Patrick Devedjian fait des propositions pour que les Français retrouvent confiance en leur justice.
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Par Elisabeth Studer le 25 mai 2007 |
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A l'occasion de la publication de son rapport mondial, la branche française de Transparency International, ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption, invite le président Nicolas Sarkozy à mettre en oeuvre sa promesse de renforcer l'indépendance et les moyens de la justice en France.
L'ancienne magistrate de Paris Eva Joly a quant à elle critiqué jeudi Nicolas Sarkozy pour ce qu'elle voit comme des attaques du nouveau président français envers l'indépendance de la presse et de la justice. "La démocratie ce n'est pas invoquer Jaurès ou Blum (...) Une démocratie ça se mesure à sa presse indépendante et à sa justice indépendante et je trouve que ce que nous voyons en France est plutôt inquiétant", a-t-elle déclaré.
L'organisation Transparency souligne dans un communiqué "l'actualité de ces engagements" et réaffirme "son attachement à l'indépendance de la justice et à l'égalité d'accès des citoyens au service judiciaire".
Répondant durant la campagne électorale à un questionnaire de Transparency sur la corruption, Nicolas Sarkozy avait soutenu deux propositions. Il se prononçait pour le renforcement des moyens d'action du pôle financier du tribunal de Paris et des huit juridictions inter-régionales financières.
Il s'était engagé par ailleurs à favoriser la mise en oeuvre au plan européen de diverses propositions formulées dans une déclaration des parlements européens en février 2002, concernant la transparence des mouvements de capitaux, la coopération judiciaire, policière et administrative, et les règles contre le blanchiment d'argent.
Transparency International insiste sur le respect de l'indépendance de la justice, qui "doit en particulier se traduire lors des nominations aux plus hautes fonctions de la magistrature", écrit Daniel Lebègue, président de TI-France. Quelques semaines avant l'élection présidentielle, une vague de nominations de magistrats jugés proches de la droite à des postes-clés de la magistrature a suscité l'inquiétude du Syndicat de la magistrature.
Patrick Ouart, proche de Nicolas Sarkozy et nommé la semaine dernière conseiller du Président pour les affaires judiciaires, vient pour sa part de se défendre sur sa mise en examen. "On n'aurait pas parlé de cette affaire si je n'avais pas été nommé à l'Elysée. C'est une affaire dans laquelle il n'y a pas de plainte, pas de victime, pas de préjudice et où j'interviens dans le cadre strict des fonctions que j'occupais alors en qualité de secrétaire général de Suez ", a-t-il déclaré sur France info.
L'hebdomadaire Capital a annoncé vendredi dernier sur son site internet que Patrick Ouart, mis en examen depuis 2006, devait être jugé dans les mois qui viennent par le tribunal correctionnel de Bruxelles. L'affaire remonte à 2004, alors que Patrick Ouart, ex-conseiller d'Edouard Balladur à Matignon, occupait le poste de secrétaire général du groupe Suez. Le dossier concerne une présumée tentative d'espionnage industriel menée en février 2004 par le groupe français Suez sur sa filiale belge à 51% Electrabel.
En 2005, le groupe français est accusé d'« accès non autorisé à un système informatique et (de) tentative d’écoute illicite ». "Un mouchard découvert sur l'ordinateur d'un employé d'Electrabel, l'EDF belge filiale de Suez dans ce pays, avait à l'époque entraîné l'ouverture d'une instruction judiciaire. L'enquête avait ensuite démontré que Suez avait commandité des intrusions informatiques chez Electrabel.
Amusant tout de même de savoir qu'en 2003, Patrick OUART est nommé Secrétaire général de SUEZ et surtout déontologue du Groupe .. Il est ainsi en charge de la Direction juridique de Suez ainsi que de la direction des secrétariats des organes de direction du Groupe (conseil d'administration, comité de la stratégie, comité des rémunérations …). Il est également chargé des questions d'éthique et de corporate governance... tout un programme...
Mais à la suite de cette « affaire » précitée, notre homme quitte discrètement Suez et se fait embaucher chez LVMH où il est conseiller de Bernard Arnault, Président de LVMH. Arnaud Lagardère, Hubert Vedrine – un temps pressenti pour être le nouveau ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Fillon .. où plutôt du Président Sarkozy, sont quant à eux membres du Conseil d'Administration de LVMH.
