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Daniel Legrand relate son "cauchemar" au procès Outreau |
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SURTOUT, ne plus parler des sujets qui fâchent. Le procès en appel de l'affaire d'Outreau a pris un tour surréaliste. A huis clos, selon les recoupements opérés auprès de la défense et de la partie civile, trois des neuf enfants présumés victimes ont retiré leurs accusations contre Dominique Wiel. Cinq – les petits Delay et Lavier –, maintiennent les leurs, mais avec de telles évidentes fadaises que leur exploitation devient hautement aléatoire. Le dernier – Michel, fils d'Alain Marécaux –, a livré une déposition ambiguë qui s'est achevée par une longue étreinte avec son père. Quant aux quatre condamnés en première instance qui n'ont pas fait appel, ils chantent, cette fois, à l'unisson : les six accusés sont innocents, seuls les enfants Delay sont victimes, le juge d'instruction Fabrice Burgaud a orienté leurs réponses pour étayer son dossier.
Résultat : l'abbé Wiel est à présent traité comme un spécialiste des banlieues défavorisées, Franck Lavier comme le grand lexicologue du Pas-de-Calais. Tous deux sont encore poursuivis pour viols, mais personne n'ose plus évoquer ce crime supposé : les accusateurs du premier se sont rétractés, l'accusatrice du second, sa belle-fille, continue à se plaindre de faits précis, qu'elle aurait décrits à huis clos, alors qu'elle est toujours vierge.
«J'essayais de me fabriquer des souvenirs»
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Franck Lavier, arrêté en mai 2001, n'avait en tête qu'une idée, à la fois généreuse et désastreuse, explique-t-il : que son épouse Sandrine, également interpellée, sorte de prison, retrouve leurs enfants placés, que la famille survive à l'épreuve. Il s'est donc accablé de manière confuse : «J'essayais de me fabriquer des souvenirs qui étaient pas réels. Avec les questions du juge, je savais à peu près qui disait quoi.» Bref, ses mensonges ne seraient que des produits dérivés de ceux livrés au quintal par la firme Badaoui & Cie.
De surcroît, son langage très leste – «vulgaire», admet l'intéressé –, a gravement nui à sa santé judiciaire. Interrogé par la présidente, il raconte : «En prison, j'ai écrit à Myriam Badaoui – je peux le dire ? : Grosse putain, je vais te crever ainsi que ton gros pédé de mari.». Il reconnaît aussi avoir dit à sa fille Clara, qui faisait souvent pipi au lit : «Ta petite moule va devenir toute rouge.» A Saint-Omer, l'accusation voyait là le signe d'une stupéfiante perversité. A Paris, le prétoire s'amuse franchement.
Me Frank Berton, à son client : «Avez-vous répondu au juge, qui vous demandait si vous aviez eu des relations sexuelles avec Mme Badaoui : «Plutôt me b... sur un billet de 500 balles» ?
– Oui. Il était décomposé, il avait pas l'habitude.
– Connaissez-vous d'autres mots pour désigner le sexe d'une petite fille ?
– Ben... y'a «p'tiote moule» (rires)... ou encore «canousse» mais attention, y'a plusieurs sens, ça veut dire aussi une jolie fille (hilarité).
– Combien de temps avez-vous passé en prison ?
– Trente-six mois et vingt jours.»
On ne rit plus. L'accusé pleure. Se rassied auprès de Sandrine. Se cramponne à sa main.
L'abbé Wiel a passé deux ans et demi en cellule, les charges à son encontre se sont évanouies. Il doit être ravi d'entendre Me Marc Pantaloni, conseil des trois enfants qui ne l'accusent plus mais qui sont encore constitués parties civiles contre lui, livrer cette forte pensée : «Une cour d'assises est un lieu de paroles échangées.»
Quant à Me Didier Leick, il joue les candides : «Je n'étais pas à Saint-Omer...»
L'abbé, goguenard : «C'est dommage ! Le mémoire de votre collègue (NDLR : Me Thierry Normand, alors partie civile) valait le déplacement.»
Me Leick, tout miel : «Pouvez-vous nous restituer l'atmosphère de la cage d'escalier de l'immeuble des Merles, à la tour du Renard ?»
Et voici M. Wiel, passible – en pure théorie – de sept ans de prison, prié d'édifier la cour par ses réflexions sur la dure condition de la vie dans les cités...
«Innocents-chanceux» mis en cause mais pas poursuivis
Le verdict n'est pas attendu avant le milieu de la semaine prochaine. Il faut encore entendre les sept acquittés d'Outreau, ainsi que plusieurs «innocents-chanceux» mis en cause mais jamais poursuivis, et aussi la mère de Jean-Marc, innocent dans tous les sens du terme : physiquement incapable de violer un enfant, il n'a dû son non-lieu qu'à l'article 122 sur l'irresponsabilité pénale...
Le procès continue dans cette atmosphère étrange où les accusés se transforment jour après jour en victimes d'une bavure judiciaire. Cela ressemble à ces journées particulières durant lesquelles on trie les papiers d'un défunt, réglant quelques comptes au passage, avant de se rendre, en cortège digne, à l'enterrement de première classe.
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LEMONDE.FR | 17.11.05 | 20h46 • Mis à jour le 17.11.05 | 20h59
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LE MONDE | 18.11.05 | 13h42 • Mis à jour le 18.11.05 | 18h28
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| Procès d'Outreau: les accusés innocentés par plusieurs condamnés |
| ATS, le 18 novembre 2005 à 18:11 |
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PARIS - Les deux principaux condamnés dans l'affaire de pédophilie d'Outreau ont innocenté six accusés rejugés apr la cour d'assises d'appel de Paris. Ces derniers apparaissent de plus en plus comme les victimes d'une énorme erreur judiciaire.
