Lundi 26 novembre 2007


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Propos recueillis par Alexis Brézet, Arnauld Dingreville et Dominique Rizet
23/11/2007 | Mise à jour : 18:48 |
Commentaires 87
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Rachida Dati : «Ce qui est vrai sur la carte judiciaire l’est aussi sur le plan politique : rien ne remplace le terrain.» (Sébastien Soriano/ Le Figaro)
Rachida Dati : «Ce qui est vrai sur la carte judiciaire l’est aussi sur le plan politique : rien ne remplace le terrain.» (Sébastien Soriano/ Le Figaro)

Aide aux victimes, aménagement des peines, réinsertion, informatisation, révision constitutionnelle... A peine achevée sa présentation de la nouvelle carte judiciaire, la ministre de la Justice dévoile ses projets de modernisation.

Le Figaro Magazine - Régimes spéciaux d’un côté, carte judiciaire de l’autre... Est-ce que l’on peut réformer ce pays ?

Rachida Dati - Il y a inévitablement des résistances face au changement, mais aussi des inquiétudes légitimes. La France a trop longtemps retardé un certain nombre de décisions et de réformes. Le 6 mai, les Français ont fait un choix que nous respecterons. Cela fait douze ans qu’ils attendent une égalité devant les retraites, et cinquante ans que l’on attend de réformer la carte judiciaire ! Sur ces deux sujets, notamment, le président de la République a été très clair pendant la campagne. Tous ses engagements seront tenus. La réforme de la carte judiciaire donnera aux Français une meilleure justice, plus efficace, plus lisible, plus rapide.

Pourtant, cela n’est pas allé sans mal...

Toute réforme bouleverse les habitudes. La justice est le seul service public dont l’organisation n’a pas été réformée depuis 1958. Après tant d’hésitations, tant de reculs, la refonte de la carte judiciaire devenait un impératif incontournable, obligeant chacun à se réorganiser. Pour moi, ce qui est important, c’est que les Français constatent que leur justice rend des décisions plus rapides et mieux comprises.

Vous ne regrettez pas le moment choisi ?

Lorsque l’on veut réformer, il n’y a pas de bon ou de mauvais moment. Je comprends naturellement les difficultés liées aux réalités territoriales. La refonte de la carte judiciaire a déjà trop tardé. La définition de la proximité entre 1958 et aujourd’hui n’est plus la même. Il nous faut appréhender l’évolution des contentieux, revoir l’organisation de leur spécialisation et de leur répartition, les regrouper et les rendre encore plus facilement accessibles. Je souhaite d’ailleurs ouvrir une discussion sur ce sujet dans les mois à venir.

Et sur la méthode... Annoncer la réforme Région par Région, c’était un peu risqué, non ?

On ne gagne jamais à refuser la confrontation. Bien sûr, il aurait été plus confortable pour moi d’annoncer tout cela depuis la chancellerie... Les réunions qui ont été tenues avec les fonctionnaires, les greffiers, les magistrats et les avocats ont permis un dialogue très ouvert. Je comprends les manifestations et les contestations. Elles illustrent une inquiétude que je dois écouter. C’est la raison pour laquelle je vais prendre le temps d’expliquer les enjeux et les conséquences de la réforme dans les semaines qui viennent.

Sur la carte judiciaire, vous avez été beaucoup critiquée, y compris parmi les élus de l’UMP. Y a-t-il un malaise ?

Cette réforme n’est ni de droite ni de gauche. Certains élus de la majorité, comme de l’opposition, ont montré une inquiétude sur l’équilibre de leurs territoires. C’est une préoccupation tout à fait légitime et compréhensible. Je respecte les élus et j’ai cherché, partout, à concilier la nécessité de la réforme et l’aménagement des territoires. Nous avons même créé des juridictions à Montbard (Côte-d’Or), à Flers (Orne), à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), à Annonay (Ardèche), à Aubenas (Ardèche), à Pertuis (Vaucluse) ou à Guéret (Creuse).

Y a-t-il eu des réactions de la gauche qui vous ont surprise, des soutiens ?

J’ai été heureuse qu’Henri Nallet, ancien garde des Sceaux, m’ait apporté son soutien. Il est convaincu de la nécessité de cette réforme.

Et maintenant, comment allez-vous gérer le problème avec les avocats ?

J’ai rencontré, encore cette semaine, les avocats directement concernés par la réforme en présence de leurs instances représentatives. Nous continuons à travailler sur les mesures d’accompagnement. Je poursuivrai ce dialogue indispensable avec une profession qui a tout à gagner d’une réforme qui vise une plus grande efficacité de la justice. Je respecte cette profession parce qu’il ne peut pas y avoir de bonne justice sans avocats.

Et celui des magistrats ?

Les magistrats sont attachés à une justice de qualité et à un accès égal à la justice pour tous. Je rends hommage aux chefs de cour pour l’excellent travail qu’ils ont effectué durant l’été, ainsi que pour leur engagement en faveur de l’amélioration de la justice. Il s’agit du coeur de ma mission. La justice doit être à la hauteur de ce que les Français exigent d’elle : plus juste, plus proche, plus efficace. Le budget de la justice a augmenté de 4,5 %. Tous les départs à la retraite seront remplacés, et mon ministère bénéficie de la création de 1 615 postes supplémentaires en 2008.

Et l’avenir de l’instruction ?

A la suite du drame d’Outreau, qui a traumatisé des millions de Français, la précédente majorité a créé les pôles de l’instruction, qui fonctionneront dès le 1er mars 2008. La création de ces pôles permettra d’éviter la solitude du juge et l’inexpérience des jeunes magistrats face à des drames humains : pédophilie, trafic de drogue, réseaux de prostitution. En regroupant les tribunaux, la réforme de la carte judiciaire répond à cet impératif.

La justice aura-t-elle de nouveaux moyens ?

Le budget 2008 traduit cette augmentation. Dès mon arrivée au ministère, j’ai souhaité que les nouvelles technologies soient présentes dans tous les tribunaux pour moderniser le fonctionnement de la justice. L’année prochaine, les avocats et les justiciables pourront suivre l’état d’avancement de leur procédure par internet, et en 2009, ils pourront obtenir un jugement en un seul clic.

Ces nouvelles technologies permettront d’améliorer les conditions de travail des fonctionnaires et des greffiers. Il fallait parfois des heures pour enregistrer et saisir un dossier, effectuer des photocopies et retrouver des pièces aux archives.

Quels sont vos prochains grands chantiers ?

