Vendredi 2 novembre 2007


Robert se lève, visiblement fatigué. Rondouillard, le crâne rasé, ce père de famille polonais est accusé d'être la tête pensante d'une "organisation criminelle". Lui reconnaît uniquement avoir acheté des faux billets à Naples et les avoir écoulés en France. A ses côtés, huit autres prévenus. Dont sa blonde compagne et sa belle mère, qui nient toute participation à l'écoulement des faux billets. Elles savaient, c'est vrai mais c'est tout.

Les débats, rapides, mettent à jour une bande de copains mi-roublards, mi-naïfs, totalement alcooliques qui sont tombés un jour de 2006, près de l'Eglise polonaise, sur ce "tuyau" de faux billets à écouler. C'est Robert, qui traînait ses basques aux alentours de l'église, qui a fait profiter la bande de son "bon plan".

Les uns après les autres, les membres de cette curieuse escouade familiale de faux monnayeurs défilent pour reconnaître les faits et les regretter. Tous expliquent n'avoir pas eu de chef. Seul un vieil alcoolique moustachu, qui faisait office de chauffeur entre Naples et Paris et accuse Robert de pressions et se défend d'avoir eu connaissance des activités de la petite bande:

"Robert était tout le temps alcoolisé. Il me disait comment me conduire. Et je lui répondais que je conduisais comme je voulais."

En fait, les pressions que Robert exerçait sur le chauffeur semblent avoir été essentiellement liées à sa façon de conduire.

Robert, lui, répète qu'il n'a jamais été chef. Il assure ne pas chercher à "minimaliser" son rôle dans l'affaire jugée ce mercredi à la 35e chambre du Palais de Justice de Paris. "On dit minimiser ou minimaliser?", s'inquiète la laborieuse interprète.

Appelé à la barre, Z., l'un des acolytes de Robert, laisse tomber qu'il ne lui a jamais donné d'ordres, juste des "conseils" pour trouver des hôtels en Italie. "Des conseils?" Le président du tribunal lève un sourcil. L'interprète se corrige: "Des renseignements." Le président sourit puis persiste: "Vous l'avez mis en cause hier, vous n'avez pas dit qu'il était agent de voyages!" Avant de s'avachir sur la barre, Z. maintient que Robert n'a jamais été chef. Les prévenus baissent la tête, les avocats parlent vodka:

"Des méthodes de corniaud! Voilà ce qu'il ressort des écoutes. Ils dormaient dans des Formule1, mangeaient des sandwiches et buvaient des quantités astronomiques de vodka. Et c'est tout."

A l'arivée, prison ferme pour tout le monde. Robert écope de quatre ans, dont un an avec sursis. La peine la plus lourde.


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Jeudi 1 novembre 2007


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Le passage au régime présidentiel serait le seul moyen véritable, paradoxalement, de revaloriser le Parlement, faute de quoi celui-ci restera cette chose rabougrie, geignarde et nostalgique que nous avons sous les yeux

Peut-on à la fois renforcer les pouvoirs du président de la République et ceux du Parlement ? C'est le pari du comité Balladur, chargé de faire des propositions en matière constitutionnelle. Si elles étaient adoptées, le Parlement serait davantage maître de son ordre du jour et de ses procédures de discussion; il ne serait plus martyrisé par l'article 49.3, qui permet au gouvernement de faire adopter ses projets sans vote, en l'absence d'une majorité absolue contre eux; il aurait son mot à dire sur certaines grandes nominations qui relèvent jusqu'ici du pouvoir discrétionnaire du chef de l'Etat; la place de l'opposition y serait mieux affirmée; un cinquième de ses membres associé à un dixième des électeurs pourraient déclencher un référendum.

En contrepartie, le président de la République se verrait reconnaître le droit de «définir» la politique de la nation, qui appartient théoriquement aujourd'hui au Premier ministre; ce dernier conservant le droit de la «conduire» (sic). Surtout le président pourrait désormais venir en personne s'exprimer devant les Assemblées. Son interdiction de séjour sur les lieux où siège le Parlement remonte à Thiers, au début de la IIIe République, quand une Assemblée nationale conservatrice se méfiait de lui.

