Lundi 3 décembre 2007

           PROCES

 
 
. Christian Beaulieu comparaît à partir de ce lundi à Nevers, pour le viol et le meutre de Mathias, 4 ans, en mai 2006 à Moulins-Engilbert.
. Il encourt la perpétuité.

Alexandra GUILLET - le 30/11/2007 - 18h23

 

Mathias avait disparu dans la soirée du samedi 6 mai 2006 alors qu'il jouait avec d'autres enfants devant la salle des fêtes de Moulins-Engilbert, dans la Nièvre. Il avait échappé à la surveillance de ses parents qui participaient, avec 150 autres personnes, à une soirée organisée par les agriculteurs du secteur. L'enfant avait été retrouvé mort le lendemain matin, non loin de la salle des fêtes.

Son corps dévêtu avait été enterré au bord d'une rivière, le Guignon. L'autopsie avait établi que le petit garçon, qui allait avoir 5 ans, avait été violé par son agresseur. Les hypothèses d'un décès par noyade ou par suffocation ont été avancées par les médecins légistes. Près de 80 gendarmes avaient participé à l'enquête pour retrouver le meurtrier de l'enfant dont la mort avait suscité beaucoup d'émotion.

Des aveux, puis la rétractation

De nombreuses personnes, participants de la soirée à la salle des fêtes ou  habitants du village, avaient été interrogées par les gendarmes qui ont réussi à identifier Christian Beaulieu. Celui-ci, selon certains témoins, avait été vu le soir de la disparition de l'enfant à proximité de la salle des fêtes. Christian Beaulieu avait été interpellé chez lui, à Moulins-Engilbert, le 12  mai et placé en garde à vue. Il avait reconnu être l'auteur du meurtre de l'enfant devant les gendarmes mais s'était refusé à toute déclaration devant le juge d'instruction lors de sa mise en examen.

Dans le courant du mois de mai, il s'était rétracté devant le juge d'instruction et n'a pas varié depuis, répétant que les gendarmes l'avaient  poussé à avouer, selon son avocat, Me Thibault de Saulce Latour, du barreau de Nevers. L'accusé, père de trois enfants, avait déjà fait l'objet de deux enquêtes pour des attentats à la pudeur sur des enfants, dans les années 80. Il est en détention provisoire  depuis sa mise en examen. 

Quarantaine de témoins

Plus d'une quarantaine de témoins ont été cités au procès qui doit durer  jusqu'au 7 décembre.  Christian Beaulieu, 57 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Son ancienne concubine et mère de ses enfants, Marie-Jeanne Hoffmann, 49 ans, est accusée de non-dénonciation de crime.

   
 


ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

Lundi 3 décembre 2007
Par Jean-Louis PANY AFP - 

PARIS (AFP) - La cour d'assises spéciale de Paris entend cette semaine les complices présumés d'Yvan Colonna, qui vont quitter leur cellule pour tenter de convaincre les juges que le berger corse ne faisait pas partie de leur commando ayant assassiné le préfet Claude Erignac le 6 février 1998.

Reproduction réalisée le 3 août 2002 aux ...

Copyright © 2007 AFP

Le témoignage de Pierre Alessandri, lundi après-midi, est très attendu. Il avait assuré, avant de se rétracter, que Colonna était celui qui avait tiré les trois balles dans la nuque du préfet.

Puis, du fond de sa prison où il purge une peine à perpétuité, il a affirmé être le tireur, une déclaration qui n'a guère convaincu les enquêteurs puisque, déjà jugé, Alessandri ne risque plus rien pénalement.

A partir de mercredi, c'est la cavale rocambolesque de l'accusé et son arrestation qui seront évoquées.

Lors de cette dernière semaine d'audiences avant les réquisitions, les plaidoiries puis le verdict attendu entre le 12 et le 14 décembre : le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant devra également s'expliquer mercredi sur un entretien récent avec Roger Marion, ancien chef de la police antiterroriste.

Il a été cité par la défense qui l'accuse d'avoir voulu influencer le témoignage, entendu lundi dernier, de celui qui a dirigé les investigations.

Depuis le début du procès le 12 novembre, la défense a en effet pu mettre sur le gril juges et enquêteurs pour exposer à loisir les dysfonctionnements de l'enquête sur la mort du préfet, avec sa fausse "piste agricole" et sa guerre des polices. De quoi semer le doute sur le bien-fondé de la présence dans le box des accusés d'Yvan Colonna, qui a toujours clamé son innocence.

Mais depuis jeudi dernier, c'est l'accusation qui marque des points avec le début du défilé des femmes et compagnes des membres du commando, puis du premier complice présumé de l'accusé.

Tous ont désigné aux enquêteurs Yvan Colonna comme étant le septième homme du "groupe des anonymes" qui a fomenté l'assassinat, ou ont au moins relevé sa présence dans l'entourage du commando le soir ou le lendemain du drame.

C'est pour cela que, le 23 mai 1999, la police a tenté en vain d'interpeler le berger corse, parti pour plus de quatre ans de cavale avant d'être retrouvé dans le maquis.

Entre-temps, à l'automne 2000, tous sont revenus sur leurs déclarations et ont innocenté Colonna, invoquant la "brutalité" des gardes à vue et les "menaces" des enquêteurs sur leurs familles pour expliquer leurs dénonciations initiales.

Mais à la barre, Nicole Huber-Balland, Michèle Alessandri, Jeanne Ferrandi ou Valérie Dupuis, dont les maris ou (ex)compagnons sont aujourd'hui en prison, ont peiné à expliquer leurs revirements, qu'elles aient assuré avoir cité des noms "au hasard", avoir "tout oublié" ou répété ce que leur "soufflait" la police.

Toutes habitent encore en Corse, Mme Alessandri résidant même à Cargèse, fief des Colonna, dont le clan, assis au premier rang de l'audience, suit leurs déclarations sans échanger avec elles un seul regard.

Ces dénégations de femmes, dont les vies ont été brisées par le drame, semblaient parfois si peu convaincantes qu'Yvan Colonna lui-même, après une nuit de réflexion, a crû devoir s'étonner vendredi.

"Je ne comprends pas. Pourquoi ne dit-elle pas franchement que je n'y étais pas... Elle le sait, elle ne l'a pas dit clairement", a-t-il lancé à propos du témoignage de Michèle Alessandri.


ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

Lundi 3 décembre 2007


NOUVELOBS.COM | 03.12.2007 | 06:44

La garde des Sceaux estime que la journée d'action des magistrats, le 29 novembre, a suscité "peu de mobilisation compte tenu des effectifs" et affirme être "en contact permanent" avec les professionnels.

Une manifestation d'avocats et de juges, jeudi à Paris

Une manifestation d'avocats et de juges, jeudi à Paris (Sipa)

La ministre de la Justice Rachida Dati estime que la journée d'action du 29 novembre des magistrats, avocats et fonctionnaires contre la réforme de la carte judiciaire a suscité "peu de mobilisation", a-t-elle affirmé, dimanche 2 décembre, lors du "Grand jury RTL-LCI-Le Figaro".
"J'entends les inquiétudes et les protestations. Il y a eu peu de mobilisation compte tenu des effectifs", a-t-elle déclaré, affirmant être "en contact permanent" avec les professionnels judiciaires qui contestent la refonte de la carte des tribunaux.
Selon Rachida Dati, le taux de grève a atteint jeudi "moins de 21%", le comparant avec les "42%" de grève lors du mouvement contre la loi présomption d'innocence votée en 2000.
Seul un syndicat de magistrats, le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), avait lancé un mot d'ordre de grève jeudi. L'organisation majoritaire, l'Union syndicale des magistrats (USM), avait appelé à la mobilisation contre la politique de "mépris" de Mme Dati, sans mot d'ordre de grève.

Rassemblements


Des rassemblements ont eu lieu dans toute la France, avec à Paris une manifestation qui a réuni 1.200 personnes, selon la police, et 3 à 4.000 selon les organisateurs.
La réforme du garde des Sceaux va entraîner la suppression de plus de 300 juridictions. Pour les professionnels concernés, "nous avons des pistes de compensation qui sont en cours d'examen", a expliqué le garde des Sceaux qui a indiqué que le projet de budget 2008 prévoyait "1,5 millions d'euros pour l'accompagnement social".
Rachida Dati a affirmé qu'elle n'avait pas de problème relationnel avec les avocats alors que son absence vendredi à la rentrée solennelle du barreau de Paris, en raison d'un "agenda particulièrement chargé", a suscité les critiques des avocats.
La réforme de la carte, qui entrera en vigueur en 2008 pour trois ans, aura un coût immobilier de 500 millions d'euros "à étaler sur plusieurs années, cinq ou six ans", a dit Rachida Dati.


Sur Nouvelobs.com

Sur Internet

ajouter un commentaire recommander publié dans : Carte Judiciaire commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007
 Mel B


Eddie Murphy rencontrera pour la première fois sa fille Iris Angel, issue de sa relation avec la Spice Girl, Mel B, dans l’enceinte du tribunal.

C'est la chanteuse anglaise qui a fait cette révélation à WENN. « Angel n’a pas encore rencontré son papa. Je pense qu’elle va le rencontrer dans l’enceinte du tribunal. Je ne peux pas forcer son père à la voir. Pour ma part, j’ai fait tout ce qu’il fallait », a indiqué Mel B, qui fera son grand retour sur scène


ajouter un commentaire recommander publié dans : People commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007

 

01.12.07 | 02h56

Le jury dans le procès de l'éleveur de porc Robert Pickton a commencé ses délibérations, vendredi soir, pour décider de la culpabilité ou non du pire meurtrier en série présumé de l'histoire canadienne.

Après 10 mois de procès, le juge James Williams de la Cour suprême de Colombie-Britannique, dans l'ouest canadien, a donné vendredi soir ses dernières instructions au jury composé de sept hommes et cinq femmes.

Eleveur de porcs âgé de 58 ans, Robert Pickton est accusé des meurtres de 26 femmes, pour la plupart des droguées qui se prostituaient dans un quartier malfamé de Vancouver, le "Downtown Eastside".

Ce procès, qui a commencé le 22 janvier, porte sur six meurtres. Un second procès, concernant les autres victimes, doit avoir lieu plus tard.

Au cours du procès, la police a indiqué avoir trouvé les têtes décapitées de trois victimes, des os et des échantillons d'ADN dans la ferme de l'accusé à Port Coquitlam, à une cinquantaine de kilomètres de Vancouver.

La découverte de ces restes humains n'est pas remise en cause par les avocats de Pickton, qui a plaidé non coupable.

L'argumentaire du ministère public repose aussi sur trois témoignages clé dont celui de Lynn Ellingsen, une droguée qui affirme avoir vu la dépouille d'une femme dans l'abattoir de la ferme de Robert Pickton à Port Coquitlam, en banlieue de Vancouver.

Dans son plaidoyer final, l'avocat de Robert Pickton avait miné la crédibilité de Mme Ellingsen, affirmant qu'elle devait avoir imaginé la scène alors qu'elle était sous l'emprise de la drogue.

Le juge James Williams a demandé au jury cette semaine d'être "vigilant" avec ce témoignage, soulignant la mauvaise réputation de son auteur.

Le jury doit déterminer pour chacun des six meurtres si Robert Pickton est innocent ou coupable. En cas de culpabilité, les jurés doivent déterminer dans chaque cas si le meurtre était prémédité ou non.

Au cours du procès, la défense a maintes fois souligné que l'éleveur de porcs de l'ouest canadien n'était pas assez intelligent pour commettre ces crimes et suggéré que d'autres personnes les avaient commis à sa place.


ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007


Le vendredi 30 novembre 2007


Les filles de la victime, Marie-Claude et Stéphanie Hogue, ont déclaré qu'elles étaient fort déçues de la tournure des événements. Au lieu du procès de la meutrière présumée de leur père, elles ont l'impression d'avoir assisté au procès des poilciers chargés de l'enquête. (Photo Armand Trottier, La Presse)
Agrandir l'image

Les filles de la victime, Marie-Claude et Stéphanie Hogue, ont déclaré qu'elles étaient fort déçues de la tournure des événements. Au lieu du procès de la meutrière présumée de leur père, elles ont l'impression d'avoir assisté au procès des poilciers chargés de l'enquête.
Photo Armand Trottier, La Presse

Christiane Desjardins

La Presse

Sorel

Parce que les policiers ont mal fait leur travail, durant la nuit du 23 juillet 2006, Armande Côté a été acquittée du meurtre de son conjoint, hier, au palais de justice de Sorel, sans même avoir son procès.