Celui de la loi pénitentiaire. La dernière date de 1987, un nouveau texte est en cours de rédaction et sera discuté devant le Parlement début 2008. Ce projet de loi poursuit quatre objectifs, dans le respect des règles pénitentiaires européennes. Il porte à la fois sur la redéfinition des missions de l’administration pénitentiaire, sur les droits fondamentaux de la personne détenue, sur les régimes de détention et le développement des aménagements de peine. Il s’agit de porter une attention particulière à l’insertion et à la réinsertion professionnelle. A ce titre, des bilans et des évaluations des personnes incarcérées seront réalisés.

Au sein des hôpitaux psychiatriques, des unités sous surveillance pénitentiaire accueilleront les détenus souffrant de troubles mentaux, à partir de 2009.

De même, je présenterai prochainement un texte sur les mesures de sûreté à prendre pour les délinquants qui restent dangereux à l’issue de leur détention et sur les personnes reconnues pénalement irresponsables. Il y aura aussi une révision constitutionnelle pour moderniser nos institutions.

Sur les peines planchers, a-t-on des chiffres ?

Au 20 novembre 2007, 2 570 personnes majeures et 54 mineures avaient été condamnées sur le fondement de la loi sur la récidive. 55 % des personnes ont été condamnées directement à des peines minimales. Les autres ont été condamnées avec une motivation spéciale qui prend en compte la situation personnelle du condamné. Cela démontre que cette loi était nécessaire, mais aussi que ces peines ne sont pas automatiques.

Comment régler le problème de la surpopulation carcérale ?

Notamment par la construction de nouvelles prisons et par le développement important des aménagements de peine. D’ici à la fin de l’année 2008, 2 800 places nouvelles auront été construites. Il en existe actuellement 50 727. En 2012, 63 000 places seront disponibles.

Justement, qu’en est-il de l’aménagement des peines ?

Au 1er novembre 2007, 4 831 personnes bénéficient d’un aménagement de peine, ce qui représente 10,3 % des personnes condamnées. Dès mon arrivée, j’ai mis en place deux conférences annuelles sur les aménagements de peine. Il s’agit d’exécuter une peine sous forme aménagée et sous conditions, pour des personnes condamnées à de la prison ferme. Par exemple, le bracelet électronique ou le placement à l’extérieur permettent d’exercer une activité en dehors de la prison, sous le contrôle du juge. Le placement en semi-liberté autorise une activité professionnelle pendant la journée, la nuit étant passée en prison. J’ai décidé d’élargir les modalités de mise en oeuvre du bracelet électronique. Il y en aura 3 000 supplémentaires l’année prochaine. Cela contribue à éviter la récidive.

Et le juge des victimes ?

Je souhaite améliorer l’indemnisation des victimes, et notamment les plus modestes, les plus fragiles, celles qui ont parfois tellement peur de la personne condamnée qu’elles renoncent à leurs droits. Je pense aux victimes de viol ou de violences conjugales. Il est de notre responsabilité de les accompagner, de les restaurer dans leurs droits et dans leur dignité. Cela explique ma décision d’installer dans chaque tribunal de grande instance un juge délégué aux victimes, dans chaque juridiction, à compter du 1er janvier 2008. Il sera l’interlocuteur de ces personnes, en lien étroit avec les associations et les avocats.

Vous vous présentez aux municipales dans le VIIe arrondissement de Paris. Pourquoi ?

Ce qui est vrai sur la carte judiciaire l’est aussi sur le plan politique : rien ne remplace le terrain. Rien ne remplace la proximité avec les Français. L’expérience du suffrage universel permet de préserver un contact privilégié avec eux. Je souhaite également apporter mon soutien à ma famille politique, à ma façon.

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Le baptême du feu
de Rachida Dati

Claire Bommelaer
23/11/2007 | Mise à jour : 08:29 |
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Rachida Dati : «J’aime Paris, mon engagement sera total».
Rachida Dati : «J’aime Paris, mon engagement sera total». Crédits photo : Le Figaro

Le ministre de la Justice a tenu hier sa première réunion publique de candidate dans le VIIe arrondissement de Paris.

Elle a d’abord hésité, estimant que sa fonction de ministre de la Justice était «très prenante». Il y a un mois, Rachida Dati, l’une des vedettes du gouvernement, s’est laissée convaincre par l’UMP de se présenter dans le VIIe arrondissement de Paris, avec les encouragements de Nicolas Sarkozy. Hier, sa campagne a été officiellement lancée par Françoise de Panafieu, dans une petite salle de meeting de la rue Las Cases.

«J’ai à mes côtés une future élue particulière», a lancé le chef de file de l’UMP à Paris. «Tu es une femme courageuse, tu l’as montré dans ta vie. Tu sais être maîtresse du jeu, femme d’autorité quand il faut», a-t-elle dit à celle qui conduit la difficile réforme de la carte judiciaire. Panafieu aurait préféré que Dati se présente dans le XIIe, un arrondissement clé pour la reconquête de la capitale. Mais Dati a choisi d’aller sur des terres plus sûres. «Le courage ne se mesure pas en fonction de l’arrondissement. Un suffrage, c’est toujours un risque», a-t-elle plaidé hier.

Après un long exposé de Panafieu sur son projet, Dati s’est enfin levée et l’attention a fait un bond. Nouvelle figure de la politique parisienne, proche du chef de l’État, le ministre intrigue jusqu’aux plus blasés.

 

Courage et volonté

«Très émue», la garde des Sceaux s’est contentée de lire «un petit discours». «C’est la première fois que je m’exprime en tant que candidate» a-t-elle expliqué d’une petite voix. C’est surtout son expérience et sa légitimité de ministre qu’elle a mises en avant. «Je fais partie d’un gouvernement qui veut changer la France. Il faut du courage et de la volonté. Je vis des moments tendus avec la justice mais j’irai au bout de la réforme», a-t-elle lancé sous les applaudissements d’un public conquis aux idées de rupture. «Cette détermination, je la mettrai au service de Paris. Je n’ai pas beaucoup d’expérience, mais la dernière campagne s’est très bien terminée», a ironisé celle qui était la porte-parole de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.

