Jeudi 23 août 2007


21/08/2007 - 12h53

PARIS (Reuters) - Salué par l'UMP, le plan contre les pédophiles annoncé lundi par Nicolas Sarkozy suscite des interrogations sur le plan juridique tandis que l'opposition n'y voit que "gesticulation" et "effet d'annonce."

Deux syndicats de magistrats déplorent le manque d'engagement budgétaire du chef de l'Etat et une réaction "hyper médiatisée" à l'affaire Evrard.

Après l'agression d'un petit garçon la semaine dernière, le chef de l'Etat a pris le dossier en main et présenté un nouvel arsenal législatif dix jours à peine après la publication d'une loi sur la récidive.

La liberté pourrait ainsi être refusée aux violeurs dangereux, même à l'issue de leur peine, et un "hôpital fermé" spécifique sera créé en 2009 à Lyon.

"Comme à chaque fois, on légifère sous le coup de l'émotion et on fait des mauvaises lois", a déploré Christophe Regnard, secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats (USM).

"Il n'y a rien de nouveau dans les mesures qui sont annoncées. Soit on réforme des choses qui ont été modifiées au cours des deux dernières années, soit on réinvente des choses qui existent déjà", a-t-il dit à Reuters.

Laurence Mollaret, vice-présidente du Syndicat de la magistrature (SM), souligne le risque de confusion entre "la réponse judiciaire et le traitement médical", puisqu'il s'agit d'ajouter "à une première mesure de peine, une nouvelle mesure privative de liberté."

L'UMP estime au contraire que les mesures proposées par Nicolas Sarkozy vont "dans le bon sens" dans la mesure où elles font "prévaloir le principe de précaution, puisque seule compte la sécurité de nos enfants".

INCONSTITUTIONNALITE ?

"Le président de la République a réaffirmé, comme il le fait depuis septembre 2005 et sans avoir peur des mots, qu'un délinquant sexuel ne doit sortir de prison sans avoir été soigné, qu'il le veuille ou non", soulignent les porte-parole Nadine Morano et Yves Jego.

Toutefois, l'ex-garde des Sceaux Pascal Clément estime que ces mesures pourraient poser des problèmes d'ordre constitutionnel à même d'empêcher leur application.

"La question posée par la proposition du président de la République, c'est la question de savoir si on peut distinguer le criminel sexuel des autres", a-t-il déclaré au micro de France Inter. "Il y a donc un risque de rupture d'égalité entre deux sortes de détenus : ceux qui ont commis des crimes et ceux qui ont commis des crimes sexuels".

Pascal Clément a souligné une autre difficulté "de même nature." "Est-ce que l'on peut considérer que l'enfermement psychiatrique est une peine ou n'est pas une peine ? Si c'est une peine, vous tombez sous l'inconstitutionnalité de la loi parce que vous ne pouvez pas rajouter à une peine une autre peine", a-t-il dit.

A gauche, l'ancienne ministre de la Justice socialiste Marylise Lebranchu estime même que les mesures contre les délinquants sexuels annoncées par le chef de l'Etat constituent "une forme de retour vers la barbarie".

"Je comprends que les victimes réagissent dans l'émotion et ne pensent qu'à une chose: éliminer l'agresseur. Mais l'homme politique doit prendre du recul. La société doit être une société de justice et non de vengeance", déclare-t-elle au Parisien.

Elisabeth Guigou, député PS et également ancienne ministre de la Justice, "trouve très bien que le président de la République prenne les affaires en main."

Mais elle estime que la "surenchère législative n'apporte rien" car ce qu'il faut, "c'est des moyens humains et matériels pour pouvoir encadrer davantage" ces criminels.

"Nous avons un arsenal juridique maintenant (...) et je ne vois pas ce qu'une nouvelle loi sur l'allongement de la peine va pouvoir apporter", a-t-elle dit sur Europe 1, appelant à un grand débat à l'Assemblée nationale et dans la société.



Pédophilie : opposition et majorité émettent des réserves sur les mesures annoncées
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 21.08.07 | 11h47  •  Mis à jour le 21.08.07 | 14h48

'ouverture en 2009 d'un "hôpital fermé" spécialement dédié au traitement des pédophiles à Lyon, annoncé lundi par le Nicolas Sarkozy, n'a visiblement pas été décidée en accord avec le maire de la ville, Gérard Collomb. Le sénateur-maire PS s'est dit "surpris", mardi 21 août, par cette "hypothèse", qu'il a découvert "par le biais de la presse". Deux anciens gardes des sceaux, Marylise Lebranchu et Pascal Clément, ont quant à eux émis des réserves sur ces mesures, estimant même qu'elles pourraient poser des problèmes d'ordre constitutionnel.

"SYSTÈME ASILAIRE"

Le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, le 19 octobre 2003. | AFP/JEAN-PIERRE MULLER

AFP/JEAN-PIERRE MULLER
Le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, le 19 octobre 2003.

M. Collomb, qui est également président des Hospices civils lyonnais (HCL), a dénoncé, dans un communiqué, une "annonce visiblement hâtive et faite sans préparation et sans discussion avec le terrain", s'étonnant qu'une telle décision puisse être prise "sans concertation ni avec les élus, ni avec les corps médical et hospitalier local". L'Administration pénitentiaire régionale a également affirmé ne pas avoir d'information sur cet "hôpital fermé".

