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Texte Libre

Je déteste le crime, cette expression humaine et imbécile du malheur. Une société qui ne serait pas aberrante devrait sans cesse être préoccupée du malheur, comme du cancer ou de la tuberculose..

Mais on confond le crime avec les criminels. On emprisonne les criminels, on les tue même. Le crime ne disparaît pas pour autant. Au Moyen Age on mettait les lépreux à l'écart des villes, on les obligeait à porter des clochettes comme du bétail, pour qu'on les entende venir et puisse s'en écarter à temps. Il n'y avait pas de lépreux visibles. Mais la lèpre était toujours là, bien vivace, dans l'ombre. Nous en sommes encore au Moyen Age, quand il s'agit du crime, cette lèpre de notre société.

 

Robert BADINTER

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Vendredi 2 janvier 2009

Aux Etats-Unis, un homme avait été reconnu coupable du meurtre de sa belle-mère. Or, deux des jurés avaient eu des relations sexuelles avant la fin du procès, ce qui serait est un vice de forme.

Il demande la réouverture de son procès car deux jurés ont couché ensemble
Roberto Dunn, du Missouri, avait déjà demandé la réouverture de son procès mais elle lui avait été refusée. Aujourd’hui, le journal Saint Louis Post Dispatch rapporte que sa nouvelle demande pourrait mener à la réouverture de son procès.

En effet, deux jurés avaient fait l’amour ensemble avant la fin de son procès. Peu de temps après, le juge avait reçu une lettre dénonçant les faits : les relations sexuelles avaient eu lieu entre le procès et l’annonce du verdict.

Le nouvel avocat de Roberto Dunn estime que les j
par David Castel publié dans : International / Etranger ajouter un commentaire recommander
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Vendredi 2 janvier 2009

 
 
G.Ca. | 30.12.2008, 11h18
 

En seine-et-marne, les experts psychiatres sont à bout et croulent sous les demandes d’expertises judiciaires. Si bien que les retards de dossiers s’accumulent tout comme les procès de correctionnelle renvoyés. « Auparavant, ces expertises étaient demandées lorsqu’il s’agissait d’affaires sexuelles. Elles ont été étendues à d’autres dossiers.

On peut toujours se demander si l’on ne psychiatrise pas trop les infractions », confie un juge.
Les experts psychiatres sont en effet, bien malgré eux, au cœur d’un débat idéologique : certains voudraient les voir « pénaliser » les malades mentaux, d’autres souhaiteraient au contraire les utiliser pour « dépénaliser » des personnes en parfaite santé mentale.
En Seine-et-Marne, l’équation est simple : le département compte trois tribunaux de grande instance (Meaux, Melun et Fontainebleau), une cour d’assises et…trois experts psychiatres ! Ils sont une petite quarantaine sur la liste de la cour d’appel de Paris.

Des dizaines de dossiers en souffrance

Le cas du Dr Vincent Mahé illustre bien la problématique : ce psychiatre est également chef de service à l’hôpital de Meaux et chef de pôle, à la tête de trois secteurs géographiques. Il court de réunion en consultation, son agenda est plein.
Lorsque les experts sont saisis par la justice, leur mission est simple : ils doivent se prononcer sur la responsabilité pénale du prévenu ou de l’accusé. « Pour expertiser une personne, cela nécessite au moins une heure d’entretien. Quand elle est détenue, cela demande plus de temps. A la prison de Chauconin, cela se passe bien. Mais dans d’autres établissements, nous subissons le pointillisme administratif, nous rencontrons des barrages, avec à chaque fois des arguments différents. »
Aujourd’hui, le Dr Mahé a demandé à ne plus être désigné—provisoirement — car il a plusieurs dizaines d’expertises en retard. Pour expliquer l’enjeu et la difficulté du débat, le spécialiste rappelle cette évidence : « On peut être un malade et un voyou. Quand il y a coexistence d’une maladie et d’un comportement délinquant, nous devons déterminer si l’acte commis est en lien avec l’un ou l’autre. »
Le rôle des psychiatres ne s’arrête pas à l’expertise puisqu’ils ont aussi un rôle à jouer… en détention. Et, là, surprise, la population carcérale serait presque mieux lotie qu’à l’extérieur. Dans le nord de la Seine-et- Marne, on compte un psychiatre pour 12 000 habitants, sans parler des praticiens du privé. Et à la prison de Meaux, un psychiatre pour 800 détenus ! « En revanche, à la prison, nous manquons de psychologues. »