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Quand Rachida Dati défendait les sans-papiers
L’hebdomadaire Jeune Afrique a retrouvé dans ses archives de 1982 un courrier de lectrice s’indignant de la façon dont les étrangers, réguliers ou non, étaient traités en France, et signé de… Rachida Dati. « Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : " Si tu n’es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim ", qu’ils sont ridicules », s’insurge la petite Rachida, alors âgée de 17 ans. (Jeudi 22 Novembre - 15:59)

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Lundi 26 novembre 2007

ANKARA - Le procès de cinq jeunes Turcs passibles de la prison à vie pour le meurtre en avril de trois chrétiens a débuté vendredi à Malatya (est) avec la dénonciation par la partie civile d'un climat d'intolérance religieuse, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Les victimes -- Tilmann Geske, un missionnaire allemand, et les Turcs Necati Aydin et Ugur Yüksel, tous trois membres de la petite communauté évangélique de Malatya -- avaient été égorgées le 18 avril dans les locaux de leur maison d'édition chrétienne.

Le ministère public a requis la prison à vie contre les cinq auteurs présumés du crime, âgés de 19 à 20 ans, estimant qu'ils avaient créé une "organisation terroriste armée" pour imposer leurs convictions idéologiques.

Il a requis au moins un an de prison contre deux complices supposés, également jugés vendredi.

Lors de l'audience, à laquelle ont assisté des diplomates occidentaux et les familles des victimes, les prévenus n'ont pas souhaité faire de déclarations et leurs avocats ont demandé un délai pour pouvoir examiner le dossier plus en détail et préparer leurs plaidoiries, selon Anatolie.

Dans le tribunal de Malatya placé sous la protection d'un imposant dispositif de sécurité, les juges ont en revanche entendu les proches des victimes et leurs avocats.

"Je veux que la mentalité qui transforme des enfants en assassins soit questionnée, mise au jour et punie", a asséné Semse Aydin, veuve de Necati Aydin.

Selon l'acte d'accusation, les prévenus se sont dit devant la police persuadés que les activités missionnaires chrétiennes en Turquie faisaient partie d'un vaste complot soutenu par les Etats-Unis et Israël et visant à affaiblir l'islam et la nation turque.

Le triple meurtre de Malatya, après les assassinats d'un prêtre catholique l'an dernier à Trabzon (nord-est) et d'un journaliste arménien en janvier à Istanbul, avait provoqué l'inquiétude au sein de la petite minorité chrétienne de Turquie, pays à la population en grande majorité musulmane.

Le conseiller juridique de la communauté protestante de Turquie, Orhan Kemal Cengiz, a mis en cause le rôle des médias dans ces différentes affaires, les accusant d'avoir "désigné des cibles".

L'avocat de la partie civile, Mehmet Ali Koçak, a reproché au procureur en charge de l'affaire d'avoir constitué des dossiers sur les activités missionnaires en Turquie avec des listes de noms et d'adresses de membres de la communauté protestante, "devenus des cibles", selon lui.

Susanna Geske, la veuve du missionnaire allemand, a pour sa part affiché sa confiance dans la justice turque ainsi que sa détermination à continuer à vivre à Malatya, où elle réside depuis dix ans.

(©AFP / 23 novembre 2007 15h27)


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Lundi 26 novembre 2007


NOUVELOBS.COM | 26.11.2007 | 08:08

L'ancien patron de la DNAT doit s'expliquer sur la façon dont a été menée l'enquête sur l'assassinat du préfet.

Dossiers lors de l'ouverture du procès de l'assassinat du préfet Claude Erignac (Reuters)

Dossiers lors de l'ouverture du procès de l'assassinat du préfet Claude Erignac (Reuters)

La semaine qui s'ouvre, lundi 26 novembre, s'annonce décisive pour la défense d'Yvan Colonna jugé devant la cour d'assises de Paris, avec le défilé des enquêteurs de la DNAT qui ont mené l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Erignac. C'est d'ailleurs l'ancien patron de la DNAT, Roger Marion, qui ouvre le bal lundi. Et cette semaine sera également déterminante pour les avocats généraux jusqu'ici très silencieux.
L'organisation très chronologique des débats, choisie par le président Dominique Coujard, a en effet placé Yvan Colonna dans la situation curieuse de "spectateur" de son propre procès durant les deux premières semaines.
Son nom n'étant apparu dans la procédure qu'en mai 1999, au cours des gardes à vue des membres du commando, la cour a examiné l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella, commise en septembre 1997, puis l'assassinat du préfet en février 1998 et les premières investigations, sans jamais solliciter l'accusé.

"Vous n'y êtes pas"

"Pour l'instant, vous n'y êtes pas", a assuré plusieurs fois le président à Yvan Colonna, assis silencieux et concentré dans le box. Cette organisation a permis aux avocats de la défense du berger corse de marquer des points en insistant lourdement sur les errements de l'enquête et le manque d'éléments à charge contre leur client.
Incapables d'aborder les pièces centrales de l'accusation, à savoir les aveux des membres du commando, les deux avocats généraux ont été réduits au silence, laissant même passer sans objections de très nombreux témoignages favorables à l'accusé. "Toujours pas de questions", a même ironisé le président Coujard à l'audience.
Cette donne risque de changer lundi avec les dépositions du chef de l'enquête, l'ancien patron de la Division nationale antiterroriste (DNAT) Roger Marion, puis du successeur de Claude Erignac en Corse, Bernard Bonnet, auteur d'une contre-enquête privée qui a fait ressortir fin 1998 le nom des "Colonna de Cargèse".

Juges d'instructions

D'autres enquêteurs doivent défiler mardi, avant l'audition assez exceptionnelle des trois juges d'instruction chargés de l'affaire: Jean-Louis Bruguière, Laurence Le Vert et Gilbert Thiel.
Jeudi et vendredi vont arriver les premiers membres du commando et leurs épouses qui ont affirmé en garde à vue qu'Yvan Colonna était le tireur. Il appartiendra alors à l'accusation de prouver que ces aveux ont été spontanés et que le nom d'Yvan Colonna ne leur a pas été "soufflé".
Une version que conteste la défense qui a commencé à la fin de la deuxième semaine de procès un travail de sape des conditions de garde à vue avec les auditions de Vincent Andriuzzi et Jean Castela, condamnés pour avoir commandité l'assassinat du préfet, puis acquittés en appel.
Yvan Colonna est accusé d'avoir abattu le préfet de Corse Claude Erignac le 6 février 1998 à Ajaccio. Un crime qu'il a toujours nié avoir commis. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. (AP)

Sur Internet

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Colonna : un étrange procès à grands moyens

Dominique Rizet

23/11/2007 | Mise à jour : 15:53 |
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Onze mille cotes, 140 témoins, 31 000 signatures de la motion de soutien... Les audiences se succèdent dans un palais de justice de Paris en pleine effervescence.

