La ministre de la Justice Rachida Dati a fait part vendredi de son souhait de redéfinir le concours d'entrée à l'Ecole nationale de la magistrature et de moderniser la formation initiale.
La garde des Sceaux a demandé à Jean-François Thony, directeur de l'ENM, basée à Bordeaux, de lui remettre avant le 20 février des "propositions concrètes" pour réformer la formation et le rôle de l'école, qui seront présentées fin mars au conseil d'administration de l'établissement.
Lors d'un discours à l'occasion de la prestation de serment de la promotion 2008 de l'ENM, la garde des Sceaux a souhaité que cette réforme se fasse autour de trois priorités: "développer les qualités humaines des magistrats", "inscrire la formation dans une véritable politique des ressources humaines" et "donner une nouvelle dimension à l'ouverture de l'école".
Rachida Dati a notamment insisté sur la nécessité de "repérer" lors du recrutement des auditeurs ceux qui ont "des qualités humaines". Pour cela, le concours d'entrée à l'ENM va être redéfini, avec une épreuve de grand oral réorientée vers une évaluation de ces qualités.
Par ailleurs, la formation initiale sera modernisée. "L'enseignement intervient trop tôt dans la scolarité. Il faut d'abord offrir une formation interdisciplinaire, centrées sur les compétences attendues des magistrats", a plaidé Rachida Dati.
"La formation initiale doit commencer par l'apprentissage des fondamentaux: l'éthique, la déontologie, l'écoute, la conduite des entretiens, la méthodologie, la décision, l'acte de juger", a-t-elle expliqué. "La formation technique, tout aussi importante, interviendra dans un second temps" et "mêlera théorie et pratique". Elle propose également le rétablissement des stages extérieurs.
La ministre de la Justice a également considéré que l'ENM avait "un rôle à jouer au service de la gestion des ressources humaines". "Elle veillera à proposer des formations longues et spécialisées, en lien avec le plan de carrière des magistrats", a-t-elle déclaré. Alors que les contentieux traités sont "de plus en plus complexes", elle a jugé "nécessaire" la spécialisation, citant la criminalité organisée, la délinquance financière ou encore le droit de l'environnement.
Enfin, Rachida Dati a demandé que l'école renforce "sa dimension européenne et internationale", avec un stage obligatoire à l'étranger. Elle a notamment souhaité que tout auditeur parle correctement anglais, notamment l'anglais juridique, à l'issue de sa formation. AP
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