Le Parisien

par David Castel publié dans : Justice, Combien de Divisions? ajouter un commentaire recommander
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Vendredi 2 janvier 2009
par David Castel publié dans : Justiciables au quotidien ajouter un commentaire recommander
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Vendredi 2 janvier 2009


PARIS (AFP) — De l'affaire d'inceste et de séquestration qui a ébranlé l'Autriche, aux crimes rituels d'albinos en Afrique, en passant par les coups de folie meurtrière, voici quelques affaires criminelles qui ont marqué l'année 2008:


- SEQUESTRATION ET INCESTE EN AUTRICHE:

Le 27 avril, l'Autriche est sous le choc lorsqu'elle découvre par voix médiatique et policière qu'une femme de 42 ans a été séquestrée par son propre père pendant 24 ans dans la cave de sa maison près d'Amstetten, à une centaine de kilomètres de Vienne.

Le père, Josef Fritzl, 73 ans, mis sous les verrous la veille au soir, est passé aux aveux complets, reconnaissant avoir enfermé sa fille dans la cave de 60 m2 et dépourvue de fenêtres de la maison familiale, et avoir eu avec elle sept enfants, dont l'un est mort peu après sa naissance.

Au fil des années, Fritzl était parvenu à adopter trois de ces enfants, faisant croire à sa femme ainsi qu'aux autorités que sa fille avait disparu dans une secte et qu'elle avait déposé les bébés devant sa porte. Il y avait à chaque fois une lettre signée d'Elisabeth disant qu'elle ne pouvait subvenir à leurs besoins.

Les trois autres enfants ont grandi reclus avec leur mère, sans jamais voir la lumière du jour.

L'affaire a été découverte après l'hospitalisation à la mi-avril de la fille aînée d'Elisabeth, Kerstin, 19 ans. Josef Fritzl a été accusé de viol, séquestration, inceste, esclavage ainsi que du meurtre d'un des enfants, ce qui le rend passible de la prison à vie.


- COUPLE ASSASSIN:

Le 28 mai, à l'issue d'un procès-fleuve de deux mois, la cour d'assises des Ardennes condamne à la prison à vie le tueur en série Michel Fourniret et son épouse Monique Olivier.

Fourniret, reconnu coupable de sept meurtres aggravés de jeunes femmes entre 1987 et 2001 et de trois agressions, est condamné à la perpétuité incompressible, la peine maximale du code pénal. Sa femme, reconnue complice de quatre meurtres et d'autres crimes, écope de la perpétuité assortie d'une période de sûreté de 28 ans. Durant dix semaines de débats éprouvants, ponctués de plusieurs coups d'éclat de Fourniret, le duo n'aura pas livré grand chose des secrets de sa dynamique criminelle, ni même exprimé de remords.

Fourniret a été mis en examen dans trois autres dossiers de meurtre.

 

Conseiller à la cour d'appel de Reims, Gilles Latapie est surtout connu pour présider régulièrement des sessions d'assises notamment dans les Ardennes et la Marne.
Ce juriste qui a longtemps dirigé un cabinet de recrutement avant de rejoindre en 1998 la magistrature, a présidé le plus grand procès criminel de l'année 2008, celui des Fourniret. Salué pour son calme, sa méthode, sa grande politesse à l'égard des accusés, il a dirigé la cour d'assises des Ardennes avec rigueur et humanité, ce qui a été salué par les avocats de la défense comme ceux des parties civiles et de nombreux observateurs.


- COUP DE FOLIE MEURTRIERE A TOKYO:

Le dimanche 8 juin au matin, Tomohiro Kato, au volant d'un véhicule de location, se dirige vers Akihabara, un quartier branché de la capitale, où foisonnent les magasins d'électronique et de jeux vidéos. Le dimanche, l'accès aux voitures y est interdit, et le quartier est noir de monde.

Le jeune homme de 25 ans précipite alors son camion sur la foule qui déambule dans les rues, zigzaguant à la poursuite des piétons. Sortant de son véhicule, armé d'un couteau de survie, il poignarde au hasard les passants. Lorsqu'un qu'un policier armé parvient à le maîtriser, Kato a déjà tué sept personnes, et blessé dix autres,

Se déclarant "fatigué de vivre", il confie aux enquêteurs qu'il a relaté sur Internet ses funestes projets, juste avant d'entreprendre sa folle équipée.