Eva Joly a pour sa part critiqué jeudi sur RTL les amitiés et les pratiques de Nicolas Sarkozy. Pour rappel, après avoir été juge à Paris jusqu'en 2002, elle est devenue conseillère du gouvernement de Norvège (son pays d'origine). Elle s'est surtout fait connaître du grand public pour avoir instruit de nombreuses affaires de corruption, dont le scandale visant la société Elf.
"Nous voyons un président de la République qui fête sa victoire d'élection avec Martin Bouygues (actionnaire majoritaire de TF1) et qui téléphone le 8 mai à Omar Bongo (président du Gabon) pour le remercier de ses bons conseils et qui ensuite, le 22 mai, nomme son directeur adjoint de campagne, (Laurent Solly) directeur adjoint de TF1", a relevé Eva Joly. "Pour moi c'était une violation d'une règle fondamentale en démocratie. Cela me paraît des conditions assez berlusconiennes et je souhaite mieux pour mon pays", a-t-elle dit à propos de la nomination de Laurent Solly.
Ne pas oublier également que le Président à peine élu s'est fait hébergé à titre gratuit - cela va de soi - par son ami Bolloré, néanmoins actionnaire à plus de 40 % de l'Institut de sondage CSA. Sans oublier le nombre important de PDG du CAC 40 présent au Fouquet's, dont notamment Henri Proglio, PDG de Veolia. Pour rappel, Stéphane Richard, directeur de la division transport de Veolia Environnement, a été nommé mardi directeur de cabinet du ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi Jean-Louis Borloo...
Dans un livre intitulé "La force qui nous manque", qui sort vendredi, l'ancienne magistrate déplore par ailleurs ce qu'elle estime être l'inaction des grandes puissances face à la corruption internationale. "La lutte contre la corruption est une urgence (...) En bâtissant notre confort sur un pacte corrupteur entre multinationales occidentales et despotes du tiers-monde et en abritant dans nos banques tout l'argent qui en découle, la partie riche du monde a semé colère et frustration. Elle devrait faire attention au compte à rebours", écrit-elle.
Sources : Reuters
Aucun pays ne ressort gagnant du classement réalisé à partir d'enquêtes d'opinions effectuées auprès de 11 232 cadres d'entreprise dans 125 pays. La Suisse, qui figure pourtant en première place, obtient 7,81 sur 10. Les Etats-Unis sont classés 9e (7,22), la France 15e (6,5). L'Italie est à la traîne des pays européens, à la 20e place (5,94).
Le double langage des entreprises occidentales est mis en évidence. "C'est de la pure hypocrisie de voir les gouvernements des pays de l'OCDE exprimer un attachement de pure forme à l'application de la législation, alors que les sociétés basées dans ces pays continuent de verser des pots-de-vin à travers la planète", déclare David Nussbaum, directeur général de Transparency International.
Quant aux puissances émergentes qui payent des dessous de table sur leur sol et à l'étranger, elles ont les plus mauvaises notes du classement, avec 5,16 pour la Russie, 4,94 pour la Chine, suivie de l'Inde, qui ferme la marche avec 4,62.
Les experts soulignent l'importance des pots-de-vin, malgré l'existence d'instruments internationaux qui rendent ces pratiques illégales. Les lois nationales, votées par les 36 signataires de la convention de l'OCDE contre la corruption de 1999, sont peu appliquées. Seuls les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Pologne et la Hongrie demandent à leurs lobbyistes de déclarer les relations qu'ils entretiennent avec des représentants officiels, souligne l'OCDE.
Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a aussi fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Ces préoccupations ne sont pas uniquement une posture morale. Le département américain du commerce estime en effet, qu'entre 1994 et 2003, le montant global de transactions conclus dans des conditions douteuses s'élevait à 260 milliards de dollars, dont 40 milliards pour des contrats qui n'ont jamais été signés.
Le sondage, mené dans 69 pays par l'ONG spécialisée dans la lutte contre ce fléau, révèle que plus de 30 % des familles vivant au Cameroun, au Paraguay, au Cambodge et au Mexique ont dû verser des pots-de-vin au cours de l'année écoulée.
Dans vingt-deux autres Etats, dont de nombreux pays en développement, mais aussi en Grèce et en République tchèque, cette proportion s'établit entre 11 % et 30 %.
