Samedi 6 octobre 2007
L'image “http://www.lematin.ma/Images/logo.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Drogue en Mauritanie

  Publié le : 04.10.2007 | 12h50
 

La justice mauritanienne a annulé mercredi l'inculpation de deux avocats pour complicité de blanchiment d'argent de la drogue, a annoncé jeudi à l'AFP le substitut du procureur de la République, Ahmed Ould Abdellahi.

Ces avocats, Mohamed Ould Ahmed Salem et Khattry Ould Ahmed (bien Ahmed), avaient été inculpés le 19 septembre par le parquet pour "participation au blanchiment d'argent" et "réalisation et orientation d'opérations pour l'utilisation et la liquidation de fonds générés par un crime", en lien avec la saisie de 830 kg de cocaïne mi-août à Nouakchott.

La chambre d'accusation de la Cour d'appel de Nouakchott a annulé mercredi cette inculpation, estimant que le procureur n'avait pas le pouvoir d'inculper dans une affaire déjà aux mains d'un juge d'instruction, a expliqué à l'AFP Ahmed Ould Abdellahi.

Les deux avocats sont membres du collectif pour la défense d'un trafiquant présumé.

Après l'annonce de leur inculpation, la presse locale avait relaté que les deux hommes avaient retiré dans un bureau de change de Nouakchott 70 millions d'ouguiyas (200.000 euros environ), payés par leur client, un homme d'affaires mauritanien. Leur geste avait été présenté comme "un acte illicite", d'après des sources judiciaires.

Me Ould Ahmed Salem avait expliqué à l'Agence mauritanienne d'information (AMI) que les 200.000 euros étaient une avance pour son collègue et lui dans le cadre d'un contrat d'un montant global de plus de 2 millions d'euros avec leur client pour plusieurs affaires.

Quelque 830 kg de cocaïne avaient été saisis le 12 août dans le quartier populaire El-Mina de Nouakchott. Onze personnes -dont deux Espagnols, deux Marocains et un Sénégalais- ont été incarcérées dans le cadre de l'enquête, et 19 autres placées sous contrôle judiciaire.

Des mandats d'arrêt internationaux ont été par ailleurs lancés contre quatre personnes, en fuite "dans des pays voisins" avec lesquels la Mauritanie a des accords d'extradition, selon le parquet.



ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Samedi 6 octobre 2007


Palais de justice de Québec
Canoë  Bernard Plante
04/10/2007 22h17 

L’histoire est insolite. Un homme de Québec, qui doit faire face à la justice, a passé une nuit en prison parce que son avocat a oublié de le représenter en cour.

Mercredi, l’individu devait comparaître au palais de justice de Québec pour la suite des procédures dans son dossier. Il avait confié le soin à son avocat, Me François Huot, de le représenter. La présence de l’intimé n’était donc pas nécessaire.

Le hic, c’est que son procureur a oublié de représenter son client. Devant l’absence de l’intimé et de son avocat, la Couronne a demandé au juge d’émettre un mandat d’amener. Ce qui a été fait. Quelques heures plus tard, la Sûreté du Québec exécutait l’ordre et l’homme a été cueilli vers 18h00 à son domicile, puis incarcéré.

Penaud
Résultat : l’individu a passé la nuit en prison et il a comparu, jeudi, menottes aux poignets devant le juge André Cartier. Juste auparavant, son procureur, furieux, avait tenté de faire accélérer la comparution pour que son client soit libéré au plus vite.

Me Huot jugeait les faits exagérés et il a même menacé son collègue de le traduire devant le Barreau. Le procureur de la Couronne, Me François Godin, est resté de marbre et a soutenu que les procédures étaient normales dans les circonstances et qu’elles devaient suivre leur cours.

Finalement, l’homme a comparu vers 12h15 pour entendre son procureur, penaud, avouer au juge que son client n’était nullement responsable de cette absence en cour et qu’il assumait entièrement cette méprise.

Un témoignage que le juge a accepté illico. L’individu a été libéré sur le champ. L’histoire ne dit pas si le procureur accordera, pour ses services, un rabais à son client.





Palais de justice de Québec

14 mois pour 22 vols de vélos

Canoë  Bernard Plante
04/10/2007 22h24 

Un homme de 41 ans de Québec a été condamné à 14 mois de prison pour des vols de vélos commis en série. Antonio Vasquez a plaidé coupable, au palais de justice de Québec, à 22 de 44 chefs d’accusations de vols en série qui pesaient contre lui.

Vasquez opérait sur le campus de l’Université Laval. Les faits se sont produits entre février et septembre 2007. Il dérobait des bicyclettes, puis il se rendait chez un prêteur sur gages pour obtenir de l’argent comptant. Les prix des vélos dérobés variaient entre 600$ et 3 000$. Il en tirait entre 75$ et 150$.

Les avocats de la Couronne et de la défense s’étaient entendus sur le déroulement des procédures. Antonio Vasquez a plaidé coupable à la moitié des chefs qui pesaient contre lui, il prend le chemin du milieu carcéral, il sera soumis à une période de probation de deux ans et il ne pourra se trouver sur les terrains de l’Université Laval ou dans les locaux d’un prêteur sur gages.



ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Samedi 6 octobre 2007
Point de vue


LE MONDE | 01.10.07 | 13h31  •  Mis à jour le 01.10.07 | 13h32


La tribune de MM. Repiquet et Magendie (Le Monde du 19 septembre) nous a, à proprement parler, scandalisés. Que le bâtonnier des avocats de Paris et le premier président de la cour d'appel de Paris apportent leur soutien aux réformes judiciaires de Nicolas Sarkozy et de Rachida Dati, pourquoi pas. Mais qu'ils prennent au moins la précaution élémentaire de préciser que cela n'engage que leurs personnes.

De nombreux confrères se sont en effet élevés, ces dernières semaines, contre des réformes résolument attentatoires aux libertés individuelles et au principe fondateur de l'individualisation des peines. Ils ont eu raison : de l'instauration des peines planchers qui ligotent les magistrats au projet de juger des irresponsables mentaux, de la création des "hôpitaux prisons" à la tentation du tout sécuritaire, le devoir des avocats, notre devoir, était de dénoncer un populisme pénal jusqu'alors inégalé.

