Jeudi 22 mai 2008

Par Dorothée MOISAN AFP -

PARIS (AFP) - La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la relaxe de deux médecins, une gynécologue et un anesthésiste, qui étaient poursuivis pour homicide involontaire à la suite de la mort d'une jeune femme après son accouchement en 1999.

Le 3 septembre 1999, Laurène Savary avait donné naissance à un garçon à la clinique Marie-Louise, dans le IXe arrondissement de Paris. Quatre heures plus tard, la patiente, âgée de 33 ans, était morte à la suite d'une rupture utérine.

Estimant que le Dr Agnès Ménard, gynécologue, et son collègue anesthésiste, le Dr Charles Ingwer, avaient commis des fautes graves, son compagnon, Pierre Fourchet, avait déposé plainte.

Le 12 mai 2006, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé les deux praticiens, en dépit de deux rapports d'experts concluant à des "fautes caractérisées".

Lors de l'audience d'appel, le 20 mars, l'avocate générale, Laurence Vichnievski, avait demandé à la cour d'infirmer ce jugement.

Estimant qu'il existait "un lien de causalité indirect" entre les manquements des deux prévenus et la mort de Mme Savary, elle avait requis six mois de prison à l'encontre de Mme Ménard, 50 ans, et trois mois à l'encontre de M. Ingwer, 63 ans, ainsi que pour chacun une peine d'amende de 10.000 euros.

A ses yeux, les deux praticiens de la clinique Marie-Louise, aujourd'hui fermée, n'avaient "pas pris les mesures de précaution nécessaires, qui auraient très certainement évité la mort de Mme Savary".

Jeudi, la cour a adopté une approche diamétralement opposée. "Les fautes reprochées" aux Dr Ménard et Ingwer "n'ont pu, en les supposant même établies, être à l'origine directe du décès", écrivent ainsi les magistrats de la 20e chambre dans leur arrêt, jugeant que le délit d'homicide involontaire n'est donc pas constitué.

Si certains faits sont "susceptibles de ne pas correspondre à la pratique d'un médecin normalement diligent et pourraient dans cette hypothèse recevoir la qualification de faute, cette faute n'aurait entraîné qu'une perte de chance de survie", poursuivent-ils.

Léger baume au coeur de la famille, la cour a tout de même reconnu, sur le volet civil, que les deux prévenus ne pouvaient "être considérés comme les seuls auteurs des fautes à l'origine du dommage, des fautes étant susceptibles d'être imputées à d'autres personnes, notamment la personne morale de la Clinique Marie-Louise".

Si la clinique n'existe plus juridiquement, "elle est susceptible d'être mise en cause, elle-même et son assureur de l'époque des faits", rappelle la cour d'appel.

Lors de l'audience, plusieurs experts avaient défilé à la barre, relevant pêle-mêle une mauvaise préparation du dossier médical, le caractère tardif dans l'acheminement du sang, des conditions de surveillance, avant et après l'accouchement, "désastreuses et fautives" ou encore l'activité excessive des deux médecins qui suivaient plusieurs patients en même temps.

Visiblement émue, le Dr Ménard avait assuré avoir "pris les dispositions d'urgence". "C'était une situation dramatique (...) mais on a fait ce qui était en notre pouvoir", avait-elle déclaré.


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Jeudi 22 mai 2008

Paru le 2008-05-22 11:55:00 | 85 lectures

Une jeune fille de 17 ans a été mise en prison pour une durée de 3 heures après avoir répondu à son téléphone portable lors d'un procès au tribunal de Darwin, aux Etats-Unis.

Alors que son téléphone sonnait, faisant entendre un titre du chanteur américain Akon, la jeune fille a répondu, dérangeant tout le monde dans la salle d'audience. Le juge de la cour, Daynor Trigg, a alors perdu patience, et a ordonné à ce que l'on conduise l'adolescente dans la prison du tribunal pour une durée de 3 heures.

Daynor Trigg a déclaré: "je pourrais confisquer votre téléphone portable pour un durée de 28 jours pour cet acte totalement impoli. Comment osez-vous répondre au téléphone en pleine cour de justice? Ceci est un sérieux mépris !".