Marylise Lebranchu, ancienne garde des sceaux socialiste, a, pour sa part, dénoncé le durcissement de la législation contre les délinquants sexuels prévu par Nicolas Sarkozy, estimant qu'elle illustrait "l'échec de la politique pyschiatrique" du gouvernement. "Nous revenons au système asilaire. C'est une forme de retour vers la barbarie", a-t-elle regretté dans une interview au Parisien daté de mardi.

"INCONSTITUTIONNALITÉ"

 
Tout en affirmant que "les propositions du président vont dans le bon sens", Pascal Clément, ancien ministre de la justice du gouvernement Villepin, a mis en garde contre les risques constitutionnels liés à ces mesures, qui pourraient empêcher leur application. "Est-ce que l'on peut considérer que l'enfermement psychiatrique est une peine ou n'est pas une peine", s'est interrogé M. Clément sur France Inter. "Si c'est une peine, vous tombez sous l'inconstitutionnalité de la loi parce que vous ne pouvez pas rajouter à une peine une autre peine", a-t-il conclu.

Nicolas Sarkozy a annoncé la création de cette infrastructure lundi, à l'issue d'une réunion interministérielle consacrée à la récidive. En pratique, cet hôpital spécialisé accueillerait des délinquants sexuels jugés trop dangereux pour être libérés au terme de leur incarcération. 

Il n'existe actuellement aucune prison spécialisée dans l'accueil et le traitement des pédophiles en France. Certains centres de détention, notamment à Casabianda (Haute-Corse), Mauzac (Dordogne), et Caen, où a été incarcéré Francis Evrard, comptent entre 75 % et 85 % de délinquants sexuels.

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Mercredi 22 août 2007

 

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par  webmaster

L’affaire Francis Evrard aura été l’affaire de trop. Ce pédophile récidiviste a révolté la France qui ne semble plus aussi réticente à des solutions comme la castration chimique ou la publication de l’adresse des personnes condamnées pour pédophilie.

 

RETOUR A L'ACCUEIL

 

La semaine dernière la France a de nouveau tremblé pendant quelques heures. Mercredi vers 22h, le plan alerte enlèvement était déclanché pour la 4e fois depuis février 2006, pour essayer de retrouver le petit Enis, agé de 5 ans. Un déclanchement salvateur puisque 2 heures plus tard, le petit garçon était retrouvé dans le garage d’un pédophile multirécidiviste de 61 ans, qui avait été libéré le 2 juillet dernier. Une rapidité qui n’aura pas empêché Enis d’être abusé par Francis Evrard.

■ La découverte d’une plaquette de viagra dans la poche du délinquant sexuel a fait enfler la polémique, à tel point que toute l’institution judiciaire, dont dépend le médecin qui a prescrit le Viagra, se retrouve dans la tourmente.

■ C’est d’abord le président Sarkozy qui a annoncé un ensemble de mesures sur le suivi des délinquants sexuels. "Les délinquants sexuels ne sortiront de prison qu’à deux conditions : l’exécution de leur peine et l’examen par un collège de médecins pour voir s’ils sont dangereux ou pas".

■ Ceux qui seront jugés dangereux devront rejoindre un "hôpital fermé". Il a annoncé l’ouverture en 2009 à Lyon du premier "hôpital fermé pour pédophiles".

■ Parlant de Francis Evrard, Nicolas Sarkozy a dit ne pas comprendre que "quand on a été condamné à 27 années de prison, on en fasse 18". "Tout doit être mis en oeuvre pour que ça ne se reproduise pas (...) J’ai donc demandé au garde des Sceaux qu’elle prépare un texte pour le mois de novembre" dans le cadre de la loi pénitentiaire "pour que, s’agissant des délinquants sexuels, la question des remises de peines ne soit posée qu’en fin d’exécution et non pas au début".

■ Le Président de la République s’est également déclaré favorable à "la castration chimique" pour les pédophiles "qui accepteront de se faire soigner". "Ceux qui n’accepteront pas d’être soignés resteront dans cet hôpital fermé, le temps où on estimera qu’ils sont dangereux. Ceux qui accepteront d’être soignés pourront avoir des permissions, et sortir de cet hôpital fermé, mais le feront en portant un bracelet électronique, en suivant un traitement hormonal, appelez-le castration chimique, les mots ne me font pas peur", a-t-il affirmé. "Mon devoir est de protéger les victimes et de tirer les conséquences d’un effroyable désastre", at- il affirmé, disant vouloir pallier "un vide juridique".

■ La question de la castration chimique, déjà abordée en 2005 par la Garde des Sceaux Dominique Perben qui avait alncé une étude sur le sujet, devient pressante.


■ La castration chimique consiste en une prise régulière de médicaments dont la finalité est de pouvoir apporter une aide aux délinquants incapables de réprimer leur libido, leurs pulsions sexuelles comme les violeurs récidivistes. "Testés dans plusieurs pays à travers différentes études, des traitements similaires ont permis de réduire le taux de récidive à 0 % après quatre ans, contre environ 16 % sans prise en charge" selon le Dr Stoléru, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, qui a mené une étude sur la question.

■ Attention cependant, il ne s’agit pas d’une solution miracle. Si le traitement chimique peut réussir à diminuer l’érection sans la supprimer, il ne modifiera pas les fantasmes et les représentations du criminel sexuel. Certains sceptiques avancent le cas exceptionnel de pédophiles chirurgicalement castré qui a récidivé...

