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'ouverture en 2009 d'un "hôpital fermé" spécialement dédié au traitement des pédophiles à Lyon, annoncé lundi par le Nicolas Sarkozy, n'a visiblement pas été décidée en accord avec le maire de la ville, Gérard Collomb. Le sénateur-maire PS s'est dit "surpris", mardi 21 août, par cette "hypothèse", qu'il a découvert "par le biais de la presse". Deux anciens gardes des sceaux, Marylise Lebranchu et Pascal Clément, ont quant à eux émis des réserves sur ces mesures, estimant même qu'elles pourraient poser des problèmes d'ordre constitutionnel.
"SYSTÈME ASILAIRE"
M. Collomb, qui est également président des Hospices civils lyonnais (HCL), a dénoncé, dans un communiqué, une "annonce visiblement hâtive et faite sans préparation et sans discussion avec le terrain", s'étonnant qu'une telle décision puisse être prise "sans concertation ni avec les élus, ni avec les corps médical et hospitalier local". L'Administration pénitentiaire régionale a également affirmé ne pas avoir d'information sur cet "hôpital fermé".
Marylise Lebranchu, ancienne garde des sceaux socialiste, a, pour sa part, dénoncé le durcissement de la législation contre les délinquants sexuels prévu par Nicolas Sarkozy, estimant qu'elle illustrait "l'échec de la politique pyschiatrique" du gouvernement. "Nous revenons au système asilaire. C'est une forme de retour vers la barbarie", a-t-elle regretté dans une interview au Parisien daté de mardi.
"INCONSTITUTIONNALITÉ"
Tout en affirmant que "les propositions du président vont dans le bon sens", Pascal Clément, ancien ministre de la justice du gouvernement Villepin, a mis en garde contre les risques constitutionnels liés à ces mesures, qui pourraient empêcher leur application. "Est-ce que l'on peut considérer que l'enfermement psychiatrique est une peine ou n'est pas une peine", s'est interrogé M. Clément sur France Inter. "Si c'est une peine, vous tombez sous l'inconstitutionnalité de la loi parce que vous ne pouvez pas rajouter à une peine une autre peine", a-t-il conclu.
Nicolas Sarkozy a annoncé la création de cette infrastructure lundi, à l'issue d'une réunion interministérielle consacrée à la récidive. En pratique, cet hôpital spécialisé accueillerait des délinquants sexuels jugés trop dangereux pour être libérés au terme de leur incarcération.
Il n'existe actuellement aucune prison spécialisée dans l'accueil et le traitement des pédophiles en France. Certains centres de détention, notamment à Casabianda (Haute-Corse), Mauzac (Dordogne), et Caen, où a été incarcéré Francis Evrard, comptent entre 75 % et 85 % de délinquants sexuels.







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