Employé depuis quelques mois comme travailleur temporaire dans une usine de fabrication de pièces automobiles, ce passionné de manga venait d'apprendre que son contrat se terminait et qu'il allait perdre son appartement.


- TUERIE DANS LA PAISIBLE FINLANDE:

Ce 23 septembre, Matti Saari, un étudiant en restauration de 22 ans, fait irruption dans une salle de classe du lycée professionnel de Kauhajoki (petite ville de l'ouest de la Finlande). Il abat froidement au pistolet semi-automatique neuf de ses camarades et un enseignant, met le feu au bâtiment, puis se tire une balle dans la tête.

La veille, le jeune homme avait été entendu par la police après avoir diffusé des clips vidéos sur YouTube dans lesquels on le voyait s'exercer au tir et proférer des menaces. Il n'avait toutefois pas été inquiété et son autorisation de port d'armes ne lui avait pas été retirée.

Selon les enquêteurs, le scénario de cette fusillade a été calqué sur celui de novembre 2007 (date de la première tuerie en milieu scolaire qu'ait connu la Finlande), après un contact "probable" entre les deux tueurs.


- CHASSE AUX ALBINOS EN AFRIQUE:

Le 17 novembre, une fillette albinos de six ans est assassinée au Burundi par un groupe de bandits armés qui l'ont "décapitée avant de couper ses jambes et ses bras, qu'ils ont emportés avec eux".

Ce crime atroce n'est pas isolé en Afrique de l'est, où les albinos sont la proie d'un trafic lucratif d'organes: une trentaine d'entre eux, majoritairement des femmes et des enfants, ont été tués depuis le début de l'année dans cette région.

La Tanzanie, voisine du Burundi, est particulièrement touchée par cette forme de criminalité. Les albinos y sont devenus la cible de crimes rituels. Leurs membres ou leurs organes sont notamment utilisés par des sorciers, pour confectionner des grigris porte-bonheur à l'attention des chercheurs d'or.

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Vendredi 2 janvier 2009
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mercredi 31 décembre 2008
Cambodge
La Cour suprême mise à l’épreuve par un procès pour meurtre d’un syndicaliste
En l’absence de justice, les syndicalistes craignent pour leur vie
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Les autorités cambodgiennes devraient innocenter et libérer Born Samnang et Sok Sam Oeun, tous deux injustement condamnés à 20 ans de prison en 2005 pour le meurtre du dirigeant syndical Chea Vichea, selon un communiqué publié conjointement aujourd’hui par trois organisations internationales des droits humains et la principale confédération syndicale internationale.

La Cour suprême du Cambodge entendra l’appel le 31 décembre 2008.

La déclaration conjointe a été publiée par Human Rights Watch, la Confédération syndicale internationale et l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et de l’Organisation mondiale contre la torture), qui ont suivi l’affaire de près depuis le meurtre de Chea Vichea.

« La Cour suprême cambodgienne devrait s’appuyer sur les preuves et ne pas céder à la pression du gouvernement à l’heure de revoir le dossier », a déclaré Sara Colm, chercheuse senior à Human Rights Watch. « Born Samnang et Sok Sam Oeun ont déjà passé cinq années derrière les barreaux pour un crime qu’ils n’ont pas commis et il est grand temps que la justice soit rendue dans cette affaire. »

Chea Vichea, 36 ans, était le président fondateur du Syndicat libre des travailleurs du Royaume du Cambodge (Free Trade Union of Workers of the Kingdom of Cambodia, ou FTUWKC) et un fervent partisan du parti d’opposition de Sam Rainsy. Vichea a été tué à bout portant, en plein jour, devant un kiosque à journaux de Phnom Penh, le 22 janvier 2004. Il était connu pour son engagement résolu en faveur de l’organisation des travailleuses et travailleurs de l’habillement et la lutte pour de meilleures conditions de travail au Cambodge, qu’il a poursuivie sans relâche en dépit de menaces de mort.

L’enquête sur ce meurtre très médiatisé a été entachée par des allégations de brutalités policières et d’une confession soutirée par la force à l’un des suspects, par l’intimidation de témoins et par l’ingérence politique ayant affecté le processus judiciaire. Le procès et la condamnation de Born Samnang et Sok Sam Oeun ont suscité maintes critiques de la part de militants des droits humains cambodgiens et internationaux, de partisans du mouvement syndical, de juristes et de responsables des Nations unies.

