Vendredi 23 décembre 2005

Afrique de l'Ouest Le ministère de la Défense confirme l'existence d'un «second Mahé» arrêté par des soldats français six jours plus tard.
Arnaud de La Grange
[22 décembre 2005]

LE FAIT D'ARMES n'est déjà pas très brillant. Une erreur sur la personne pourrait encore assombrir l'affaire. Le doute est désormais instillé dans l'enquête sur le meurtre d'un ressortissant ivoirien par des soldats français en mai 2005. Firmin Mahé aurait pu être victime d'une tragique méprise.


L'affaire a rebondi avant-hier avec la révélation de l'arrestation en Côte d'Ivoire d'un «second Mahé». Les faits sont relatés dans un rapport de la prévôté, la gendarmerie militaire. «Les renseignements remontés hier du théâtre d'opérations confirment l'interpellation d'un homme nommé Nestor Koho Mahé, confie une source du ministère français de la Défense, et ce à peu près à la même période». La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a décidé de transmettre à la justice tous ces nouveaux documents, parmi lesquels le PV de renseignement militaire.

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Le «second Mahé» a été arrêté le 19 mai – soit six jours après le meurtre du premier Mahé –, les armes à la main et avec deux autres suspects. Les trois hommes auraient ensuite été remis à Man aux autorités de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle la région. Ils sont toujours détenus. Selon le procureur du tribunal aux armées de Paris (TAP), Jacques Baillet, il pourrait s'agir d'individus «connus et reconnus pour avoir commis des exactions en zone de confiance». Ce profil pourrait faire de Nestor Mahé le redoutable «coupeur de routes» qui terrorisait l'ouest de la Côté d'Ivoire. La confusion apporte de l'eau au moulin de l'avocat de la famille de Firmin Mahé, Me Fabien Ndoumou, qui affirme depuis longtemps qu'il y a eu erreur sur la personne.


Sombres surprises

Au ministère de la Défense, on ne traite pas l'affaire de haut et on s'interroge. Le coupeur de routes avait été désigné à la patrouille française par un informateur ivoirien l'accompagnant. Qu'il se soit trompé est possible, que l'erreur sur la reconnaissance physique ait concerné un homonyme paraît plus étonnant. «Mais tout est possible dans cette histoire, qui n'en finit pas de révéler de sombres surprises», poursuit la même source.


D'autres éléments sont troublants : le fait que le corps de la victime n'ait pas été réclamé, en mai 2005 ; et celui de l'arrêt du brigandage dans la zone juste après les faits, comme l'avait souligné le général Bentegeat, chef d'état-major des armées, à l'occasion de l'annonce des sanctions touchant le général Poncet et ses subordonnés. «La double bavure ne peut pas être écartée, confie une source proche du dossier, comme toutes les manipulations puisque peuvent rentrer en ligne de compte des considérations politiques et financières.» A Paris, on constate aussi que tout cela va être difficile à établir, la situation ivoirienne étant d'une manière générale très confuse. Ainsi, il n'existe pas de casiers judiciaires sur lesquels s'appuyer. Cependant, la nouvelle affaire ne change rien aux volets disciplinaires et judiciaires du dossier. L'homicide volontaire sur un prisonnier reste une triste certitude.


 

Un mandat d'arrêt lancé contre deux pilotes accusés de la mort de soldats français.

Bouaké: la justice française réclame des comptes à Abidjan

par Jean-Dominique MERCHET
QUOTIDIEN : lundi 26 décembre 2005


La justice française devrait très rapidement délivrer un mandat d'arrêt contre deux officiers ivoiriens, soupçonnés d'avoir bombardé le camp français de Bouaké. Le 6 novembre 2004, cette attaque avait provoqué la mort de dix personnes, dont neuf militaires, et trente et une personnes avaient été blessées. Des pilotes mercenaires d'origine «slave» étaient également à bord des deux Sukhoï 25, mais leur sort continue à susciter de nombreuses interrogations.

