Nord-Broye
RSSESTAVAYER-LE-LAC (FR) | 00h37 Un rebouteux retraité et deux de ses collaborateurs étaient prévenus d'avoir poussé une patiente à suspendre son traitement contre la maladie de Parkinson. Le trio est acquitté, faute de preuves.
SYGMA | Pratiquer le magnétisme n'est pas répréhensible en soi.
P. C. | 17 Avril 2008 | 00h37
Ancienne célébrité dans le monde des magnétiseurs, le Broyard Max M. s'est retrouvé hier devant le Tribunal de police d'Estavayer-le-Lac. Ce septuagénaire était prévenu de lésions corporelles simples par négligence, et éventuellement de contravention à la loi sur la santé. La raison? Bianca*, une Genevoise dans la cinquantaine, atteinte de la maladie de Parkinson, aurait cessé de prendre ses médicaments en 2004, sur ses conseils.
Bianca avait consulté le magnétiseur chez lui, à Sévaz, dans la Broye fribourgeoise, fin 2004. Elle affirme que Max M. lui aurait dit: «Vous ne souffrez pas de la maladie de Parkinson, votre problème est psychique.» Il lui aurait alors conseillé de cesser ses médicaments. Lors des six séances suivantes, Bianca a été traitée par deux collaborateurs de Max. M., dont un ancien policier à la retraite reconverti dans le magnétisme. Bianca a payé au total 700 francs, pour sept séances de magnétisme. Bilan: «A la fin, je ne pouvais plus marcher et j'avais des douleurs musculaires affreuses», raconte Bianca.
Max M. conteste avoir dit à Bianca d'arrêter ses pilules. «Je ne me mêle jamais de médicaments, sauf pour les antidépresseurs, dit-il. Je demandais à mes patients d'arrêter les antidépresseurs quelques jours avant la dernière séance de magnétisme, s'ils le pouvaient.» Max M. jure qu'il n'a jamais procédé autrement. A l'époque des faits, en 2004, il est une célébrité. Plusieurs journaux romands lui consacrent de gros articles, plutôt élogieux. Dans L'Illustré, il déclare pouvoir guérir la dépression par la simple imposition des mains. En 2004, cet ancien caissier de banque s'apprêtait à ranger ses pendules, non sans avoir formé la relève: plusieurs «disciples», des magnétiseurs plus jeunes, qui allaient perpétuer son «art».
Des «honnêtes gens»
«On a affaire à d'honnêtes gens», a lancé Me Jean-Marie Favre, défenseur du trio. Selon lui, cette affaire n'aurait jamais dû franchir la porte d'un tribunal. Et de dénoncer les prétentions en dommages et intérêts, «gigantesques et infondées», de Bianca: 150 000 francs. «Ce qui n'est pas banal non plus, c'est qu'on a demandé à Max M. de s'acquitter de cette somme dans les 10 jours sous peine de dénonciation pénale. On est à la limite de l'extorsion!» Le juge Marc Sugnaux a acquitté les trois magnétiseurs: «Il en va du magnétisme comme de l'homéopathie, a expliqué le magistrat. Ce sont des pratiques complémentaires à la médecine et qui, selon l'adage populaire, ne peuvent pas faire de mal... pour autant que les praticiens connaissent leurs limites.» En l'occurrence, rien ne prouve qu'ils auraient commis un acte répréhensible.
* prénom d'emprunt












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