Vendredi 14 septembre 2007

LE MONDE | 13.09.07 | 10h12

'est un pas en arrière qui ne convainc pas les associations d'actionnaires et les syndicats de magistrats. A l'issue du conseil des ministres, mercredi 12 septembre, le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, l'a affirmé : "Il n'y aura pas de dépénalisation de l'abus de biens sociaux (ABS)."

La ministre de la justice Rachida Dati a créé une commission sur la dépénalisation. | AFP/PHILIPPE HUGUEN

AFP/PHILIPPE HUGUEN
La ministre de la justice Rachida Dati a créé une commission sur la dépénalisation.

Résumant l'intervention de la ministre de la justice, Rachida Dati, il a précisé qu'il fallait trouver un "point d'équilibre" en sanctionnant "pénalement tout ce qui porte atteinte aux intérêts collectifs de nos concitoyens" et "par d'autres voies, tout ce qui ne met en cause que des intérêts privés".

"Il est hors de question, bien entendu, que la dépénalisation se traduise par une impunité", a ajouté M. Wauquiez. Le gouvernement prévoit de "renforcer certaines sanctions administratives" et d'accroître les pouvoirs de l'autorité des marchés financiers ou du conseil de la concurrence.

Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, avait demandé devant l'université d'été du Medef, le 30 août, de mettre fin à "la pénalisation à outrance du droit des affaires", quand "la moindre erreur de gestion peut vous conduire en prison".

La déclaration de M. Wauquiez apparaît en retrait par rapport aux positions de M. Sarkozy et de Mme Dati. Cette dernière rappelait, lundi, que son ministère ne s'interdisait rien.

Mais cette mise au point ne calme guère les inquiétudes. "La vraie question sur l'ABS, c'est celle du délai de prescription. On peut tuer dans l'œuf ce délit si on remet en cause la jurisprudence de la Cour de cassation", explique Bruno Thouzellier, président de l'Union syndical des magistrats.

Les principaux débats sur la suppression du délit d'abus de biens sociaux portent sur sa prescription. Pour la Cour de cassation, le délai de prescription de trois ans part du moment où les faits sont révélés. Or, cette infraction dissimulée peut n'être découverte que plusieurs années après la commission des faits.

"PAS LE COEUR DU PROBLÈME" POUR LE MEDEF

Plusieurs tentatives pour faire partir ce délai de la date où l'infraction est commise ont échoué. Cela réduirait encore le nombre de ces délits, qui reste faible : 1 673 délits de société (ABS, banqueroute) sur un total de près de 600 000 infractions en 2005.

Le Medef, qui n'a pas réagi à l'annonce de M. Wauquiez, rappelait dans Les Echos du 12 septembre que "l'abus des biens sociaux n'est pas le cœur du problème".

Colette Neuville, la présidente de l'Association des actionnaires minoritaires (Adam), constate que "la portée de l'abus de biens sociaux a été limitée quand la jurisprudence de la Cour de cassation a rendu presque impossible qu'un actionnaire porte plainte pour un tel délit, au motif qu'il s'agit d'un préjudice subi par la société et non par l'actionnaire".

Au-delà de l'ABS, Mme Neuville s'inquiète "d'un changement de perception des délits en col blanc, qui seraient considérés comme moins importants, car passibles de sanctions administratives. Aux Etats-Unis, les dirigeants malhonnêtes ont des sanctions pénales et financières très lourdes. Cela n'empêche pas la liberté d'entreprendre."

Mme Dati a créé une commission sur la dépénalisation, présidée par l'ancien président de la cour d'appel de Paris, Jean-Marie Coulon. Elle a demandé aux syndicats de magistrats d'y participer.

M. Wauquiez a aussi indiqué que le gouvernement réfléchissait à "une dépénalisation du droit des collectivités locales".


Alain Salles


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Jeudi 13 septembre 2007

MARSEILLE - Un entrepreneur marseillais de 39 ans, qui avait employé 28 ouvriers polonais qu'il exploitait, a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille à deux ans de prison ferme et à une amende de 50.000 euros. Il a aussi été interdit d'exercer toute activité dans le bâtiment pendant une durée de cinq ans.