Le blanc-seing du représentant des avocats du barreau de Paris à la régression politique et judiciaire à l'oeuvre ne saurait emporter l'adhésion, tant le silence qui l'entoure demeure assourdissant : pas un mot sur les déclarations qui stigmatisent toute ou partie de la population pénale et carcérale, pas un mot sur l'état des prisons, pas un mot sur l'intention affichée de juger les irresponsables mentaux. Et pas un mot, bien entendu, sur ce fantastique retour en arrière orchestré par des responsables politiques dont l'ambition personnelle semble être à l'aune de leur dédain pour l'intérêt général et de leur aveuglement devant les dérives civilisationnelles en cours.

Il fut un temps où la profession tout entière s'élevait contre les lois Perben II, prémices de ce qui est aujourd'hui assumé dans la plus grande légèreté et sans le moindre scrupule. Il fut un temps aussi où le bâtonnier de Paris ne pouvait plus se réfugier derrière son titre et sa fonction pour faire état ne serait-ce que d'une simple "compréhension" envers les pouvoirs publics. Le soutien officiel de M. le bâtonnier n'appartient donc qu'à lui. Il doit toutefois savoir qu'il nous scandalise, pour cette raison simple qu'il trahit, dans un silence bien ordonné, ce qu'il est censé représenter : l'ensemble d'une profession qui a prêté et doit porter le même serment que lui.


Elisa Aboucaya, Alexandre Albin, Patrick Arapian, Céline Astolfe, Laurent Benarrous, Antoine Comte, Elsa Correia, Talia Coquis, Françoise Cotta, Thomas Delanoe, Marie Dose, Gaëlle Dumont, Charline Elkind, Carole Foissy, Elisabeth Grabli, Emmanuelle Hauser-Phelizon, Florent Hauchecorne, Josée Israel, Michel Konitz, Romain Kail, Laurence Lehman, Patrick Maisonneuve, Caroline Mecary, Nicole Marxon-Milhaud, Anne Picou, Eric Plouvier, Frédérique Pons, Michel Stansal, Karima Tajine, Eric Turcon, Arthur Vercken, Zohor Ziani Cherif sont avocats à la cour.
Article paru dans l'édition du 02.10.07.

ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Jeudi 27 septembre 2007
L'image “http://www.lorient-lejour.com.lb/library/images/logo.gif” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Affaire Cardix-Tannouri : début du procès à Lyon


Le procès dépaysé de trois avocats niçois poursuivis pour malversations financières au profit du financier franco-libanais Anthony Tannouri a débuté hier matin devant le tribunal correctionnel de Lyon et durera jusqu’à vendredi, rapporte l’AFP dans une dépêche datée de Lyon.Les trois avocats niçois, Me Michel Cardix, Me François Charrières et Me Lyne Darmon, ainsi qu’un avocat libanais, Me Samir Maalouf, également prévenu, étaient présents à l’audience, présidée par Jean-Louis Cor. Seul M. Tannouri était absent. Il se trouve au Liban.Quatre parties civiles, dont le Trésor public, la Société de gestion et de recouvrement et la société Flamco-Madagascar, sont représentées. Les trois avocats niçois, ainsi que Me Maalouf, avaient été renvoyés en correctionnelle en mai 2006 après cinq années d’instruction. Cette affaire, qui avait ébranlé la justice niçoise, a été dépaysée à la demande de l’avocat de l’un des prévenus, qui avait saisi la Cour de cassation, avec l’assentiment des deux autres.




LYON, 17 avr 2007 (AFP) - 11h40

Trois avocats niçois poursuivis pour malversations financières au profit du sulfureux financier franco-libanais Antony Tannouri seront jugés à Lyon, du mercredi 26 au vendredi 28 septembre, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Cette affaire qui avait ébranlé la justice niçoise a été dépaysée à la demande de l'avocat de l'un des prévenus, qui avait saisi la Cour de Cassation avec l'assentissement des deux autres. Les trois avocats niçois, dont Me Michel Cardix, ainsi qu'un avocat libanais, avaient été renvoyés en correctionnelle en mai après cinq années d'instruction. En décembre 2001, la mise en examen de Michel Cardix, alors ténor du barreau niçois et futur bâtonnier, poursuivi des chefs de "complicité d'organisation d'insolvabilité" et "blanchiment" avait divisé le microcosme judiciaire niçois. Alors avocat du financier franco-libanais Antony Tannouri, en fuite depuis 1998 et recherché pour faillites frauduleuses, Me Cardix est accusé d'avoir été complice du rachat par Tannouri de la luxueuse villa que l'homme d'affaires possédait sur la Côte d'Azur et qui avait été vendue par adjudication en 1996. Selon l'accusation, 5,34 millions d'euros appartenant à M. Tannouri auraient transité sous un faux nom sur le compte professionnel de Me Cardix, échappant ainsi aux poursuites des créanciers du financier franco-libanais. Ses deux confrères niçois, Me François Charrières et Me Lyne Darmon, sont poursuivis pour "complicité d'organisation d'insolvabilité". L'affaire avait éclaté en pleine "guerre des clans" au sein de la justice niçoise. Me Cardix avait notamment assuré la défense du juge Jean-Paul Renard, mis en examen dans une enquête lancée par le procureur Eric de Montgolfier sur des délits présumés au profit de sa loge maçonnique.

SEMAINE DU JEUDI 03 Janvier 2002

 
À la Une < Le Nouvel Observateur < Nice : les insolences du procureur Montgolfier

Le futur bâtonnier mis en examen
Nice : les insolences du procureur Montgolfier
Dans une ville où les notables avaient pris l’habitude de faire la loi, l’encombrant magistrat a décidé de secouer le «système niçois». Francs-maçons, affairistes, «chers collègues»: il refuse les pièges de la connivence. A ses risques et périls


Nice : les insolences du procureur Montgolfier

 