Cette décision faisait directement suite à un premier appel qui avait perturbé la cour, et qui avait poussé le juge a ordonner à tout le monde d'éteindre son téléphone portable, et que si cela se reproduisait, la personne aurait "de gros problèmes".

La jeune fille était présente au tribunal pour intrusion dans une propriété privée avec intention de vol. Elle devra se présenter de nouveau à la cour le 18 juillet prochain.


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Jeudi 22 mai 2008

Assises. Bernard Estrampes a été condamné hier.


Extraits :
Auch. 12 ans de prison pour tentative de meurtre Assises.

[...] l'avocat de dépeindre un prédateur qui pendant quarante ans a semé la souffrance dans ses deux familles, en les isolant, en imposant un climat de violences verbales permanentes, en les privant d'amis et de loisirs.

Devant la juge d'instruction, Bernard Estrampes avait d'ailleurs avoué l'intention homicide.

Après trois heures de délibération, le jury a suivi les réquisitions du procureur en condamnant Bernard Estrampes à 12 ans de réclusion criminelle avec une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans, l'interdiction de paraître dans le Gers, les Landes et les Hautes-Pyrénées pendant dix ans, et une amende de 500 € pour les violences.

« Un prédateur qui agit pour son plaisir exclusif » ou « de la pauvre chair saignante derrière le masque ». Avocats des parties civiles et de la défense ont livré un portrait contrasté de Bernard Estrampes, cet homme jugé par la cour d'assises pour avoir tiré sur son fils le 13 septembre 2006 à Maulichères et violenté son ex-femme. « C'est une audience qui s'est annoncée pleine d'espoir pour les parties civiles. Lundi, elles ont pu entendre de la part de l'accusé des propos rassurants sur la compréhension de ses actes. Cela permettait d'envisager l'avenir avec sérénité », commence Me Jean-Bernard Peneau. Malheureusement, les débats n'ont pas poursuivi dans cette veine. Il évoque un courrier que l'accusé a envoyé à sa famille depuis la prison le 13 septembre 2007 disant en substance que s'ils avaient agi différemment, les choses ne se seraient pas passées de cette façon. Et l'avocat de dépeindre un prédateur qui pendant quarante ans a semé la souffrance dans ses deux familles, en les isolant, en imposant un climat de violences verbales permanentes, en les privant d'amis et de loisirs. « Il a dit qu'il voulait inculquer le sens du devoir, du travail. Qu'apprend-on à l'audience ? Qu'il a fait participer ses enfants à des larcins », poursuit-il, « il a agi dans son intérêt unique ». Quant aux faits, pour lui l'intention meurtrière y est, en raison des munitions et parce que « le premier coup de feu est à 6 mètres. Il est immédiatement en face de son fils ». L'intention ne fait pas plus de doute pour l'avocat général, Baptiste Porcher : « Il savait ce qu'il faisait : il réarme, au moins deux fois. Et il a poursuivi son fils sur 100 mètres ». Devant la juge d'instruction, Bernard Estrampes avait d'ailleurs avoué l'intention homicide. « Ensuite, il aurait pu aider son fils. Au lieu de ça, il va à la gendarmerie faire souffrir sa femme, puis chez un ami prendre soin des chevaux et enfin il va se livrer », poursuit le substitut du procureur, qui renchérit : « Il a dit qu'il avait peur que son fils se soit noyé dans le ruisseau. Au lieu d'aller voir, il va s'occuper de ses chevaux ! ». Raisonnement que l'avocat de la défense, Me Georges Catala, retourne : il restait une cartouche dans le fusil, l'accusé aurait pu continuer à poursuivre son fils, au lieu de cela, il est parti pour prévenir les secours. L'avocat a mis l'accent sur l'enfance rude de cet homme marqué par « des valeurs inculquées à grand renfort de coups de pied aux fesses ». Une vie « de devoir » qui a explosé quand ses enfants se sont éloignés de lui et quand il a été sommé de quitter l'ancien foyer conjugal, à Artagnan.