Grâce à des complices, il allait chercher ses employés en Pologne et les payait 4 euros de l'heure en espèces, soit moins de la moitié du SMIC horaire français. Il retenait aussi sur leur paie les frais du voyage entre la Pologne et Marseille et un forfait pour le gîte et le couvert. Les ouvriers maçons étaient logés à quatre ou cinq par bungalow ou cohabitaient parfois à une quinzaine dans un dortoir de 100 mètres carrés.

Les chantiers de sa société, Provence Construction, étaient localisés à Marseille, Rognac (Bouches-du-Rhône) ou encore Nîmes (Gard). L'affaire a été dénoncée aux services de police par deux employés qui n'étaient pas payés. AP

xnis/cre/mw



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Jeudi 13 septembre 2007
EVREUX (AFP) - Quelque 400 anciens salariés de l'usine de téléphonie mobile d'Evreux du groupe finlandais Aspocomp fermée en 2003 se sont partagés mercredi un total de 11 millions d'euros de dommages et intérêts pour licenciements abusifs.

Les chèques ont été distribués dans la halle des expositions d'Evreux mise à disposition par la mairie, à l'issue d'une procédure qui a duré quatre ans. "Cela semble bon et c'est un soulagement en particulier pour les gens qui n'ont pas encore retrouvé du travail et ont besoin de cet argent", a déclaré Sylvie Guimpied, ancienne secrétaire FO du Comité d'entreprise.

Le groupe finlandais avait mis en oeuvre, dans cette usine, une première restructuration début 2002 qui s'était traduite par le départ de 200 des 550 salariés. Mais le plan social qui devait accompagner ces départs n'avait jamais été appliqué, la filiale française d'Aspocomp composée de cette seule usine s'étant déclarée peu après en cessation de paiement.

Mise en liquidation en 2003, l'usine avait fermé ses portes et une majorité des salariés - 388 - avaient alors entamé une procédure pour obtenir des réparations à la suite de leurs licenciements.

Le tribunal des prud'hommes d'Evreux leur avait donné raison en 2004 en condamnant le groupe finlandais à leur payer un total de 11 millions d'euros de dommages et intérêts. Cette condamnation avait été confirmée en appel puis en cassation le 19 juin dernier.



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Mardi 11 septembre 2007


NOUVELOBS.COM | 10.09.2007 | 17:31

Un chantier de désamiantage (Sipa)

Un chantier de désamiantage (Sipa)

Le Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) d'Agen a condamné, lundi 10 septembre, la verrerie de Vianne aujourd'hui disparue, pour faute inexcusable. L'entreprise était accusée d'avoir exposé à l'amiante trois ex-employés.
Le préjudice des trois employés a été évalué entre 57.000 à 86.000 euros, selon une source judiciaire.
Joaquim Patino, président de Cerader Albret 47, une association de défense de ces salariés victimes de maladies liées à l'amiante, a affirmé: "C'est la première fois dans le Lot-et-Garonne qu'un tribunal reconnaît des fautes inexcusables".
Pour deux anciens employés de 53 et 58 ans, victimes d'une plaque pleurale, le TASS a chiffré le préjudice à 57.000 euros. Pour le troisième, âgé de 56 ans, victime d'une plaque pleurale et d'une asbestose, le tribunal a fixé l'indemnisation à 86.000 euros.

3.000 morts par an

La verrerie de Vianne ayant été placée en liquidation judiciaire en 2004, les indemnisations seront assurées par la Caisse primaire d'assurance maladie.
Quatorze autres salariés sont atteints de maladies liées à l'amiante, selon l'association Cerader Albret 47.
L'Association des victimes de l'amiante (Andeva, 15.000 adhérents) chiffre à 100.000 le nombre de décès de cancers du poumon ou de la plèvre à venir et estime en outre que l'amiante tue 3.000 personnes par an en France.