Ce sont les populations d'Afrique, le continent le plus pauvre de la planète, qui versent, semble-t-il, la part la plus élevée de leurs revenus en pots-de-vin. En tête de liste, le Cameroun, le Ghana et le Nigeria, où plus de 20 % de la richesse nationale par habitant serait engloutie par la corruption.
"Cette étude démontre que les peuples pensent que la corruption est profondément ancrée dans leur pays", souligne Huguette Labelle, présidente de Transparency International, à l'origine de ce Baromètre mondial de la corruption, réalisé auprès de 55 000 personnes avec la collaboration de l'institut de sondage états-unien Gallup.

PARIS (Reuters) - La branche française de Transparency International, ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption, invite le président Nicolas Sarkozy à mettre en oeuvre sa promesse de renforcer l'indépendance et les moyens de la justice en France.
A l'occasion de la publication de son rapport mondial, l'organisation souligne dans un communiqué "l'actualité de ces engagements" et réaffirme "son attachement à l'indépendance de la justice et à l'égalité d'accès des citoyens au service judiciaire".
Répondant durant la campagne électorale à un questionnaire de Transparency sur la corruption, Nicolas Sarkozy avait soutenu deux propositions. Il se prononçait pour le renforcement des moyens d'action du pôle financier du tribunal de Paris et des huit juridictions interrégionales financières.
Il s'était engagé par ailleurs à favoriser la mise en oeuvre au plan européen de diverses propositions formulées dans une déclaration des parlements européens en février 2002, concernant la transparence des mouvements de capitaux, la coopération judiciaire, policière et administrative, et les règles contre le blanchiment d'argent.
Transparency International insiste sur le respect de l'indépendance de la justice, qui "doit en particulier se traduire lors des nominations aux plus hautes fonctions de la magistrature", écrit Daniel Lebègue, président de TI-France.
Quelques semaines avant l'élection présidentielle, une vague de nominations de magistrats jugés proches de la droite à des postes-clés de la magistrature a suscité l'inquiétude du Syndicat de la magistrature (SM, gauche).
L'article sur les peines planchers s'appliquerait aux crimes et aux délits passibles d'au moins dix ans de prison. L'auteur serait condamné à un minimum de 50 % de la peine maximale à la deuxième infraction, à 75 % de la peine à la troisième infraction et à 100 % à la quatrième. Le juge pourra appliquer des peines supérieures dès la deuxième infraction, mais il ne pourra pas aller en deçà de ces différents planchers. "Le juge peut ne pas condamner", explique Emmanuelle Mignon. "Il y a une question juridique qu'il faut surmonter, précise-t-elle, mais ce dispositif nous paraît compatible avec la Constitution. Sinon, on réformera la Constitution."
L'instauration de ces peines planchers, plusieurs fois proposée au Parlement et régulièrement repoussée, est voulue par Nicolas Sarkozy depuis novembre 2003. "Je ne lâcherai pas", avait-il déclaré alors. "C'est une décision que l'on veut mettre en oeuvre. Cela n'est pas négociable, explique Mme Mignon, Nicolas Sarkozy s'est exprimé clairement sur ces sujets pendant la campagne. Et les Français ont voté."
A la chancellerie, Dominique Perben et Pascal Clément se sont opposés à l'instauration des peines planchers. Jusqu'en 1994, le code pénal prévoyait des minima de peines, auxquels le juge pouvait déroger. "La position du Conseil constitutionnel est d'une grande clarté : une peine doit pouvoir être personnalisée. Tout système prévoyant une automaticité des peines serait très probablement jugé inconstitutionnel", avait estimé M. Clément, en novembre 2006.
Pour Christine Lazerges, professeur de droit pénal à Paris-I et spécialiste des questions de justice au Parti socialiste, "dans le droit pénal français, l'acte est jugé, mais aussi la personne. Faire abstraction de la personne, ce serait revenir sur deux siècles d'humanisme. Cela constituerait une régression inacceptable".