'); Click here to find out more!
   
Taille du texte Taille du texte
Imprimer Imprimer
Envoyer Envoyer
 
À consulter aussi
Lisez d'autres articles sur ces sujets :

Criminalité (100%)

Armande Côté (85%)

Homicide (73%)
Autres nouvelles À consulter aussi
   

Perquisition sans mandat, détention illégale, droit à l'avocat bafoué Me Carole Gladu, l'avocate de la femme de 62 ans, a plaidé que les policiers avaient commis une suite d'erreurs fatales, dans les heures suivant le meurtre d'André Hogue, 63 ans, et qu'en conséquence, il fallait écarter la majorité des preuves recueillies contre sa cliente. Le juge de la Cour supérieure Guy Cournoyer lui a donné raison. «Il est regrettable qu'en 2007, un tribunal soit encore forcé de rendre une telle décision», a dit le magistrat, avant d'ajouter que les violations de la Charte étaient «extrêmement sérieuses, et que toute autre mesure serait insuffisante». Voyant 90% de sa preuve lui filer entre les doigts, le procureur de la Couronne, Pierre Goulet, a été contraint de déclarer qu'il n'avait «plus de preuve à offrir», hier, ce qui a entraîné l'acquittement de Mme Côté. Les jurés, qui avaient déjà été choisis en prévision du procès, qui devait durer trois semaines, ont été renvoyés.

«Justice a été rendue», s'est contentée de dire Mme Côté, lorsque La Presse lui a demandé sa réaction. Entourée de ses proches, elle a quitté rapidement le palais de justice, tandis qu'une des filles de la victime, en larmes, lui criait: «Tu vas l'avoir sur le coeur pour le reste de ta vie.»

De fait, pour les deux filles (Marie-Claude et Stéphanie) et les deux soeurs (Michelle et Immaculée) de M. Hogue, justice n'a pas été rendue du tout. «C'est le procès des policiers qu'ils ont fait», a déclaré Michelle Hogue, en faisant allusion aux débats qui se sont tenus en l'absence du jury depuis la semaine dernière. Pour ces quatre femmes, n'importe quel verdict aurait été préférable à l'acquittement sans procès. Selon elles, Armande Côté et André Hogue étaient ensemble depuis 17 ans, mais cela n'allait plus et ils s'étaient laissés plusieurs fois.


Crise cardiaque


Sans excuser les policiers, il convient de préciser que l'affaire n'était pas claire au départ. Le soir du 22 juillet 2006, vers 21h30, Mme Côté compose le 911 pour son conjoint André Hogue, qui gît dans le gazébo derrière leur chalet situé au 23, chemin Landry, à Pierreville. Elle dit qu'elle était dans la maison pour préparer le souper, et qu'elle l'a trouvé comme ça en se rendant dans le gazébo. Du sang coule d'une narine de M. Hogue, mais on pense tout de même à une crise cardiaque. Il part en ambulance, pendant que Mme Côté reste à la maison.

À l'hôpital, M. Hogue, qui vit toujours mais est inconscient, subit un examen au scanner. C'est à ce moment qu'un médecin s'aperçoit qu'il a des bouts de métal dans la tête. On saura plus tard qu'il a été atteint à l'arrière de la tête par une balle de 22.

Pendant ce temps, à la demande de leur supérieur, des policiers se rendent à la maison de la victime et rencontrent Mme Côté. On sait maintenant que M. Hogue a possiblement été blessé par balle. Il est près de minuit. Ils n'ont pas de mandat. Mme Côté ouvre aux policiers. Ils lui demandent si elle est seule. Elle répond qu'elle ne le sait pas. Ils font le tour de la maison avec elle, pour voir si quelqu'un s'y cache. Ce faisant, ils font quelques observations. Les policiers inspectent aussi les alentours de la maison. Ils voient un trou dans la moustiquaire du gazébo, un trou dans une vitre du solarium. Y a-t-il des armes dans la maison? Oui, il y en a deux, répond Mme Côté. Il y en a une au sous-sol. L'autre, elle ne sait plus où elle est.


Suspect numéro un


Mme Côté est amenée au poste de la SQ vers les 2h du matin, pendant que d'autres policiers inspectent l'endroit. On lui demande de raconter par écrit ce qui s'est passé. Elle noircit une demi-page. Il devient évident pour les policiers qu'elle est le suspect numéro un. On lui fait une mise en garde sans lui indiquer clairement son statut. À 5h23, on lui donne le droit de consulter un avocat. Les mandats de perquisition sont obtenus le matin du 23 juillet à 8h32 et 9h55, alors que les policiers sont sur place depuis des heures.

«Je vais vous le dire, ce qui s'est passé», lance Mme Côté à un certain moment, avant de faire une déclaration sur vidéo.

Mais voilà, toutes ces preuves, dont celle qui démontre que le coup de feu a été tiré à partir d'une fenêtre de la maison, sont parties en fumée avec la décision du juge Cournoyer. Il est à noter que M. Hogue est mort dans la journée du 23 juillet, sans avoir repris conscience. Selon ses filles, il a été tué avec la carabine qui lui servait à tirer sur les écureuils qui venaient manger les graines destinées aux oiseaux.


Certains motifs qui ont servi à exclure la preuve


Plusieurs motifs ont servi à l'avocate de la défense Me Carole Gladu pour faire exclure certains éléments de preuve. En faveur de sa cliente, Armande Côté, elle a ainsi pu invoquer les faits suivants :

> Ses droits en vertu de la Charte des droits et libertés ont été violés parce qu'elle a été détenue arbitrairement, et on ne l'a pas informée dans les meilleurs délais des motifs de sa détention.
> Les policiers ont pénétré chez elle sans mandat et sans y avoir été invités.
> Dès l'arrivée des policiers à son domicile, Mme Côté a été surveillée.
> Elle a été interrogée sans avoir l'occasion de consulter un avocat.
> Les policiers ont usé de subterfuges pour fouiller la résidence.
> Mme Côté a été isolée deux heures et demie dans une salle du poste de police et contrainte de fournir une déclaration écrite.
> Il n'existait aucune urgence ni risque que les éléments de preuve soient détruits.


ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007


Le procès des accusés, Othman Raydi, (frère des kamikazes Abdelfettah et Ayoub Raydi qui s'étaient donné la mort le 11 mars et le 10 avril aux quartiers Sidi Moumen et El Farah à Casablanca), Youssef Khoudri, blessé par la déflagration du 11 mars dans un cybercafé et arrêté par la police et le dénommé Abdelhadi Raâbi, ont tous comparu en état de détention provisoire.

La Cour a décidé de reporter au 3 janvier prochain ce procès, suite à une requête de la défense qui a demandé un délai supplémentaire pour préparer ses plaidoiries. Les membres de ce groupe, originaires de Casablanca, dont 51 personnes ont comparu le 8 novembre devant la Cour d'appel à Salé, sont pour la plupart des éléments de la Salafia El Jihadia. Ils sont poursuivis pour "constitution de bande criminelle dans le but de préparer et de commettre des actes terroristes en relation avec un projet collectif visant à troubler l'ordre public par la violence et la terreur" et "adhésion à une association interdite".

Les faits reprochés aux accusés remontent au 11 mars, lorsque le kamikaze Abdelfettah Raydi s'était donné la mort, en actionnant la ceinture d'explosifs qu'il portait sur lui, dans un cybercafé au quartier Sidi Moumen à Casablanca.

Le complice présumé de Raydi, le dénommé Youssef Khoudri avait été blessé par la déflagration et arrêté par la police. Le fils du propriétaire du cybercafé qui tentait d'empêcher les deux personnes de consulter des sites Internet faisant l'apologie du terrorisme et deux autres clients qui se trouvaient à l'intérieur de l'établissement avaient été légèrement blessés par l'explosion.

Ayoub Raydi, frère du kamikaze Abdelfettah Raydi s'était donné lui aussi la mort le 10 avril au quartier El Farah à Casablanca après la déflagration d'une ceinture d'explosifs dissimulée sous ses vêtements.

Le Parquet général avait indiqué, dans un communiqué, que les membres présumés de cette "organisation en cours de formation" projetaient des attentats contre le quai du port de Casablanca, une caserne des Forces auxiliaires au quartier Bournazel (Casablanca) et contre plusieurs postes de police dans la même ville. Les éléments de cette "organisation" avaient aussi planifié des attentats contre les forces de l'ordre, avait-on précisé de même source.
   
  Par MAP
 

ajouter un commentaire recommander commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007

[29 Nov 2007]

Le verdict est tombé, hier, au tribunal de Mapou. Bernard Maigrot, accusé de meurtre de la styliste, Vanessa Lagesse, a été déféré aux assises.

Le Senior Magistrate, Azam Neerooa, devait ensuite ordonner qu’il soit emprisonné en attendant son procès. Cependant le Directeur des poursuites publiques (DPP) n’a pas objecté à sa remise en liberté conditionnelle. Bernard Maigrot a donc fourni une caution de Rs 200 000 et signé une reconnaissance des dettes de Rs 1 million avant de rentrer chez lui.

Hier, 9 h 20 : Bernard Maigrot arrive au tribunal de Mapou, accompagné de son épouse, Isabelle, et de sa sœur. Martine Desmarais est aussi présente. On note une forte présence des membres de la police régulière et de la Special Supporting Unit.

Bernard Maigrot, détendu et souriant, fait un brin de causette avec un de ses avocats, Me Yves Hein. Il s’emporte quelque peu lorsque les photographes s’approchent.

Il pénètre dans la salle d’audience et prend place à la troisième rangée, entre son épouse et sa sœur. Me Gavin Glover vient lui glisser quelques mots avant de partir. A trois reprises et l’air inquiet, Bernard Maigrot quitte la salle d’audience pour aller fumer.

Dans la salle d’audience, l’atmosphère est lourde mais les commentaires vont bon train. Va-t-il être déféré aux assises ou non ? Son Leading Counsel, Me Ivan Collendavelloo et Me Kanen Colunday sont là. On attend l’arrivée de la représentante du DPP, Me Priya Cheetoo, Principal State Counsel.

Il est 10 h 50 lorsque la voix de l’huissier de service, Ramessur, annonce «Court». Tout le monde se met debout alors que le magistrat Neerooa fait son entrée. C’est un Bernard Maigrot, crispé, qui prend place dans le box d’accusés. Les avocats se présentent et Me Collendavello, qui n’est pas «properly dressed», s’excuse.


«L’assassin court toujours...»

Toute la salle est suspendue aux lèvres du magistrat Neerooa et c’est dans un silence religieux qu’il donne lecture de ses conclusions. Après avoir, dit-il, analysé les divers témoignages lors de l’enquête préliminaire, il estime qu’il y a suffisamment de preuves pour que Bernard Maigrot soit poursuivi pour le meurtre de Vanessa Lagesse. Il ordonne ensuite que le suspect soit mis en prison en attendant son procès aux assises.

Dans le box des accusés, Bernard Maigrot est sous le choc. La déception se lit aussi sur son visage. Me Collendavelloo présente une motion pour qu’il soit libéré sous caution. Me Cheetoo n’objecte pas. Le magistrat fixe le montant de la caution à Rs 200 000 et la reconnaissance des dette à Rs 1 million. La séance est levée.

Bernard Maigrot est aussitôt entouré par ses avocats avant qu’on n’entame les procédures pour sa libération sous caution. Martine Desmarais quitte la salle d’audience pour s’en prendre à la presse. Elle fulmine : «Quel titre vous allez mettre, hein ? Une femme est morte et vous écrivez n’importe quoi alors que l’assassin court toujours.»

Quelques minutes plus tard, Me Collendavelloo sort tout souriant. Approché pour une déclaration, il répond qu’il n’a rien à dire. Des journalistes le suivent jusqu’à sa voiture. «Vous ne pouvez pas dire deux mots ?», demande l’un d’eux. «Au revoir et bye bye», lance-t-il avant de démarrer.

Il est 11 h 45 lorsque Bernard Maigrot, son épouse et sa sœur quittent le tribunal. Alors que les photographes se bousculent pour le mitrailler, il conseille : «Pa bizin galoupe, pran kantite foto zot oule. Ase la ?» Il se prête au jeu et pose fièrement avec son épouse et sa sœur à la grande satisfaction des photographes. Cependant c’est d’un ton sec qu’il fait savoir qu’il ne fera aucune déclaration.

