, susceptibles de donner un avis motivé à son sujet, ainsi que le préfet du département afin qu’il vérifie l’absence d’antécédents de police. Le candidat est ensuite reçu par le procureur de la République ou, dans les grandes juridictions, son secrétaire général pour un premier entretien de motivation. Le dossier, auquel est joint l’avis du procureur, est ensuite transmis au parquet général de la cour d’appel dont dépend le tribunal, qui vérifie que le dossier est complet et convoque le candidat pour un second entretien de motivation devant le procureur général ou son secrétaire général. Ce dernier rédige un rapport de synthèse de l’ensemble de ces informations, assorti d’un avis qui est soumis à la signature des chefs de cour, premier président et procureur général. L’avis est transmis à la commission d’intégration qui décide de l’admission du candidat. En cas d’avis favorable, celui-ci intègre alors l’ENM, où il suit le cursus ordinaire de tout auditeur.
Le dossier de Madame DATI a suivi l’ensemble de cette procédure au tribunal de grande instance de Nanterre d’abord, la candidate étant domiciliée dans les Hauts de Seine à l’époque (1996), puis à la cour d’appel de Versailles. Madame DATI disposait de tous les éléments nécessaires de nature à permettre l’instruction de ce dossier, notamment d’une maîtrise de droit, à elle seule suffisante en terme de diplôme, pour la procédure, et a fait l’objet d’un avis favorable des chefs de cour. Il convient de préciser que les entretiens ont pour objet essentiel l’examen de la motivation du candidat pour l’exercice des fonctions de magistrat, de son aptitude au regard de ses qualifications et de son expérience, ainsi que de l’apport pour le corps que constituerait son intégration. Le rapport final fait la synthèse de l’ensemble de ces éléments objectifs et subjectifs, positifs et négatifs, de manière à donner à la commission l’information la plus complète et objective possible mais surtout une impression générale motivée sur le candidat. Par nature concis, ce type de rapport n’est pas à l’abri d’imprécisions ou d’effets réducteurs. A l’évidence, le candidat ne saurait en aucun cas être tenu pour responsable des inexactitudes dans la retranscription des informations qui y figurent, pas plus qu’il ne l’est des impressions par nature subjectives et des avis émis en conséquence dont il est l’objet.
Jean-Pierre Bonthoux
(le samedi 27 octobre 2007)
Note de la rédaction : Cette tribune honore, bien entendu, le sens de la justice de son auteur. On aurait cependant apprécié qu'il sorte d'un langage elliptique pour dire clairement ce qu'il entend quand il écrit : "le candidat ne saurait en aucun cas être tenu pour responsable des inexactitudes dans la retranscription des informations qui y figurent" [dans le rapport, NDLR].
En clair, qui, de la candidate ou du rapporteur, a exhibé le faux MBA à l'origine de toute la polémique ? Et si ce diplôme n'était pas nécessaire, pourquoi l'avoir fait mentionner, ou l'avoir mentionné, dans le rapport ?
Enfin, Jean-Pierre Bonthoux nous signale que "l'impression générale motivée sur le candidat" est déterminante. Quelle "impression" le jury pourrait-il avoir s'il s'avérait qu'un candidat a triché sur ses diplômes ?











Lors du dîner officiel de mardi soir, le roi Mohammed VI lui a apporté son soutien sur le projet d'union méditerranéenne présenté mardi à Tanger. Le souverain chérifien a qualifié l'initiative du Président français de "
Beaucoup de journaux marocains n'avaient pas manqué de préciser que Nicolas Sarkozy serait accompagné de Rachida Dati pour son premier voyage de chef d'Etat au Maroc... En l'absence définitive de Cécilia, il fallait bien s'accrocher à quelque chose de glamour malgré tout... Rachida Dati qui était aux côtés de Besson et Kouchner, sur l'estrade de Nicolas Sarkozy, a fait un véritable tabac auprès de la communauté française. La Garde des sceaux s'est pliée de bonne grâce à des séances d'autographe sans ciller, à des prises de photos à tout va, à des embrassades sans compter, comme une véritable star. "


'est une bataille de symboles, à l'issue incertaine. Choisie, imposée, défendue et maintenue au ministère de la justice pour ce qu'elle représente, Rachida Dati incarne la volonté politique du président de la République. Mais la surexposition médiatique de la ministre, la gestion de sa communication par Nicolas Sarkozy lui-même, qui la place au premier plan, amène une question : quel est le rôle d'un ministre de la justice ? Et même : en faut-il encore un ?