La suppression de l'excuse de minorité s'appliquerait aux mineurs récidivistes de plus de 16 ans ayant commis des actes violents. La liste d'infractions serait plus resserrée que pour les peines planchers et viserait les atteintes aux personnes. Elle s'appliquerait à la première ou deuxième récidive. Emmanuelle Mignon ne souhaite pas que le texte puisse apparaître comme "trop brutal". Les juges ont déjà, aujourd'hui, la possibilité d'écarter l'excuse de minorité. "Nous voulons que cela devienne systématique, explique Mme Mignon, nous avons des juges qui font exprès de faire jouer l'excuse de minorité et un jeune de 17 ans et neuf mois est jugé de façon laxiste."
Le projet se heurte à des questions de constitutionnalité, en raison des spécificités du droit pénal des mineurs. Dans une décision du 29 août 2002, le Conseil constitutionnel avait rappelé que "l'atténuation de la responsabilité pénale des mineurs en fonction de l'âge, comme la nécessité de rechercher le relèvement éducatif et moral des enfants délinquants par des mesures adaptées à leur âge et à leur personnalité (...) ont été constamment reconnues par les lois de la République".
A la chancellerie, les deux textes seront confrontés aux propres versions des services judiciaires sur ces sujets polémiques, dont ils essaient de proposer des versions "constitutionnalo-compatibles".
Ces deux mesures prioritaires constitueront les premières étapes d'une réforme de la justice : refonte radicale de la carte judiciaire ; création de juridictions d'habeas corpus pour la mise ou le maintien des prévenus en détention provisoire ; réforme du Conseil supérieur de la magistrature ; loi pénitentiaire ; séparation de la justice des mineurs victimes et des mineurs délinquants.
Certains points ne sont pas définitivement tranchés. Patrick Devedjian, qui est l'un des ministres de la justice possibles, n'est guère favorable à la création d'un procureur général de la nation, chargé d'appliquer la politique pénale. La séparation entre les magistrats du siège et du parquet fait toujours l'objet de discussions.
Satisfait de plusieurs propositions de l'UMP, "qui vont dans le bon sens", Paul-Albert Iweins, président du Conseil national des barreaux, s'inquiète des premières mesures envisagées sur les peines planchers et la minorité pénale : "Si on commence comme ça en juillet, ça va dans le mauvais sens."
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JOURNAL CHRETIEN
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http://www.spcm.org/Journal/spip.php?rubrique15/spip.php?article9904
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Instrumentalisation de la justice par Nicolas Sarkozy et ses lieutenants :
Au niveau national, Dominique Barella analyse dans son livre (1) comment, dès son arrivée en 2002, Sarkozy engage une OPA sur le ministère de la Justice. Dans son esprit, la répartition des rôles entre la justice et la police disparaît. Les deux services deviennent des machines à arrestations au service d’un Etat sécuritaire à la tolérance zéro. Il annonce publiquement dans le journal le Monde « Il est normal que le ministre de l’Intérieur, dans le cadre de la procédure policière, s’occupe de la procédure pénale » (2) (7 page 49). Or, comme le précise Dominique Barella, la procédure pénale a pour objectif de préserver le citoyen contre les excès possibles des services d’investigation. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy fait passer en force une succession de lois au niveau du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Justice afin de renforcer les pouvoirs de la police en matière de la procédure pénale. Ces lois, outre le fait qu’elles s’avèrent totalement inefficaces, ont renforcé le pouvoir policier au détriment du pouvoir judiciaire. (1)
Au niveau local, la justice est également instrumentalisée par les lieutenants de Sarkozy qui utilisent les fonds publics afin d’harceler judiciairement les élus d’opposition, les associations ou les blogeurs qui dénoncent la vie démocratique locale. Par exemple, Manuel Aeschlimann, le maire d’Asnières-Sur-Seine, par ailleurs monsieur « opinion publique » de l’UMP. "Asnières est ainsi devenue le cauchemar du tribunal de Nanterre et de la cour d’appel de Versailles - une grande part des affaires traitées par le tribunal correctionnel de Nanterre proviennent de cette seule commune. Il est vrai que le maire mène une guérilla judiciaire sans merci contre les élus, les sites et les blogs qui lui sont défavorables". (3) A titre d’exemple, "En 2004, sous le mandat de Manuel Aeschlimann, la ville d’Asnières a dépensé en frais d’honoraires la somme de 592 011 euros". (4)
Les mêmes pratiques ont cours à Puteaux où de nombreux opposants, citoyens ou politiques, comme Christophe Grébert (5) sont harcelés judiciairement par la maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud, du simple fait qu’ils mènent une résistance citoyenne sur le web.