■ Le député UMP de Paris Bernard Debré, médecin et chef du service de sexologie à l’hôpital Cochin, a annoncé mercredi vouloir déposer une proposition de loi qui obligerait un délinquant sexuel à une "castration chimique" s’il est considéré comme encore dangereux.

■ Il a précisé que cette obligation de traitement médical se ferait sur décision d’un juge "après avis d’un psychiatre et deux médecins spécialisés". Elle aurait lieu "dès l’entrée" en prison et "bien entendu à la sortie", avec un "suivi tous les trois mois".

■ Enfin, le dernier chaînon de cette offensive contre la récidive des pédophiles est la publication de la liste des personnes condamnées pour pédophile.

■ C’est la proposition qui prête le plus à polémique car elle nie le fait qu’après avoir purgé sa peine un délinquant est un citoyen comme les autres. Mais le taux de récidive de pédophiles, plus élevé que la moyenne, et les conséquences terribles chez les victimes permet légitimement de soulever la question.

■ Dans une interview à LCI, le député Georges Fenech a proposé "le fichage des pédophiles et la disponibilité de ces listes pour tous. Ainsi, chaque citoyen pourrait savoir si un pédophile réside près de chez lui. En Floride, cette méthode fonctionne bien. Les habitants de cet Etat ont accès à la photo et l’adresse du pédophile et n’exposent pas leurs enfants. Et puis il ne faut pas se voiler la face : ignorer une personne, ce n’est pas la solution pour qu’elle ne récidive pas. Cette mesure n’est pas antinomique d’une réinsertion". La question mérite d’être soulevé, même si il ne faut pas nier les dangers et les dérives tel que des voisins souhaitant faire justice eux-mêmes ou le rejet d’un pédophiles repenti par le voisinage compromettant d’autant plus sa réinsertion dans la société. La question va faire des vagues.

 

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Mercredi 22 août 2007
La vice-procureure de Lille a relativisé, hier, les propos tenus par le violeur récidiviste durant sa garde à vue.
Par STÉPHANIE MAURICE
QUOTIDIEN : mercredi 22 août 2007
 
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Malgré les quelque trente années qu’il a passées en prison, Francis Evrard aurait eu le temps de «connaître quarante enfants», d’après des propos qu’il a tenus en garde à vue, rapportés par le Parisien hier. Le parquet de Lille a relativisé cette affirmation. «A ce jour, je peux vous dire avec certitude qu’il n’y a pas eu d’éléments précis qui permettent d’impliquer de façon sérieuse Francis Evrard dans d’autres affaires du même type», a déclaré Valérie Courtalon, vice-procureure. M e  Pianezza, l’avocat de Francis Evrard, s’insurge contre ces fuites et estime qu’ «on raconte n’importe quoi. Il faudrait voir le contexte de cette phrase, si elle a été vraiment prononcée».
Attentat.  Le ravisseur du petit Enis a enchaîné les condamnations depuis 1975 : il avait alors 29 ans et avait écopé d’une peine de 15 ans pour attentat à la pudeur avec violences sur mineur. En février 1984, une plainte était déposée contre lui, à nouveau pour un attentat à la pudeur, sur un enfant de 10 ans. Jugé en 1985, il plonge pour 4 ans. A peine sorti, en mars 1987, il récidive.
En avril, il enlève et viole un enfant de 7 ans, recommence en juillet sur un enfant de 8 ans avant d’être reconnu et arrêté. En 1989, il est condamné pour ces faits à 27 ans de réclusion, dont 18 ans de sûreté, par la cour d’assises de Douai. L’homme n’est jamais resté en liberté très longtemps depuis sa première peine. Et il a toujours agi sur la zone de Roubaix, où vivaient ses parents, aujourd’hui décédés. C’est là où il est revenu, pour le rapt d’Enis, le 15 août.
«Photo».  D’après Thierry Bouillaud, de FO pénitentiaire, Evrard était effacé et purgeait sa peine de «manière tranquille». Cependant, «en début d’année, il avait passé quelques jours au mitard pour une photo d’un enfant dans une position équivoque posée sur une étagère de sa cellule. Il a bien été signalé par les collègues à la hiérarchie», raconte-t-il. «Mais il avait fini sa peine, sans bénéficier de la moindre mesure de mansuétude. Il a donc été libéré.»
Bouillaud a travaillé sept ans au centre de Caen, où était emprisonné Evrard, et estime qu’il n’a rien d’un cas exceptionnel. « Ce samedi, un autre pédophile va être remis en liberté. C’est un multirécidiviste avec dix condamnations sur son casier.Durant sa détention, à Caen, les surveillants l’ont vu découper des photos de jeunes enfants dans les magazines. Une personne qui a ce type de déviance dépend de la médecine, il faut des thérapies adéquates pour ces gens-là.»
Me Pianezza estime que son client «n’a pas été beaucoup aidé à sa sortie». Thierry Bouillaud rappelle qu’à la prison de Caen existe un centre médico-psychologique flambant neuf. «Mais il ne fonctionne pas comme il le devrait, faute de cadres hospitaliers.»