Ce mercredi 19décembre, MeMichel Cardix patiente dans la souricière du palais de justice de Nice. Sonné, après trente-deux heures de garde à vue. La veille, les policiers ont débarqué chez lui au petit matin, perquisitionné son cabinet. Il est soupçonné d’avoir participé à des transferts de fonds douteux pour l’un de ses sulfureux clients, Anthony Tannouri, un homme d’affaires franco-libanais, en fuite depuis 1998. Lui le ténor du barreau, qui ferraille dans toutes les grosses affaires de la région. Lui qui, il y a vingt ans, alors qu’il militait encore au Parti socialiste, était entré dans la carrière en se battant contre «le système Médecin» et les réseaux affairistes. Mais aujourd’hui Michel Cardix est une figure niçoise, un notable, adoubé par la Grande Loge nationale française (dont il a démissionné en février dernier à la suite de querelles intestines). Et récemment, il a été élu par ses confrères pour être le prochain bâtonnier en 2002… Ce mercredi après-midi, en attendant d’être présenté à un juge, il rumine sa chute. Il fourbit ses armes contre celui qui l’a fait tomber. Car il ne doute pas déjà que le coup ne peut venir que de «l’autre». Ce kamikaze qui sévit «là-haut», au deuxième étage du palais, dans ce bureau qui ressemble parfois à un camp retranché: Eric de Montgolfier.
Ce jour-là, le psychodrame qui se joue dans le palais est à l’image de la justice niçoise. Surréaliste. Un futur bâtonnier dans une souricière. Dans la salle des pas perdus, 200 avocats en robe noire, entraînés par le bâtonnier en exercice, Pierre Bardi, qui dénonce la «déclaration de guerre» du procureur et demande sa tête à Marylise Lebranchu! Un étage plus haut, dans la galerie de l’instruction, on frise aussi l’émeute. Dans le couloir, des avocats, amis de Cardix, se bousculent, espérant entrevoir et réconforter leur confrère quand il entrera dans le cabinet des magistrats chargés de l’affaire, Richard Rolland et Christian Guéry. Ces deux juges, en poste depuis peu de temps à Nice, sont, selon les supporters de Cardix, «dans le clan du procureur» (puisqu’ici c’est ainsi que l’on raisonne). Ils ont la réputation de dire rarement bonjour et d’appliquer la loi dans toute sa rigueur. Ce qui pour certains, à Nice, suffit à en faire de «dangereux psychorigides»! Des «talibans de Bengolfier»… Leur voisin de bureau est le doyen des juges d’instruction, Jean-Paul Renard. Cet après-midi de folie, il a, lui, laissé la porte de son cabinet ouverte. Il propose des chaises aux avocats fatigués de patienter debout. Pour un peu, il irait lui aussi manifester. Sans doute se dit-il qu’il n’a plus rien à perdre. La chancellerie vient de demander sa mutation (décision dans quelques jours, le 9 janvier) après sa mise en examen pour «faux et usage de faux et violation du secret professionnel». Une mise en examen qu’il doit à Eric de Montgolfier. En juin dernier, le procureur avait découvert que le doyen profitait de ses fonctions pour accéder au fichier du casier judiciaire et renseigner sa loge, la GLNF. Jean-Paul Renard nie et son avocat s’appelle… Michel Cardix.