Après trois heures de délibération, le jury a suivi les réquisitions du procureur en condamnant Bernard Estrampes à 12 ans de réclusion criminelle avec une interdiction de détenir des armes pendant cinq ans, l'interdiction de paraître dans le Gers, les Landes et les Hautes-Pyrénées pendant dix ans, et une amende de 500 € pour les violences. F.R.


Deux autres procès

La session de la cour d'assises se poursuit aujourd'hui et demain avec un dossier de violences sexuelles. Un homme est jugé pour viols, violences et agressions sexuelles par ascendant, agressions sexuelles par personne ayant autorité. Il est défendu par Me Marion Séris. Chantal Firmigier-Michel représentera le ministère public. Le procès devrait se tenir à huis clos. Dès lundi, trois hommes seront jugés pour des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Publié le 22 mai 2008 à 08h57


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Jeudi 22 mai 2008

SAINT-ETIENNE - Trois détenus de la prison de La Talaudière (Loire) ont été condamnés à trois ans de prison ferme chacun, mercredi soir, par le tribunal correctionnel de Saint-Etienne, pour avoir grièvement brûlé un de leur compagnon de cellule avec un thermo-plongeur, une résistance servant à faire bouillir de l'eau.


De source judiciaire on précisait jeudi que les accusés, dont les condamnations sont conformes aux réquisitions du ministère public, ont été reconnus coupables de "violences volontaires en réunion, avec arme, dans un local de l'administration pénitentiaire".

Le 26 avril dernier, dans le cadre d'un litige relatif à un objet lancé dans la cour de la maison d'arrêt par-dessus le mur d'enceinte, trois détenus avaient grièvement blessé à la cuisse gauche un autre détenu en lui appliquant la résistance du thermo-plongeur. AP


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Jeudi 22 mai 2008

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Publié le mercredi 21 mai 2008 à 19H43

La Cour d'assises des Bouches-du-Rhône a condamné ce soir Gérard Clar à une peine de 17 ans de réclusion. Surnommé "le géant" ou encore "le big boss de Marseille", cet homme de 54 ans était accusé de diriger un réseau international de stupéfiants.

L’avocat général avait réclamé une peine de 20 ans. Les avocats de Gérard Clar ont évoqué "un voyou à l’ancienne" et critiqué durement l’enquête. Ils ont obtenu la confusion totale de cette peine avec celle prononcée contre lui en 2004 : 16 ans pour coups mortels.

Plus d'informations demain dans La Provenc

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Mercredi 21 mai 2008



Hicham B., 25 ans, a été condamné vendredi 16 mai par la cour d'assises de Strasbourg pour meurtre. Les faits remontent à octobre 2005. Guy Heller, un gay de 46 ans, est battu à mort à son domicile de Schiltigheim par une de ses connaissances, Hicham B., pour une histoire de rumeur selon laquelle les deux hommes auraient une liaison sexuelle. Le coupable, décrit par son avocat Me Vialle comme «fragile» et «en grande souffrance»,

Ce dernier fait a conduit le tribunal à requalifier le délit initial de meurtre et vol avec circonstance aggravante en «délit commis précédé ou suivi d'un homicide», faisant encourir la perpétuité au meurtrier mais excluant par là même le motif d'homophobie. La famille de la victime s'est déclarée déçue et «dégoûtée», l'agresseur ayant selon elle profité de la vulnérabilité de Guy Heller, en arrêt maladie suite à une opération et souffrant d'alcoolisme. Elle a par ailleurs trouvé insuffisants les 70.000 euros de dommages et intérêts qui lui seront versés, et regrette que le condamné n'ait fourni aucun éclaircissement quant au déroulement précis du crime et à d'éventuelles complicités. Leur avocat, Me Pascal Bernhard, a quant à lui jugé «correcte» la peine de 18 années de réclusion au vu des faits et de l'âge du coupable.
  Copyright tetu.com

par Emmanuel Fenouil
n'aurait pas supporté de passer pour homosexuel et se serait vengé sur Guy Heller, le tuant à mains nues et le laissant agoniser une heure durant tandis qu'il dérobait téléviseur et téléphone.