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Mardi 21 août 2007

Ce praticien, qui travaille dans la prison où Evrard était incarcéré, ignorait le passé judiciaire de son patient, a-t-il déclaré. En revanche, des surveillants affirment avoir signalé à leur hiérarchie que le pédophile tenait des «propos dangereux» sur les enfants, juste avant sa sortie.
Par AFP
LIBERATION.FR : lundi 20 août 2007
17 réactions  

Ils savaient que Francis Evrard était dangereux. Des surveillants du centre pénitentiaire avaient averti la direction de la dangerosité du pédophile récidiviste Francis Evrard avant sa libération le 2 juillet.

«Nous avons signalé à notre hiérarchie qu'Evrard tenait des propos dangereux, il disait par exemple qu'il souhaitait se rendre dans des pays où ce serait facile d'avoir des enfants» déclare aujourd'hui à l'AFP un responsable syndical appartenant au personnel de surveillance du centre pénitentiaire de Caen. «Evrard ne pensait qu'à ça en sortant, pour moi ce n'est pas une pulsion qu'il avait, mais quelque chose de bien réfléchi» explique le surveillant pénitentiaire sous couvert d'anonymat, avant d'ajouter: «Evrard, c'est une personne qui fait des montages avec des images d'enfants prises dans des revues».
Par ailleurs, il rappelle qu'au printemps dernier, quelques semaines avant sa libération, Francis Evrard avait encore passé plusieurs jours en quartier disciplinaire en raison d'une carte postale d'un enfant nu retrouvée dans sa cellule.

Pour ce surveillant pénitentiaire, «les soins disponibles en prison ne sont pas adaptés à des personnes comme lui». Pourtant, comme l'indique Patrice Gandais, un autre représentant syndical de l'UNSA-UFAP, il existe un centre médico-psychologique régional à Caen, ouvert il y a quatre ans. Problème: «Cette unité ne fonctionnait plus que partiellement depuis deux ans et demi, faute de moyens et de personnel.»

Un médecin confirme lui avoir prescrit du viagra

Par ailleurs, un médecin confirme avoir prescrit du Viagra à Evrard, lorsque celui-ci était encore en prison. Un praticien, travaillant dans la prison où le délinquant sexuel était incarcéré, «s'est présenté spontanément dans un service de police de Caen et a reconnu avoir fait cette prescription» en juin, selon la procureure de la République adjointe de Lille, Brigitte Lamy. Le médecin a cependant souligné qu'il n'avait «pas eu accès au dossier judiciaire de son patient», condamné en 1975, 1985 et 1989 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs. Francis Evrard aurait indiqué au médecin vouloir «rencontrer des filles» après sa sortie de prison, le 2 juillet.

De manière générale, les médecins exerçant en prison n'ont pas accès au dossier judiciaire des détenus même s'ils connaissent souvent les raisons de leurs incarcérations. «Les médecins n'ont pas accès au fichier pénal des détenus et l'administration pénitentiaire n'a pas plus accès au dossier médical», rappelle Patrick Marest, porte-parole de l'Observatoire international des prisons (OIP), et selon lui, «il ne faut rien bouger de cela».

Les propos du praticien corroborent ainsi les déclarations faites en garde à vue par Francis Evrard, qui avait été retrouvé mercredi soir, avec sa victime, en possession d'une plaquette entamée de Viagra, ce médicament destiné à lutter contre l'impuissance. Une révélation qui, samedi, avait suscité la consternation de la famille d'Enis: «C'est comme si on donnait un arme à un braqueur qui sort de prison», avait déploré l'avocat de la famille, Me Emmanuel Riglaire.


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Mardi 21 août 2007


MATHIEU DELAHOUSSE et CYRILLE LOUIS.
 Publié le 21 août 2007
Actualisé le 21 août 2007 : 07h26


Malgré le renforcement de l'arsenal législatif, les textes laissent des zones d'ombres, notamment pour la prise en charge de la récidive.

 
L'AFFAIRE Evrard est emblématique des carences d'un système judiciaire et carcéral très cloisonné. Les criminels les plus dangereux ne font pas systématiquement l'objet d'une réponse pénale adaptée.
 
→ Les lacunes de la législation
 
Depuis dix ans, la loi concernant les délinquants sexuels a été modifiée de façon significative à trois reprises : en 1998, en 2005 et cet été, dans le cadre de loi contre la récidive. À chaque fois, des affaires criminelles sont pourtant venues souligner les lacunes aux conséquences dramatiques.
 
En 2002, le cas du récidiviste Jean-Luc Blanche, agresseur de quatre jeunes femmes alors qu'il était placé sous contrôle judiciaire, avait créé la polémique sur la question du suivi des délinquants après leur sortie de prison. Cette fois, la mise en cause de Francis Evrard à Roubaix pose notamment la question des remises de peines. Actuellement, les délinquants sexuels bénéficient des réductions de peine pour bonne conduite au même titre que n'importe quel autre détenu. Ce sont des mesures automatiques qui au bout du compte réduisent d'environ un tiers la peine prononcée.
 
→ Un suivi inégal après la sortie
 
Aujourd'hui, 1 063 délinquants sexuels ont l'obligation de consulter un médecin dans le cadre du suivi sociojudiciaire. Cette mesure, créée en 1988, vient d'être renforcée par la loi sur la récidive présentée cet été par Rachida Dati. Le texte ajoute une obligation de soins. Mais la durée du suivi sociojudiciaire ne peut excéder dix ans pour les délits et vingt ans pour les crimes. Et jusqu'à une disposition récente (la « surveillance judiciaire »), aucune mesure n'était prévue pour les criminels condamnés avant 1998 mais qui, ayant purgé leur peine, commencent à sortir.
 