Vendredi soir, le procureur du tribunal aux armées de Paris, Jacques Baillet, a donc donné son feu vert à la juge d'instruction Brigitte Raynaud pour qu'elle lance, comme elle le souhaitait, des mandats d'arrêt internationaux contre Patrice Ouei et Ange Magloire Gnanduillet Attualy. Formés en France, ces deux pilotes auraient été à bord des avions qui ont attaqué le camp Descartes. La juge Raynaud est en charge depuis le 19 janvier d'une instruction pour «assassinats, tentative d'assassinats et destruction de biens». Par ailleurs, des familles de militaires français, représentées par Me Jean Balan, se sont portées parties civiles.

Extradés. Le mandat d'arrêt sera transmis à Interpol, mais les deux officiers ne devraient pas être extradés de Côte-d'Ivoire. Toutefois, s'ils quittent leur pays, ils pourraient être arrêtés et extradés vers la France. De passage à Paris, le procureur militaire de Côte-d'Ivoire, Ange Kassi, s'est déclaré «un peu surpris» par cette décision. Ces deux officiers n'ont pas attaqué le camp français de leur propre initiative et ils ont d'ailleurs été récompensés pour leur action. Une note de la direction française du renseignement militaire (DRM) du 13 septembre 2005 pointait le fait, «pas dénué d'ambiguïté», que ces pilotes étaient au «tableau d'avancement», ce qui «apparaît comme une récompense».

Qui, alors, leur a donné l'ordre ? Interrogé par la juge d'instruction, le général Henri Poncet, commandant de l'opération Licorne, a pointé la responsabilité de «deux personnages clés dans l'entourage du président Gbagbo» : Kadet Bertin, conseiller spécial, et Edouard Séka Yapo, chef d'état-major de l'armée de l'air. Un autre officier français, le général Jean-Paul Thonier, à l'époque adjoint de Poncet, «ne peut exclure que l'ordre soit venu de l'entourage du colonel Mangou», aujourd'hui chef d'état-major de l'armée ivoirienne.

Responsabilité. Ces déclarations pourraient permettre d'exonérer la responsabilité directe de Laurent Gbagbo, évitant ainsi une crise diplomatique avec Abidjan. Dès le 11 novembre 2004, soit cinq jours après les faits, le général Bentégeat, chef d'état-major des armées, affirmait d'ailleurs : «Nous sommes persuadés que l'ordre n'a pas été donné par le président Gbagbo.»

Au-delà du cas des deux pilotes ivoiriens, la question des mercenaires reste entière. Car les deux Sukhoï 25 avaient chacun un équipage mixte composé d'un Ivoirien et d'un «Slave», vraisemblablement ukrainien ou biélorusse. L'armée française possède des photos et des vidéos d'eux, prises sur l'aéroport de Yamoussoukro, à leur retour de mission, juste avant que les avions soient détruits à coups de missile Milan. En dépit de l'existence de ces images et d'écoutes réalisées par le détachement avancé des transmissions, les deux pilotes blancs n'ont pas été identifiés. Au moins officiellement. Leur sort reste inconnu et une rumeur abidjanaise évoque même leur assassinat.

Les militaires de Licorne ne semblent pas avoir fait preuve d'un grand empressement pour établir l'identité ­ et pour arrêter ­ des hommes qui venaient quand même de tuer neuf des leurs. «A ma connaissance, aucun ordre n'a été donné par rapport aux pilotes en cause», a «déclaré le général Thonier, interrogé par la brigade criminelle.

Hors de tout cadre légal. Pourtant, au même moment, quinze mercenaires «slaves» ont été «retenus» par l'armée française pendant cinq jours sur l'aéroport d'Abidjan. Il s'agissait de mécaniciens d'aviation qui connaissaient l'identité des pilotes. Ils ont été interrogés, hors de tout cadre légal, par un membre des forces spéciales, lieutenant-colonel dans la gendarmerie, avant d'être remis au consul de Russie.