Info du 2008-05-21

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Mercredi 21 mai 2008

Procès - Mari démembré : la femme clame toujours son innocence

TF1-LCI/R.Bousquet
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Crédit Photo : TF1-LCI/R.Bousquet 

Le procès en appel de Florence Féderlé s'est ouvert mardi aux assises du Val-de-Marne. Elle avait été condamnée en 2007 à 20 ans de prison pour le meurtre de son mari.

Sa condamnation initiale reposait sur des indices retrouvés à son domicile ainsi que sur des contradictions dans ses déclarations.

- le 20/05/2008 - 21h50
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Florence Féderlé a-t-elle oui ou non découpé son mari ? C'est en substance la question à laquelle doit répondre la cour d'assises du Val-de-Marne lors du procès en appel, ouvert mardi, de cette femme accusée d'avoir tué Yves Bourgade en 2004 et qui clame depuis son innocence.
 
En janvier 2007, la cour d'assises de l'Essonne avait reconnu cette mère de trois enfants coupable et l'avait condamnée à 20 ans de réclusion criminelle. Une peine qui allait au-delà des réquisitions de l'avocat général qui avait demandé une peine de 16 ans de réclusion.
 
"Depuis quatre ans, je nie les faits." Dès l'ouverture de son procès en appel, Florence Féderlé, 46 ans, a tenu à marteler sa vérité. Et ce de manière forte : " Aujourd'hui, je peux vous dire encore que je n'ai pas tué mon mari. Je n'en ai ni la force physique, ni la force morale".

Des traces de sang dans la maison

Rappel des faits. Le 27 février 2004 au petit matin, le corps amputé d'Yves Bourgade, 44 ans, est retrouvé partiellement carbonisé en bordure d'un bois à Champcueil dans l'Essonne. La tête, les mains et les pieds de cet artisan, vraisemblablement découpés à l'aide d'une scie électrique selon les expertises, n'ont jamais été retrouvés.

Florence Féderlé avait alors annoncé à ses proches, deux jours avant la découverte du corps, identifié en mai grâce à une analyse ADN, que son mari l'avait quittée précipitamment pour une femme de 25 ans. Elle avait fait plus tard un signalement pour abandon de famille. Mais au fur et à mesure, le doute va s'installer chez les policiers en charge de l'enquête. Des variations dans ses déclarations, une dispute évoquée par les enfants du couple, la disparition d'outils et d'autres éléments conduiront les enquêteurs à la considérer comme suspecte.

Elle est interpellée le 1er juin, alors qu'elle projetait de déménager en province. Dans la maison familiale, à Moigny-sur-Ecole (Essonne), d'autres indices ont été trouvés. Les policiers ont relevé de nombreuses traces, vraisemblablement de sang, qui avaient été lavées à grande eau. La moquette de la chambre avait aussi été changée.
 
Pour l'accusation, le mobile du meurtre tient à une dégradation des relations dans le couple, avec l'aggravation de l'alcoolisme d'Yves Bourgade, amateur de soirées dans des bars ou en discothèques, et qui avait eu plusieurs liaisons.

(D'après agence)


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Mercredi 21 mai 2008


NOUVELOBS.COM | 21.05.2008 | 16:05

Jugée en appel par la cour d'assises du Haut Rhin, Adeline Marfe a écopé de trois années de prison supplémentaire. Il lui est reproché d'avoir privé l'enfant des soins et aliments qui auraient permis sa survie.

Reuters

Reuters

(c) Reuters
Les assises du Haut-Rhin ont condamné mercredi 21 mai en appel Adeline Marfe, la mère du petit Dylan, enfant torturé à mort par son beau-père en 2003, à 20 ans de réclusion criminelle par pour privation de soins ou d'aliments qui auraient permis la survie de l'enfant.
L'avocate générale Manon Brignol avait requis, dans la matinée, une peine de vingt à vingt-deux ans de réclusion, jugeant que la mère de l'enfant ne méritait "aucune indulgence", lançant : "Vous avez bafoué ce que notre société a de plus sacré, l'enfance".

