ROME - Le parquet de Naples (sud) a demandé vendredi le renvoi en justice de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, accusé de corruption pour avoir demandé à un dirigeant de la télévision publique Rai d'embaucher cinq actrices, a annoncé l'agence Ansa.
Le parquet reproche à M. Berlusconi d'avoir demandé à Agostino Sacca, directeur de Rai-fiction, la branche de la télévision publique spécialisée dans la réalisation de films et séries télévisées, d'embaucher cinq actrices dans plusieurs productions.
M. Berlusconi (70 ans) aurait en contrepartie promis à M. Sacca, membre de Forza Italia, le parti de l'ancien chef de gouvernement, de l'aider, y compris financièrement, à réaliser ses propres projets dans le monde des affaires, selon la même source.
Un juge doit encore se prononcer sur la requête du parquet.
Cette demande de renvoi en justice intervient alors que les relations entre politiques et magistrats sont très tendues, après la mise en cause pour corruption dans une enquête judiciaire du ministre de la Justice, Clemente Mastella, qui a démissionné jeudi.
L'ex-chef de gouvernement (2001-2006) avait d'ailleurs immédiatement pris position en faveur de M. Mastella, qui appartenait au milieu des années 1990 à sa majorité de droite, dénonçant "des franges de la magistrature qui polluent la vie de ce pays".
La demande de renvoi en justice de M. Berlusconi est le résultat d'une enquête sur un cabinet comptable de Naples, soupçonné de fraude fiscale, qui avait des contacts dans le monde du spectacle.
Les écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre de cette enquête auraient d'abord mené à M. Sacca puis à M. Berlusconi, selon Ansa.
Silvio Berlusconi a été poursuivi dans une dizaine d'affaires pour corruption, fraude fiscale, faux en bilan ou encore financement illicite de parti politique.
Il a plusieurs fois été condamné en première instance, mais a toujours été relaxé en appel ou a bénéficié de la prescription.
Il comparaît actuellement dans un procès pour corruption devant le tribunal de Milan, en compagnie de son ex-avocat britannique David Mills.
M. Berlusconi est accusé d'avoir versé à M. Mills 600.000 dollars en échange de faux témoignages en sa faveur devant la justice italienne au cours de deux procès remontant à la fin des années 90. Les peines encourues par les deux prévenus vont de 4 à 12 ans de prison.
(©AFP / 18 janvier 2008 17h26)