Le fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais) a, lui, déjà enregistré les identités et les adresses de 37 000 pédophiles ou violeurs. Mais, pour exercer une surveillance quasiment en direct, seul le bracelet électronique mobile permet un suivi géographique.
 
Uniquement destiné aux délinquants dangereux durant les dernières années de leur peine, ce bracelet requiert le consentement de l'intéressé. Il peut le refuser et attendre une « sortie sèche » à l'issue de sa peine. L'autre interrogation porte sur ses effets. Au Canada, il a permis de réduire la récidive de moitié mais pas de la réduire à néant.
 
→ Une prison inadaptée
 
La formation des différents acteurs de la prison est insuffisante pour faire face ce type de détenus, avait noté dès juillet 2005 Jean-François Burgelin, haut magistrat, dans un rapport sur « la santé, la justice et les dangerosités ». Les délinquants sexuels représentent pourtant de 22 à 26 % de la population pénale.
 
« Le système tel qu'il est fait encourage la dissimulation, témoigne l'avocate Véronique Bianchi. Avouer ou accepter un suivi permet de faciliter les aménagements de peine. Certains »grands pervers*, qui ont l'arsenal intellectuel pour dissimuler, parviennent parfois à tromper tout le monde ».
 
Un juge d'application des peines estime que « quand il s'agit de faire le tri, la mission est parfois délicate, surtout quand on doit suivre de 100 à 200 dossiers de détenus par an, en plus de sa charge de travail habituelle ».
 
Un autre professionnel soupire : « On vit dans une hypocrisie. On distribue des préservatifs en prison alors qu'officiellement on se garde bien d'encourager les relations sexuelles entre détenus. »
 
→ Des carences dans l'évaluation de la dangerosité
 
Jusqu'à présent, la justice assure le suivi des délinquants sexuels remis en liberté au moyen d'un arsenal unique de mesures, quel que soit leur degré de dangerosité.
 
Or, selon les psychiatres, seuls 10 à 15 % des 12 000 auteurs d'agressions sexuelles actuellement incarcérés présentent un risque de récidive élevé.
 
Selon le docteur Roland Coutanceau, membre de la Commission d'analyse et de suivi de la récidive, « il est temps que les professionnels aient le courage de procéder à de véritables évaluations en fin de peine, afin de mettre sur pied des dispositifs de surveillance sur mesure ».
 
De la sorte, les moyens de prévention de récidive les plus efficaces - pointage obligatoire au commissariat, bracelet électronique mobile, traitement hormonal voire enfermement - pourraient être réservés aux criminels les plus dangereux.
 
A contrario, certains délinquants pourraient bénéficier d'un suivi « light » et par conséquent « moins consommateur de moyens parce qu'un expert les aura jugés peu susceptibles de passer à l'acte », complète Roland Coutanceau.

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Lundi 20 août 2007
LILLE (AFP) - Un médecin de la prison de Caen, où avait été détenu jusqu'au 2 juillet le pédophile récidiviste Francis Evrard, écroué vendredi pour les rapt et viol du petit Enis à Roubaix (Nord), a reconnu lui avoir prescrit du Viagra, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Lille.

Le médecin "s'est présenté dans un service de police de Caen spontanément et a reconnu avoir fait cette prescription", a déclaré à l'AFP la procureure adjointe de la République de Lille, Brigitte Lamy, se refusant à plus de précisions. Elle confirmait une information de la radio RTL.


Un médecin de la prison de Caen, où avait été détenu jusqu'au 2 juillet le... Agrandir la photo

 

Les propos du praticien corroborent ainsi les déclarations faites en garde à vue par Francis Evrard, qui avait été retrouvé mercredi soir, avec sa victime, en possession d'une plaquette entamée de Viagra, un médicament contre l'impuissance masculine.

Selon des sources proches de l'enquête, le praticien, qui s'est présenté dimanche aux policiers, a expliqué avoir établi cette ordonnance en juin.

Il a souligné qu'il n'avait "pas eu accès au dossier judiciaire de son patient", condamné en 1975, 1985 et 1989 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineurs.

Francis Evrard, 61 ans, aurait indiqué au médecin vouloir "rencontrer des filles" après sa sortie de prison, le 2 juillet, d'après les mêmes sources. Son avocat Me Jérôme Pianezza avait indiqué samedi qu'il avait demandé du Viagra car il souffrait de "troubles de l'érection".

Le pédophile, qui terminait alors une peine de 27 ans de réclusion criminelle pour viols sur mineurs, aurait consulté le médecin dans le cadre de l'unité de consultations et de soins ambulatoire du centre pénitentiaire de Caen, ont précisé des sources proches de l'enquête. Selon l'UFAP (syndicat de surveillant), 70 à 75 % des détenus de Caen sont des délinquants sexuels.

La révélation samedi de la possible délivrance d'une ordonnance de Viagra par un médecin de la prison avait suscité la "consternation" de la famille d'Enis.

"C'est comme si on donnait un arme à un braqueur qui sort de prison", avait déploré l'avocat de la famille, Me Emmanuel Riglaire.