L’Organisation internationale du travail (OIT), qui a dépêché une mission d’information au Cambodge en avril 2008 dans le cadre d’une enquête sur les meurtres de syndicalistes, a exprimé à maintes reprises sa profonde inquiétude concernant la condamnation des deux hommes et a demandé la réouverture de l’enquête sur le meurtre de Chea Vichea.

« Face à l’absence de justice dans cette affaire, les syndicalistes craignent pour leur vie », a déclaré Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale, dont les 311 organisations affiliées représentent 168 millions de travailleurs au niveau mondial. « Même les dirigeants de l’OIT qui participaient à une mission officielle de l’OIT au Cambodge au début de cette année ont fait l’objet d’intimidations. »

Dans un rapport paru en novembre, l’OIT a vivement critiqué le gouvernement cambodgien pour ne pas avoir pris des mesures efficaces contre la vague d’attaques violentes et meurtrières contre des syndicalistes. D’après le rapport, au cœur du problème se trouve l’absence d’un pouvoir judiciaire indépendant, ce qui permet aux vrais auteurs de telles attaques d’échapper à la justice. Toujours selon le rapport, l’atmosphère d’impunité qui règne au Cambodge exacerbe le climat de violence et d’insécurité qui, à son tour, « a une incidence extrêmement néfaste sur l’exercice des droits syndicaux ».

Dans les conclusions de son rapport d’enquête, qui pourraient affecter l’avenir de l’importante industrie de l’habillement du Cambodge, l’OIT signale qu’au cours de sa mission au Cambodge en avril, le gouvernement « s’est montré réticent à amorcer un dialogue franc et ouvert » et « n’a pas fourni d’indications concrètes » qu’il agirait selon les recommandations de l’OIT.

Au meurtre de Chea Vichea s’ajoute la vague de violence continuelle à laquelle doivent faire face les syndicalistes. Elle a inclus le meurtre du dirigeant du FTUWKC Hy Vuthy, en février 2007, et celui de Ros Sovannarith, membre du comité directeur du FTUWKC en 2004, outre une série de menaces et d’agressions physiques contre des représentants du FTUWKC et d’autres syndicalistes.

Les quatre organisations ont exhorté le gouvernement cambodgien à ouvrir une enquête exhaustive et impartiale sur l’assassinat de Chea Vichea, ainsi qu’une investigation indépendante et publique sur la procédure qui a conduit à l’inculpation de Born Samnang et de Sok Sam Oeun.

« En s’abstenant de libérer ces deux hommes innocents et de rendre ainsi la justice attendue depuis trop longtemps déjà, la Cour suprême ne ferait qu’accentuer le manque de progrès vers l’autorité de la loi au Cambodge », a déclaré Souhayr Belhassen, président de la Fédération internationale des droits de l’homme.

Les organisations ont également appelé le gouvernement cambodgien à intervenir d’urgence pour remédier aux questions cruciales mises en évidence par cette affaire : l’impunité endémique et l’absence d’autorité de la loi au Cambodge, l’ingérence du gouvernement dans les affaires judiciaires, l’intimidation et la violence à l’encontre de membres et dirigeants de syndicats, ainsi que le recours généralisé à la torture par la police.

« Il est grand temps que les autorités cambodgiennes rendent la justice à Born Samnang et Sok Sam Oeun et mettent un terme au recours systématique à la torture par la police cambodgienne pour obtenir des confessions forcées de criminels suspectés », a déclaré Eric Sottas, secrétaire général de l’Organisation mondiale contre la torture.

Contexte

Les investigations de la police et des autorités judiciaires sur le meurtre de Vichea ont été entachées par une succession de vices de procédure et de violations des normes juridiques internationales. La police a été accusée de recourir à la torture pour soutirer une confession à Born Samnang. Un juge qui avait initialement révoqué, pour manque de preuves, les chefs d’accusation portés à l’encontre des deux hommes a été promptement démis de ses fonctions, et les chefs d’accusation ont été rétablis. Le procès subséquent des deux accusés s’est déroulé au mépris flagrant de la législation cambodgienne et des normes internationales en matière de procès équitables. En avril 2007, la Cour d’appel du Cambodge a maintenu leurs condamnations, alors que le procureur général de l’État a reconnu l’insuffisance des preuves fournies.