Cent soixante-dix-huit tomes et près de 11 000 cotes (pièces du dossier), hors pièces à conviction. Le monstrueux dossier d'instruction de « l'affaire Colonna », meurtrier présumé du préfet Claude Erignac - jugé depuis le 12 novembre par la cour d'assises spéciale de Paris composée de sept magistrats professionnels -, est l'un des derniers du genre. Ces murs de paperasses entassés derrière la cour disparaîtront bientôt avec la numérisation - annoncée en 2008 - des dossiers d'instruction. Le dossier Colonna, qui remplirait aujourd'hui une camionnette, tiendra bientôt dans la poche d'un veston.

Cependant, au rythme où se succèdent témoins, experts et débats, le procès surprend aussi bien par l'ampleur des moyens mis en oeuvre que par celle des réactions qu'il suscite.

Trente et un mille personnes auraient déjà signé la motion de soutien au berger de Cargèse rappelant le droit à la présomption d'innocence et citant l'article 11 de la Déclaration universelle des droits de l'homme relatif à cette disposition. « Qu'en est-il pour Yvan Colonna du respect de ce droit fondamental ? observe le communiqué. Depuis plusieurs années, cet homme est publiquement dénoncé comme étant l'assassin du préfet Erignac, alors même qu'il a toujours clamé son innocence. Tout a été mis en oeuvre pour qu'il soit condamné avant d'être jugé. Mais peut-on, parce que l'affaire est grave, abdiquer ainsi l'Etat de droit ? Peut-on accepter que cette gravité pèse de tout son poids dans la balance de la justice au détriment de la sérénité et de l'équité ? Nous, signataires, n'oublions rien de l'affaire Baudis et du procès d'Outreau. » Ironie du sort, Yvan Colonna et son comité de soutien n'oublieront effectivement rien de l'affaire Baudis puisqu'ils ont face à eux, pour toute la durée du procès, l'un des magistrats qui a eu à connaître de ce dossier et qui siège aujourd'hui parmi les jurés professionnels du procès Colonna. Ancien substitut du procureur de la République de Toulouse en charge des affaires financières, il est cité à plusieurs reprises dans le rapport de l'ancien procureur général de Toulouse, Michel Bréard, relatif à l'affaire Alègre. Ce magistrat a toujours rejeté en bloc toutes les vilaines rumeurs colportées autour de lui dans cette affaire, et qui n'ont d'ailleurs jamais été établies.

Le casse-tête pour les « organisateurs » du procès Colonna est de respecter ainsi, chaque jour pendant quatre semaines, un « accès équitable » à la salle d'audience d'une capacité de 80 places, qui doit rester ouverte à la fois aux familles et à leurs avocats, aux journalistes et au public pour assurer la publicité des débats.

A l'intérieur de ce lieu très « couru », 35 places sont réservées à la presse. Pour répondre aux demandes - plus d'une soixantaine de médias sont accrédités pour une centaine de journalistes, photographes, cameramans -, le parquet général a laissé, dans la salle des pas perdus du palais, la salle provisoire montée pour accueillir les journalistes lors du procès du naufrage de l'Erika, d'où l'on peut suivre aujourd'hui en vidéo l'intégralité des débats du procès Colonna retransmis en direct. Et Ulrika Weiss, substitut général, a pour mission exclusive pendant toute la durée du procès d'assurer les relations avec les médias.

Cent quarante témoins défileront pendant ces quatre semaines. Malgré les grèves, tous ont comparu jusqu'ici. Des témoins pas toujours « compatibles », convoqués avec doigté par le président Dominique Coujard, et répartis, en cas d'encombrement, dans plusieurs salles des témoins.

« Un procès dont le coût est encore difficile à chiffrer », avoue le procureur général de Paris, Laurent Le Mesle. L'indemnisation versée aux témoins est budgétée sur les frais de justice du tribunal, l'installation de la salle de presse sur celui de la cour d'appel, la sécurité assurée par les gendarmes sur celui du ministère de la Défense, et les magistrats sont rémunérés par le ministère de la Justice. Cher procès, assurément.

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Dimanche 25 novembre 2007
           ENQUETE
 
 
Crédit Photo : www.abacapress.com
 
. Si le tueur en série Emile Louis a été démasqué, c'est largement grâce à lui. Mais le gendarme Jambert est mort en 1997. Meurtre ou suicide ?
. Les experts n'ont jamais pu s'accorder. Le corps doit prochainement être exhumé pour de nouvelles analyses.

- le 24/11/2007 - 19h17

 

Le corps du gendarme Christian Jambert, qui a démasqué le tueur en série Emile Louis et qui a été retrouvé mort en 1997 à Auxerre touché à la tête de deux balles, va être de nouveau exhumé pour déterminer les circonstances du décès. "L'exhumation doit avoir lieu dans les prochains jours. De nouvelles analyses - plus précises - des trajectoires des balles vont être menées à Bordeaux sur le véritable crâne et non pas sur un moulage comme précédemment", a indiqué Me Didier Seban, l'avocat des enfants du gendarme, Isabelle et Philippe. "Il y a une volonté absolue de connaître la vérité. Isabelle Jambert a la conviction que son père a été assassiné", a-t-il ajouté.

Selon l'avocat, la nouvelle expertise a été ordonnée il y a "une dizaine de jours" par le juge d'instruction d'Auxerre, Charles Prats. Ce dernier avait révélé le 21 septembre aux parties civiles que la thèse du suicide avait été corroborée par la dernière expertise, ordonnée en février à l'issue d'une confrontation organisée à Auxerre entre les différents experts de trois collèges, en désaccord sur les causes de la mort du gendarme. A l'audition, les parties civiles avaient demandé une deuxième exhumation du corps.

Pas d'autopsie lors de la découverte du corps

Il n'y avait pas eu d'autopsie lors de la découverte en août 1997 à son domicile du cadavre de celui qui avait été le premier à établir un lien entre Emile Louis et six des sept assassinats de jeunes femmes dans l'Yonne, mais un simple examen du corps. L'enquête avait alors conclu au suicide de ce dernier, âgé de 56 ans, et dépressif. A la demande des parties civiles, la justice avait reconsidéré le dossier en novembre 2003 et décidé d'exhumer le corps du défunt.

A la suite d'un premier rapport d'autopsie estimant le suicide peu probable, le parquet d'Auxerre avait ouvert en avril 2004 une information judiciaire pour assassinat, selon Me Seban. Mais les deux rapports d'autopsie suivants avaient conclu que le suicide était possible.

D'après agence


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Dimanche 25 novembre 2007
           PEDOPHILIE
 
 
Crédit Photo : LCI
 
. L'ex-prof de sport devra en outre respecter un suivi socio-judiciaire, et il lui est interdit d'exercer une activité en contact avec des mineurs.