Nicolas Sarkozy, son ministère et ses lieutenants au-dessus des lois
"Nicolas Sarkozy se comporte comme si la justice devait accéder à toutes ses demandes et comme si le ministère de l’Intérieur était au dessus des lois, comme le prouvent ses critiques répétées contre les magistrats administratifs au motif que ces derniers contrariaient sa politique d’expulsion des étrangers". (1 page 21) Un autre exemple concerne la décision de la préfecture du Morbihan, sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, qui passe outre au jugement en référé du tribunal administratif suspendant l’arrêté de réquisition des terrains de l’aéroport de Vannes pour accueillir le Teknival. Ainsi, l’Etat refuse d’exécuter une décision de la juridiction administrative ce qui en d’autres termes signifie que le ministère de l’Intérieur est au dessus des lois.(1) Dans ces conditions comment expliquer à des jeunes et notamment à ceux que Monsieur Sarkozy appelle « la racaille », de respecter la loi alors que lui-même ne respecte pas les décisions de justice ?
Au niveau local, nous observons les mêmes pratiques chez les lieutenants de Sarkozy. Un exemple récent est le cas de Patrick Balkany qui demande et obtient qu’on lui efface ses dettes publiques (6). « Le conseil municipal à majorité UMP a voté une demande de remise gracieuse pour les 230.865 € dus par le maire UMP Patrick Balkany, après sa condamnation pour avoir employé illégalement trois employés municipaux à son service personnel ». De quel droit nos élus sont-ils au-dessus des lois pour ne pas payer à la collectivité donc aux contribuables les sommes qu’ils leurs doivent pour réparer la préjudice des actes illégaux qu’ils ont commis ?
Passage au « Karcher » des juges par le jeu des nominations politiques
Dès l’arrivée de Sarkozy en 2002, on assiste à une accélération des nominations politiques des juges. Prenons le cas d’Yves Bot, proche de Nicolas Sarkozy, nommé à la tête du parquet de Paris en 2002. Frédéric Charpier, journaliste d’investigation montre, dans son ouvrage « Nicolas Sarkozy, Enquête sur un homme de pouvoir » (7), comment Yves Bot a mis au pas un parquet de Paris jugé trop indépendant vis-à-vis des pouvoirs politiques. Pour ce faire, sous couvert de renouvellement et de rajeunissement des magistrats, il s’est empressé d’écarter ou de mettre au placard un grand nombre de magistrats expérimentés via " une gestion des ressources humaines digne du XIXe siècle et non conformes aux principes affichés par la chancellerie et le Conseil supérieur de la Magistrature". (7 page 59) Ces mises à l’écart successives, ces départs forcés, suivis des nominations politiques ne sont-ils pas une confusion des genres caractérisés entre politique et judiciaire ?
Dénigrer l’institution judiciaire pour jouer ensuite au sauveur
Le sommet dans l’escalade des pratiques anti-démocratiques est atteint lorsque pour défendre leurs intérêts partisans, Nicolas Sarkozy et ses lieutenants mettent en place une campagne d’attaque très coordonnée pour décrédibiliser publiquement les magistrats. Une situation qui, pour la première fois de l’histoire de la Vème république, a fait réagir l’ensemble des plus hautes personnalités judiciaires, pour dénoncer une atteinte dangereuse au principe de séparation des pouvoirs. Pour rappel, comme le dit Dominique Barella, tous les leaders autoritaires ont eu recours à cette méthode pour se faire élire : dénigrer, toujours dénigrer pour ensuite apparaître comme des sauveurs. Depuis sa nomination au ministère de l’Intérieur Nicolas Sarkozy n’a cessé de critiquer les juges. Le sommet dans l’escalade est atteint fin juin 2006 où Sarkozy attaque violemment et publiquement le tribunal de Bobigny en accusant les juges de « démission » et de « laxisme » face à la délinquance en Seine-Saint-Denis. Des accusations qui s’avèrent fausses et mensongères pour cacher en réalité l’échec de la politique de la lutte contre la délinquance dans ce département, menée par monsieur Sarkozy lui-même. (1)