Cette modification n'est pas que symbolique. Elle consacrerait le fait que le président n'est pas seulement celui qui «définit», mais bien celui qui «conduit», à l'américaine, la politique de la nation. De sorte que les treize sages, qui ont très bien travaillé dans le détail, nous livrent dans l'ensemble une copie contradictoire. D'ores et déjà, leurs réformes «révolutionnaires» sont dépassées dans les faits. Qui pourrait sérieusement croire qu'après une éventuelle adoption des réformes Balladur M. Fillon redeviendrait le conducteur de la nation ? Qui pourrait imaginer qu'après Sarkozy un nouveau président de la République se résignerait à relâcher la bride à son nouveau Premier ministre ? Personne, en vérité !



La logique même de leurs positions ou un simple regard sur les pratiques politiques de la France actuelle commandaient donc aux membres du comité de proposer la suppression du Premier ministre, c'est-à-dire le passage au régime présidentiel. Celui-ci n'est pas, contrairement à ce que l'on croit, un régime où le président a plus de pouvoirs que dans le système actuel. C'est le contraire. C'est un régime où le président gouverne directement, sans l'alibi, le fusible, le parechocs, comme on voudra, d'un Premier ministre fantôme. Le scandale du régime actuel n'est pas la toute-puissance du président, mais le fait qu'un tel président n'est comptable de ses actes devant personne. Dans le système présidentiel, il a à se colleter directement avec le Parlement, qui redevient du coup le partenaire essentiel. Alors qu'aujourd'hui le seul pouvoir de celui-ci est de renverser un fantôme. Encore n'en uset-il plus, de peur de se faire dissoudre. C'est un pouvoir empoisonné qui, dans les faits, lie la majorité parlementaire au président de la République à la vie et à la mort. Si, au contraire, le pouvoir législatif et le pouvoir gouvernemental devenaient indépendants l'un de l'autre - c'est le fondement du régime présidentiel -, chaque député de la majorité recouvrerait sa liberté, comme on le voit aux Etats-Unis, et pourrait refuser à «son» président son concours sur tel ou tel projet, sans crainte de le renverser et de provoquer une crise de régime.

Tant que tout le monde - y compris donc les professeurs de droit- n'aura pas compris que, dans un pays définitivement acquis à l'élection du président de la République au suffrage universel, le passage au régime présidentiel est le seul moyen véritable de revaloriser le Parlement, celui-ci restera, en dépit des excellentes réformes que l'on nous propose, cette chose rabougrie, geignarde et nostalgique que nous avons sous les yeux.

Il existe en vérité un autre moyen de revaloriser le Parlement dont personne ne parle, car le président, le gouvernement, l'opposition, les partis lui sont secrètement hostiles : c'est la réduction du nombre des parlementaires. De Gaulle avait commencé à le faire, mais on s'est hâté, après son départ, de revenir au statu quo ante. Demandez-vous seulement pourquoi le Sénat américain est l'Assemblée la plus puissante du monde ! Parce que les sénateurs ne sont qu'une centaine pour un pays de 300 millions d'habitants. Chaque sénateur est un personnage, avec ses experts, ses bureaux d'études, ses moyens personnels d'investigation. En France, un député n'est plus qu'une unité numérique.

Enfin, le comité s'est prononcé pour l'introduction d'une dose homéopathique de représentation proportionnelle dans l'élection des députés. Ici encore, nous campons dans le symbolique, loin de l'opérationnel. Dans le système actuel, l'introduction de la proportionnelle est nocive, car elle est, à terme et en puissance, source d'instabilité ministérielle. Dans le système présidentiel, au contraire, la représentation proportionnelle n'a plus cet inconvénient puisque le Parlement n'y a pas le droit de renverser l'exécutif. La RP constituerait alors une figuration exacte de la diversité française, tandis que le président continuerait d'incarner, lui, l'unité du pays. Au moins les choses seraient-elles claires.