- le 24/11/2007 - 07h52

 

L'ancien professeur de sport d'une école privée de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, jugé depuis lundi aux assises des Yvelines à Versailles principalement pour des viols sur plusieurs élèves alors âgés de 11 à 18 ans a été condamné vendredi à huit ans d'emprisonnement. La cour a assorti la peine d'un suivi socio-judiciaire de dix ans que l'accusé devra respecter à sa sortie de prison sous peine d'être de nouveau incarcéré pendant trois ans. Le suivi socio-judiciaire comporte notamment une injonction de soin.
 
La cour a par ailleurs interdit à Valéry Malherbe d'exercer une activité ou  une profession impliquant un contact avec des mineurs. L'avocate générale avait réclamé quelques heures plus  tôt à l'encontre de l'accusé entre 13 et 15 ans de réclusion criminelle, demandant aux jurés de compléter la peine par un suivi socio-judiciaire d'une durée de dix ans.

"Relations consenties" avec les élèves

Vendredi matin, l'avocate générale avait stigmatisé "la multiplicité" des faits dont était accusé le prof, des faits ayant  entraîné "une démolition psychologique partielle" sur plusieurs victimes. Le magistrat avait également évoqué le "double visage" de l'ancien  professeur de sport, qui avait "abusé de son autorité sur des élèves dont il  avait la garde juridique". "Il y avait le Valéry de jour, un professeur exigeant, respecté par tous et  le Valéry de nuit, un amateur d'adolescent", avait-elle lancé.

Prenant la parole en dernier, l'vocat de l'accusé avait au contraire indiqué  que son client "n'était ni un monstre, ni un prédateur". L'avocat avait parlé de "relations consenties" avec les élèves. "Il est incapable d'imposer quoi que ce soit à quelqu'un",  avait-il asséné en ajoutant que "l'accumulation de faits ne constitue pas une  preuve". L'ex-prof de sport pense à faire appel du verdict, selon son avocat. Mais "sa décision n'est pas encore arrêtée".

D'après agenc


La religion du silence fissurée par les plaintes des élèves
Procès. Jugé pour viol, un enseignant de Saint-Germain-en-Laye a écopé de huit ans de prison.
Didier Arnaud
QUOTIDIEN : samedi 24 novembre 2007
45 réactions  

C’est un drôle de drame. Il a pour cadre un établissement religieux, tenu par les oratoriens, à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). L’ordre a formé Montesquieu. Au collège de Saint-Erembert, on pétrit des principes. On aime la discrétion et on abhorre le scandale. On éduque aussi des enfants. Le scandale est venu de Valéry Malherbe, 40 ans. A Saint-Erembert, cet homme au physique avenant exerçait comme prof de gym. Toute la semaine, il a répondu de viol et agressions sexuelles sur mineurs devant la cour d’assises des Yvelines. Quatre élèves, âgés de 11 à 17 ans, ont porté plainte. D’autres ont raconté des caresses. Malherbe n’a reconnu que deux relations consenties avec deux élèves. La plupart des victimes sont désormais adultes. Ils décrivent cliniquement ce qu’ils ont subi. L’un évoque le «saccage» de sa vie familiale, un autre sa difficulté d’avoir des relations amoureuses, un troisième «s’interdit de réussir» comme le remarque sa mère. Malherbe était un sportif accompli aimé par ses élèves. Adoré parfois. Un «mentor», dit l’un. Un «demi-dieu», pour un autre.

«Parrain». Dieu n’est pas loin dans cette histoire. Un père de famille voit Malherbe comme «un aumônier bis». Un ancien séminariste note que «les parents lui étaient reconnaissants parce que grâce à lui, la messe plaisait aux jeunes». Il accompagnait les élèves dans leur formation religieuse. «Je croyais en lui, c’était un père spirituel», dit un élève. Il confiait des responsabilités aux adolescents dans le cadre des associations qu’il dirigeait. Un collégien précise :«Tout le monde cherchait son approbation». On avait peur de lui déplaire. Valéry Malherbe était le «parrain» de confirmation de Pierrick. Il lui avait offert une croix, comme à tous ses «filleuls». Après avoir abusé de lui, Malherbe s’était excusé. L’enfant lui avait répondu : «C’est aussi de ma faute, je lui ai dit que je voulais qu’il soit [toujours, ndlr] mon parrain de confirmation». L’évangile selon Malherbe voulait que les garçons n’aient pas de relations sexuelles avant le mariage. Son antienne : «Pur, mûr, sûr». La religion planait, même à propos des viols : «Alan ne fait que recevoir, il donne pas», a un jour lancé Malherbe aux élèves en évoquant de façon ambiguë une de ses victimes. Pire, «quand il justifiait ses actes, Malherbe parlait d’amour fraternel», confie un adolescent. Certains y ont cru.

A Saint-Erembert, la foi altère l’esprit critique. Le collège est cet endroit où «tout ce qui se fait sous couvert d’action religieuse passe beaucoup mieux», dit Fabien, ami d’une victime. Franck, que Malherbe a caressé lors d’une séance de cinéma, dira en pleurant à une amie qu’il a fourni là son «effort de carême».

Gravité. L’ambiance du collège a attisé le silence. C’est«un cocon», dit à la barre unefille. «Un milieu très fort en préjugés, en conventions», selon Fabien, qui s’est dépeint enfermé dans un groupe d’élèves où règne «un fort discours misogyne». Un groupe qui ressemblait à une «secte». Des élèves mesuraient mal la gravité des faits, et ont tenté d’organiser une «réconciliation» entre Malherbe et une de ses victimes. L’un d’eux écrit ceci à son professeur : «La faute que tu as commise n’est qu’une faiblesse. Je t’aime comme un frère indispensable à ma vie.»

Le prof continue ses méfaits, malgré des «rumeurs» sur son comportement. Les enfants ont du mal à parler, n’osent rien dire à leurs parents. Pierrick, interrogé sur son silence : «C’est à cause de la honte. Je n’avais pas envie qu’ils puissent imaginer, qu’ils voient leur fils subir». Puis: «Je n’ai pas eu le soutien que je voulais à l’époque». Et les adultes? Une mère dit qu’elle avait tellement l’habitude que Malherbe se comporte en gamin qu’elle avait oublié qu’il était adulte, et dorme au milieu des enfants. Sabrina, une élève, a recueilli les confidences d’une des victimes : «Le prof avait tellement d’aura auprès d’eux, on n’aurait jamais cru les enfants». Augustin, caressé par Malherbe, ne s’y est même pas essayé : «Je connaissais Saint-Erembert.  Je savais que ma parole allait être mise en doute et que ça allait être enterré».