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Mercredi 21 décembre 2005


CÔTE D'IVOIRE - 18 décembre 2005 - par FRANÇOIS SOUDAN

Plus elle avance, plus l'enquête sur l'assassinat du présumé coupeur de routes par des soldats français semble minée. Comme si la version officielle du meurtre était trop simple pour être tout à fait exacte.

En apparence, le haut état-major des armées françaises, et singulièrement Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, ont eu ce qu'il convient d'appeler une réaction exemplaire. La rapidité avec laquelle les sanctions sont tombées, la publicité qui les a entourées et les déclarations qui les ont accompagnées sur le thème de l'exemplarité morale des troupes ont impressionné l'opinion et la classe politique françaises. Mais faut-il se fier aux apparences ? Plus elle avance, plus l'enquête sur le meurtre du présumé coupeur de routes Firmin Mahé par des soldats du détachement Licorne, le 13 mai 2005, semble minée et comme entourée de garde-fous destinés à la contenir dans les limites de la version officielle. Symptomatique de ce dysfonctionnement : la relation tendue entre les deux principaux acteurs judiciaires français de cette affaire, le juge d'instruction du tribunal aux armées de Paris, Brigitte Raynaud, et le procureur de la République auprès de ce même Tribunal, le colonel Jacques Baillet. Un conflit avait déjà opposé la première, très indépendante d'esprit, au second, très lié au ministère de la Défense, à propos du Rwanda. Totalement en phase avec Michèle Alliot-Marie, le procureur n'avait absolument pas apprécié que la juge se rende à Kigali il y a un mois pour auditionner des témoins accusant les militaires français de passivité, voire de complicité, dans le génocide de 1994. Cette fois, les divergences de vues entre l'incontrôlable Brigitte Raynaud et le très conformiste Jacques Baillet ont éclaté au grand jour lorsqu'il s'est agi de décider qui, parmi les protagonistes de l'affaire Mahé, devait être placé en détention provisoire. Si les cas de l'adjudant-chef Guy Raugel, qui a reconnu avoir étouffé Firmin Mahé avec un sac-poubelle, et du brigadier-chef Johannes Schnier, qui a maintenu la victime pendant que le premier opérait, n'ont pas fait l'objet de contentieux - tous deux ont été incarcérés -, il n'en a pas été de même en ce qui concerne le colonel Éric Burgaud. La juge Raynaud, qui n'a pas vu d'objection à ce que le général Henri Poncet, mis en examen, ressorte libre le 13 décembre de ses quelques heures de garde à vue, a en effet explicitement demandé la mise en détention du chef de corps du 13e BCA, supérieur direct des assassins de Mahé. Une exigence qui, apparemment, tombait sous le sens tant l'implication du colonel dans le meurtre est évidente. Burgaud a, lors de son interrogatoire, reconnu avoir dit au téléphone à ses subordonnés, qui l'interrogeaient sur la conduite à tenir, que « l'idéal » était que Mahé « arrive à l'hôpital de Man mort de ses blessures ». Pour ce faire, il leur a ordonné de rouler « en prenant bien [leur] temps » - un « roulez doucement » qui rappelle les sinistres « corvées de bois » de la guerre d'Algérie. En cela, le colonel ne faisait que se conformer aux directives qu'il avait lui-même formulées quelque temps auparavant devant ses hommes quant au traitement qu'il convenait de réserver aux coupeurs de routes : « Il faut les attraper, les salopards, il faut les choper et en buter un », avant d'ajouter, visant spécifiquement Mahé : « Si vous l'attrapez, vous le descendez. » Or, malgré les réquisitions de Brigitte Raynaud, auxquelles s'est opposé le procureur Baillet, Éric Burgaud n'a pas été placé sous mandat de dépôt par le juge des libertés. Si l'on ajoute à cela le cas du général Renaud de Malaussène, l'adjoint de Poncet, qui est lui aussi ressorti libre des locaux de la Brigade criminelle, l'impression s'installe que des lampistes vont payer et que les « gradés » s'en sortent bien - tout au moins pour l'instant. L'impression, et le malaise.