Sur Internet

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Mardi 11 septembre 2007
CAEN


NOUVELOBS.COM | 11.09.2007 | 09:30

Le conseil reconnaît le non respect par l'entreprise des engagements du plan social mais valide la régularité des licenciements. Les ex-salariés seront indemnisés.

Manifestations d'employés de Moulinex, peu avant l'annonce du dépôt de bilan de l'entreprise en septembre 2001

Manifestations d'employés de Moulinex, peu avant l'annonce du dépôt de bilan de l'entreprise en septembre 2001

(c) Reuters
Le conseil des prud'hommes de Caen, dans le Calvados, a donné raison en partie, mardi 11 septembre, aux quelque 600 anciens salariés de Moulinex licenciés en 2001 après la fermeture de quatre usines dans la région. Le conseil a en effet reconnu le non respect par l'entreprise des engagements du plan social. Il a en revanche validé la régularité des licenciements. "C'est la technique de mise en œuvre des licenciements qui est mise en cause, c'est-à-dire le non respect d'un engagement d'une présentation d'une offre d'emploi à chacun et le reclassement au niveau des établissements et non pas au niveau du groupe", a déclaré Jean-Marie Autin, président général du conseil des prud'hommes de Caen, après que le jugement a été rendu public.
En revanche, "la validation d'une manière définitive de la régularité des licenciements qui avaient été opérés et chaque licenciement a été considéré comme étant basé sur une cause réelle et sérieuse", a-t-il précisé.

55.000 euros

Cette décision doit permettre aux ex-salariés de toucher entre 1.000 et 55.000 euros.
Les anciens de Moulinex poursuivaient leur ancienne entreprise à la suite du dépôt de bilan de l'entreprise, reprise ensuite partiellement par le groupe Seb en octobre 2001. Ce dépôt de bilan avait conduit à la fermeture de quatre usines employant un total de 3.240 salariés en Basse-Normandie.

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Vendredi 7 septembre 2007
NOUVELOBS.COM | 07.09.2007 | 12:22

"On y allait dans la joie et la bonne humeur", raconte un des sept policiers jugés à Paris pour "viols aggravés en réunion". "C'était connu et toléré de la hiérarchie", affirme-t-il.


(c) Reuters
Quelques heures avant l'ouverture de son procès, vendredi 7 septembre, devant la cour d'assises de Paris, l'un des sept CRS jugé pour viol a mis en cause sa hiérarchie, qui aurait, selon lui, fermé les yeux sur ces agissements.
"On y allait dans la joie et la bonne humeur entre guillemets, on jouait sur notre qualité de policiers, on négociait les prix en disant :'c'est combien pour la police, tu viens d'où, tu as quel âge'", a raconté sur l'antenne d'Europe-1 l'ex-policier poursuivi, avec ses collègues, pour avoir abusé de son autorité pour violer des prostituées.
"Peut-être qu'(elles) ne pensaient pas qu'on rigolait. Mais nous, on partait dans cet esprit-là", a-t-il encore déclaré. "La plupart du temps, on était sous l'effet de l'alcool, sous l'effet de groupe. C'était connu et toléré de la hiérarchie", a-t-il affirmé.
"Je suis terrifié de passer devant la cour d'assises parce que je ne me considère pas comme un violeur, je me considère comme quelqu'un qui a commis beaucoup d'erreurs (...) J'ai honte d'être considéré comme un violeur, j'ai honte de ce que j'ai fait", a encore ajouté l'homme qui rêvait d'être policier, dit-il.