Quand elles parlent, les victimes et leurs proches le paient cash. En 1999, Véronique, kinésithérapeute, a effectué un signalement sur des gestes déplacés de Malherbe pendant un séjour en Afrique. Sa mère, responsable de l’aumônerie, n’est plus invitée aux mariages où Malherbe «chantait». «Des amis communs nous ont lâchés», dit-elle. Me Emmanuel Daoud, avocat d’une partie civile, parle même de «mise au ban».

Pétition. Pour certains, des portes se sont fermées. Les parents qui doutent de Malherbe rencontrent une résistance. En 2002, une mère s’étonne que son fils dorme sur un matelas avec le prof. Elle en fait part à un autre enseignant qui lui conseille de ne pas «faire de telles histoires». A Saint-Germain, la sœur d’une victime participe à un groupe où l’on propose de prier pour «l’innocentation[sic]» de Valéry Malherbe. Elle dit qu’on peut penser autre chose et se fait «rabrouer». Son frère reçoit une lettre d’injures. Un autre se fait virer d’une soirée à laquelle il était invité. Au moment de l’incarcération du prof, une mère reçoit des coups de fil de parents qui s’inquiètent des «conséquences de son témoignage». Ils lui demandent pourquoi elle «invente» des choses pareilles. «Les passions se sont un peu déchaînées dans l’établissement» commente une mère d’élève. Me Edith Valley, partie civile, parle d’unepétition qui a circulé pour défendre le prof incarcéré. Des poèmes et des dessins ont été envoyés par les enfants à la prison. Des parents ont demandé la démission d’un oratorien intervenu pour limoger le directeur, coupable d’avoir laissé faire. Vendredi soir, Valéry Malherbe a été condamné à huit ans d’emprisonement.



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Dimanche 25 novembre 2007


NOUVELOBS.COM | 25.11.2007 | 18:36

Les trois avocats et la greffière, qui avaient cessé de s'alimenter depuis une dizaine de jour, ont décidé de suspendre leur action. Des avocats et greffiers en grève occupent toujours le TGI.


(c) Reuters
Les trois avocats et la greffière en grève de la faim contre la fermeture du tribunal de grande instance (TGI) de Moulins (Alliers), ont suspendu leur mouvement, samedi 24 novembre, selon une source judiciaire.
Aucune précision n'a été apportée concernant les raisons de cette décision, qui intervient après la rencontre, jeudi 22 novembre, des grévistes de la faim avec Stéphane Noël, le directeur-adjoint du cabinet de la ministre de la Justice, Rachida Dati.
Mes Sophie Cluzy, 38 ans, Patrice Tachon, 54 ans et William Hillairaud, 39 ans, avaient arrêté de manger le 15 novembre. La greffière de la cour d'assises Eliane Huguet, 48 ans, avait rejoint le mouvement le 16 novembre, suite à l'annonce de la suppression du TGI de Moulins par Rachida Dati.

L'occupation du TGI pourrait durer

Jeudi, Stéphane Noël avait rendu visite à Patrice Tachon et Eliane Huguet, tous deux hospitalisés au centre hospitalier de Moulins.
Le directeur adjoint du cabinet de la Garde des Sceaux s'était ensuite rendu au TGI de Moulins pour s'entretenir avec les deux autres avocats grévistes de la faim.
L'annonce de la suppression du TGI de Moulins avait suscité de l'étonnement, après le maintien du TGI de Montluçon dans l'Allier, dont on avait évoqué la fermeture.
Mercredi, un millier de personnes avaient défilé à Moulins contre la suppression du TGI. Alors que la grève de la faim est bien suspendue à Moulins aucune précision n'a été donnée quant à une éventuelle suspension de l'occupation du TGI, conduite, depuis le 15 novembre, par des avocats et greffiers, qui en conteste la suppression.

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Dimanche 25 novembre 2007
           ASSISES
 
 
Crédit Photo : TF1
 
. Quatre jeunes avaient agressé un homme qui prenait des photos, en 2005, à Epinay-sur-Seine.
. L'avocat général avait requis dix-huit ans de réclusion contre l'auteur principal de l'agression.

D.So. (avec agence) - le 24/11/2007 - 21h38

 

De deux à 15 ans de prison ferme. Telles sont les peines prononcées vendredi soir par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis contre quatre jeunes reconnus coupables d'avoir pris part à l'agression mortelle d'un homme qui prenait des photos dans une cité d'Epinay-sur-Seine en 2005. Benoît Kusonika, 25 ans, le seul à reconnaître avoir frappé Jean-Claude Irvoas, a écopé de la plus lourde peine : 15 ans à l'issue de sept heures de délibéré. Jeudi, le parquet avait requis contre lui dix-huit ans de réclusion, estimant que le jeune homme, "aveuglé par sa haine des flics", a asséné "de nombreux coups à la victime" avant le "coup fatal".

Le jury, majoritairement féminin, a également condamné à 12 ans de prison Samba Diallo, 24 ans, et Icheme Brighet, 22 ans, reconnus coupables, tout comme Benoît Kusonika, de vol suivi de violences ayant entraîné la mort. Sébastien Béliny, 21 ans, reconnu coupable de complicité, le seul à comparaître libre, a lui écopé de deux ans de prison, soit trois ans de mois que ce que l'avocat général avait requis contre lui. Le verdict a été accueilli par les pleurs des proches des accusés. Dans la journée, les avocats d'Icheme Brighet et de Sébastien Béliny avaient en effet plaidé l'acquittement.

Ce 27 octobre 2005, Jean-Claude Irvoas, employé d'une société d'éclairage public, photographiait des lampadaires pour le compte de son entreprise, au détour d'une balade en famille, quand il a été pris à partie. Après un violent coup de poing à la tête, asséné par Benoît Kusonika, qui a reconnu avoir "pété les plombs" en entendant la victime se présenter comme un "policier de Nanterre", Jean-Claude Irvoas est tombé sous les yeux de sa fille. Sa tête a alors heurté le cerclage en métal d'un arbre. La victime a succombé à un traumatisme crânien.  





Photographe d'Epinay: le procès n'aura pas levé toutes les zones d'ombre

BOBIGNY (AFP) — Le procès des agresseurs de Jean-Claude Irvoas, mort en octobre 2005 pour quelques photos prises dans une cité de Seine-Saint-Denis, a été "un rendez-vous manqué avec la vérité" devant les assises de Bobigny, de l'avis des parties civiles et de l'accusation.