Le père et le grand-père du garçonnet devaient être reçus lundi à l'Elysée par le président de la République Nicolas Sarkozy, qui a également convoqué lundi une réunion sur le suivi des délinquants sexuels avec les ministres concernés.

La ministre de la Justice, Rachida Dati, a annoncé dimanche que le ministère de la Santé avait diligenté une enquête sur ce volet de l'affaire, promettant que "la lumière (serait) faite".



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Lundi 20 août 2007


LE MONDE | 17.08.07 | 15h30  •  Mis à jour le 17.08.07 | 15h30


Q
ue faire des délinquants sexuels ? A chaque fait divers, la question se repose et suscite des réactions et des propositions politiques. Une semaine après la promulgation d'une loi sur la récidive, qui comporte une partie sur le traitement des délinquants sexuels, le président Nicolas Sarkozy annonce dans un communiqué, publié jeudi 16 août, qu'il va réunir, lundi 20 août, les ministres concernés, afin d'étudier les mesures à prendre "pour garantir que les personnes condamnées pour des agressions graves, notamment d'ordre sexuel, ne soient plus en situation de recommencer de tels actes une fois purgées leur peine de prison".

Depuis 1998, la loi encadre les agissements des délinquants sexuels, afin de prévenir leur récidive. La garde des sceaux de l'époque, Elisabeth Guigou, avait instauré un suivi socio-judiciaire pour prendre en charge les délinquants sexuels. Mais cette loi consensuelle a souffert d'un manque de moyens en personnel médical.

Dans son rapport du 28 juin, la commission d'analyse et de suivi de la récidive dressait un bilan critique de ce suivi : "Le nombre de mesures prononcées est peu élevé au regard du nombre d'infractions relevant potentiellement de ce dispositif." 1063 mesures de suivi ont été prononcées par les juridictions, ce qui correspond selon une étude de la Chancellerie à "10,5 % des cas où cela était possible". La commission rappelait que 90 médecins coordinateurs sont recensés pour 181 tribunaux de grande instance.

La loi sur la récidive du 11 août "impose un suivi médical et judiciaire obligatoire", après expertise médicale, pour les auteurs "d'infractions les plus graves et principalement de nature sexuelle". Ce volet entrera en application au printemps 2008. Le ministère de la justice souligne qu'il travaillera avec le ministre de la santé pour augmenter le nombre de médecins coordinateurs. "Les moyens seront mis en oeuvre", assure un porte-parole du ministère de la justice, sans convaincre les syndicats de magistrats et les professionnels médicaux.

Dominique Perben avait mis en place le fichier automatisé des auteurs d'infractions sexuelles et Pascal Clément les mesures de surveillance judiciaire à la sortie de prison et l'expérimentation du bracelet électronique mobile. Cette mesure à l'essai auprès d'une dizaine de détenus devrait être étendue en 2008.

Francis Evrard n'était pas le bénéficiaire d'une justice laxiste. Récidiviste, sa peine avait augmenté à chaque incarcération. Il n'avait pas bénéficié d'une sortie sèche, mais avait quitté la prison dans le cadre d'une mesure de surveillance judiciaire. Il devait rencontrer un juge d'application des peines et était prêt à suivre un traitement hormonal.

Le communiqué de la présidence de la République indique la volonté d'aller encore plus loin. "La lutte contre la récidive est une priorité de Rachida Dati. Nous allons continuer à faire évoluer notre dispositif", explique la Chancellerie.

Dans un rapport de 2005, l'ancien procureur général de la cour de cassation, Jean-François Burgelin avait mis en exergue les exemples de l'Allemagne et des Pays-Bas qui prévoient des mesures d'enfermement pour "contenir des individus, qui, bien qu'ayant purgé leur peine, demeurent dangereux pour autrui".

Nicolas Sarkozy a plaidé à plusieurs reprises pour le traitement chimique des délinquants sexuels. Des essais sont menés par le professeur Serge Stoléru à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Alain Salles
Article paru dans l'édition du 18.08.07.

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Lundi 20 août 2007

ANNE-CHARLOTTE DE LANGHE et JEAN-MARC LECLERC.
 Publié le 20 août 2007
Actualisé le 20 août 2007 : 07h53

Révélatrice des dysfonctionnements dans la lutte contre la pédophilie, l'affaire Evrard va être au centre d'une réunion interministérielle aujourd'hui. Le gouvernement pourrait s'inspirer d'exemples étrangers.

 
L'AFFAIRE Évrard est devenue le catalyseur de tous les dysfonctionnements dans le traitement de la pédophilie. Au point que le président de la République, Nicolas Sarkozy, tiendra aujourd'hui, de retour des États-Unis, une réunion d'urgence pour étudier de nouvelles dispositions propres à prévenir la récidive en matière d'agressions sexuelles. Francis Évrard, 61 ans, arrêté à Roubaix mercredi dernier, alors qu'il venait de violer un enfant de cinq ans, a bénéficié en effet d'incroyables vides juridiques. Condamné en 1975, 1985 et 1989, cet homme ne pouvait être soumis à l'obligation de suivi socio-éducatif des malades sexuels prévu dans la loi de 1998. Il a purgé ses peines successives sans bénéficier d'une libération injustifiée. Il a « fait son temps », accomplissant même la peine maximale prévue. Mais voilà : en prison, d'abord soumis à un traitement médical, il n'acceptait ensuite plus les soins parce que la justice lui avait refusé une libération conditionnelle. Il pouvait surfer sur Internet à sa guise et a même fait l'objet d'une procédure judiciaire pour détention d'image pédophile alors qu'il était derrière les barreaux !
 