Ouverture du procès

Le procès de ces sept fonctionnaires de police, tous affectés à la 7e Compagnie républicaine de sécurité de Deuil-la-Barre (Val d'Oise), s'est ouvert un peu plus tard dans la matinée, vendredi.
Romaric Leclercq, 28 ans, Yohann Mahé, 29 ans, et Cyril Dussart, 31 ans, sont accusés de "viols aggravés en réunion par une personne abusant de l'autorité conférée par ses fonctions". A leurs côtés, quatre de leurs anciens collègues doivent répondre de complicité et l'un d'eux également de non empêchement de crime.
L'affaire a débuté en mai 2003 quand deux jeunes albanaises postées sur les boulevards des Maréchaux à Paris expliquent auprès d'une association d'aide aux prostituées, "l'Amicale du Nid", avoir été violées par plusieurs policiers. L'enquête, ouverte en 2003, a recensé 11 viols impliquant sept policiers de la 7e Compagnie.
Dans la nuit du 8 au 9 avril 2003, trois policiers arrêtent leur véhicule, qui s'avère être celui de la compagne d'un des trois fonctionnaires, à hauteur de deux jeunes prostituées sur le Boulevard Ney.
Les trois hommes leur demandent leurs papiers d'identité avant de les faire monter dans le véhicule prétextant une vérification des documents. Au lieu de se diriger vers le commissariat du XVIIIe, ils se seraient rendus sur un terrain vague et leur auraient imposé des rapports sexuels.
Réussissant à fausser compagnie aux policiers, les deux jeunes femmes auraient alors regagné la porte de Clignancourt avant de dénoncer les faits à l'association et de donner le numéro d'immatriculation de la voiture.

Une victime présente

Romaric Leclercq, Yohann Mahé et Cyril Dussart ont effectué six mois de détention provisoire entre décembre 2003 et juin 2004 et ont été révoqués de la police nationale. Les autres ont fait l'objet de mesures d'exclusion temporaire. Tous les accusés comparaissent libres. Une de leurs victimes, une Albanaise de 28 ans, expulsée de France en avril 2004 et seule partie civile dans le dossier, s'est présentée à l'ouverture du procès.
Depuis les faits, la 7e compagnie de Deuil-la-Barre a de nouveau fait parler d'elle, plusieurs autres de ses fonctionnaires ayant été mis en examen pour avoir racketté des chauffeurs de taxis.

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Samedi 1 septembre 2007

Près de 25% des Canadiens possèdent un dossier judiciaire. Une erreur de parcours est vite arrivée et de nombreuses personnes, à la suite d'un délit mineur, se retrouvent avec un dossier judiciaire. D'autres part, il est très facile pour les employeurs d'effectuer une vérification de dosser avant l'embauche. Bien souvent, même si le délit n'a aucun rapport avec l'emploi demandé, la candidature sera écartée. Travail en liberté est un service d'aide à la recherche d'emploi spécialement conçu pour répondre aux besoins et interrogations des personnes ayant des antécédents judiciaires. Du CV à l'entrevue, en passant par de l'information sur le pardon, les conseillers les accompagneront et les soutiendront dans leurs recherches d'emploi ou les aideront à effectuer un retour aux études. Appeler dès maintenant Josée, Marlène ou Loïc au 450.377.9155. Travail en liberté: 19, rue Sainte-Cécile, à Salaberry-de-Valleyfield.

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Vendredi 31 août 2007


Challenges.fr | 30.08.2007 | 07:38 | Réagir à l'article

Le juge des référés devait rendre son jugement sur la légitimité de la grève de salariés de nuit des centres de tri.

(c) Sipa

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris devait rendre, jeudi 30 août, son jugement dans le contentieux qui oppose la Poste à Sud-PTT sur la légitimité de la grève de salariés de nuit des centres de tri. Or il a décidé de ne pas se prononcer, rejetant les demandes du syndicat et du groupe car il estimait qu'il n'y avait pas lieu à référé.
Sud-PTT continue de déposer des préavis de grève toutes les semaines pour une grève qui, depuis novembre 2006, a lieu toutes les nuits de vendredi à samedi, dans une partie des centres de tri, et pour des grèves de 59 minutes, qui ont lieu de manière ponctuelle.