"Que s'est-il passé derrière les feuillages?" Cette question d'un juré, lue par la présidente de la cour d'assises, résume toutes les interrogations de la cour et des jurés, qui se sont retirés vendredi vers 14H00 pour délibérer.

Jugés depuis mardi pour "vol suivi de violences ayant entraîné la mort", Benoît Kusonika, 25 ans, Samba Diallo, 24 ans, Icheme Brighet, 22 ans, et Sébastien Béliny, 21 ans, renvoyé pour "complicité", encourent la réclusion à perpétuité.

Jeudi, l'accusation a réclamé entre 5 et 18 ans de prison contre ces quatre jeunes dont le point commun, souligné par un avocat de la défense, était d'être "mal dans leur vie, mal dans leur peau", mais "pas des fous furieux".

Le 27 octobre 2005, Jean-Claude Irvoas, 56 ans, employé d'une société d'éclairage public, s'était arrêté dans le quartier Orgemont à Epinay-sur-Seine, au détour d'une balade en famille, pour photographier des lampadaires pour le compte de son entreprise. Il était accompagné de sa femme et de sa fille, restées dans la voiture.

Dans cette cité, réputée sensible, aux mains des dealers, il était un "intrus" sur le "territoire" des jeunes accusés, a-t-on souligné des deux côtés de la barre. Deux y vendaient régulièrement du cannabis.

Le vol de l'appraeil photo et l'agression a été filmée mais plusieurs séquences sont masquées par des feuillages.

Un seul accusé, Benoît Kusonika, 25 ans, reconnaît avoir frappé M. Irvoas. Une seule fois: un coup de poing direct à la mâchoire, qui a fait chuter la victime.

Or, les légistes ont relevé sur le corps de la victime, décédée d'un traumatisme crânien dû à sa chute, neuf hématomes profonds (autres que ceux causés par la chute mortelle), sur le dos, les épaules, les bras, etc.

Pour l'avocate générale Camille Hennetier, il n'y a qu'une seule explication: "Les accusés ne disent pas la vérité." A "cinq occasions, ils ont pu frapper", compte-t-elle, le temps des 23 secondes de l'agression.

Kusonika, décrit comme réservé et ayant reçu une éducation stricte, a asséné "de nombreux coups", pas seulement le "coup fatal" qu'il revendique, estime Camille Hennetier, qui requiert contre lui la plus lourde peine.

Elle pense aussi que Diallo et Brighet ont frappé la victime, avec la main ou le pied, ce qu'ils nient, et demande leur condamnation à 12 ans de réclusion.

Si ce n'est pas l'un, c'est donc l'autre. Vendredi, les avocats de la défense se sont mutuellement renvoyé la responsabilité des coups inexpliqués, tout en dénonçant les "constructions intellectuelles" et "hypothèses" de l'accusation.

"Ce n'est pas parce que l'on ne sait pas, qu'on doit faire coller à d'autres les éléments obscurs du dossier", a prévenu Me Marlène Viallet, conseil de Diallo.

Kusonika "reconnaît le pire des coups", "il est là pour endosser sa responsabilité, mais que la sienne", a plaidé sa consoeur Cécile Meurisse. Toutes deux ont réclamé des peines plus "justes" ou "adaptées", à leurs yeux, que celles requises (12 et 18 ans).

Les avocats des deux autres ont demandé l'acquittement, estimant que leurs clients n'avaient "ni volé, ni frappé".

Prenant en dernier la parole avant que la cour se retire, Kusonika a assuré: "J'ai tout dit, ce que j'ai fait, ce que j'ai vu", "Je ne suis pas un menteur". "Jugez-moi comme une personne qui a commis un monstrueux accident, pas comme un criminel", a-t-il imploré.

Le verdict doit être rendu dans la soirée.





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Samedi 24 novembre 2007


NOUVELOBS.COM | 24.11.2007 | 19:09

Son président, Maître Paul-Albert Iweins, salue des progrès "sur les mesures d'accompagnement" et se dit "rassuré". Les discussions vont se poursuivre.


(c) Reuters
Les négociations sur les mesures compensatoires pour les avocats touchés par la suppression de 23 TGI "ont progressé", a déclaré vendredi 23 novembre le président du Conseil national des Barreaux (CNB), Maître Paul-Albert Iweins, à l'issue d'une réunion avec Rachida Dati.
Une réunion autour de la ministre de la Justice a eu lieu à la Chancellerie, avec les représentants nationaux des avocats, une quarantaine de bâtonniers touchés par la réforme de la carte judiciaire, des chefs des barreaux de TGI supprimés ou du TGI de rattachement.

"Rassuré"

"On a progressé sur les mesures d'accompagnement mieux que les pré-discussions ne le laissaient présager", a déclaré Maîter Paul-Albert Iweins, se disant "rassuré" à l'issue d'une heure et quart de dialogue. "La ministre a de nouveau parlé d'indemnisations, les modalités restent à affiner, on doit se revoir vite", a ajouté le président du CNB qui représente les 46.000 avocats français.
A ses côtés, le bâtonnier de Millau, Jérôme Alirol, à la tête d'un collectif des barreaux menacés, a déclaré "attendre désormais du concret dans un délai de 15 jours". Malgré le désaccord exprimé "sur le fond" de la réforme, a dit Jérôme Alirol, "on nous annonce une volonté politique infaillible". "Si elle doit perdurer il faudra en compenser les effets néfastes".

"Volonté politique infaillible"

Les discussions vont se poursuivre et une nouvelle réunion entre la ministre et tous les bâtonniers touchés par la réforme aura lieu "vraisemblablement au début de 2008, plus tôt si c'est possible", a déclaré le porte-parole de la Chancellerie, Guillaume Didier.
Vendredi "la ministre a confirmé ce qu'elle a toujours dit : il y aura des compensations, des indemnisations comme pour toutes les professions touchées" par la réforme, a ajouté le porte-parole de la Chancellerie.

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Vendredi 23 novembre 2007

Procès du gang des pilleurs de châteaux: des peines de trois mois à cinq ans ferme

AP | 23.11.2007 | 15:27

Des peines de trois mois à cinq ans de prison ferme ont été infligées vendredi par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand dans le procès de 30 personnes soupçonnées d'appartenir à un gang de cambrioleurs et de receleurs spécialisés dans les meubles anciens et antiquités. Des relaxes ont également été prononcées.