Une simple procédure de surveillance judiciaire
 
De nombreuses carences éclatent aujourd'hui au grand jour. Ainsi, à sa sortie de prison le 2 juillet dernier, Francis Évrard n'était astreint qu'à une procédure de surveillance judiciaire, « c'est-à-dire rien ! », s'insurge Bruno Thouzellier, le patron de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire). Le violeur présumé devait, en théorie, se soigner, demeurer à Rouen et répondre aux convocations du juge d'application des peines (JAP). Celui-ci devait d'ailleurs le recevoir le 24 août. Mais pour lui proposer quoi, si ce n'est un suivi médico-social qui dépend du bon vouloir du malade ? Rassemblés autour du premier ministre François Fillon, les ministres de la Justice, de l'Intérieur et de la Santé ont indiqué hier, après à une séance de travail à Matignon, que « toutes les pistes doivent être explorées » pour empêcher le passage à l'acte de ces délinquants, qualifiés par le ministre de l'Intérieur de « véritables dangers », incapables de refréner leurs pulsions. S'inspirant d'exemples étrangers, deux parlementaires UMP ont d'ores et déjà fait entendre leur voix. Le sénateur de Paris, Philippe Goujon, prône l'ouverture d'unités hospitalières psychiatriques à l'intérieur de centres fermés. Au Canada et aux Pays-Bas, les détenus ayant fait leur temps derrière les barreaux peuvent en effet continuer à être soignés s'ils sont toujours jugés dangereux. En Grande-Bretagne, des peines à durée « indéterminée » peuvent être prononcées. Georges Fenech, député du Rhône, préconise quant à lui une innovation calquée sur le modèle américain. Et souhaite, comme c'est le cas en Floride, que les adresses des délinquants sexuels sortant de prison figurent sur un site Internet « consultable par tous ».
 
Au cours de la réunion prévue aujourd'hui, le débat sur la « castration chimique » des délinquants sexuels pourrait également opérer un retour en force. En 2005, déjà, Nicolas Sarkozy avait évoqué la nécessité de « sortir des tabous concernant le suivi médicamenteux » des criminels sexuels remis en liberté. « Si l'on attend de ces individus qu'ils soient volontaires pour se soigner, on peut attendre longtemps », avait-il déclaré.
 
En première ligne sur ce dossier, le ministre de la Justice, Rachida Dati, entend bien évidemment insister sur « le signal fort et dissuasif » qu'envoie aux délinquants les plus coriaces sa toute nouvelle loi de lutte contre la récidive. Un texte que les syndicats de magistrats qualifient de poudre aux yeux, la justice ne s'offrant, selon eux, ni les moyens humains ni les moyens financiers de ses ambitions. La réunion de ce jour pourrait précipiter l'adoption de certaines dispositions, comme la systématisation de l'injonction de soins, dont la mise en place concrète a été repoussée à mars 2008, faute de médecins coordonnateurs en nombre suffisant. Elle sera aussi l'occasion de dresser un premier bilan des multiples innovations législatives survenues ces dernières années en matière de prise en charge et de suivi des délinquants sexuels, comme l'instauration des premiers bracelets électroniques en 2000 ou la création du fichier national des délinquants sexuels en 2005. Autant de mailles d'un filet au travers desquelles les plus gros poissons parviennent toujours à se faufiler.

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Dimanche 19 août 2007
PARIS (Reuters) - Le cas de Francis Evrard, pédophile récidiviste de 61 ans arrêté mercredi dernier alors qu'il venait de violer un enfant de cinq ans enlevé à Roubaix (Nord), a suscité plusieurs enquêtes et un débat politique sur l'utilité de nouvelles mesures législatives.

La ministre de la Justice Rachida Dati a confirmé l'ouverture d'une enquête du ministère de... Agrandir la photo La ministre de la Justice Rachida Dati

La ministre de la Justice Rachida Dati s'est rendue à Lille dimanche où elle a rencontré la famille de la victime, Enis, les magistrats et les enquêteurs intervenus dans l'affaire.

Le Garde des sceaux a confirmé qu'une enquête du ministère de la Santé était ouverte pour déterminer comment le suspect de 61 ans était parvenu à se procurer le Viagra qu'il détenait sur lui au moment de son arrestation.

L'affaire du pédophile Francis Evrard, écroué pour les rapt et viol d'Enis à Roubaix (Nord),... Agrandir la photo Francis Evrard, écroué pour les rapt et viol d'Enis à Roubaix (Nord)

Lors de sa garde à vue, ce multi-récidiviste, déjà condamné trois fois et qui a passé la majeure partie de sa vie en prison depuis 1975, a déclaré aux policiers que le stimulant sexuel lui avait été prescrit à sa demande par un médecin de la prison de Caen, juste avant sa sortie le 2 juillet dernier au terme de 18 ans derrière les barreaux.

Il assure avoir obtenu l'ordonnance en expliquant qu'il souhaitait avoir des rapports avec des femmes à sa sortie de détention et assure avoir acheté le médicament dans une pharmacie de Rouen. "Tout cela n'est pas avéré. (...) En détention, on ne peut pas recevoir d'ordonnance médicale", a dit Rachida Dati aux journalistes à Lille.