A quelques pas du cabinet de Jean-Paul Renard, qui s’agite pour soutenir son avocat persécuté à son tour par le procureur, se trouve le bureau du juge Jean-Pierre Rousseau. Lui est furieux. Il tient sa porte fermée à double tour. Peut-être pense-t-il se barricader contre les rigueurs du règlement? Car le juge Rousseau, en cet exceptionnel après-midi de décembre, refuse de rendre l’original du dossier dont il vient d’être dessaisi par le président du tribunal, à la demande de Montgolfier! C’est, en effet, à ce magistrat qu’était confiée, depuis 1997, l’affaire dans laquelle Michel Cardix est mis en cause. Il s’agit de l’un des multiples volets du dossier Tannouri, un personnage haut en couleur qui défraie la chronique de la Côte depuis près de quinze ans. Traîné en justice par ses associés, dont certains Italiens liés à la Mafia, plusieurs fois condamné en France mais aussi poursuivi en Suisse ou aux Etats-Unis, incarcéré neuf mois en 1994, il a laissé d’impressionnantes ardoises à plusieurs créanciers, qu’il a essayé de gruger en tentant de leur fourguer de faux tableaux, a arnaqué l’Etat malgache et une société liée au prince du Liechtenstein en détournant une aide humanitaire! C’est notamment pour régler cette escroquerie qu’il a été obligé de vendre aux enchères son hollywoodienne villa du Cap-d’Ail en 1996.
Quelque temps plus tard, un comparse italien de Tannouri accuse le Franco-Libanais de lui avoir volé la bagatelle de 50millions de francs au lieu de les investir dans un projet fumeux de négoce en produits pétroliers. Le juge Rousseau, qui est saisi, découvre alors que l’incorrigible Tannouri a utilisé une partie de cet argent pour faire racheter, par un homme de paille, la villa du Cap-d’Ail. Alors qu’il est criblé de dettes et qu’il doit près de 300millions de francs au fisc. Surtout, il constate que près de 35millions de francs, qui ont servi en partie à financer ce tour de passe-passe, ont transité sur le compte Carsan (compte professionnel d’avocat) de MeCardix, l’un des défenseurs de Tannouri. Ce genre de compte, strictement réglementé et contrôlé par le barreau, qui ne doit servir à abriter des sommes que dans le cadre d’une procédure, a-t-il servi de compte courant pour l’escroc? Michel Cardix s’est-il transformé en banquier pour son client?
Les parties civiles, comme Eric de Montgolfier, demandent au juge Rousseau d’éclaircir ce mystère. En vain. Sous ce roc d’inertie, le procureur pressent qu’il y a une grosse anguille. Mais il ronge son frein pendant un moment. Il a déjà ouvert un front avec Jean-Paul Renard. Il ne va quand même pas passer d’un coup tout le tribunal au lance-flammes. Il attend plus de six mois avant de frapper à nouveau. Et de quelle manière. Vendredi 14décembre, comme il en a le droit, il demande au président du tribunal, Hervé Expert, le dessaisissement du juge Rousseau. Il l’obtient aussitôt. Le lundi, deux autres magistrats, Christian Guéry et Richard Rolland, sont désignés. Le mardi, Cardix est mis en garde à vue. Le mercredi, il est mis en examen pour «blanchiment» et «complicité d’organisation d’insolvabilité»…
Mais pourquoi le procureur sort-il régulièrement son bazooka? Ne pourrait-il pas respecter les règles en usage, manœuvrer en coulisse? Se débrouiller, comme l’auraient fait tant d’autres collègues, pour ouvrir une information connexe, dépouiller discrètement le juge Rousseau de son enquête, ne pas lui infliger ce désaveu cinglant? Non, il tranche dans le vif. Il le fait exprès. Il pense qu’il est là pour ça. On lui reproche de médiatiser ce qui devrait rester enfoui dans les placards du tribunal. Il n’en a cure. Mieux, il revendique le scandale. Cela fait partie de sa stratégie, de sa pédagogie. Il applique à la lettre la mission que lui a confiée la chancellerie: mettre un terme aux petits arrangements qui agissent comme un poison lent, qui sécrètent tant de «dysfonctionnements» selon l’euphémisme consacré.
«Pendant trois ans, dit-il, j’ai essayé de m’inscrire dans la coutume locale. J’ai accepté trop souvent qu’on me salue poliment en face et qu’on me poignarde ensuite dans le dos. Voilà pourquoi j’ai refusé de serrer la main à Michel Cardix, il y a quelque temps.» Ah, cette poignée de main refusée! L’histoire fait le tour de la ville. Michel Cardix et ses partisans la racontent partout comme une preuve de la partialité du procureur. C’était avant la garde à vue de l’avocat, au début du mois de décembre, lors d’une réception donnée par le bâtonnier. Cardix s’avance pour saluer le procureur. «Pas d’hypocrisie inutile, lui lance Montgolfier, puisque vous me considérez comme votre ennemi. Restons-en là!» Au moment de la mise en examen de Jean-Paul Renard, Michel Cardix (déjà indigné par la «campagne anti-franc-maçonne» du magistrat) avait en effet dénoncé l’«acharnement» du procureur et l’avait accusé d’instaurer un «climat vichyste». Lors de sa campagne pour le bâtonnat, il est monté d’un cran et a déclaré publiquement à plusieurs reprises son hostilité à Montgolfier. Il a même traité Christian Boitel, un confrère qui n’est pas sur sa ligne, de «caniche délateur de Montgolfier, indigne de la robe que nous portons»! Montgolfier, donc, n’a pas serré la main tendue de Michel Cardix. Et, depuis, ses adversaires expliquent qu’il mène la guerre à tout le barreau niçois.
Pourtant, la semaine dernière, deux avocats, Jean-Pierre Castillon et Patrick Ledonne, ont démissionné du Conseil de l’Ordre en désaccord avec le bruyant soutien apporté à Michel Cardix. Hervé Expert, le président du tribunal, qui jusqu’à présent s’était prudemment tenu à l’écart des combats qui secouent la juridiction, s’est, lui, fendu d’une lettre pour dénoncer le corporatisme du Conseil de l’Ordre et rappeler que nul, qu’il soit magistrat ou avocat, ne doit être à l’abri de la loi. «Il ne s’agit pas d’un combat entre le barreau et le procureur, explique aussi Christian Boitel. Simplement, certains avocats ont participé ou cautionné les dysfonctionnements de la justice locale. Il faut avoir le courage de faire aussi le ménage chez nous.» Si la juridiction niçoise est au bord de la crise de nerfs, ce n’est pas uniquement à cause de Montgolfier-le-provocateur. C’est aussi parce que, depuis septembre dernier, l’Inspection générale des Services est sur place. Cette fois, elle épluche vraiment les affaires douteuses, interroge les magistrats, les avocats… Le juge Renard a eu entre les mains nombre de ces dossiers controversés. Le juge Rousseau semble, lui, s’être endormi sur l’affaire Mouillot ou plus récemment sur l’affaire Marcel Giordanengo, dit Marcel la Salade, mis en examen pour trafic d’influence. Chez ce maraîcher responsable du Syndicat des Arroseurs de la Plaine du Var, membre de la GLNF, généreux et fort en gueule, ont défilé pendant des années, lors de sympathiques agapes, élus, policiers, magistrats, fonctionnaires ou truands.
Comme chez Anthony Tannouri, bien que le carnet d’adresses du Franco-Libanais tape dans des sphères un peu plus hautes. «Sa maison du Cap-d’Ail, raconte un magistrat, se situait entre Nice et Monaco. Un lieu de passage idéal pour tous les trafics. L’homme était un baratineur incroyable. Séduisant les femmes comme les hommes, sachant repérer les faiblesses ou les petits vices de chacun et les exploitant à merveille.» Et au fil de son épopée judiciaire, on retrouve nombre d’événements révélateurs d’une étrange clémence (1). Ainsi en 1988, alors qu’il est condamné à cinq ans d’emprisonnement et qu’il doit exécuter une contrainte par corps en l’absence de garanties de remboursement de sa dette fiscale, son avocat Michel Cardix demande qu’il lui soit accordé un régime de semi-liberté. Le vice-président du tribunal, Jean-Pierre Ferry, rend alors ce surprenant jugement: «Anthony Tannouri appartient à une race, au sens noble de ce terme, pour laquelle la parole donnée revêt une importance quasi religieuse. Il ne peut se permettre, dans ce monde de financiers internationaux où la confiance revêt une importance capitale, de donner l’image d’un renégat. En effet, en prenant l’engagement de payer sa dette au Trésor public, toute dérobade à cet accord constituerait un manquement qui, compte tenu de la personnalité de son auteur et des sommes en jeu, ne manquerait pas d’avoir un retentissement international susceptible de porter atteinte» à sa réputation. Sous le coup d’autres condamnations, Tannouri ne sortira de prison que quelques mois plus tard. Mais le Trésor public attend, lui, toujours d’être payé. Autre épisode curieux: en mai 1998, la gouvernante de Tannouri écrit au garde des Sceaux pour lui expliquer qu’elle a vu défiler dans la villa du Cap-d’Ail des hommes politiques, des policiers, des magistrats qui sont intervenus régulièrement en faveur de son patron. Elle affirme même que Tannouri lui a demandé d’acheter des montres de collection pour certains d’entre eux dans une bijouterie niçoise. Elle désigne notamment Jean-Paul Renard, qui depuis a déposé plainte pour «dénonciation calomnieuse».
«Si l’Inspection générale ne confirme pas ce que je crois, disait récemment Eric de Montgolfier, il me faudra partir, quitter mes fonctions à Nice, et je le ferai.» La chancellerie le soutient toujours, le CSM à moitié et son supérieur hiérarchique, le procureur général d’Aix-en-Provence Gabriel Bestard, pas du tout. Aujourd’hui, Eric de Montgolfier sait qu’il ne peut compter que sur lui-même, une poignée de magistrats, dont son adjoint Gilles Accomando, et quelques avocats qui osent parler publiquement. Il a ajouté à la liste de ses ennemis deux pointures, l’avocat Michel Cardix et le juge Rousseau, corse comme son nom ne l’indique pas, qui demande aujourd’hui à «retourner dans son pays»!