Les partisans du statu quo, majoritaires dans le comité, estiment cependant que l'ambivalence de la Constitution actuelle est ce qui en fait le prix; elle permet en effet de s'adapter aux situations de cohabitation comme à celles de cohérence entre Parlement et président. C'est là un argument fort. Notre Constitution, ou plutôt nos deux moitiés de Constitution, nous ont valu un demi-siècle de paix civile. Ce n'est pas rien, cela. Mais la gouvernance Sarkozy a fait éclater ce fragile équilibre.  Si l'on ne réconcilie pas rapidement le texte de la Constitution avec la pratique présidentielle, nous ne tarderons pas à connaître la cacophonie, la paralysie, la zizanie.

 

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur

Qui doit gouverner la France ?, par Didier Maus
Le Monde - 30 oct 2007
Réfléchir à la meilleure manière de renforcer la République constitue une obligation pour chacune et chacun d'entre nous. Les initiatives, d'où qu'elles ...
Constitution, halte aux vieilles lunes, par Philippe Bas
Le Monde - 29 oct 2007
Certains voudraient profiter de la commission Balladur pour faire passer leurs vieilles lunes pour des idées neuves. Ils ont tort. Je me bornerai à dénoncer ...
Des propositions qui rééquilibrent les pouvoirs au profit du Parlement
Le Figaro - 29 oct 2007
Voici l'essentiel des suggestions du comité Balladur et leur impact sur le fonctionnement des institutions. LES 77 PROPOSITIONS du comité Balladur sont ...
Pour une vraie présidence
Nouvel Observateur - 31 oct 2007
Peut-on à la fois renforcer les pouvoirs du président de la République et ceux du Parlement ? C'est le pari du comité Balladur, chargé de faire des ...
« Une Vème République plus démocratique » : chronique d’une non ...
AgoraVox - 31 oct 2007
Après le sommet européen de Lisbonne et la perspective, désormais claire et sans doute inévitable, d’une ratification par la voie parlementaire de la ...
Le comité Balladur remet ses propositions à Sarkozy
Journal Chrétien - 29 oct 2007
Edouard Balladur, ancien Premier ministre et président du Comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions, a remis ce matin au ...



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Jeudi 1 novembre 2007
Photo 1 sur 2

Sir Ian Blair à Londres le 1er novembre 2007


LONDRES (AFP) — Scotland Yard a été reconnue coupable jeudi de manquements aux règles de sécurité lors de la mort du Brésilien Jean Charles de Menezes, tué de sept balles en 2005 dans le métro de Londres par des policiers qui l'avaient confondu avec un terroriste.

La Police métropolitaine a par ailleurs été condamnée à payer une amende de 175.000 livres (environ 260.000 euros), ainsi qu'à rembourser des frais de justice à hauteur de 385.000 livres (570.000 euros), à l'issue d'un procès sans précédent.

En revanche, l'officier de la "Met" chargée de l'opération qui a conduit à la mort du jeune électricien de 27 ans, Cressida Dick, a été lavée de toute "responsabilité personnelle" par le jury du tribunal de l'Old Bailey à Londres.

Scotland Yard n'a pas encore décidé si elle ferait appel de ce jugement, a indiqué un porte-parole joint par l'AFP.

Dès le début du procès, le 1er octobre dernier, l'accusation avait énoncé une série de 19 "défaillances fondamentales" de la part de la police le jour des faits, qui avaient "inutilement mis en danger" le public en poursuivant le suspect jusque dans une station de métro où il a été tué par balles au milieu de la foule.

Le juge a expliqué jeudi que le jury avait retenu "une défaillance isolée dans des circonstances tout à fait inhabituelles", en l'occurrence une traque antiterroriste au lendemain d'une série d'attentats manqués à Londres.

"Une personne est morte et de nombreuses autres ont été mises potentiellement en danger", a-t-il relevé, tout en reconnaissant le caractère "unique et difficile" de l'opération menée par Scotland Yard ce 22 juillet 2005.