Au niveau local, nous observons les mêmes pratiques chez les lieutenants de Sarkozy. Ainsi "Madame Brigitte Barèges, députée-maire de Montauban, sarkozyste notoire, s’est également illustrée dans cet exercice de dénigrement. Selon la même technique de désinformation, elle a prétendu que les magistrats ne travaillaient pas assez. Or, les substituts reçoivent jusqu’au 250 appels téléphoniques le week-end et certains juges suivent jusqu’à 300 dossiers en même temps" (1 page 32). A Asnières, Manuel Aeschlimann n’est pas en reste, alors qu’il était convoqué par le tribunal de Nanterre dans une affaire de détournement de fonds publics-liée à l’organisation du festival folklorique organisé en 1998 - et qu’il allait de source proche du dossier vraisemblablement être mise en examen, le député-maire a envoyé une lettre au juge, qu’il a immédiatement rendue publique, lui demandant de le mettre en examen. Il dénonce ouvertement les méthodes du travail du juge et lui lance des menaces à peine voilées. (8) "L’USM estime que la missive du député-maire d’Asnières se situe exactement dans la droite ligne de ce qui s’est passé à Bobigny : ce « n’est une fois de plus qu’une instrumentalisation de la justice », lâche son président, Dominique Barella. « Le sport politique national consiste désormais à attaquer les tribunaux et les magistrats », constate l’USM, qui condamne cette pratique « dangereuse et inquiétante pour la démocratie »... Des accusations considérées avec sévérité par l’USM : « C’est une tentative de pression sur le juge, dénonce encore Dominique Barella, qui souhaite réunir le bureau pour débattre du sujet et peut-être envisager une intervention. Au lieu de répondre sur le fond, on attaque. Le but, ce n’est pas d’avoir un dialogue avec le juge d’instruction, qui, lui, ne peut répondre publiquement. » ...Et d’ajouter : « Un maire ne supporte pas que ses proches soient mis en examen, c’est le système de la toute-puissance. C’est un élu proche du ministre qui considère que tout pouvoir doit être concentré dans les mains de l’exécutif. C’est ce que la politique peut créer de pire". (9)
Conclusion
En quelle que sorte, les opinions effrayantes du candidat Sarkozy, concernant l’existence de gènes déterminant la délinquance, la pédophilie ou le suicide, sont un autre indice d’une génétique, politique celle-là :
l’Etat sarkozyste porte, dans ses gènes, la négation du principe de séparation des pouvoirs, qui débouche progessivement dans la mise au pas de la justice par le politique, et son inféodation à la répression policière.
Le choix politique des éléctions du 22 avril et du 6 mai, ce n’est donc rien moins que cela : pour ou contre la démocratie ?
La liste des références :
(1) « OPA sur la justice », Dominique Barella, Hachette Littératures
(2) Le Monde, 24 octobre 2002
(3) L’EXPRESS SPECIAL Asnières Le Système Aeschlimann du 28 septembre 2006
(4) Asnières les frais d’honoraires explosent du 6 avril 2006 www.asnierois.org
(5) "Les maires aussi se fâchent", Le Parisien du 17 octobre 2006 http://www.webcitoyen.com/2006/10/les_blogs_pours.html
(6) Le Nouvel Obs du 15/02/2007
(7) "Nicolas Sarkozy, Enquête sur un homme de pouvoir", Frédéric Charpier, Presse de la Cité
(8) Le Parisien du 1er septembre 2006, « Le député-maire d’Asnières mis en examen »
(9) Le Parisien du 29 juin 2006, « Les magistrats dénoncent les « menaces » du député-maire »
Duhen
Betapolitique
Source : Betapolitique.
NOUVELOBS.COM | 07.05.2007 | 15:49
Les principaux syndicats de magistrats dénoncent des "politiques uniquement axées sur le sécuritaire" et accusent le président d'aborder "le problème de la délinquance par le petit bout de la lorgnette".

(Reuters)
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on en reparlera en 2007Le 20 septembre, le ministre de l’Intérieur dénonce les juges « laxistes » de Bobigny
« On n’a jamais vu de telles attaques frontales de la part de quelqu’un qui est susceptible de devenir le chef de l’État. » Ces propos, signés Jean-Pierre Dintilhac, l’ancien procureur de la République de Paris, remontent à juillet 2005. À l’époque, Nicolas Sarkozy appelait à faire « payer » les juges après l’assassinat de Nelly Cremel par Patrick Gateau, un récidiviste placé en liberté conditionnelle. Cette invective avait jeté dans la rue des centaines de magistrats, ulcérés de se voir grimés en de vulgaires irresponsables. Et résonnait déjà comme le symbole d’un profond divorce entre le monde judiciaire et le ministre candidat.