Bernard Maigrot est soupçonné du meurtre de la styliste, Vanessa Lagesse, retrouvée morte dans sa baignoire dans la nuit du 9 au 10 mars 2001. Le 23 avril, il est arrêté par l’ex-surintendant Prem Raddhoa à son domicile à Grand-Baie et une enquête préliminaire est instituée.

71 témoins, dont le dernier était Isabelle Maigrot, ont déposé lors de cette enquête. Bernard Maigrot clame son innocence et soutient avoir été torturé par les hommes de Prem Raddhoa.

Suresh MOORLAH


AFFAIRE VANESSA LAGESSE
Bernard Maigrot sera poursuivi en cour d’assises


Fin du suspense et choc pour Bernard Maigrot, hier, au tribunal de Mapou. Selon le magistrat Neerooa qui a «analysé les divers témoignages», il y a suffisamment de preuves pour que le suspect soit poursuivi pour meurtre.

Bernard Maigrot, accompagné de son épouse, à sa sortie du tribunal de Mapou hier. S’il s’est volontiers prêté, un brin ironique, au jeu des caméras pour la plus grande joie des photographes, il n’a cependant fait aucune déclaration aux journalistes.
Bernard Maigrot, accompagné de son épouse, à sa sortie du tribunal de Mapou hier. S’il s’est volontiers prêté, un brin ironique, au jeu des caméras pour la plus grande joie des photographes, il n’a cependant fait aucune déclaration aux journalistes.
Le verdict est tombé, hier, au tribunal de Mapou. Bernard Maigrot, accusé de meurtre de la styliste, Vanessa Lagesse, a été déféré aux assises.

Le Senior Magistrate, Azam Neerooa, devait ensuite ordonner qu’il soit emprisonné en attendant son procès. Cependant le Directeur des poursuites publiques (DPP) n’a pas objecté à sa remise en liberté conditionnelle. Bernard Maigrot a donc fourni une caution de Rs 200 000 et signé une reconnaissance des dettes de Rs 1 million avant de rentrer chez lui.

Hier, 9 h 20 : Bernard Maigrot arrive au tribunal de Mapou, accompagné de son épouse, Isabelle, et de sa sœur. Martine Desmarais est aussi présente. On note une forte présence des membres de la police régulière et de la Special Supporting Unit.

Bernard Maigrot, détendu et souriant, fait un brin de causette avec un de ses avocats, Me Yves Hein. Il s’emporte quelque peu lorsque les photographes s’approchent.

Il pénètre dans la salle d’audience et prend place à la troisième rangée, entre son épouse et sa sœur. Me Gavin Glover vient lui glisser quelques mots avant de partir. A trois reprises et l’air inquiet, Bernard Maigrot quitte la salle d’audience pour aller fumer.

Dans la salle d’audience, l’atmosphère est lourde mais les commentaires vont bon train. Va-t-il être déféré aux assises ou non ? Son Leading Counsel, Me Ivan Collendavelloo et Me Kanen Colunday sont là. On attend l’arrivée de la représentante du DPP, Me Priya Cheetoo, Principal State Counsel.

Il est 10 h 50 lorsque la voix de l’huissier de service, Ramessur, annonce «Court». Tout le monde se met debout alors que le magistrat Neerooa fait son entrée. C’est un Bernard Maigrot, crispé, qui prend place dans le box d’accusés. Les avocats se présentent et Me Collendavello, qui n’est pas «properly dressed», s’excuse.


«L’assassin court toujours...»

Toute la salle est suspendue aux lèvres du magistrat Neerooa et c’est dans un silence religieux qu’il donne lecture de ses conclusions. Après avoir, dit-il, analysé les divers témoignages lors de l’enquête préliminaire, il estime qu’il y a suffisamment de preuves pour que Bernard Maigrot soit poursuivi pour le meurtre de Vanessa Lagesse. Il ordonne ensuite que le suspect soit mis en prison en attendant son procès aux assises.

Dans le box des accusés, Bernard Maigrot est sous le choc. La déception se lit aussi sur son visage. Me Collendavelloo présente une motion pour qu’il soit libéré sous caution. Me Cheetoo n’objecte pas. Le magistrat fixe le montant de la caution à Rs 200 000 et la reconnaissance des dette à Rs 1 million. La séance est levée.

Bernard Maigrot est aussitôt entouré par ses avocats avant qu’on n’entame les procédures pour sa libération sous caution. Martine Desmarais quitte la salle d’audience pour s’en prendre à la presse. Elle fulmine : «Quel titre vous allez mettre, hein ? Une femme est morte et vous écrivez n’importe quoi alors que l’assassin court toujours.»

Quelques minutes plus tard, Me Collendavelloo sort tout souriant. Approché pour une déclaration, il répond qu’il n’a rien à dire. Des journalistes le suivent jusqu’à sa voiture. «Vous ne pouvez pas dire deux mots ?», demande l’un d’eux. «Au revoir et bye bye», lance-t-il avant de démarrer.

Il est 11 h 45 lorsque Bernard Maigrot, son épouse et sa sœur quittent le tribunal. Alors que les photographes se bousculent pour le mitrailler, il conseille : «Pa bizin galoupe, pran kantite foto zot oule. Ase la ?» Il se prête au jeu et pose fièrement avec son épouse et sa sœur à la grande satisfaction des photographes. Cependant c’est d’un ton sec qu’il fait savoir qu’il ne fera aucune déclaration.

Bernard Maigrot est soupçonné du meurtre de la styliste, Vanessa Lagesse, retrouvée morte dans sa baignoire dans la nuit du 9 au 10 mars 2001. Le 23 avril, il est arrêté par l’ex-surintendant Prem Raddhoa à son domicile à Grand-Baie et une enquête préliminaire est instituée.

71 témoins, dont le dernier était Isabelle Maigrot, ont déposé lors de cette enquête. Bernard Maigrot clame son innocence et soutient avoir été torturé par les hommes de Prem Raddhoa.
 

 

Suresh MOORLAH


ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007

  • logov5hover.gif

    STEPHANE DURAND-SOUFFLAND
    02/12/2007 | Mise à jour : 18:08 |
    Commentaires 4
    .

    Campant sur son innocence, Yvan Colonna doit faire face à une nouvelle semaine chargée à compter de lundi. Le point sur les débats.