Jean Charles de Menezes avait été tué de sept balles dans la tête, au lendemain d'une vague d'attentats manqués et deux semaines après les attentats suicide dans les transports publics de la capitale britannique qui avaient fait 56 morts (dont les 4 kamikazes) et 700 blessés.

La police avait lancé une chasse à l'homme à l'encontre de quatre suspects qui avaient tenté, sans succès, le 21 juillet 2005, de perpétrer des attentats suicide dans le métro londonien, et qui ont depuis été condamnés à la prison à perpétuité.

Les policiers avaient confondu Jean Charles de Menezes avec un terroriste qu'ils surveillaient, Hussain Osman. Le jeune Brésilien avait trouvé la mort alors qu'ils tentaient de l'arrêter.

Les deux principaux partis d'opposition, les Conservateurs et les Libéraux-démocrates, ont immédiatement appelé le patron de Scotland Yard, Ian Blair, à démissionner, ce qu'il a catégoriquement refusé.

"Ce cas n'a apporté aucun élément montrant une défaillance systématique de la police métropolitaine", a-t-il expliqué pour justifier sa décision, tout en exprimant ses "profonds regrets" pour cette "tragédie".

Le Premier ministre Gordon Brown et sa ministre de l'Intérieur Jacqui Smith ont de leur côté renouvelé leur confiance au chef de Scotland Yard.

Ian Blair a par ailleurs indiqué qu'à la lumière de ce verdict, ses services allaient étudier l'opportunité de modifier leurs règles de fonctionnement.

La famille de Jean Charles de Menezes s'est quant à elle réjouie de ce verdict, tout en demandant immédiatement l'ouverture d'une "enquête complète".

"Bien sûr c'est très bien qu'il y ait eu un verdict de culpabilité mais ce n'est pas suffisant", a déclaré à l'AFP Alex Pereira, un cousin de la victime. "Les responsables de sa mort doivent rendre des comptes. Nous n'arrêterons pas notre combat pour obtenir justice, il faut qu'il y ait une enquête complète".

L'année dernière, le parquet britannique avait écarté toute poursuite à l'encontre des officiers qui ont tiré sur le jeune homme, arguant de "preuves insuffisantes". Cette décision avait provoqué la colère de la famille de la victime et la déception des autorités brésiliennes.


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Jeudi 1 novembre 2007


NOUVELOBS.COM | 01.11.2007 | 10:42

Un courrier de Marie-Christine Van Kempen, mise en examen pour complicité d'assassinat, laisse penser aux enquêteurs que la suspecte pourrait avoir fait exécuter Géraldine Giraud et Kathia Lerbier par dépit amoureux.

Marie-Christine Van Kempen (Sipa)

Marie-Christine Van Kempen (Sipa)

Le Figaro publie jeudi 1er novembre une lettre de Marie-Christine Van Kempen, la tante de Géraldine Giraud, mise en examen pour "complicité d'assassinat" après la découverte du corps de sa nièce en décembre 2004 avec celui son amie Katia Lherbier, qui établirait le mobile de l'assassinat des deux jeunes femmes. Le courrier est adressé à Katia Lherbier, colocataire et amie de Marie-Christine Van Kempen, professeur de chant. "Je lâche complètement prise quant à ta rencontre avec GG et vous souhaite de grands moments de bonheur", écrit-elle. Selon les enquêteurs, le dépit amoureux de Marie-Christine Van Kempen, trompée par Katia Lherbier qui lui aurait préféré sa nièce, aurait pu la conduire à faire exécuter les deux jeunes femmes. Du chloroforme, un dérivé de la chloropicrine, le gaz utilisé pour tué les deux amies, avait, en outre, été retrouvé dans la cave de la professeur de chant.