Un accord signé par 2 syndicats minoritaires

La Poste considère que ces préavis sont "irréguliers", depuis qu'un accord a été signé en juin avec deux syndicats minoritaires (Unsa et CGC) portant sur les revalorisations de l'heure de nuit des personnels, qui n'a pas été contesté par les autres syndicats.
Sud-PTT, qui a assigné la Poste en référé, veut "que soit reconnue la régularité du préavis", avait expliqué à l'AFP son porte-parole Régis Blanchot, en précisant que ses revendications étaient "toujours légitimes, même si un accord minoritaire a été signé".
"Nos revendications sont toujours légitimes, même si un accord minoritaire a été signé", poursuit le syndicaliste, qui réitère que la revalorisation de l'heure de nuit portée par l'accord à "environ deux euros bruts" est "loin des trois euros nets" revendiqués par le syndicat.

Menace de sanction

Pour la Poste, "la multiplication des préavis a pour effet d'empêcher la Poste de satisfaire à sa mission de service public, c'est-à-dire d'assurer la distribution des 20 millions de plis journaliers qui doivent être distribués à J+1", a déclaré Me Bruno Cerizay, avocat du groupe, qui évalue l'impact sur 800.000 à 1 million de plis par jour.
En juillet, la Poste a donc menacé de "sanctions" les employés incriminés, estimant que leur participation à la grève constituait une "absence injustifiée" et donc "une faute professionnelle sanctionnable".
"La multiplication des préavis rend illicite la grève", a assuré Me Cerizay, affirmant qu'"une absence ne peut être justifiée par le droit de grève que s'il s'agit d'un exercice régulier du droit de grève".
La Poste indique qu'un millier de salariés sur les 33.000 des centres de tri étaient en grève au plus fort moment du conflit, et "la participation est en nette régression depuis l'accord".

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Vendredi 31 août 2007


PARIS, 30 août 2007 (AFP)

La justice ne s'est pas prononcée jeudi sur le contentieux entre la Poste et Sud-PTT, portant sur la légitimité de la grève de salariés de nuit des centres de tri, estimant qu'il n'y avait pas lieu à référé.

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a rejeté les demandes de Sud-PTT, qui avait assigné la Poste en référé pour entrave au droit de grève. Sud demandait au tribunal d'interdire à la Poste de menacer de sanctions les salariés qui suivent les préavis de grève, déposés chaque semaine depuis novembre 2006, par le syndicat.

Mais le tribunal a également rejeté les demandes de la Poste, qui voulait faire reconnaître "le caractère manifestement illicite" des préavis de grèves, et affirmait que "la multiplication des préavis avait pour effet d'empêcher La Poste de satisfaire à sa mission de service public".

Sud-PTT dépose des préavis de grève toutes les semaines pour une grève qui, depuis novembre 2006, a lieu toutes les nuits de vendredi à samedi, dans une partie des centres de tri, pour des arrêts de travail de 59 minutes qui ont lieu de manière ponctuelle.

La Poste considère ces préavis comme "irréguliers", depuis qu'un accord a été signé en juin avec deux syndicats minoritaires (Unsa et CGC). L'accord porte sur les revalorisations de l'heure de nuit des personnels, et n'a pas été contesté par les autres syndicats.

En juillet, La Poste a averti par courrier les salariés qui continuaient à suivre les préavis qu'ils étaient "susceptibles d'être sanctionnés", estimant que leur participation à la grève relevait d'une "absence injustifiée".

La Poste se dit "très satisfaite de cette décision", puisque "le tribunal ne condamne pas la Poste et ne dit pas qu'elle devrait cesser d'envoyer des courriers aux grévistes. Au contraire, il dit que Sud-PTT n'a pas apporté la preuve du caractère illicite des courriers", a expliqué à l'AFP Me Bruno Cerizay, avocat du groupe.

De son côté, Sud-PTT "va poursuivre la grève", car "le tribunal des référés a estimé que la Poste n'a pas apporté d'éléments permettant de constater le caractère manifestement illicite des préavis", a affirmé Régis Blanchot (Sud-PTT).

Le syndicat souligne que le tribunal lui donne raison quant au fait que toutes les revendications des grévistes n'ont pas été entièrement satisfaites par les dernières négociations aboutissant à l'accord de juin.