D'autant que le procureur Jacques Baillet - qui s'est rendu à Abidjan le 13 décembre pour complément d'enquête - refuse pour l'instant de prendre en compte un fait nouveau, et jusqu'alors inédit, qui pourrait bien, sous réserve de vérifications, faire rebondir l'enquête. Selon un rapport de la gendarmerie de Licorne en date du 10 novembre, rédigé à l'intention du tribunal aux armées de Paris, et dont J.A.I. a pu prendre connaissance, un autre Mahé, prénommé Nestor Koho (Mahé est un patronyme courant dans l'Ouest ivoirien), et coupeur de routes avéré, est actuellement détenu à la prison de Man. Il a été arrêté le 19 mai 2005, soit cinq jours après la mort de Firmin Mahé (avec qui il n'a aucun lien de parenté), en compagnie de deux complices, les dénommés Serge Moh Tah et Moussa Bamba, en pleine zone de confiance, par des militaires français. Tous trois étaient armés. Les gendarmes de Licorne, qui n'ont pas pu rencontrer les trois détenus, ont signalé l'information au juge Raynaud et au procureur Baillet. La première l'a estimée digne d'intérêt, mais le second, dans une note manuscrite, affirme que les deux affaires doivent être « disjointes ». N'y a-t-il pourtant pas lieu à éclaircir cet imbroglio, surtout quand on sait que, selon le témoignage de l'adjudant-chef Raugel, le colonel Éric Burgaud, mis en présence du corps de Firmin Mahé à la morgue de l'hôpital de Man, aurait émis des doutes sur son identité ?

Avocat au barreau de Paris et conseil de la famille Mahé, Me Fabien Ndoumou se dit « scandalisé par l'attitude du procureur, qui a fait relâcher Burgaud et dresse des obstacles devant les progrès de l'enquête ». Me Ndoumou, qui est d'origine camerounaise, est épaulé par une association proche du pouvoir en place à Abidjan, l'ADI (Association de défense des Ivoiriens), que dirige Gabriel Blé, un proche parent du chef des « Patriotes » Charles Blé Goudé, résidant en région parisienne. L'ADI l'a aidé à retrouver la trace de plusieurs témoins dont Prince Dié, le frère aîné de Firmin Mahé, ainsi que Judith, la compagne de ce dernier. Tous deux marchaient en compagnie de Firmin le 13 mai au matin au bord de la route reliant Duékoué à Man lorsqu'ils ont été rejoints par deux véhicules blindés légers (VBL) français, lesquels ont brusquement fait demi-tour après les avoir dépassés. La suite est connue : blessé à la jambe par un tir du maréchal des logis Philippe Bonneau, Mahé s'enfuit. Il sera « récupéré » en fin d'après-midi, puis étouffé à l'intérieur d'un VBL. Selon Fabien Ndoumou, qui s'appuie sur le témoignage de la famille de Firmin Mahé, il y aurait eu erreur sur la personne. « L'indicateur ivoirien qui était embarqué à bord du VBL et qui a désigné Firmin aux soldats s'est sans doute trompé de Mahé. Celui que les Français recherchaient était en réalité Nestor Mahé. Comme les militaires n'avaient pas de photos, ils n'ont pas pu vérifier. » Et de relever une contradiction à ses yeux évidente entre le pedigree de tueur attribué par Licorne à la victime et son statut de membre du groupe d'autodéfense du village de Dah. « Ce groupe, dont Prince Dié était le chef, avait été créé par le continent Licorne pour lutter contre les coupeurs de routes ; les Français avaient d'ailleurs distribué un badge avec photo d'identité à chacun de ses membres, dont Firmin. »