Sosie


Par ailleurs, un sosie de Marie-Christine Van Kempen intrigue les enquêteurs, révèle jeudi leParisien.
La mise en examen de Marie-Christine Van Kempen reposait sur les souvenirs de l'ancienne gérante d'un bar de Fontainebleau qui affirme avoir vu la tante de Géraldine Giraud assisse dans son établissement avec Jean-Pierre Treiber, principal suspect dans l'affaire. Or une autre, femme, Jordane, une voyante, qui ressemble beaucoup à Marie-Christine Van Kempen, s'est depuis manifestée dans le dossier car elle fréquentait régulièrement ce bar.
L'ancienne géante soutient, elle, que c'est bien la tante de Géraldine Giraud qu'elle a vu.
Le juge d'instruction se prononcera prochainement ces prochains mois sur le renvoi ou non de Marie-Christine Van Kempen devant une cour d'assises.

Sur Internet



Affaire Giraud : la lettre qui lève un coin du voile

ANGÉLIQUE NÉGRONI.
 Publié le 01 novembre 2007
Actualisé le 01 novembre 2007 : 07h37

Ce courrier, que «Le Figaro» s'est procuré, établirait le mobile de l'assassinat de Géraldine Giraud et Katia Lherbier, le 1er novembre 2004.

CE FUT une jolie rencontre. Je la garde belle dans mon cœur… » Lettre d’amour ou de tendresse? Le courrier que s’est procuré Le Figaro avait été rédigé par Marie-Christine Van Kempen et adressé à Katia Lherbier. Trois ans après le double meurtre de Géraldine Giraud et de son amie Katia, le 1er novembre 2004 dans l’Yonne, ces quelques lignes rédigées à la hâte sont considérées comme une pièce essentielle du dossier.
 
Pour les enquêteurs, elles établissent le mobile de ces crimes: le dépit amoureux. Trompée par Katia qui lui a préféré sa nièce, Géraldine, Marie-Christine Van Kempen aurait décidé de se venger. Et de faire exécuter les jeunes femmes, âgées de 32 et 36 ans, en recourant aux services d’un garde-chasse, Jean-Pierre Treiber, le seul à être écroué aujourd’hui dans cette affaire. C’est dans le jardin de ce dernier que les corps avaient été découverts.
 
Mise en examen pour complicité d’assassinats, Marie-Christine Van Kempen qui, avant ces crimes, donnait des cours de chant et vivait modestement à Sens, comparaîtra-t-elle devant une cour d’assises? Alors que l’enquête est dans sa dernière ligne droite, bien des questions entourent ce personnage clé du dossier. Même s’il existe des éléments contre la chanteuse, sont-ils suffisants pour faire d’elle cette femme terrifiante dont la passion aurait mené au crime?
 
Outre la fameuse lettre, les enquêteurs ont la conviction que les jeunes femmes ont été tuées dans la cave de la chanteuse. On y trouve du chloroforme, un dérivé de la chloropicrine, ce gaz qui a été utilisé pour tuer les deux amies.
 
Allégations et flottements
 
Un an après les meurtres, un nouveau témoin a fait soudain son apparition. Une gérante de bar à Fontainebleau affirme avoir vu, dans son établissement et peu avant les meurtres, Marie-Christine Van Kempen en compagnie de Treiber et de sa compagne, Patricia Darbeau. Rencontre au cours de laquelle il aurait été décidé du sort de Katia et de la fille de Roland Giraud. Après ce témoignage, Marie-Christine Van Kempen, brièvement placée en garde à vue au début de l’affaire, avait été écrouée durant trois mois.
 
Les allégations de la gérante suffiront-elles à faire oublier les flottements dans l’affaire? À part cette supposée rencontre dans un café, le dossier est vide sur de possibles liens entre Treiber, ce personnage mal dégrossi, et Marie-Christine Van Kempen, l’ancienne cantatrice un peu immature. Pas un seul autre témoignage ne permet d’affirmer qu’ils se connaissaient. «Comment cette femme a-t-elle pu ensuite convaincre Treiber de tuer les deux femmes et en échange de quoi? Elle n’a pas un sou», fait remarquer un connaisseur de l’affaire. Rien n’indique par ailleurs avec certitude que les meurtres ont bien été commis chez Marie-Christine Van Kempen.
 