Des membres de la famille de Chea Vichea se sont déclarés convaincus que Born Samnang et Sok Sam Oeun ne sont pas les auteurs du crime, un avis également exprimé par Var Sothy, propriétaire du kiosque à journaux où le crime a eu lieu et témoin oculaire du meurtre. Craignant pour sa vie, Var Sothy a, par la suite, fui le Cambodge.

À titre d’exemple du degré de politisation du système judiciaire au Cambodge, le président de la Cour suprême du Cambodge, Dith Munthy, est également membre du Comité permanent du Parti du peuple cambodgien au pouvoir. L’absence d’indépendance judiciaire au Cambodge a été relevée dans une succession de rapports sur les droits humains émis par l’ONU au cours des quinze dernières années, et suscite une grande préoccupation eu égard aux efforts en cours pour traduire en justice les dirigeants des Khmers rouges. Bien que le gouvernement cambodgien ait, depuis longtemps, reconnu les faiblesses du système judiciaire et pris des engagements pour y remédier, il n’a pas encore pris de mesures concrètes pour mettre ses engagements en pratique.





Entretien

Annette Wieviorka au Cambodge: "On attend trop de la justice"


L'ancien ministre du régime khmer rouge Ieng Sary au procès des responsables du génocide (Nguyen Tan Kei/Reuters)

(De Phnom Penh) Spécialiste reconnue de la Shoah, Annette Wieviorka rentre d'un voyage au Cambodge, où se tient le procès des responsables du génocide perpétré par le régime khmer rouge entre 1975 et 1979. Dans un entretien à Ka-set, partenaire de Rue89, elle a livré ses impressions sur le processus judiciaire en cours et la vaste question de la mémoire.

Que recouvre l'expression "devoir de mémoire", qu'on utilise si souvent?

Cela ne recouvre rien du tout, car la mémoire n'est pas un devoir. Les mécanismes de mémoire sont souvent aléatoires et inconscients. Le souvenir emprunte des voies qui ne sont jamais liées au devoir.

Cette expression s'est popularisée en France jusqu'à devenir comme un slogan avec le procès Barbie, en 1987. Elle existait certes avant, et était notamment utilisée par les déportés pour évoquer ceux qui étaient morts dans les camps.

Puis l'expression est devenue une sorte de slogan, recouvrant tout et son contraire, un fourre-tout -comme la mémoire elle-même est un fourre-tout. Mais la mémoire n'est pas une fin en soi, elle doit aider à réfléchir.

Comment éviter ces dérives?

Il faut maintenir vivants et libres les questionnements sur l'histoire, sur le passé, les nourrir de connaissances et de la liberté de faire sur ce passé des récits multiples: témoignages, littérature, cinéma... Et il faut ériger le savoir en vertu, et non pas l'ignorance!

Pour le Cambodge, je ne vais pas oser dire grand-chose, car je ne sais pas grand-chose... J'ai malgré tout le sentiment qu'à l'heure actuelle, l'histoire du Cambodge est beaucoup prise en charge par des historiens étrangers. Difficile de parler d'un devoir de mémoire, alors que le travail d'histoire en est à ses balbutiements, et qu'il y a si peu de choses à la disposition des Cambodgiens.

Pour certains rescapés des Khmers rouges, le mot "devoir" est trop lourd. Ils estiment que les jeunes générations ne doivent pas porter ce fardeau...

Le devoir de mémoire est en effet très lourd. C'est très difficile pour des parents de dire à ses enfants qu'on a été victime. Après, très souvent, la transmission saute une génération dans les familles. Les grands-parents parlent plus facilement à leurs petits-enfants qu'à leurs enfants...

Ce qui me frappe au Cambodge, c'est que parmi les victimes très actives que l'on a rencontrées, figurent des personnes comme Seng Theary ou Youk Chhang, qui étaient enfants [sous le régime khmer rouge, ndlr]. Et si on prend le cas des victimes [de la Shoah, ndlr] en France, ce sont aussi les enfants qui ont eu cette revendication.

Chez nous, un grand pan de ce qui s'est écrit en matière de mémoire s'est fait grâce à Serge Klarsfeld, qui était enfant pendant la Seconde Guerre mondiale. Les enfants sont des victimes, et surtout des victimes parce que leurs parents ont été assassinés, ce sont des orphelins, et ils ont force énorme dans la revendication énorme.

Une partie de la population cambodgienne, née après 1979, refuse de croire que les horreurs commises sous les Khmers rouges sont le fait de Cambodgiens. Comme un héritage qui serait honteux à porter, trop lourd.