    La quatrième et dernière semaine de débats proprement dits s’ouvre ce lundi 3 décembre au procès d’Yvan Colonna. A compter du 10 décembre, il est prévu que la parole soit successivement donnée aux avocats des parties civiles - notamment Me Philippe Lemaire, conseil de Mme Erignac et de ses deux enfants -, aux deux avocats généraux, Christophe Teissier et Yves Jannier, à qui il appartient de requérir une peine (ou l’acquittement) contre l’accusé, puis à la défense. Conformément à la loi, Yvan Colonna (qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, éventuellement assortie d’une peine de sûreté pouvant aller jusqu’à vingt-deux ans s’il est reconnu coupable de l’assassinat du préfet Erignac) sera invité à s’exprimer en dernier. La cour d’assises de Paris spécialement composée de sept magistrats professionnels se retirera alors pour délibérer et livrer son verdict, sans doute vendredi 14 décembre.A ce stade, où en sont les débats?

     

    1. L’enquête.

    Elle a été singulièrement mise à mal par la défense, surtout pendant les quinze premiers jours. Il est étonnant que, dans un dossier d’une telle importance, élevé au rang de « cause sacrée » par Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l’Intérieur, subsistent autant d’imprécisions. Les avocats d’Yvan Colonna se sont fait un plaisir de rappeler que la Division nationale antiterroriste (DNAT), sous la conduite de Roger Marion, était dans un premier temps partie bille entête sur la « piste agricole ». Il semblait évident, entre le 6 février 1998 et le mois de mai 1999, que Claude Erignac avait été tué par des agriculteurs insulaires mécontents de la politique de subvention décidée par Paris et appliquée par le préfet. Quelque trois cents personnes seront arrêtées dans cette procédure n° 13-37, plus de quarante seront mises en examen et, pour beaucoup, incarcérées. Résultat : cette enquête n’est toujours pas close, bien qu’aucun des suspects n’ait été traduit devant un tribunal. Pour la défense, qui ne manque pas d’arguments sur ce point, le « dossier poubelle » permettait aux juges et aux policiers d’avoir les coudées franches dans les interpellations, et de dissimuler le plus longtemps possible certains éléments aux avocats des assassins présumés, poursuivis dans la procédure n°13-38. Cela étant, l’incongruité de ce découpage a déjà été soulevée lors de deux procès. Il n’en reste pas moins que six nationalistes ont été définitivement condamnés en 2003, pour leur participation au crime. En revanche, les deux professeurs bastiais, « cerveaux » présumés de l’assassinat après l’abandon de la « piste agricole », ont été acquittés en appel en 2006. Ce n’est pas parce que l’enquête est loin d’être parfaite que ses conclusions sont toutes erronées.

     

    2. La position constante d’Yvan Colonna.

    Le berger de Cargèse n’a jamais cessé de clamer son innocence, insistant sur l’absence totale d’éléments matériels – seuls des témoignages, rétractés, l’accablent. En cavale, il a écrit une lettre en ce sens au périodique proche des milieux nationalistes, U Ribombu . Cette attitude tranche avec celle, habituelle, des militants « durs » qui, une fois confondus, revendiquent leurs actes et se murent dans le silence. Cependant, d’autres lettres versées au dossier sont moins favorables à la défense : celle des parents du fuyard à Mme Erignac, en date du 28 mai 1999 - le berger est en cavale depuis cinq jours. En voici le texte : « Madame, nous sommes la mère et le père d’Yvan. Au soir du 6 février, nous avons imaginé et partagé votre détresse. Aujourd’hui, pour lui, pour nous, nous vous demandons pardon ainsi qu’à vos enfants et à tous ceux à qui nous avons fait du mal. » L’on peut également citer un courrier de Pierre Alessandri à Stéphane Colonna, le frère du suspect. En juillet 1999, il écrit notamment, en référence à Yvan : « Je me demande si j’ai fait le bon choix, je me demande s’il a fait le bon choix ». Ce qui a permis à l’un des trois juges d’instruction, Gilbert Thiel de déclarer le 28 novembre, les yeux vissés dans ceux de l’accusé : « Cela ne m’a pas paru être la lettre de quelqu’un qui accusait faussement son meilleur ami ».

     

    3. L’affaire du médecin légiste.

    Appelé à témoigner le jeudi 15 novembre dernier, le Dr Paul Marcaggi s’attendait sans doute à rester, comme en 2003, quelques minutes à la barre, les causes de la mort du préfet Erignac ne faisant, hélas, pas de doute : la victime a succombé à trois balles tirées dans la nuque. Coup de théâtre : l’on ne sait pourquoi, l’un des avocats généraux demande au légiste d’Ajaccio quel pouvait être la taille de l’assassin – question qui ne lui avait jamais été posée jusqu’alors. Réponse du praticien : selon les angles de tir, il estime que le tireur devait mesurer sensiblement la même taille que sa victime, soit 1,83m. Or, Yvan Colonna mesure 1,72m ! Ni la partie civile, ni le ministère public n’ayant réagi dans l’instant, le président Coujard demande au médecin de revenir le lundi suivant. Loin de perdre contenance, il réitère ses observations. Cette déconvenue pour l’accusation appelle quelques commentaires. Primo, si la parole d’un légiste corse est sujette à caution, comme cela s’est murmuré après sa première déposition, il appartenait à la justice de désigner le 6 février 1998, pour l’autopsie, un praticien « continental » incontestable – le Dr Marcaggi s’est lui-même étonné d’avoir été chargé de cette tâche. Deuxio, le médecin corse a relevé qu’il n’avait jamais été convié à une reconstitution sur les lieux. Une première a eu lieu le 17 mars 1998, avec les témoins oculaires. Une seconde était prévue en juin 1999, mais les membres du commando ont refusé au dernier moment de s’y prêter. En ces deux occasions, si le légiste et le balisticien – ce dernier a scandaleusement refusé de témoigner à ce procès –, avaient été présents, leurs observations auraient pu être croisées avec les témoignages. Notamment celui de M. Colombani, qui a vu le préfet se courber en deux pour chercher à fuir au moment de son agression : ceci n’explique-t-il pas les conclusions du légiste ? En effet, si la victime est très penchée en avant, même un tireur nettement plus petit peut imprimer une trajectoire quasi horizontale à la balle mortelle. Faute d’avoir organisé une reconstitution en présence des hommes de l’art, la justice s’est privée d’une réponse potentiellement précieuse.