Dans ses réquisitions, le procureur Nicolas Rigot-Muller avait particulièrement visé la famille Dedinger, une famille de gens du voyage sédentarisés dans la Loire. Ce clan est soupçonné d'être la plaque tournante d'un trafic d'oeuvres d'art rayonnant sur toute la France au début des années 2000 jusqu'à l'arrestation de ses membres en 2005. Jean-François Dedinger écope ainsi de cinq ans ferme et 5.000 euros d'amende, son petit frère Johnny de trois ans ferme et 5.000 euros d'amende. Leur père, Louis, est condamné à un an d'emprisonnement pour recel.

Le cas de Georges, le frère aîné, qui avait été désigné comme la tête pensante du clan, a été renvoyé au 19 juin prochain. Invalide à 80% suite à une agression armée remontant à 1990, il doit faire l'objet d'une expertise médicale comme annoncé au premier jour du procès.

Côté receleurs, la peine la plus lourde frappe le Néerlandais Franciscus Tanis avec quatre ans d'emprisonnement et 5.000 euros d'amende. L'Alsacien Jean-Pierre Bodin a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, assortis d'une amende de 10.000 euros. Un couple d'antiquaires de Haute-Saône écope de deux ans de prison, dont un an assorti d'une mise à l'épreuve avec obligation d'indemniser les victimes, ainsi qu'une ammende de 5.000 euros. Enfin, 18 mois de prison, dont neuf avec sursis, assortis de 5.000 euros d'amende ont été retenus contre Allemand Anton Winter.

Les membres de ce réseau de pilleurs de châteaux comparaissaient depuis le 12 novembre pour des chefs d'inculpation tels que recels, association de malfaiteurs, vols et vols aggravés.

C'est une cellule de gendarmes du Puy-de-Dôme qui a permis de démanteler ce gang ayant mis en place "un mode opératoire quasi militaire", avait expliqué au premier jour du procès le chef de la cellule Manoir 63, l'adjudant Serge Duard. Ce mode leur a permis de cambrioler châteaux et maisons bourgeoises sur l'ensemble du territoire avec une prédilection pour les régions situées au sud de la Loire, notamment l'Auvergne, riches en maison secondaires.

Le butin était revendu à des receleurs sur le territoire français qui se chargeaient de les revendre à des receleurs belges, néerlandais ou allemands. Après 18 mois d'enquête, les gendarmes avaient mis fin à leurs agissements en organisant un coup de filet en mars 2005 qui avait mobilisé près de 400 membres des forces de l'ordre dans 14 départements (Loire, Rhône, Indre-et-Loire, Hérault, Loiret, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Doubs, Corrèze, Pyrénées-Atlantiques, Bouches-du-Rhône, Oise, Aisne). AP





Par Laurence Addario AP - 

CLERMONT-FERRAND - Le ministère public a requis lundi après-midi des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement assorties d'amendes pouvant s'élever jusqu'à 75.000 euros à l'encontre des 30 prévenus qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour une affaire de vols de châteaux et maisons bourgeoises, de trafics d'oeuvres d'art et d'antiquités.


Les plaidoiries devraient se terminer mardi et le jugement devrait être rendu vendredi.

Dans son réquisitoire, le procureur Nicolas Rigot-Muller a particulièrement visé une famille de gens du voyage sédentarisés dans la Loire, les Dedinger. Ce clan est soupçonné d'être la plaque tournante d'un trafic d'oeuvres d'art et d'antiquités rayonnant sur toute la France au début des années 2000 jusqu'à l'arrestation de ses membres en mars 2005.

Le procureur a été plus sévère avec le frère aîné, Georges, 44 ans, décrit pendant l'audience comme l'organisateur, celui qui faisait l'interface entre les casseurs et les receleurs. Cinq ans de prison et 75.000 euros ont été requis contre lui. Le procureur a ensuite requis cinq ans et 30.000 euros contre un autre frère, Jean-François, 40 ans, ainsi que trois ans et 15.000 euros contre un troisième, Johnny, 33 ans, et enfin deux ans, dont un avec sursis avec mise à l'épreuve, pour le père, Louis, 64 ans.

Les réquisitions n'ont guère été clémentes à l'endroit des receleurs, qui écoulaient la marchandise à l'étranger, notamment en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas, comme le Néerlandais Franciscus Tanis contre lequel le ministère public a requis quatre ans de prison avec demande de mandat de dépôt.

Le receleur alsacien présumé Jean-Pierre Bodin n'a pas été épargné: quatre ans, dont un avec sursis avec mise à l'épreuve, assortis d'une amende de 75.000 euros ont été requis. Le procureur a demandé deux ans de prison et 5.000 euros d'amende contre un couple originaire de Haute-Saône et, contre le receleur allemand présumé Anton Winter, absent des débats, 18 mois de prison et 10.000 euros d'amende.

Démantelé par la cellule de gendarmes baptisée Manoir 63, ce gang avait fait l'objet de filatures et d'enquêtes entre décembre 2003 et mars 2005. Un vaste coup de filet mené les 15 et 16 mars 2005 par près de 400 gendarmes et policiers dans 14 départements (Loire, Rhône, Indre-et-Loire, Hérault, Loiret, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Doubs, Corrèze, Pyrénées-Atlantiques, Bouches-du-Rhône, Oise, Aisne) avait brisé le réseau. Les perquisitions ont alors permis la réalisation de 500 saisies, dont 100m3 de mobilier, des tableaux, des bronzes, des bijoux, des statuettes.

Les peines encourues par les prévenus varient selon leurs chefs d'inculpation (vols, recels, association de malfaiteurs, etc.). Certains risquent de sept à 14 ans d'emprisonnement pour vols en réunion aggravés du fait de récidive et d'autres jusqu'à dix ans pour recels aggravés. AP

lad/mw



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Vendredi 23 novembre 2007



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Nouveauté sur CanalSat depuis fin octobre, Panète justice. La première chaîne entièrement consacrée au système judiciaire dans sa globalité et sa diversité.


Le samedi 24 novembre, lancement d'un nouveau magazine : "Justice hebdo".


Un rendez-vous de 40 minutes proposé chaque samedi à 18h45. Rediffusions le dimanche à 13h00 et en seconde partie de soirée.


Le magazine hebdomadaire de l'actualité judiciaire...

Chaque samedi, Dominique Rizet (journaliste, grand reporter, conseiller éditorial au Figaro, collaborateur de Christophe Hondelatte sur "Faites entrer l'accusé") et ses invités décrypteront l'actualité judiciaire : faits divers français et internationaux, instruction et jugements seront analysés et commentés.

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