Torturé pendant trois mois

Condamnée à 17 ans en première instance en 2006 aux assises du Bas-Rhin, l'accusée s'est tournée vers ses proches a l'énoncé du verdict, faisant non de la tête, avant de mettre un coup de pied dans une chaise.
Dylan est mort le 3 octobre 2003 sous les yeux de sa mère et de son frère Tino aujourd'hui placé dans un foyer. Il avait subi durant trois mois les tortures infligés par Christophe Beugnot, l'amant d'Adeline Marfe. Les médecins légistes avaient recensé 73 bleus, brûlures de cigarettes, cicatrices et lésions sur le corps de l'enfant.
"Elle veut que vous passiez l'éponge comme elle l'a fait sur le sang de Dylan", a lancé l'avocate générale aux jurés.

"Je demande pardon"


Il était reproché à la mère de Dylan d'avoir aussi privé son fils d'école pour mieux cacher les bleus, le "livrant ainsi à son tortionnaire", estime la présidente de la Cour.
Durant le procès, Adeline Marfe avait quant à elle exprimé sa "honte de ne pas avoir sauvé la vie de Dylan". "J'ai honte de tout le calvaire que mon fils a enduré. Je demande pardon à tout le monde, surtout à mes enfants", a-t-elle dit.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, le tortionnaire de Dylan, Christophe Beugnot n'avait pas fait appel.

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Mercredi 21 mai 2008
ASSISES


NOUVELOBS.COM | 21.05.2008 | 11:08

Ils ont entre 19 et 24 ans et encourent la perpétuité pour caillassage "planifié" et d'une "extrême violence" s'apparentant à une "tentative de lynchage" sur des policiers à qui ils avaient tendu un piège en 2006.

Epinay-sur-Seine (93) (AP)

Epinay-sur-Seine (93) (AP)

Cinq jeunes accusés d'avoir pris part à un guet-apens tendu à la police en 2006 à Epinay-sur-Seine, au cours duquel un policier a été blessé au visage, comparaissent à partir de mercredi 21 mai jusqu’au 30 mai devant la cour d'assises des mineurs de Seine-Saint-Denis pour "tentative d'assassinat".
Renvoyés également pour "association de malfaiteurs", ces jeunes de la cité d'Orgemont, âgés aujourd'hui de 19 à 24 ans (un seul était mineur à l'époque), encourent la perpétuité pour ce caillassage "planifié" et d'une "extrême violence" s'apparentant à une "tentative de lynchage", selon l'accusation.
Les assises des mineurs étant compétentes pour juger les majeurs présumés avoir agi avec un mineur, elles jugeront à huis clos l'ensemble des accusés, incarcérés depuis un an et demi, à l'exception du mineur, sous contrôle judiciaire.

ITT de 44 jours

L'affaire avait suscité un vif émoi chez les policiers. Fomenté contre un policier de la Brigade anticriminalité (BAC) d'Epinay-sur-Seine, en représailles à l'interpellation mouvementée d'un jeune en possession de cannabis, aujourd'hui sur le banc des accusés, ce guet-apens piègera trois de ses collègues.
Le 13 octobre 2006, peu après 23H00, une voiture de la BAC appelée pour un vol à la roulotte est prise en tenaille par deux véhicules poussés en travers de la rue de Strasbourg.
Les trois policiers sont mitraillés de pierres par 20 à 30 assaillants gantés, aux visages masqués. Pour les faire sortir de leur voiture, ils sont gazés à la bombe lacrymogène. Selon le témoignage d'un policier, un assaillant tire deux fois vers le ciel avec une arme de poing. Christophe Estèves, 30 ans, est blessé à la mâchoire par un jet de pierre (ITT de 44 jours).