Marie-France Etchegoin

(1) En 1999, juste avant l’arrivée du procureur Montgolfier, trois avocats (Christian Boitel, Joseph Ciccolini et Bernard Gines – qui défend aujourd’hui Michel Cardix) avaient dressé la liste d’une quarantaine d’affaires suspectes, preuve, selon eux, des dysfonctionnements niçois. Ils l’avaient transmise au bâtonnier de l’époque, MeDelsol, qui l’avait lui-même donnée au procureur général d’Aix-en-Provence Gabriel Bestard. Mais bizarrement la liste remise au magistrat ne comporte plus qu’une vingtaine d’affaires. Les dossiers Tannouri notamment n’étaient plus mentionnés!

 

Marie-France Etchegoin
Le Nouvel Observateur


ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Jeudi 27 septembre 2007





15 ans déjà !
Si j'étais Président !
Le Conseil National des Barreaux fête ses 15 ans : deux fois l'âge de raison…

Beaucoup ont dit que la légitimité ne se décrète pas et que pour apprécier la place et l'action du Conseil National des Barreaux, il faut laisser du temps au temps...

Balivernes qui masquaient et cachent encore les arrières pensées de ceux qui auraient bien aimé que cette Institution n'existât point !

Mais le Conseil National des Barreaux existe et agit. Il serait à la fois fastidieux et vain de dresser le bilan détaillé de l'œuvre accomplie en 15 ans. Si celle-ci n'est pas parfaite et si, bien entendu, il reste encore beaucoup à réaliser, force est d'admettre qu'en dépit des imperfections, des frustrations, des hésitations et autres tergiversations qui résultent principalement de la sempiternelle guerre des chefs, le bilan est globalement positif : Le Conseil malgré la cacophonie est écouté ; la Déontologie des Avocats est effectivement harmonisée et s'impose à tous les Barreaux ; la formation professionnelle, notamment la formation continue est une réalité ; le Conseil est présent et actif dans les instances européennes et internationales ; la communication institutionnelle commence à porter ses fruits...

Si j'étais Président du Conseil National des Barreaux, tel est le discours creux que je tiendrais à Madame le Ministre de la Justice lors de l'Assemblée Générale Extraordinaire du 28 Septembre 2007. Mais je lui dirais aussi, sans détour, que j'attends d'elle qu'elle ne viole pas la Loi et qu'elle veuille bien par conséquent considérer que son seul interlocuteur légitime pour parler au nom de la Profession d'Avocat est le Conseil National des Barreaux.

Je lui demanderais de ne pas violer la conscience des Avocats en attendant d'eux qu'ils acceptent sans broncher celles des Lois qu'elle propose parfois avec démagogie et qui sont pour certaines d'entre elles attentatoires aux libertés.

Si j'étais Président et si j'avais préalablement et efficacement agi en concertation avec les petits chefs qui prétendent aussi parler au nom de la Profession, je lui dirais ce que les Avocats pensent de la refonte de la carte judiciaire et, mieux encore, je lui remettrais un projet motivé et documenté qui aurait été élaboré depuis longtemps avec toutes les parties concernées.

Si j'étais Président, je lui dirais aussi et entre autres, qu'il est temps de régler enfin le problème de l'aide juridictionnelle et celui de la TVA.

Si j'étais Président, j'annoncerais aux Avocats participant à l'Assemblée Générale Extraordinaire du Conseil National des Barreaux mon intention de revoir le mode électoral des élus du Conseil et, en interne, le mode de désignation des membres du Bureau et des Présidents de Commissions.

Si j'étais Président, je cesserais de considérer que la Chancellerie est le Ministère "de tutelle" de la Profession et je constituerais des cellules de contacts permanents avec ceux des autres Ministères avec lesquels il est essentiel de dialoguer et de promouvoir nos idées. Je constituerais des groupes de travail permanents et restreints chargés de contacts réguliers à tout le moins avec les parlementaires Avocats et les Commissions des Lois et chargés, sur tous les sujets concernant la Profession d'Avocat, d'élaborer avec les commissions du Conseil concernées et après approbation de l'Assemblée Générale, des propositions de textes, qu'il s'agisse de Lois ou de Décrets, ce qui serait infiniment plus efficace que d'approuver de vagues rapports et de voter de belles motions notoirement inutiles.

Si j'étais Président, je déciderais de faire le bilan de la réforme de la formation initiale des futurs Avocats dont tout laisse à penser qu'elle ne donne pas satisfaction et, reconnaissant que nous avons fait, en ce domaine essentiel, de mauvais choix, je demanderais à la Commission Institutionnelle de la Formation de réfléchir à l'éventuelle création d'une école nationale et de mettre au point des modalités nouvelles adaptées aux missions de l'Avocat et aux besoins tant de la Profession que du marché du Droit.

Si j'étais Président... mékéskifonyakafaukon.

Mais, j'ai retiré ma candidature et démissionné : mon seul droit est celui de me taire !



Patrice Rembauville-Nicolle
Ancien Membre du Conseil National de Barreaux
Ancien Membre du Conseil de l'Ordre






Si vous ne souhaitez plus recevoir la lettre d'information Les Pieds dans le Plat,
adressez vous à Les Pieds dans le Plat - La Lettre du Cercle des Avocats Indépendants
Siège social : 167 boulevard Malesherbes - 75017 Paris - email


ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Samedi 22 septembre 2007

PARIS - Me Karim Achoui, avocat parisien, a été mis en examen vendredi pour "recel de banqueroute" par un juge d'instruction de Meaux (Seine-et-Marne) et placé sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de sources judiciaires.

http://s.tf1.fr/mmdia/i/54/5/2332545_224.jpgL'avocat de plusieurs figures du grand banditisme avait été placé en garde à vue jeudi matin à Meaux dans le cadre d'une enquête ouverte pour "banqueroute" ouverte en 2006 portant sur la cession d'une sandwicherie à Chelles (Seine-et-Marne) tenue par l'un de ses frères.