Déjà révoltante en soi, même si la victime était un criminel, l'« affaire Mahé » relèverait-elle en outre de la tragique méprise ? Dans le dossier figurent trois clichés, que J.A.I. a pu voir, pris par un soldat français à l'aide d'un téléphone cellulaire au poste de secours de Bangolo, où Firmin Mahé, gravement blessé au genou mais conscient, avait été emmené par les soldats français ce vendredi 13 mai 2005 vers 18 heures. On y voit le présumé coupeur de routes, le regard traqué, à demi-nu, saisi par deux paires de mains anonymes et blanches, dont l'une est recouverte de gants chirurgicaux. L'enquête de commandement a démontré que Mahé, la jambe gauche en sang et la rotule déchiquetée par le tir de neutralisation du maréchal des logis Bonneau, a été passé à tabac à l'intérieur même du poste de Bangolo. À 19 heures, c'est un Firmin Mahé inconscient que les militaires embarquent dans un VBL après avoir reçu les consignes fatales du colonel Burgaud. Quinze minutes plus tard, il était mort, étouffé par un sac en plastique - sans doute celui que l'on voit dans un coin des photos, prêt à l'emploi.


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Samedi 17 décembre 2005

16/12/2005 - 17h58

STRASBOURG (Reuters) - Beat Meyer, un policier suisse de Bâle, a été de nouveau acquitté, à Reims, par la cour d'assises de la Marne qui le jugeait en appel pour avoir tué en août 2001 un délinquant qu'il poursuivait par delà la frontière, a indiqué son avocat à Reuters.

"Nous avons expliqué à la cour que le policier bâlois se croyait en Suisse et que, par conséquent, on ne pouvait lui faire grief de n'avoir pas appliqué la loi française", a expliqué à Reuters Me Thierry Moser.

L'avocat général, Patrice Petitjean, avait demandé une peine de prison avec sursis à l'encontre du policier accusé de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique".

Beat Meyer, un caporal de 41 ans, décrit comme "compétent et expérimenté", était rejugé sur appel du parquet après avoir été acquitté le 12 février 2004 à Colmar par la cour d'assises du Haut-Rhin.

Celle-ci avait estimé qu'il devait bénéficier de "l'irresponsabilité pénale", une règle qui s'applique aux personnes ayant cru de bonne foi être en droit de commettre l'acte pour lequel elles sont poursuivies.

Les jurés rémois ont tranché dans le même sens au bout d'une heure et demie de délibération.

La nuit du 23 août 2001, Beat Meyer, en compagnie de deux collègues, avait pris en chasse Michel Hercouët, un Franco-Suisse de 28 ans qui venait de voler une voiture à Bâle et s'enfuyait par une petite route vers la ville française frontalière de Saint-Louis.

Selon Me Moser, le policier, trompé par la vitesse et la nuit, ne s'était pas aperçu qu'il avait franchi la frontière lorsqu'il avait tiré douze coups, dont un mortel, sur le fuyard qui redémarrait après un tête à queue.

Les policiers helvétiques sont autorisés à faire feu sur une personne qu'ils estiment susceptible de commettre une infraction grave alors que les policiers français ne peuvent tirer qu'en situation de légitime défense.


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Vendredi 16 décembre 2005


LE MONDE | 15.12.05 | 14h15  •  Mis à jour le 15.12.05 | 14h15
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Le tribunal correctionnel de Metz (Moselle) a condamné, mercredi 14 décembre, Azedine Sebiane, gardien de la paix de 36 ans, à cinq ans d'emprisonnement, dont quatre ferme, pour "incitations publiques à la haine raciale", "injures" à caractère raciste et "provocation à la discrimination".

Le procureur, Joël Guitton, avait réclamé une peine d'"au moins" quatre ans de prison contre celui que l'on avait surnommé le "corbeau" de la CRS 30.

Aujourd'hui radié de la police nationale, ce fonctionnaire a reconnu avoir adressé, courant 2004, à vingt-sept de ses collègues, sur du papier à en-tête de l'administration, une liste de noms assortis, pour chacun, d'adjectifs racistes et orduriers : "bougnoule", "alcoolique", "voleur de denrées", "magouilleur", "drogué", etc. Cette "liste des individus indignes de faire partie du corps des CRS", dont l'auteur s'était lui-même adressé un exemplaire, avait été placardée ensuite dans les vestiaires et sur un panneau de service.