Des représailles

Selon un témoin sous X, l'agression a été soigneusement préparée. Dans les heures qui précèdent, des "grands" ont recruté des volontaires dans la cité, des "munitions" ont été amassées en prévision. Sur la chaussée, trois sacs contenant plus de 180 pierres de ballast seront retrouvés. Le choix d'une rue calme est fait pour ne pas éveiller les soupçons.
L'enquête aboutit dès le 19 octobre à neuf interpellations, dont les cinq accusés mis en cause par le témoin sous X. "On va vous casser vos bouches dans pas longtemps", "cela va faire très mal" ou encore "arrêtez de faire les cow-boys, vous allez manger (...) il y aura des représailles": ces menaces explicites lancées les 9 et 12 octobre à des policiers d'Epinay par deux des accusés avaient déjà orienté les enquêteurs.

Faire mal ou tuer

Au terme de l'instruction, seul un jeune a reconnu sa participation, un autre est revenu sur ses aveux. Leur ADN a été retrouvé sur un sac de pierres. Quand aux autres, localisés dans la zone par le bornage de leur téléphone portable, deux nient avoir été présents sur les lieux, le dernier dément y avoir pris part directement.
Ouverte sur un chef criminel, puis requalifiée en "violences volontaires" par le juge d'instruction, l'affaire a été renvoyée devant les assises après appel du ministère public. Faire mal ou tuer, le débat sur les intentions des assaillants devrait être vif entre l'avocat général et la défense.
Après cette agression, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait souhaité faire voter une loi pour que les agresseurs de "policiers, gendarmes et pompiers soient renvoyés devant les assises", jusqu'alors réservées aux atteintes les plus graves. C'est ce que prévoit la loi de prévention de la délinquance du 5 mars 2007.

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Mercredi 21 mai 2008


NOUVELOBS.COM | 20.05.2008 | 16:35

Le tribunal correctionnel d'Amiens condamne le gérant de la société immobilière "Mil'Im" à Amiens pour discrimination raciale, après la découverte de la mise en place d'un système discriminatoire par SOS Racisme.

(Reuters)

(Reuters)

Le gérant d'une société immobilière, poursuivi pour s'être rendu coupable de discrimination raciale au logement entre 2000 et 2003, a été condamné mardi 20 mai à trois mois de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Amiens.
Sa société, "Mil'Im", qui vend des listes d'appartements à louer, devra, elle, devra s'acquitter d'une amende de 10.000 euros.
Le gérant et son agence devront par ailleurs verser 10.000 euros de dommages et intérêts à l'association SOS Racisme, partie civile.
Le 6 mai, six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende avaient été requis contre le gérant et 20.000 euros d'amende contre la société.

Un code pour signifier "ni noir, ni arabe"

Seule une partie des offres de biens disponibles était proposée aux gens de couleur dans les agences d'Amiens et d'Abbeville (Somme), celles n'étant pas frappées d'un "code 3" qui signifiait "ni noir, ni arabe".
L'enquête a permis d'établir que 304 fiches présentaient ce code selon la consigne donnée par les propriétaires de logements.
Ce système discriminatoire avait été mis au jour après une opération de testing menée en 2001 par SOS Racisme à la suite d'une dénonciation par une ancienne salariée. Lors du testing, le client de couleur avait reçu moins d'offres que celui d'origine européenne.
Le vice-président de SOS Racisme, Samuel Thomas, a estimé que cette condamnation constituait "un message fort adressé aux agents immobiliers" qui ne doivent "pas se rendre complices des demandes des propriétaires" et "ne peuvent se cacher derrière" eux.
Il a cependant regretté que l'enquête ne soit pas remontée jusqu'aux propriétaires fautifs.
Devant le tribunal, le gérant avait contesté sa responsabilité et pointé du doigt ses employés.
D'après SOS Racisme, le système était en place depuis 1995 dans toutes les agences Mil'Im en France. Le gérant amiénois était président du conseil de surveillance de Mil'Im SA qui a depuis disparu.
Les testings menés en 2001 dans dix départements avaient tous démontré des pratiques discriminatoires, conduisant à des dépôts de plaintes localement. Les agences de Saint-Nazaire et Vienne ont déjà été condamnées.

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