Comment faire pour que la vérité historique soit transmise de génération en génération sans pour autant être une mémoire culpabilisante?

Je n'ai pas de recette, je ne sais pas. Je pense que ce qui est déculpabilisant, c'est quand un relais est pris à l'extérieur, quand la mémoire ne reste pas close dans les familles -le procès Eichmann en Israël a joué ce rôle-là, sans que ce soit prévu-, par l'Etat quand il y a une reconnaissance de ce qui s'est passé.

Quand, en France, le président Jacques Chirac a reconnu [en 1995, ndlr] la participation du gouvernement de Vichy dans la déportation des juifs, cela a eu un effet apaisant. Je crois qu'il y a différents moyens mais qu'ils impliquent que la mémoire sorte du cercle clos de la famille et qu'elle passe par un tiers.

Il ne peut donc pas y avoir de travail de mémoire complet s'il ne passe par la voie institutionnelle?

Absolument. Ce travail ne peut pas vraiment être accompli s'il n'y a pas une autorité qui reconnaisse que cela a eu lieu, et par divers moyens qui peuvent être les programmes scolaires, le procès, ou la déclaration d'un chef de l'Etat...

Le procès des Khmers rouges sera-t-il un procès pour l'histoire dans le sens où tout le monde attend qu'il soit exemplaire dans la façon de rendre la justice?

Je lisais ici le livre de Thierry Cruvelier sur le Rwanda ["Le Tribunal des vaincus, Un Nuremberg pour le Rwanda?", 2006] et il dit "On attend toujours trop de la justice".

Les victimes attendent trop de la justice, et dans ce procès-là, on a des attentes plus générales qui n'étaient pas là dans les procès qui se sont tenus en France. D'après ce que j'ai cru comprendre, certains attendent ainsi qu'il y ait une amélioration de la justice dans le pays, moins de corruption... Souhaitons qu'il y ait des effets induits de ce procès sur la société cambodgienne.

Comment le tribunal khmer rouge peut-il accomplir sa mission dans un contexte politisé? En effet, sa mise en place intervient après une politique de réconciliation nationale réussie par le gouvernement cambodgien.

Ce dernier veillera à ce que cette politique ne soit pas remise en cause, notamment, devine-t-on, en empêchant que d'autres personnes soient mises en examen par ce tribunal...

Il est très difficile de répondre à cette question. Il y a une politique qui pourrait dire: on a d'abord "Duch" [surnom de Kang Kek Ieu, ancien directeur du centre de torture khmer rouge S-21], on a affaire à quelqu'un d'un échelon intermédiaire.

Les efforts de l'instruction et des procureurs, cela va être de montrer qu'il n'était pas simplement un rouage, mais on va aussi poser la question de ce qui s'est passé "au-dessus" de lui. Pour le procès d'Eichmann, cette question ne se posait pas, car ceux au-dessus avaient déjà été jugés à Nuremberg. Et puis il y a les quatre autres accusés, c'est déjà bien.

Alors, est-ce qu'il faut engager un bras de fer pour aller plus loin, au risque de faire capoter le processus avec le décès d'un des accusés, ou relancer un procédure interminable qui ferait perdre du dynamisme à la cour?

Est-ce qu'il faut le procès dont on voudrait qu'il soit exemplaire, ou faut-il faire avec ce qu'est la réalité politique du pays? Je n'ai pas de réponse...

Je crois fort à quelque chose: on peut tout verrouiller, notamment par la communication, mais une fois qu'on lance un processus, on ne connaît pas à l'avance ses effets. Si le procès de Duch a lieu, peut-être que cela va aider à délier les langues...

Le fait que le contexte international dans lequel s'est inscrit le régime khmer rouge soit volontairement occulté dans le cadre retenu par les CETC [Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens, chargés de juger les responsables du génocide cambodgien, ndlr], notamment les responsabilités étrangères, ne biaisera-t-il pas ces procès?

Tout le monde a été mouillé dans cette histoire, c'est vrai... On peut considérer que tant qu'on n'a pas fait le procès de telle ou telle personnalité, ce n'est pas la peine de juger les autres. Mais on peut aussi estimer qu'une justice imparfaite est quand même une justice.

C'est quand même Duch qui était à S-21, et a commis des actions criminelles, et pas quelqu'un d'autre. Ensuite, cette histoire a été écrite et continue de s'écrire et les responsabilités sont exposées dans ces livres.