     

    4. Le témoin qui ne reconnaît pas Yvan Colonna.

    Marie-Ange Contart a eu le triste privilège de dévisager l’assassin du préfet l’espace de quelques secondes, pendant qu’il achevait sa victime – ce qu’elle ignorait, le corps étant dissimulé par des voitures en stationnement. Or, depuis que M. Colonna est officiellement suspecté, c’est-à-dire depuis mai 1999, ce témoin capital a toujours indiqué qu’elle ne reconnaissait pas l’individu qu’elle avait vu « tirer par terre » le 6 février 1998. Elle a maintenu « formellement » ses déclarations à la barre, après avoir dévisagé l’accusé. A noter qu’elle ne l’avait pas plus reconnu, lors d’un « tapissage » organisé en 2005, que MM. Alessandri et Ferrandi (définitivement condamnés) également présents derrière la glace sans tain. Lorsque le président Coujard a fait projeter le portrait-robot élaboré sur ses indications, seul un avocat des parties civiles a laissé entendre qu’on pourrait y voir Yvan Colonna affublé d’une perruque blonde. Le ministère public est resté silencieux, laissant supposer qu’il entérinait le fait qu’il ne s’agissait pas de l’accusé.

     

    5. Les aveux de garde à vue.

    La contestation de leur déroulement, entre le 21 et le 24 mai 1999, est au cœur de la stratégie de la défense. En résumé, il s’agit pour les avocats de prouver qu’elles étaient « poreuses », en ce sens que les déclarations des uns pouvaient être influencées par celles des autres. L’intervention d’un policier de sulfureuse réputation, le commandant Georges Lebbos (il détournera plus tard la procédure à des fins privées, sans pour autant être sévèrement sanctionné par sa hiérarchie), est également exploitée pour semer le trouble. Il n’en reste pas moins que les déclarations recueillies tant auprès des membres du commando que de leurs épouses, accablent Yvan Colonna. Didier Maranelli, le premier, donne le nom du berger de Cargèse comme étant celui du tireur. Pierre Alessandri, son ami d’enfance, confirme. Jeanne Ferrandi décrit précisément la présence d’Yvan Colonna à son domicile de la banlieue ajaccienne, quelques minutes après le crime. Michèle Alessandri atteste qu’elle l’a trouvé là le lendemain matin, alors qu’elle venait chercher son mari, lequel lui en avait donné la consigne par le biais d’un code (deux sonneries sur leur fax). Alain Ferrandi refuse de donner le moindre nom, mais déclare aux enquêteurs : « Ma femme dit la vérité ». Par la suite, après avoir maintenu leurs dires à l’instruction pendant dix-sept mois, tous se rétractent de manière synchronisée : Yvan Colonna n’y était pas, la police leur a dicté leurs aveux. Deux observations : lorsque le nom d’Yvan Colonna apparaît, le berger ne fait pas figure de suspect de premier choix – sinon, il aurait été immédiatement interpellé avec ses compagnons présumés, et il n’aurait pas pris la fuite, faute de surveillance. Dans ces conditions, n’était-il pas hasardeux de chercher à tout prix à faire de lui le tireur ? N’était-il pas plus simple de « charger » Alain Ferrandi, par exemple, le moins bavard du groupe ?

     

    6. L’incohérence passée inaperçue.

    Elle ne sera soulevée que par Yvan Colonna en personne, après son arrestation. L’enquête a validé tous les témoignages décrits ci-dessus. Or, Valérie Dupuis, compagne de Didier Maranelli, déclarait en 1999 que le berger est venu chez elle, à Cargèse, pour la première et la dernière fois, le 7 février au matin, lendemain de l’assassinat, aux alentours de 9h. Il aurait eu avec M. Maranelli un mystérieux aparté, dont elle n’a pas saisi la teneur. Pourtant, Mmes Alessandri et Ferrandi affirment que M. Colonna se trouvait à ce moment au domicile de la seconde. Cargèse se trouvant à environ une heure d’Ajaccio, les deux versions sont incompatibles. Séparément, elles sont mauvaises pour la défense ; mais le fait qu’en 2005, devant le juge Le Vert, Mme Dupuis ait sensiblement modifié sa version (elle n’est plus sûre du jour de la visite), permet à la défense de crier, une fois de plus, à la manipulation.

     

    7. Les rétractations à la barre.

    La semaine qui vient de s’écouler a vu les compagnes de plusieurs membres du commando tenter de justifier leurs rétractations quant à l’implication d’Yvan Colonna. Elles avaient l’air si mal à l’aise, elles faisaient si peine à voir, qu’on ne pouvait pas ne pas imaginer qu’une pression terrible pèse sur leurs épaules. Mme Alessandri vit à Cargèse, où elle croise tous les jours les proches de l’accusé. De quelle liberté de parole dispose-t-elle ? L’attitude d’Yvan Colonna, d’ailleurs, laisse perplexe : invité par le président à s’adresser à ce témoin, épouse de son ami d’enfance, il décline l’offre. Mais le lendemain, en son absence, il se plaint de ce quelle ne l’a pas « franchement » dédouané. C’est vrai, ces femmes dont la vie a basculé sans qu’elles aient eu la maîtrise de leur destin, inspirent la pitié. Mais ici, aux assises, il est difficile de leur accorder le plein bénéfice de la compassion car, comme l’écrivait Lautréamont, « qui vante la pitié, vante la terreur ».
    .
    .
     
  • Vos réactions
    ouf un journaliste qui fait son boulot au mieux! écouteur à la lettre
    acquittement Capelette
    Pressions? Salomon
    assassin trop grand de 11 cm ??? Vincentg

  • Votre commentaire
    Votre pseudo sera visible à côté de votre commentaire. Pseudo oublié ?

    .
    J'accepte que mon commentaire soit publié dans Le Figaro.
    .
  • Colonna : dossier spécial

    Commentaires 1
    Colonna : dossier spécial<br/>

    Près de dix ans après le meurtre du préfet Erignac, le «berger de Cargèse», principal suspect, comparait devant la cour d’assises spéciale de Paris jusqu’au 12 décembre 2007. Son procès lèvera-t-il enfin les zones d’ombres de l’enquête ? Retrouvez notre dossier spécial sur cette affaire hors du commun.

    .

ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

Dimanche 2 décembre 2007
AIX-EN-PROVENCE - Le procès de six des huit auteurs présumés de l'incendie du bus de la ligne 32 à Marseille, qui avait failli coûter la vie le 28 octobre 2006 à Mama Galledou, une étudiante de 26 ans, brûlée sur 62% de sa surface corporelle, s'ouvre lundi devant la cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence.

