Lundi 20 Octobre 2008
COURS D'ASSISES. Yann Roith avait essayé de tuer son ex-compagne en 2006 à Puilboreau. Il comparaîtra lors de cette session
d'assises qui examinera également trois affaires de viols sur mineurs
Préméditation ou non ? Voilà l'une des questions auxquelles les jurés de la cour d'assises de la Charente-Maritime, réunie à Saintes, devront répondre lorsqu'ils
auront à examiner l'affaire pour laquelle comparaîtra Yann Roith, les jeudi 23 et vendredi 24 octobre.
Né le 15 juillet 1973 à La Rochelle, cet homme est détenu à la maison d'arrêt de Fontenay-le-Comte (Vendée) depuis le 13 mai 2006. Il est, en effet, accusé d'avoir
voulu assassiner son ex-compagne Karina, deux jours plus tôt à Puilboreau.
La fin d'une relation.
Ce jour-là, vers 19 h 30, le commissariat de La Rochelle est informé qu'une jeune femme, victime d'une blessure par balle au niveau de l'abdomen, vient d'être
admise aux urgences du centre hospitalier.
Elle y a été conduite par le frère de Yann Roith. A l'arrivée de la police, celui-ci leur indique que l'arme utilisée se trouve dans le coffre de la voiture de la
victime.
Quelques heures plus tard, c'est au tour de Yann Roith de se présenter aux policiers. Il leur indiquera avoir tiré sur son ex-compagne, après une discussion où elle
lui aurait dit ne plus vouloir vivre avec lui.
Il précise qu'il a gardé une cartouche dans sa poche, afin de pouvoir mettre fin à ses jours. L'arme ? Il l'a achetée quelques jours auparavant à Mireuil, un
quartier de La Rochelle, et l'avait cachée sur l'île de Ré. Déterminé, il l'avait reprise le matin des faits, avec l'intention de mettre fin à cette relation conflictuelle en tuant la jeune femme
et en se donnant la mort ensuite, explique encore aux policiers Yann Roith.
Blessée à l'abdomen.
Ce 11 mai, il donne rendez-vous à Karina au camping de Puilboreau, où il occupe un bungalow, pour discuter de leur relation.
À son arrivée, il monte dans la voiture et tente de la convaincre de reprendre une vie commune. Devant son refus, il sort son arme. Ils se battent et, selon le
jeune homme, le coup part.
Dans sa version, Yann Roith affirmera avoir transporté, ensuite, la jeune femme jusqu'à son bungalow. Là, il sera pris d'une envie d'en finir en se servant d'un
couteau se trouvant là. Mais il y renoncera et laissera partir sa victime.
Une autre version.
Karina présentera une version un peu différente. Pour elle, la relation avec Yann Roith, qui avait débuté en novembre 2004, avait cessé le 2 avril 2006, lorsque son
compagnon l'avait menacée, elle et ses filles, avec une carabine. « Il est très agressif quand il est alcoolisé. Et c'est souvent », dit-elle.
Si elle accepte de se rendre au rendez-vous du 11 mai, c'est pour une ultime explication.
Dans sa déposition devant les enquêteurs, Karina affirmera que Yann a braqué, tout de suite, son arme sur elle, après être monté en voiture, en disant qu'il allait
la tuer. Elle a, alors, saisi le canon de l'arme pour tenter de la dévier, mais il a quand même tiré, au niveau de l'estomac.
Karina l'a ensuite convaincu de lâcher son arme et de la mettre dans le coffre de la voiture. Et, tandis qu'il essaie de l'amener dans le bungalow, elle se débat :
« J'ai crié, il n'a pas insisté. »
Après avoir quitté les lieux, elle ira trouver le frère de Yann, qui l'accompagnera jusqu'à l'hôpital où elle sera soignée pour une plaie superficielle de la paroi
abdominale.
Préméditation ? Si Yann Roith, qui ne supportait pas l'idée de cette séparation, a tout de suite reconnu les faits, il a toujours réfuté l'idée d'une
préméditation.
C'est pourtant ce que le magistrat instructeur avait retenu lors de sa mise en accusation : tentative d'homicide avec préméditation, le 14 septembre 2007. Yann
Roith avait fait appel le 21 septembre, mais la chambre d'instruction de la cour d'appel de Poitiers a confirmé le premier choix de l'instruction, et c'est bien sous ce chef d'accusation que Yann
Roith comparaîtra, jeudi et vendredi, devant les jurés de la cour d'assises.
Auteur : Didier Faucar
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