Le droit pénal international tel qu'il se construit n'est-il pas avant tout le droit des pays occidentaux?

Qu'est-ce qui est en train de se passer en ce moment, avec ces sortes de kits de tribunaux, de commissions vérité-réconciliations clés en mains avec des fonctionnaires internationaux qui vont aller faire la justice un coup ici, un coup là? C'est vrai qu'il y a une inquiétude, et qu'on peut se demander si on n'est pas dans une nouvelle forme de domination.

C'est difficile, en même temps, car je reste convaincue que la démocratie est le moins mauvais système, que chacun a le droit à la liberté, et que les valeurs qui sont celles proclamées par l'Amérique sont les miennes.

On assiste à une institutionnalisation et à une bureaucratisation de cette justice qu'on ne voit pas à Nuremberg. Et cela fait un peu peur car on se demande quelle efficacité peut avoir une justice comme celle-là.

C'est vrai aussi que la mondialisation c'est la circulation. Il se produit un va-et-vient qui fait qu'il y a davantage de mélanges qu'avant. De plus, ici il y a le contexte de pauvreté, l'analphabétisme. Alors quelles normes existe-t-il, s'il n'y a pas de normes de vie décente?

Vous avez dit par le passé que "trop de mémoire tuait la pensée, que trop d'informations empêchaient la compréhension". A propos de la tragédie khmère rouge, on court le même risque...

Avec la mise en route des CETC, un silence de trente ans s'est brisé, les victimes se mettent à parler, on assiste à une foison de forums et à une profusion d'articles, de documentaires sur le sujet...

J'ai eu un vertige en allant sur Internet... Peut-être, y a-t-il trop d'infos, c'est possible, cela dépend comment c'est fait. Si on prend le cas de la télévision, elle n'est jamais irréprochable. Mais en Afrique du Sud, elle a joué un très grand rôle en retransmettant les séances de la commission vérité-réconciliation. Cependant, trop d'infos, oui, ça empêche effectivement la compréhension!

En partenariat avec:

L'ancien ministre du régime khmer rouge Ieng Sary au procès des responsables du génocide (Nguyen Tan Kei/Reuters)

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Jeudi 1 janvier 2009
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Mercredi 31 décembre 2008
lemonde.fr  
AFP 31.12.08 | 06h35
http://medias.lemonde.fr/mmpub/img/let/l.gife département américain de la justice a accusé lundi un Canadien né en Irak, Muyad Mahmud Darwish, d'espionnage au profit du régime de Saddam Hussein alors qu'il était supposé travailler à l'ambassade irakienne à Washington, dans le deuxième cas du même genre révélé cette semaine.

Le département de la justice a déposé plainte contre Darwish, 47 ans, en considérant qu'il avait été payé par le gouvernement et le Service de renseignement (IIS) irakien en échange d'assistance et d'informations.

La semaine dernière, un Irakien vivant dans l'Etat du Maryland, Saubhe Jassim al-Dellemy, 67 ans, avait plaidé coupable devant le tribunal après avoir été accusé des mêmes faits.

Les deux hommes risquent un maximum de cinq ans de prison pour avoir agi comme agent d'un gouvernement étranger, mais ils ne sont pas accusés d'avoir cherché ou d'avoir obtenu des informations confidentielles.

Aucun des deux n'avait jamais été officiellement reconnu comme membre du personnel diplomatique ou consulaire irakien par le gouvernement américain.

Les accusations contre les deux hommes se fondent sur des documents confidentiels du service de renseignements irakien saisis lors de l'invasion américaine de l'Irak en mars 2003, a indiqué le département de la justice.

Sur l'un de ces documents, Darwish, qui vivait dans le Maryland, indiquait que des volontaires irakiens étaient en train d'être entraînés par les militaires américains en Virginie (est).

Darwish a été arrêté à Buffalo, dans l'Etat de New York, le 24 décembre après avoir tenté d'entrer aux Etats-Unis depuis le Canada où il réside.

"Depuis que les forces de la coalition ont envahi l'Irak en 2003, le département de la justice a engagé des actions contre au moins une douzaine de personnes qui travaillaient aux Etats-Unis comme agents illégaux de l'ancien gouvernement de Saddam Hussein ou de son redouté service de renseignements", a affirmé Patrick Rowan, adjoint au procureur général pour la sécurité nationale.