En 2006 ? Ces relations déjà houleuses ne se sont guère arrangées. Le 20 septembre dernier, le Monde publiait une note confidentielle du préfet de Seine-Saint-Denis alertant le ministère de l’Intérieur sur la hausse inquiétante de l’insécurité. Une fuite savamment distillée qui permet à Nicolas Sarkozy, en pleine campagne préélectorale, d’entonner publiquement son couplet populiste sur la « démission » de la justice. En ligne de mire, cette fois, le tribunal de Bobigny, deuxième juridiction du pays. Et notamment la section des mineurs, taxée de « faiblesse » face aux jeunes délinquants, car trop embourbée dans une soi-disant « idéologie de l’excuse »...
Des accusations totalement farfelues. Comme le montrent les statistiques de la chancellerie, Bobigny, malgré des moyens faméliques, affiche un taux de réponses pénales (82 %) légèrement au-dessus de la moyenne des autres juridictions. Mais qu’importe ! Cette nouvelle attaque a eu le résultat escompté pour Nicolas Sarkozy : on parle de l’insécurité sans trop s’interroger sur son action depuis quatre ans et demi.
En l’espace de quelques jours, le ban et l’arrière-ban du monde judiciaire (à l’exception notable du garde des Sceaux) se sont dressés comme un seul homme contre cette nouvelle attaque de l’institution et de son indépendance. Fait sans précédent Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation, est reçu à sa demande à l’Élysée auprès de Jacques Chirac. Pendant ce temps, le ministre de l’Intérieur s’en remet aux Français, son « seul juge ». Et peut se targuer du sempiternel sondage où l’on apprend que les deux tiers des personnes interrogées trouvent la justice « pas assez sévère »... Le contraire eût été étonnant.
Aujourd’hui, dans les tribunaux, les magistrats, qui attendent encore la grande réforme de la justice promise après la terrible affaire d’Outreau, sont franchement las de ce jeu de dupes organisé par la Place Beauvau. « Face aux difficultés, Nicolas Sarkozy utilise toujours les mêmes ressorts démagogiques, analyse un juge parisien. Il élude ses responsabilités pour mieux livrer un coupable idéal à l’opinion publique. Un coup c’est la "racaille de banlieue’’, un coup c’est "l’immigré clandestin’’, un coup c’est le "juge laxiste’’... »
Cette stratégie du bouc émissaire et de la défausse détourne les regards de son propre bilan. Mais pas seulement. Elle permet aussi à Nicolas Sarkozy de fragiliser encore l’institution judiciaire pour mieux la mettre au pas. « Derrière les sophismes de Nicolas Sarkozy se cache une contestation radicale de l’indépendance de la justice et de la particularité de son fonctionnement, estime Côme Jacqmin, du Syndicat de la magistrature (1). Sarkozy rêve d’une justice exempte de toute contradiction, dans laquelle tout risque de solution divergente serait annihilé, où il n’y aurait plus d’appel possible. Cette vision de la justice correspond à l’idée qu’il nous vend d’une société débarrassée de toute aspérité et notamment de "l’insécurité’’ qu’il met en avant pour mieux camoufler la précarisation qu’il justifie dans le domaine social. »
De fait, les projets du candidat à l’élection présidentielle en matière de justice poussent vers une plus grande automaticité des peines. Retoquée lors du débat parlementaire sur le projet de loi « prévention de la délinquance », son idée d’instaurer des « peines plancher automatiques » pour les récidivistes figurera en bonne place dans sa profession de foi. Tout comme la profonde réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs. Avec, en idée centrale, abaisser de 18 à 16 ans l’âge de la responsabilité pénale afin de juger les adolescents comme les adultes. Évidemment, tout cela s’accompagnera d’une nouvelle augmentation du nombre de places en prison. Histoire de mieux cacher la misère.
(1) Libération
(1er juillet 2005)
Laurent Mouloud
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Article paru dans l'édition du 2 janvier 2007.