Cette sandwicherie avait été achetée en 2000 par l'avocat pour l'un de ses frères pour un montant d'environ 40.000 euros. La justice lui reproche d'avoir versé le montant de la transaction de la vente au vendeur en lieu et place du mandataire liquidateur, la société ayant été placée en liquidiation judiciaire, a indiqué son avocat, Me Francis Pudlowski réfutant toute infraction liée à des faits de blanchiment.

A la fin du mois de juin, Me Achoui avait été grièvement blessé par balles alors qu'il sortait de son cabinet situé boulevard Raspail à Paris. Deux motards casqués l'attendaient et l'un d'entre eux avait alors fait feu à quatre reprises sur lui. Touché par des balles de 11.43 à la cuisse et au dos, l'avocat de 39 ans avait échappé de peu à la mort.

Défenseur attitré des frères Hornec, mis en cause dans plusieurs affaires de grand banditisme, Me Achoui est mis en examen dans le cadre d'une enquête portant sur l'évasion de la prison de Fresnes d'Antonio Ferrara, un braqueur multirécidiviste, un de ses clients.

Il a aussi été condamné fin août pour complicité de faux à douze mois de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer sa profession par le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour avoir utilisé à son insu la signature de son épouse afin de créer un commerce de chaussures à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Une décision dont il a fait appel. AP

xveg0/pas1/tl


Vidéo : L'avocat Karim Achoui témoigne sur son lit...


Sur Internet



Karim Achoui (Sipa)

Karim Achoui (Sipa)

PARIS - Me Karim Achoui a été présenté à un juge d'instruction vendredi après-midi. L'avocat parisien de plusieurs figures du grand banditisme est en garde à vue depuis jeudi matin à Meaux (Seine-et-Marne), a-t-on appris de source policière.

Ce dernier est interrogé dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en 2006 pour blanchiment et portant sur la cession frauduleuse d'une sandwicherie à Chelles (Seine-et-Marne).

A la fin du mois de juin, Me Achoui avait été grièvement blessé par balles alors qu'il sortait de son cabinet situé boulevard Raspail à Paris. Deux motards casqués l'attendaient et l'un d'entre eux avait alors fait feu à quatre reprises sur lui. Touché par des balles de 11.43 à la cuisse et au dos, l'avocat de 39 ans avait échappé de peu à la mort.

Défenseur attitré des frères Hornec, mis en cause dans plusieurs affaires de grand banditisme, Me Achoui est mis en examen dans le cadre d'une enquête portant sur l'évasion de la prison de Fresnes d'Antonio Ferrara, un braqueur multirécidiviste, un de ses clients.

Il a aussi été condamné fin août pour complicité de faux à douze mois de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer sa profession par le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour avoir utilisé à son insu la signature de son épouse afin de créer un commerce de chaussures à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). AP

xveg/se/tl






PARIS (Reuters) - L'avocat de plusieurs figures du grand banditisme, Karim Achoui, a été placé en garde à vue jeudi à la police judiciaire de Versailles dans une enquête pour blanchiment d'argent, apprend-on de source policière.

Il pourrait être présenté dans la journée à un juge d'instruction de Meaux, qui est chargé d'une enquête depuis 2006 sur la revente d'un commerce.

Karim Achoui avait été grièvement blessé par balles le 22 juin à Paris. Ses agresseurs n'ont pas été retrouvés à ce jour.

Maître Achoui, surnommé «l'avocat du grand banditisme francais».

Zoom +
Maître Achoui, surnommé «l'avocat du grand banditisme francais».
Thomas Coex / AFP.

Avocat d'Antonio Ferrara, auteur d'une spectaculaire évasion de la prison de Fresnes en 2003, et des frères Mario et Jean-Claude Hornec, écroués en novembre 2006 pour trafic de drogue, l'avocat doit être jugé en cour d'assises pour complicité dans l'évasion d'Antonio Ferrara.

Le jour de son agression, Me Achoui avait été condamné pour complicité de faux à un an de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer sa profession par le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine), dans une affaire qui l'oppose à son ex-épouse.



ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Jeudi 20 septembre 2007
PARIS (Reuters) - La réforme de la carte des juridictions françaises, en cours de discussion au ministère de la Justice, ne touchera pas aux barreaux et ne remettra pas en cause "la justice de proximité", a assuré le porte-parole de la place Vendôme.

La Garde des Sceaux, Rachida Dati. Agrandir la photo

La Garde des Sceaux, Rachida Dati.

"Il n'y aura pas d'atteinte au maillage territorial des avocats et à la justice de proximité", a dit le porte-parole du ministère Guillaume Didier lors d'une point de presse.

Ce projet de réforme a suscité une vague de grève dans les barreaux de province et des protestations d'élus locaux et d'organisations professionnelles de juge d'instance. Ils s'inquiètent de la suppression de nombreux tribunaux, et donc des petits barreaux, dans les petites villes.

Mercredi soir, Rachida Dati a reçu place Vendôme les parlementaires de la majorité, pour un entretien qui ne figurait pas à son agenda officiel, et il a été question de cette réforme, a déclaré Guillaume Didier, confirmant des informations de presse.

Plusieurs parlementaires de droite se sont vantés dans la presse d'avoir obtenu des assurances sur la conservation des juridictions de leurs circonscriptions.

Selon un premier projet publié dans la presse mercredi, la réforme de la carte judiciaire préparée par le ministère de la Justice aboutirait à la suppression de 207 tribunaux d'instance sur 473, de 69 tribunaux de commerce sur 191, et d'une part importante des conseils de prudhommes (compétents pour les conflits du travail).

Le ministère dément ces chiffres et assure qu'il n'existe "aucun schéma préétabli", dans l'attente du résultat des consultations des chefs de cours, attendu le 30 septembre.