Les charges contre les accusés sont réduites presque à néant une dizaine de jours après le début du procès en appel. Les principaux condamnés les ont innocentés, plusieurs d'enfants ont reconnu avoir menti et certains experts ont été décrédibilisés. En première instance, sept des 17 accusés ont été acquittés par la cour d'assises de Saint-Omer après avoir croupi des mois en prison. Quatre ont reconnu les faits. Les six autres, condamnés à des peines allant de 18 mois à 7 ans de prison, ont fait appel, clamant leur innocence depuis le début de cette affaire. Vendredi, les deux principaux condamnés, Thierry Delay, et son ex-épouse Myriam Badaoui, les ont tous innocentés. "Il m'est passé une folie par la tête. Je voudrais leur dire pardon. J'ai menti", a-t-elle avoué. Elle avait été condamnée à 15 ans de prison, notamment pour le viols de ses enfants. "Je souhaite que ces six personnes soient innocentées, acquittées", avait auparavant déclaré Thierry Delay, condamné à 20 ans de prison. "On n'était que quatre dans l'affaire", a-t-il affirmé, en référence à son ex-épouse et à un couple de voisins condamné à quatre et six ans de prison. Ces derniers ont aussi innocenté les accusés. Dans cette affaire, les accusations se sont surtout appuyées sur des paroles d'enfants. Les expertises psychologiques qui avaient conclu à la crédibilité de leurs dires se sont révélées fantaisistes lors de l'audience jeudi. Le travail de la police a aussi été mis en cause. |
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Un expert psychologue mis en cause au procès d'Outreau
jeu. nov. 17, 2005 12:56 CST
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La mère est venue d'Outreau sans son fils. Elle a amené à la place un certificat, disant qu'Antoine était malade et ne viendrait pas devant les assises à Paris. Il y a un an et demi, elle avait fait le même coup pour le procès en première instance. Elle non plus n'avait pas témoigné à l'époque. Elle avait payé cher cette reculade. Dans son quartier, à la Tour du renard, on l'avait traitée de «pédophile», comme tous les voisins dénoncés en 2001 par la famille Delay. Les rumeurs couraient derrière la mère d'Antoine. Pourquoi son fils n'était pas allé jusqu'au tribunal pour répéter ses accusations contre le curé, comme d'autres gamins de la cité ?

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L’examen en appel du procès d’Outreau a démarré hier devant la Cour d’assises de Paris. Fort d’une lettre d’un condamné du premier procès les disculpant, six accusés sont venus clamer leur innocence et "chercher un acquittement"
Les époux Lavier dans un couloir de la Cour d’assises de Paris. (Photo : AFP)L’appel du procès pour pédophilie d’Outreau s’est ouvert hier matin, devant la Cour d’assises de Paris. Cinq hommes et une femme, condamnés lors du premier procès, qui s’était déroulé en juillet 2004 à Saint-Omer, sont venus "chercher un acquittement".
Daniel Legrand fils, Thierry Dausque, le père Dominique Wiel, Alain Marécaux, Franck et Sandrine Lavier (mari et femme) comparaissent tous libres. Ils avaient été condamnés en première instance à des peines allant de 18 mois avec sursis à sept ans de prison ferme. Sur les 17 accusés du premier procès d’Outreau, sept personnes avaient été acquittées. Cette fois, les six accusés ont un certain atout de leur côté. Dès le début de l’audience, une lettre de Thierry Delay, condamné à 20 ans de prison lors du premier procès, a en effet été versée au dossier. Le document avait été reçu par le parquet général fin octobre. Thierry Delay y affirme l’innocence des six accusés : "Je peux vous dire que toutes ces personnes qui ont fait appel sont toutes innocentes". Cette lettre confirme la position que Thierry Delay avait adoptée lors du premier procès. Mais autre surprise en cette première journée : une lettre à charge de l’ex-épouse d’Alain Marécaux qui avance que ce dernier "achèterait" le silence de son fils. Condamné à 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles à l’encontre de son fils, Alain Marécaux a toujours nié ces accusations. "Catastrophe judiciaire" En plus des six accusés sur le banc, la défense compte également mettre le système judiciaire sur la sellette. Après avoir qualifié le procès de Saint-Omer de "catastrophe judiciaire", les avocats des accusés veulent mettre en avant les nombreux dysfonctionnements constatés lors de l’instruction du premier procès. Selon eux, l’enquête a uniquement été menée à charge, se fondant sur les affabulations d’une des prévenues, Myriam Badaoui, et sur les témoignages conditionnés de très jeunes enfants. De fait, nombre des accusations s’étaient effondrées au cours du premier procès. Afin de ne pas réitérer certaines erreurs qui ont mis à mal l’image de la Justice lors du premier procès, la présidente de la Cour, Odile Mondineau-Hederer, a souhaité que le délibéré "se fasse dans une grande sérénité", écartant de fait une décision prise la nuit comme ce fût le cas à Saint-Omer. Les accusés ne pourront voir leurs sentences aggravées car le ministère public n’a pas interjeté l’appel. Le procès devrait se terminer au plus tard début décembre. Nebojsa KOVACEVIC. (LPJ) 8 Novembre 2005 Lire aussi
Le Nouvel Observateur, Outreau - Le procès en appel s’est ouvert à Paris Le Monde, A travers le nouveau procès d’Outreau, la justice en appel |