Les six mis en cause, tous âgés de 16 à 18 ans au moment des faits, encourent une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle. A l'issue d'un premier procès, deux autres jeunes, qui avaient moins de 16 ans au moment des faits, avaient écopé le 28 septembre dernier, devant le tribunal pour enfants de Marseille, de huit ans de prison ferme. Le parquet a décidé de faire appel.

Cinq des six jeunes jugés à partir de lundi comparaissent détenus. Le sixième a été remis en liberté après un détour par un centre d'éducation fermé à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques).

Parmi les six accusés, figurent ceux qui, selon l'accusation, auraient tenu les rôles principaux. L'un des mineurs est accusé d'avoir répandu l'essence qui a enflammé Mama Galledou. Un autre est présenté comme le meneur et celui qui a jeté le mouchoir enflammé.

Pendant l'instruction, l'ensemble des prévenus ont accepté de définir dans les grandes lignes leur propre rôle, mais refusé de livrer les autres. "Je ne suis pas une balance", ont dit la plupart des auteurs présumés pendant l'enquête.

Pour le juge d'instruction, il ne fait aucun doute que l'incendie a été prémédité. Les mineurs mis en cause ont reconnu qu'ils voulaient "faire comme à Paris en brûlant un bus", allusion évidente aux violences urbaines de l'automne 2005 en région parisienne. L'enquête sur la personnalité des mis en cause a mis au jour des parcours scolaires chaotiques chez des jeunes sans repères.

"Je voudrais juste qu'ils réalisent que c'est pas juste une bêtise. C'est bien plus grave que ça", a déclaré Mama Galledou vendredi, au micro de France-Info. La victime, qui ne souhaite pas être confrontée directement à ses incendiaires, sera entendue lundi après-midi grâce à un système de visioconférence, en un lieu tenu secret.

Mama Galledou a quitté en février 2007 le centre des grands brûlés de l'hôpital de La Conception à Marseille pour un centre de rééducation fonctionnelle de Hyères (Var), où elle continue d'effectuer des soins de jour dans l'attente de la cicatrisation complète de ses blessures. Celle-ci ne devrait pas intervenir avant le printemps 2008.

"Je la sens plus déterminée que jamais dans sa quête de vérité. Il y a des questions qui la taraudent: pourquoi? comment?", observe Me Alain Molla, l'avocat de la jeune femme qui n'a pas obtenu lors du premier procès les réponses précises qu'elle attendait sur les circonstances du drame.

"Ils ne voulaient pas en arriver à des conséquences aussi tragiques", note pour sa part Me Dominique Mattei, l'un des avocats de la défense. "Ce procès comporte de véritables enjeux pour ces jeunes et ils ne sont pas que répressifs. On ne peut pas considérer qu'ils sont à jamais perdus pour la société", insiste également Me Emmanuel Molina, qui estime que son client a été "pris dans le tourbillon d'une action collective". Pour Me Thierry Ospital, "si les peines sont élevées, ils vont penser qu'on les a condamnés pour un crime qu'ils n'ont pas voulu".

Les débats seront dirigés par le président Jean-Pierre Deschamps. Seize témoins et neuf experts défileront à la barre de la cour d'assises pendant cinq jours. Le siège de l'accusation sera occupé par l'avocate générale Anne Lezer. Son réquisitoire est prévu vendredi. Le verdict est attendu le même jour. AP

xnis/sb


ajouter un commentaire recommander publié dans : Cours d'Assises commentaires (0)   

JUSTICE BRULANTE

  • 300 euros le droit de fumer !
    - Il défendait le droit de fumer, il écope de 300 euros     ...
  • Karim Achoui, de la médiatisation à l'oubli
     Un avocat incarcéré depuis 3 semaines, en grève de la faim, Karim Achoui qui était, avant sa mise en détention, médiatisé à outrance, n'intéresse plus les médias.  Samedi 3 janvier 2009, le père de Karim Achoui...
  • Le casse-tête de l’extradition
    - © Kelpfish - Fotolia.com $('#form_ami .text').focus( function() { $(this).css('background-color','#f9f7dc'); }); $('#form_ami .text').blur( function() { $(this).css('background-color','white'); }); ...
  • La cour d’assises revit la mort tragique d’Aurélie
    Dugny En octobre 2006, une jeune fille de 19 ans avait été entraînée dans le vide par l’ex-compagnon de sa soeur, qui s’y jetait avec elle. Dimitri a survécu. Il est jugé à...
  • La rencontre sur Internet tourne au drame
    Jean-Marc Aubert, le mardi 6 janvier 2009 à 04:00 lu 245 fois · aucun commentaire --> Cliquez pour agrandir ...
  • Sarkozy s'apprêterait à annoncer la suppression du juge d'instruction
    NOUVELOBS.COM | 06.01.2009 | 12:14 5 réactions Le chef de l'Etat devrait indiquer mercredi que l'ensemble des enquêtes judiciaires sera désormais confié au parquet sous le contrôle d'un magistrat du siège, appelé "juge de l'instruction". ...
  • Des caméras dans les prétoires ?
    Ceci est un sondage. Vous êtes convoqué au Palais de justice comme témoin ou parent d'un(e) ado passagèrement casse-tout. Etes-vous prêt(e) à être filmé(e) par une caméra de télévision ? Et si la hiérarchie judiciaire a donné son accord pour que soit capté un procès où...
  • 3 hommes jugés pour l'attentat de Djerba
    UN EX-émailleur allemand d'origine polonaise ainsi qu'un Koweïtien, qui passe pour l'un des "cerveaux" d'Al-Qaida et l'un des organisateurs du 11 septembre 2001 : Christian Ganczarski, 42 ans, et Khaled Cheikh Mohammed, alias "Al Mokh", 44 ans, sont jugés à partir de lundi...
  • Procès Ferrara
    Antonio Ferrara Le "baveux" Comment "le Petit" est devenu caïd Ferrara, roi de la belle et du braquage Le roi de la belle Ouverture du procès Ferrara décontracté ...
  • 4 policiers condamnés pour violences
    Créteil - Quatre policiers condamnés pour violences Crédit Photo : TF1/LCI Des policiers ...
liste complète

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Images aléatoires