Les médecins travaillant en détention sont indépendants de l'administration pénitentiaire et relèvent de l'administration de la Santé.

Seul le juge d'instruction en charge de l'affaire principale, où Francis Evrard est mis en examen et écroué pour "enlèvement séquestration, viol aggravé en récidive, agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans", pourra lever le secret médical et faire la lumière sur l'épisode.

REUNIONS MINISTERIELLES

Le Premier ministre François Fillon, Rachida Dati, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie et la ministre de la Santé Roselyne Bachelot se sont réunis dimanche après-midi à Paris pour préparer une rencontre lundi sur le sujet plus général de la récidive avec le président Sarkozy.

Le chef de l'Etat a souhaité que soient examinées "les mesures qu'il convient de prendre en s'inspirant des exemples étrangers".

Francis Evrard, qui a purgé la peine maximale prévue par la loi, avait été placé à sa sortie de prison sous "surveillance judiciaire" , dispositif le plus sévère lui étant applicable et il devait en théorie se soigner, demeurer à Rouen et répondre aux convocations du juge d'application des peines (JAP).

La dernière loi sur le sujet de la récidive, rédigée par Rachida Dati et qui a été promulguée début août, a soumis les demandes de réduction de peine à l'obligation de soins en détention mais elle n'aurait servi à rien pour Francis Evrard : d'abord traité, il a refusé de poursuivre les soins après justement le refus d'une libération conditionnelle.

Les options qui s'ouvrent au gouvernement sont l'extension des soins médicaux obligatoires après la prison pour inhiber la libido des criminels sexuels (la "castration chimique"), d'éventuelles hospitalisations de force après la prison et l'extension de l'utilisation du bracelet électronique mobile.

Toutes présentent des obstacles : la "castration chimique", à l'efficacité encore douteuse, fait l'objet depuis 2004 de tests médicaux qui sont au point mort. L'hospitalisation de force sur décision judiciaire pose des problèmes juridiques. Le bracelet électronique mobile, expérimenté actuellement, suppose d'importants moyens techniques et des personnels pour fonctionner efficacement.

Par avance, l'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) a stigmatisé ce qu'il appelle une "danse de Saint-Guy législative", rappelé que les lois actuelles sont mal appliquées faute de moyens et demandé des mesures concrètes.

"On a moins besoin de loi que de moyens supplémentaires donnés aux magistrats et aux travailleurs sociaux", a dit samedi à Toulon François Hollande, premier secrétaire du PS.



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Dimanche 19 août 2007
NOUVELOBS.COM | 19.08.2007 | 11:51

La ministre de la Justice s'est rendue à Lille pour une réunion avec les "acteurs" du plan "alerte enlèvement".

La ministre de la Justice Rachida Dati

La ministre de la Justice Rachida Dati

(c) AFP
La ministre de la Justice Rachida Dati a vu la famille d'Enis à Roubaix dimanche matin 19 août avant de rencontrer au tribunal de grande instance de Lille les témoins, policiers et magistrats ayant permis de retrouver l'enfant et d'arrêter son agresseur présumé.
Peu avant son déplacement au TGI de Lille, la ministre de la Justice a rencontré le père d'Enis et ses grand-parents à leur domicile de Roubaix (Nord).
La ministre n'a pas vu Enis, parce son père veut le protéger.
Rachida Dati "a dit qu'elle nous soutenait, qu'elle allait nous aider. Elle a dit qu'elle allait changer la législation pour qu'elle soit plus sévère pour les (délinquants sexuels) récidivistes. C'est important, cela montre qu'ils veulent changer les choses, pour que ça n'arrive plus", a expliqué le père d’Enis, Mustafa Kocakurt.
 
Rencontre avec les "acteurs" du plan "Alerte Enlèvement"

La rencontre prévue ensuite avec les "acteurs" du plan "Alerte Enlèvement" lancé mercredi après la disparition d'Enis, 5 ans, à Roubaix, réunissait le préfet délégué à la sécurité, plusieurs policiers, les deux magistrates du parquet qui ont coordonné les recherches au TGI de Lille, et deux témoins décisifs, un patron de bar et un chauffeur de taxi, qui ont permis de retrouver l'enfant et son agresseur présumé.
Mme Dati a salué les participants à la réunion à son arrivée au tribunal, mais ne s'est pas adressé à la presse.
Le chauffeur de taxi Xavier Labarre, un des témoins qui a permis de retrouver Enis et son agresseur présumé, le pédophile Francis Evrard, s'est déclaré "relativement surpris" de l'invitation à rencontrer la ministre. "C'est beaucoup de reconnaissance, je n'ai pas fait ça (témoigner, ndlr) pour passer devant les caméras", a-t-il ajouté.
 
Déjà condamné plusieurs fois

Mis en examen et écroué vendredi soir pour enlèvement et séquestration, viols et agressions sexuelles sur mineur de 15 ans en récidive, Francis Evrard, 61 ans, est soupçonné d'avoir enlevé Enis mercredi vers 14H30 et de l'avoir violé dans un garage fermé à Roubaix, où il a été arrêté jeudi à 00H10 en présence de sa victime.
Déjà condamné plusieurs fois pour des attentats à la pudeur et des viols sur deux mineurs, l'homme était sorti du centre de détention de Caen le 2 juillet après avoir purgé la totalité de sa peine.

Sur Internet


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