Sécurité . Contrairement aux accusations du ministre de l’Intérieur, la justice des mineurs prend un tour de plus en plus répressif. Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle...
La colère des magistrats a été à la hauteur du culot de Nicolas Sarkozy. Voilà une semaine, le ministre de l’Intérieur, empêtré dans la révélation des mauvais chiffres de la délinquance des mineurs en Seine-Saint-Denis, pointait du doigt les grands responsables : les magistrats du tribunal de Bobigny. Des êtres « laxistes », voire « permissifs », prompts à relâcher dans la nature le premier gamin « multirécidiviste » venu... L’accusation aurait pu faire sourire. Elle a passablement irrité les juges. Pour cause. « L’accusation de Sarkozy est d’autant plus extravagante que la tendance générale est exactement inverse ! » s’agace Hélène Franco, juge des enfants au tribunal de Bobigny.
SANCTIONS DE PLUS
EN PLUS LOURDES
Les statistiques de la chancellerie sont claires : le taux de réponse pénale en matière de délinquance n’a cessé de grimper ces dernières années. En Seine-Saint-Denis, il a atteint, pour 2005, les 83 %, soit 2 points au-dessus de la moyenne nationale. Quant aux sanctions, elles sont de plus en plus lourdes. « Ce qui ne me réjouit pas forcément, s’empresse d’ajouter Hélène Franco. On ne peut pas considérer la hausse de l’incarcération comme un nouvel indice de performance ! Mettre un jeune en prison, ça reste un constat d’échec. » Loin de soupirer d’aise, les magistrats sont donc extrêmement inquiets du tour de plus en plus répressif que prend la justice des mineurs. En quatre ans, trois réformes successives sont venues durcir l’ordonnance de 1945, consacrant la création des centres éducatifs fermés (une vingtaine à ce jour) et des
établissements pénitentiaires pour mineurs, dont le premier devrait ouvrir ses portes au premier trimestre 2007. Quant au projet de loi sur la prévention de la délinquance, débattu actuellement au Parlement, il devrait compléter l’édifice.
Autant de textes, gourmands en moyens, qui mettent en avant « la dimension éducative de la sanction ». Et laissent perplexes les magistrats spécialisés. « Ces réformes successives privilégient toujours la contention à l’éducation et transforment peu à peu les mesures éducatives en sanctions pénales, regrette Thierry Baranger, premier juge des enfants à Bobigny et président de l’Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille. En clair, on dit au jeune : "Soit tu acceptes ça, soit c’est la prison !’’ Or une mesure éducative ne fonctionne que si le jeune la comprend et y adhère. Sinon, il se rebelle et continue de s’enfoncer. Tous les parents savent ça... »
Manifestement, Nicolas Sarkozy et ses amis l’ignorent. Eux qui promettent aux électeurs toujours plus de « sévérité ». Jeudi dernier, le député sarkophile Georges Fenech a franchi encore une étape dans la démagogie, réclamant tout bonnement la suppression de la justice des mineurs. Une véritable surenchère que Thierry Baranger tient à dénoncer : « Le gamin qui multiplie les délits a, plus que tout autre, besoin d’un suivi éducatif en profondeur, rappelle-t-il. La simple sanction ne suffit pas à changer les choses, il faut du travail social. Malheureusement, ce n’est pas vendeur pour un politique en campagne électorale. Mieux vaut satisfaire le grand public en faisant rimer sanction avec prison, plutôt que de lui expliquer que sortir de la délinquance réclame patience et ténacité. »
L’APPAUVRISSEMENT DU SECTEUR ÉDUCATIF
C’est bien là que le bât blesse. Pour des raisons autant idéologiques que populistes, les choix budgétaires effectués ces dernières années en matière de justice ont accéléré l’appauvrissement du secteur éducatif (lire ci-dessous). Comme le souligne une juge des enfants à Paris, « la justice des mineurs n’est pas laxiste, elle est erratique... ». Aujourd’hui, des demandes de placement dans un foyer éducatif peuvent parfois attendre jusqu’à huit mois avant d’être exécutées, faute de place ou de personnel suffisant. Et ça, Nicolas Sarkozy ne le dit pas. « Ce n’est pas dans son intérêt », conclut notre juge parisienne.
Laurent Mouloud
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Article paru dans l'édition du 28 septembre 2006.