Le principe général de départ de la réforme annoncée pendant sa campagne par Nicolas Sarkozy, réduire les juridictions à une cour d'appel par région et un TGI par département, est cependant d'ores et déjà abandonné.

"Il n'y aura pas d'approche mécanique", a dit Guillaume Didier. La France comptant actuellement 35 cours d'appel et 181 tribunaux de grande instance (TGI), ce principe appliqué à la lettre aurait amené la suppression d'environ 90 tribunaux et d'une douzaine de cours d'appel. Les chiffres publiés par la presse mercredi ne font état que de la suppression d'une dizaine de TGI.



ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Mardi 18 septembre 2007


NOUVELOBS.COM | 18.09.2007 | 12:55

Le Conseil National des Barreaux, qui représente 46.000 avocats, demande à la garde des Sceaux Rachida Dati d'"ouvrir sans délai une concertation".

Une manifestation d'avocats en 2005

Une manifestation d'avocats en 2005 (Sipa)

Le Conseil National des Barreaux a annoncé mardi 18 septembre son opposition à la création d'un juge des victimes. Le CNB, qui représente les 46.000 avocats français, demande à la garde des Sceaux Rachida Dati de "surseoir à la mise en place de son projet" pour "ouvrir sans délai une concertation".
En juillet, Rachida Dati a annoncé la future création de juges délégués aux victimes, chargés de suivre la victime le long du processus judiciaire et de la protéger après la libération du condamné.
Dans son communiqué, le Conseil affirme que "la mise en place de ce juge spécialisé, loin de simplifier le processus d'indemnisation, n'aboutirait en réalité qu'à engendrer de nouvelles complications".
 
Améliorer l'assistance de la victime
 
Et le Conseil National des Barreaux va plus loin. Il précise qu'une "telle innovation nie le travail effectué depuis des années par tous les professionnels attachés à la défense des victimes : avocats qui les assistent, associations qui les soutiennent, juridictions répressives qui leur allouent des indemnités et juges d'application des peines qui contrôlent l'indemnisation par les condamnés".
"Les avocats réaffirment qu'ils sont aussi présents aux côtés des victimes dont ils sont les défenseurs naturels", insiste le CNB, pour lequel "le juge ne peut être le conseil d'une partie".
Le Conseil propose une série "d'améliorations", parmi lesquelles l'assistance de la victime par un avocat "dès le stade de l'enquête", ainsi que l'allègement de la procédure de fonctionnement de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI).


ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Mardi 18 septembre 2007
La cour d’appel d’Aix et la Cour de cassation sont revenues sur une décision sanctionnant fortement Me Lombard.
Par Renaud Lecadre
QUOTIDIEN : mardi 18 septembre 2007
0 réaction  
Une boulette d’avocat empoisonne la justice française depuis un quart de siècle. Commise par Me  Paul Lombard, elle pèse plusieurs millions d’euros. La magistrature semble s’être mobilisée pour sauver ce ténor du barreau de Marseille. De l’art de compliquer à plaisir une procédure judiciaire d’une simplicité biblique. En 1983, une discothèque des Bouches-du-Rhône, Le Pénélope, est détruite par le feu. Ses exploitants sont couverts par une assurance. L’assureur Allianz rechigne à les indemniser, prétextant un sinistre d’origine ­criminelle.
«Négligence».  Le prétexte fera long feu, mais les tauliers du night-club doivent entre-temps recourir à un avocat, le célèbre M e  Lombard. Qui s’emmêle les crayons : il lance un référé, procédure d’urgence, en vue d’obtenir une ­provision avant que le litige ne soit définitivement tranché ; puis omet de lancer une procédure au fond, laissant passer le délai de prescription - à dix-neuf jours près… Résultat : les ­propriétaires du Pénélope ont certes pu se faire indemniser au titre de la perte ­d’ex­ploi­tation (460 000 francs), mais pas au titre de la réparation des ­dégâts matériels, bien plus conséquents. Faute lourde ou légère ? En 1996, le tribunal de Marseille condamne Me Lombard et l’assureur de son cabinet d’avocat, Axa, à verser 5 millions de francs de dommages et intérêts - 12 millions avec les pénalités de retard - à l’ancienne boîte de nuit. Avec ces attendus saignants : Me Lombard, «praticien expérimenté et de renom», a «manifestement commis une lourde négligence», «failli à son devoir le plus élémentaire de conseil». Humiliation suprême, il est condamné à rembourser les frais judiciaires engagés contre lui-même par ses anciens clients…
En 1997, la cour d’appel d’Aix-en-Provence reprend les choses en main. La boulette professionnelle est certes confirmée, mais requalifiée en «négligence pouvant avoir pour origine une conviction erronée» : la «faute commise par Me Lombard, pour être patente, n’était cependant pas grossière», pas même «absurde ou désespérée»… Avant de réduire par deux les dommages et intérêts, la cour d’appel a dû phosphorer : l’issue de la procédure qu’il aurait dû initier, «n’étant pas certaine d’aboutir», Me Lombard n’a «donc fait que perdre à ses clients une chance d’obtenir satisfaction».
Le Pénélope était pourtant assuré à 100 %, il était donc sûr d’être remboursé pour peu que son assureur eût été correctement assigné. La Cour de cassation a validé la réduction par deux, au motif «qu’une instance n’est jamais certaine». On ne saurait mieux dire que la justice est une loterie.

Réécriture. 
Sans se désemparer, les patrons du Pénélope viennent d’attaquer la cour d’appel d’Aix et la Cour de cassation pour faux en écriture (sic). Initiative hardie, visant à contourner la sacro-sainte «autorité de la chose jugée». Certains écrits des hauts magistrats relèvent pourtant d’une véritable réécriture de l’histoire. La plainte des propriétaires du Pénélope mériterait d’être examinée, ne serait-ce que pour la beauté du geste. En avril, le juge Le Gallo a refusé de l’instruire, au motif que cela reviendrait à «permettre à tous les plaideurs mécontents d’une décision rendue à leur encontre de saisir le juge pénal pour faux intellectuel». La cour d’appel d’Aix va statuer aujourd’hui sur un faux qu’elle est présumée avoir commis elle-même, sans que la Cour de cassation n’y voit malice. Pour l’amour du droit, on repassera.

ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

Mardi 11 septembre 2007

LE MONDE | 11.09.07 | 14h45  •  Mis à jour le 11.09.07 | 14h45

a reconversion de l'ex-ministre des affaires étrangères (1995-1997) Hervé de Charette, député (UMP) du Maine-et-Loire, devenu avocat en 2001, ne se fait pas sans peine. Condamné par la cour d'appel de Paris à rembourser 200 000 euros d'honoraires à l'un de ses clients, il s'est pourvu en cassation et attaque pour faux témoignage.

Hervé de Charette en 2002, alors député UMP. | AFP/FRANCK PERRY

AFP/FRANCK PERRY
Hervé de Charette en 2002, alors député UMP.

M. de Charette avait été désigné par Otor, deuxième producteur français d'emballages carton, fin 2004, après la mise en examen, par le juge Jacques Gazeaux, de son président et sa directrice générale pour abus de biens sociaux. Ces dirigeants étaient poursuivis pour avoir fait payer par Otor une campagne de déstabilisation contre le fonds d'investissement américain Carlyle, actionnaire de l'entreprise.

Chargé de défendre les intérêts d'Otor en tant que partie civile contre ses ex-dirigeants, son mandat s'est terminé en juin 2005, lorsque Carlyle prit définitivement le contrôle de la société. Jean-Pierre Millet, patron de Carlyle Europe, accédait alors au poste de président du conseil d'administration d'Otor et découvrait les comptes de l'entreprise.

Il est apparu, selon les nouveaux propriétaires, que la société avait déboursé à la demande de M. de Charette 450 000 euros en six mois pour une procédure pénale simple sans avoir rédigé un seul acte, un seul courrier au juge, sans avoir assisté à aucune audience. De plus, les rares notes remises à Otor par M. de Charette plaidaient en faveur des ex-dirigeants.

Découvrant le dossier, Me Olivier Metzner, qui succède à M. de Charette comme avocat d'Otor, s'émeut auprès du juge Gazeaux du travail fait par son prédécesseur."Il va sans dire, indique-t-il, dans une lettre versée au dossier, que ni l'actuelle direction de la société Otor, ni moi-même n'adhérons aux conclusions fantaisistes et totalement ubuesques de ces travaux."

"DILIGENCES ACCOMPLIES"

Le juge Gazeaux soumet au parquet les faits qui pouvaient relever d'un éventuel abus de bien social commis au préjudice de la société Otor. Le parquet n'étendra pas son enquête.

Otor demande alors la restitution des honoraires. Saisi, le bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, Yves Repiquet, estime, en mai 2006, "qu'il n'y a lieu à aucune restitution totale ou partielle desdits honoraires au regard (...) des faits constatés et des diligences accomplies et vérifiées".

Me Jérôme Boursican, pour Otor, obtient, en février, l'infirmation de l'avis du Bâtonnier par la cour d'appel, qui condamne M. de Charette à rembourser 200 000 euros. "Par ailleurs, nous avons mis en demeure, dit-il, les sous-traitants de M. de Charette de rembourser les 250 000 euros restants payés pour des prestations sans rapport avec le mandat confié par Otor."

"Nos adversaires, rétorque Me Philippe Champetier de Ribes, conseil de M. de Charette, ont produit un témoignage dont nous contestons la véracité. Mon client estime avoir effectué la prestation pour laquelle il a été rémunéré." Joint par Le Monde, l'ex-ministre n'a pas souhaité s'exprimer.


Jacques Follorou
Article paru dans l'édition du 12.09.07



ajouter un commentaire recommander publié dans : Barreau commentaires (0)   

JUSTICE BRULANTE

  • 300 euros le droit de fumer !
    - Il défendait le droit de fumer, il écope de 300 euros     ...
  • Karim Achoui, de la médiatisation à l'oubli
     Un avocat incarcéré depuis 3 semaines, en grève de la faim, Karim Achoui qui était, avant sa mise en détention, médiatisé à outrance, n'intéresse plus les médias.  Samedi 3 janvier 2009, le père de Karim Achoui...
  • Le casse-tête de l’extradition
    - © Kelpfish - Fotolia.com $('#form_ami .text').focus( function() { $(this).css('background-color','#f9f7dc'); }); $('#form_ami .text').blur( function() { $(this).css('background-color','white'); }); ...
  • La cour d’assises revit la mort tragique d’Aurélie
    Dugny En octobre 2006, une jeune fille de 19 ans avait été entraînée dans le vide par l’ex-compagnon de sa soeur, qui s’y jetait avec elle. Dimitri a survécu. Il est jugé à...
  • La rencontre sur Internet tourne au drame
    Jean-Marc Aubert, le mardi 6 janvier 2009 à 04:00 lu 245 fois · aucun commentaire --> Cliquez pour agrandir ...
  • Sarkozy s'apprêterait à annoncer la suppression du juge d'instruction
    NOUVELOBS.COM | 06.01.2009 | 12:14 5 réactions Le chef de l'Etat devrait indiquer mercredi que l'ensemble des enquêtes judiciaires sera désormais confié au parquet sous le contrôle d'un magistrat du siège, appelé "juge de l'instruction". ...
  • Des caméras dans les prétoires ?
    Ceci est un sondage. Vous êtes convoqué au Palais de justice comme témoin ou parent d'un(e) ado passagèrement casse-tout. Etes-vous prêt(e) à être filmé(e) par une caméra de télévision ? Et si la hiérarchie judiciaire a donné son accord pour que soit capté un procès où...
  • 3 hommes jugés pour l'attentat de Djerba
    UN EX-émailleur allemand d'origine polonaise ainsi qu'un Koweïtien, qui passe pour l'un des "cerveaux" d'Al-Qaida et l'un des organisateurs du 11 septembre 2001 : Christian Ganczarski, 42 ans, et Khaled Cheikh Mohammed, alias "Al Mokh", 44 ans, sont jugés à partir de lundi...
  • Procès Ferrara
    Antonio Ferrara Le "baveux" Comment "le Petit" est devenu caïd Ferrara, roi de la belle et du braquage Le roi de la belle Ouverture du procès Ferrara décontracté ...
  • 4 policiers condamnés pour violences
    Créteil - Quatre policiers condamnés pour violences Crédit Photo : TF1/LCI Des policiers ...
liste complète

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Images aléatoires