Enfin, le mobile en lui-même suscite des interrogations. L’hypothèse du drame passionnel impose que tout ce soit enchaîné en un temps record. De la rencontre des jeunes femmes, début octobre 2004, à leur disparition le 1er novembre, il s’est écoulé quelques semaines. Quelques semaines durant lesquelles la tante aurait donc eu le temps de sombrer dans une passion dévorante mais aussi de trouver un tueur à gages. «Si, renvoyée devant les assises, Marie-Christine Van Kempen est mise hors de cause, il pourrait y avoir un effet boule de neige. Treiber pourrait bénéficier des retombées d’un acquittement. Il faut y réfléchir», prévient une source proche de l’enquête.
 
Si cette femme, qui se dit par ailleurs innocente, échappait à un jugement, qui alors aurait décidé de tuer les deux jeunes femmes. Le seul Jean-Pierre Treiber, qui a utilisé les cartes bancaires de ses victimes? L’affaire changerait de registre: du crime passionnel, on passerait au crime crapuleux.
 

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Jeudi 1 novembre 2007


31.10.07 | 12h20

Le procès de deux Emiratis accusés du viol d'un Franco-Suisse de 15 ans aux Emirats arabes unis en juillet a été ajourné mercredi au 7 novembre pour y procéder à l'audition de témoins, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les suspects, âgés respectivement de 18 et 35 ans, ont comparu très brièvement devant un tribunal pénal de Dubaï. Un troisième suspect, mineur, doit comparaître le 6 novembre devant un tribunal pour mineurs.

Au cours de l'audience, l'un des avocats des prévenus, Me Salah al-Blouchi, a informé le tribunal qu'il ne pouvait pas poursuivre la défense de son client, sans en préciser les raisons.

Le juge, Fahmi Mounir Fahmi, un Egyptien, a chargé un autre avocat, le Libanais Roukoz Georges Hobeika, de prendre la relève.

A l'issue de la courte audience, à laquelle était présent un avocat de la victime, le Soudanais Obaid al-Nager, le juge a fixé au 7 novembre la reprise du procès.

Le 23 octobre, la France avait fait savoir qu'elle ferait tous les efforts pour que "justice soit rendue" aux Emirats arabes unis après le viol du jeune Franco-Suisse, qualifié d'"affaire tragique, horrible" par la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani.

L'ambassadeur de France aux Emirats, Patrice Paoli, a rédigé une note pour solliciter, à la demande du président Nicolas Sarkozy, une audience au Premier ministre et vice-président des Emirats, cheikh Mohammed al-Maktoum. Mais il n'avait reçu aucune réponse et toutes ses relances sont restées lettre morte, selon le quotidien français Libération.

Début septembre, l'un des avocats de la victime apprenait par ses propres sources que l'un des accusés était séropositif.

La mère de la victime, Véronique Robert, Suissesse d'origine et journaliste indépendante, mène un véritable combat pour que justice soit rendue à son fils.

Le 23 octobre, elle a lancé BoycottDubai.com, un site qui appelle au soutien de personnalités pour que les Emirats reconnaissent le délit de viol et se dotent de structures adéquates pour les malades du sida.

Elle réclame notamment "la création d'une structure d'accueil au sein de la police pour les mineurs victimes de viol", "la reconnaissance de leur statut de victimes" et "la mise en place immédiate après le viol de mesures préventives contre tous types de maladies infectieuses et sexuellement transmissibles".

Selon la presse, le 14 juillet, le jeune Franco-Suisse sortait d'une salle de jeux d'un centre commercial quand un camarade lui a proposé de le raccompagner en voiture avec deux autres inconnus.

Le véhicule a changé de direction. Les trois jeunes ont entraîné l'adolescent dans le désert, l'ont violé et l'ont abandonné au bord de la route, rapportait le 25 octobre le quotidien Khaleej-Times.

Selon Libération, les autorités émiraties "ont tout fait pour dénaturer le procès des trois agresseurs". Le journal relevait notamment le "refus des analyses sanguines" et le fait que la victime ait été "présumée consentante".


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