Le courrier était revendiqué par un mystérieux "groupe de CRS aryens, la race des seigneurs" et estampillé d'une croix gammée entrelacée d'un Tonfa, la matraque de service des CRS. Ces envois avaient semé le trouble et fait peser, durant plusieurs mois, une ambiance délétère sur la compagnie.

"Le prévenu a fait outrage à tous les fonctionnaires de cette unité en laissant croire qu'ils pouvaient être racistes et que leur prétendu comportement était le reflet d'un climat général dans la police", s'est ému Me François Battle, avocat des vingt-sept victimes du "corbeau" et du syndicat UNSA-Police, également partie civile.

L'ancien policier était aussi poursuivi pour des vols, dont celui d'une arme et d'un véhicule de service repêché dans la Moselle sur ses indications. Enfin, Azedine Sebiane avait fait chanter un de ses collègues en menaçant de révéler une ancienne condamnation pour "exhibition sexuelle" s'il refusait de lui verser 1 500 euros.

Le prévenu a tenté de justifier son comportement par le "racisme" que ses collègues auraient, selon lui, manifesté à son arrivée à Metz, en 1999. "Lors des déplacements, on me demandait si j'étais propre et si je faisais ma prière", a-t-il indiqué. Azedine Sebiane a évoqué en outre des inscriptions xénophobes portées sur la guérite où il se trouvait en faction, début 2004, devant l'ambassade d'Espagne à Paris. "Quelqu'un avait écrit "bougnoule de merde" avec mon nom, ça m'a achevé", a-t-il bredouillé, expliquant s'être "embarqué ensuite dans quelque chose qui le dépassait".

Mal noté par ses supérieurs, Azedine Sebiane présente, selon les experts, une "personnalité sensitive" correspondant à "une forme de paranoïa". "Vous êtes cynique, peut-être pervers", lui a lancé le procureur tandis que son avocat, Me Dominique Boh-Petit, a dépeint un "homme en grande difficulté" et évoqué un "suicide social".

Nicolas Bastuck
Article paru dans l'édition du 16.12.05
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Jeudi 15 décembre 2005


Poncet attribue le raid sur Bouaké au clan Gbagbo

Le bombardement du camp des militaires français en Côte-d'Ivoire, il y a un peu plus d'un an, est dû à l'entourage du président, affirme devant le juge l'ancien commandant de la force Licorne.

par T. H.
LIBERATION.FR : mercredi 14 décembre 2005 - 19:33

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Qui a donné l'ordre aux forces loyalistes ivoiriennes de bombarder un camp militaire français à Bouaké, en Côte-d'Ivoire, le 6 novembre 2004? Le chef de l'Etat ivoirien? Son entourage? Un traître au sein du régime pour torpiller l'offensive en cours contre les rebelles du Nord? Plus d'un an après les faits, cette énigme resurgit à Paris... dans la bouche du général Henri Poncet. Ce dernier a été mis en examen, mardi, pour «complicité d'homicide volontaire» dans l'affaire Firmin Mahé, ce «coupeur de route» étouffé par des soldats français en mai dernier.

Interrogé comme témoin, vendredi, par la juge Brigitte Raynaud, dans le cadre d'une enquête ouverte pour «assassinats, tentative d'assassinats et destructions de biens», l'ancien commandant de la force Licorne en Côte-d'Ivoire (de juin 2004 à juin 2005) a mis en cause l'entourage direct du président Gbagbo. Selon l'officier français, son conseiller pour les affaires de défense, Bertin Kadet, et le colonel Edouard Séka Yapo, ancien patron de l'armée de l'air ivoirienne, seraient impliqués directement. Le premier, ancien ministre de la Défense et apparenté à Laurent Gbagbo, lui a répondu depuis Abidjan en mettant «au défi» le général Poncet d'apporter la preuve de ses accusations.