Selon les termes de l'accusation, Darwish "réalisait des missions" à l'ambassade irakienne et à la Section des intérêts de l'Irak (ISEC) mise en place en 1991 après la rupture des relations entre l'Irak et les Etats-Unis suite à l'invasion du Koweit par le régime de Saddam Hussein.

Entre 2000 et 2004, Darwish était supposé avoir travaillé à plein temps pour l'ISEC comme comptable et comme chauffeur, pour un salaire de 1.500 dollars. Il avait également obtenu un visa pour travailler dans un restaurant du Maryland à la même époque.

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Mercredi 31 décembre 2008
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Rachida Dati et Nicolas Sarkozy le 10 avril 2008 à l'Elysée

PARIS (AFP) — Fragilisée par une contestation frontale du monde judiciaire, plusieurs fois désavouée par un président dont elle fut la protégée, critiquée pour son goût du luxe en temps de crise, Rachida Dati a vu son étoile pâlir en 2008, même si les photographes raffolent toujours d'elle, et de son ventre arrondi de future mère.

Dès le début d'année, la garde des Sceaux affrontait la colère des magistrats, des avocats et des élus locaux, unis contre sa réforme de la carte judiciaire supprimant plus de trois cents juridictions en France.

La mésentente ne fera qu'empirer entre la ministre et le monde judiciaire, qui lui reproche de ne procéder qu'à une apparence de concertation, de privilégier les effets d'annonce et de mener une politique du "tout carcéral" incohérente puisqu'elle veut en même temps multiplier les aménagements de peine.

Les sujets de brouille ne manquent pas: elle lance, puis abandonne, l'idée de confier les divorces à l'amiable aux notaires et elle évite de justesse un blocage des prisons par les surveillants se sentant "méprisés".

Mais c'est avec les magistrats que les relations se tendent jusqu'à la quasi-rupture, les juges ne supportant pas ses "atteintes" à leur indépendance.

Ils fulminent quand elle convoque en septembre des procureurs généraux aux "statistiques décevantes" sur les peines plancher, et s'enflamment quand ses services d'enquête interrogent en pleine nuit les magistrats responsables de l'incarcération à Metz d'un mineur qui s'est suicidé. Le Conseil supérieur de la magistrature la rappelle d'ailleurs à l'ordre.

Quand les juges appellent à descendre dans la rue le 23 octobre, tout le monde judiciaire les rejoint. Pour rétablir la confiance, c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui invite à l'Elysée l'USM, premier syndicat de magistrats, pour une discussion où la ministre ne sera conviée qu'à la fin, patientant dans l'antichambre.

Car Rachida Dati, autrefois couvée par le président, ne fait plus partie de son premier cercle. Exclue du "G7" des ministres reçus régulièrement à l'Elysée, elle fait connaissance avec les rebuffades ou les désaveux.

Alors qu'elle temporise face à "l'erreur matérielle" ayant permis la remise en liberté d'un violeur présumé, Nicolas Sarkozy demande depuis Pékin de rectifier le tir.

Quand elle juge "tout à fait régulière" l'interpellation musclée d'un journaliste de Libération, le président dit comprendre "l'émoi" et annonce une mission de réflexion.

Et si elle estime que l'incarcération possible des mineurs dès 12 ans relève du "bon sens", c'est le Premier ministre François Fillon qui s'y dit "totalement hostile".

L'UMP ne se précipite pas pour défendre celle qui est passée devant tout le monde, au nom de l'affichage de la diversité au gouvernement, sans compter les ressentiments des élus dont les tribunaux ont été fermés. La ministre a pourtant fait son entrée en politique, en devenant maire du riche septième arrondissement parisien.

Mais ce sont sa grossesse, et les rumeurs sur l'identité du père de son enfant, qui ont intéressé les magazines people, alors que celle qui courait les galas en robe haute-couture avait mis un frein à ses sorties mondaines critiquées, préférant s'afficher dans les quartiers. Las, l'affaire de la bague Chaumet "effacée" de son doigt à la une du Figaro est venue rappeler, en pleine crise, son appétit pour le luxe.

Les rumeurs la donnent partante de la place Vendôme mais pas forcément du gouvernement. Car même ses détracteurs reconnaissent qu'elle a rempli son contrat en appliquant la politique de fermeté voulue par le président.

par David Castel publié dans : Garde des Sceaux ajouter un commentaire recommander
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