M. Blanchot regrette cependant "que la Poste ne soit pas interdite d'exercer des pressions sur les grévistes". Deux salariés ont déjà fait l'objet de sanctions, sous forme d'avertissement ou de blâme, selon Me Julien Rodrigue, conseil de Sud.

© 2007 AFP

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Vendredi 24 août 2007


PAYERNE | 00h12 Le Tribunal fédéral casse un jugement cantonal. Il admet que l’amiante a peut-être causé le cancer de Georges Lüthi, employé d’Eternit. Première victoire pour sa veuve.

CHRIS BLASER - A | COMBAT Fernande Lüthi (à dr.), veuve d’un employé d’Eternit, s’est vu refuser des indemnités par la Suva. Elle a porté la cause devant la justice en 2006, et se bat pour que l’amiante soit reconnu comme cause du cancer de son mari. LAUSANNE, LE 1er FÉVRIER 2006

PATRICK CHUARD | 24 Août 2007 | 00h12

«La cause n’est pas gagnée. Mais on a fait un bon pas», se réjouit Fernande Lüthi. Cette veuve a appris la bonne nouvelle à la radio, hier à midi. Le Tribunal fédéral (TF) n’exclut pas que l’amiante ait provoqué le cancer qui a emporté son mari, Georges, en 2003. Cet arrêt du TF casse un jugement rendu l’an dernier par le Tribunal cantonal des assurances. Celui-ci avait débouté la veuve Lüthi, estimant que le cancer de Georges a pu être causé par le tabagisme.

Après des années de lutte, Fernande Lüthi se sent rassénérée par cette nouvelle: «Maintenant, je suis prête à poursuivre le combat.» Si elle gagne, elle obtiendrait une rente de veuve. «Mais je me bats pour la reconnaissance des victimes.»

Le Caova (Comité d’aide et d’orientation aux victimes de l’amiante) se dit satisfait. Avec un bémol toutefois, que détaille François Iselin: «Le TF ne prend pas parti sur la cause. Il la renvoie à la case départ et demande une nouvelle expertise.»
Le jugement vaudois se basait en effet sur deux expertises aux conclusions divergentes. Selon le TF, «face à des avis médicaux contradictoires, une expertise est nécessaire en vue de se prononcer sur le caractère professionnel du carcinome dont l’assuré est décédé.» Le dossier retourne donc à la Suva (Caisse nationale d’assurance accident), qui devra le reprendre et rendre une nouvelle décision. Laquelle sera à nouveau sujette à recours.

«Des critères précis»

«J’espère que la Suva reconnaîtra enfin le cas Lüthi, pour qu’on évite de retourner devant les tribunaux», dit François Iselin. De son côté, la Suva n’apporte pas de commentaire. Si ce n’est une précision: «La décision rendue par la Suva sur ce dossier se basait sur des critères précis», souligne son porte-parole, Henri Mathis.

Jusqu’à présent, les assurances suisses se basent sur les «critères d’Helsinki» pour apprécier si un cancer est dû, ou non, à l’amiante: on calcule le taux de fibres inhalées et déposées dans les poumons du travailleur. «En France et en Italie, le système est différent. Il suffit d’avoir travaillé dix ans dans une usine pour que l’amiante soit reconnu comme cause de maladie», signale Jean-Marie Agier, avocat de Fernande Lüthi.

Les ouvriers fumaient

Selon le Caova, les remarques du TF liées au tabagisme constituent une avancée: tant chez les fumeurs que les autres, «l’augmentation du risque de développer un cancer (…) à la suite d’une exposition (…) à l’amiante est proportionnellement identique», relève le TF. François Iselin: «Ça, c’est important pour plusieurs dossiers, car une majorité des employés d’Eternit à Payerne fumaient.»

A ce jour, la Suva a reconnu trois cas de cancers liés à l’amiante dans l’usine de Payerne. En vingt ans, elle a reconnu en Suisse 1395 cas de maladies professionnelles imputables à l’amiante. 34 cas de cancers des poumons ont été acceptés, et 9 refusés, dont celui de Georges Lüthi.


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