L'identité du commanditaire du raid sur Bouaké est centrale dans la «guerre des Six-Jours» qui a opposé les soldats de Licorne aux partisans –militaires ou «jeunes patriotes»– de Gbagbo en novembre 2004. A la suite de ce bombardement meurtrier, l'armée française a riposté en détruisant la quasi-totalité de la flotte militaire ivoirienne. A l'appel des dirigeants «patriotes», des milliers d'Abidjanais se sont vengés en attaquant les domiciles et les entreprises des Français installés dans la capitale économique ivoirienne. Plus de 8.000 d'entre eux ont fui en catastrophe la Côte-d'Ivoire. Ce mercredi, la justice française a annoncé avoir ouvert une information judiciaire sur une vingtaine de plaintes déposées par des expatriés, dont trois pour viols.

Dès le début des événements à Abidjan, Paris avait accusé l'entourage de Gbagbo, tout en prenant soin de dédouaner le chef de l'Etat ivoirien, vraisemblablement pour ne pas rompre définitivement tout contact avec lui. A Abidjan, de nombreux observateurs doutent pourtant que le président ivoirien ait pu être tenu à l'écart d'une décision aussi cruciale. A moins qu'il ne s'agisse d'une bavure ou, comme Laurent Gbagbo l'a affirmé à Libération à l'époque, d'un «coup fourré». Celui d'un traître? Quelques jours après le raid, le chef d'état-major de l'armée ivoirienne, Mathias Doué, avait été limogé. Craignant pour sa vie, il a fini par quitter le pays et appelé, cet été, au renversement du président Gbagbo.

Les pilotes biélorusses, ukrainiens et russes des aéronefs militaires employés par le gouvernement ivoirien pourraient éclairer les enquêteurs français. Une quinzaine de ces mercenaires ont été arrêtés par les soldats de Licorne après le raid, avant d'être étrangement relâchés quatre jours plus tard. Ont-ils parlé? Devant la juge Brigitte Raynaud, le général Poncet s'est contenté de dire qu'il avait obéi «aux ordres» en leur rendant la liberté.

*****************


PARIS (Reuters) - Le général Henri Poncet, ancien commandant de la force Licorne en Côte d'Ivoire, a été placé en garde à vue mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort d'un civil ivoirien dans un blindé de l'armée française en mai dernier, apprend-on de source policière.

Suspendu par le ministère de la Défense en novembre, le général Poncet est mis en cause par l'un de ses anciens subordonnés dans l'enquête sur le meurtre de Firmin Mahé.

Il lui est reproché jusqu'ici d'avoir "couvert" le crime mais pas de l'avoir ordonné.

Le colonel Eric Burgaud, mis en examen la semaine dernière pour "complicité d'homicide volontaire", a expliqué lors de sa garde à vue avoir relayé un ordre implicite du général Poncet en demandant à deux militaires du rang de tuer Mahé, considéré par l'armée française comme un "coupeur de routes", violeur et assassin.

Le général aurait demandé au colonel Burgaud par radio de "ramener" Mahé, interpellé dans la "zone de confiance", vers l'hôpital de Man. L'homme avait été blessé au cours d'une échauffourée avec des soldats français dans la matinée.

Le général Poncet lui demandant de prendre tout son temps et ajoutant "vous me comprenez", le colonel en aurait déduit qu'il lui ordonnait de le tuer.

Deux des anciens subordonnés du colonel Burgaud ont été mis en examen pour "homicide volontaire" et placés en détention provisoire. Ils auraient étouffé Firmin Mahé en lui plaçant un sac sur la tête dans le véhicule blindé, le 13 mai.

Le chauffeur du véhicule, un militaire du rang, a été mis en examen pour "complicité d'homicide" et laissé en liberté.





 Bombardement de Bouaké : l'entourage de Gbagbo visé

 Chronologie

 Revue de presse

 Vingt plaintes de Français vont être instruites

 Débat La Françafrique

 Dossier La Côte d'Ivoire

Sur internet
 La Côte d'Ivoire : carte et dossier, les relations avec la France (site du quai d'Orsay)

 Qu'est-ce qu'une mise en examen ? (site du ministère de la Justice)

 Du meurtre (221-1 du Code pénal)

 Une interview de Henri Poncet sur la crise en Côte d'Ivoire au Figaro de décembre 2004 (site du ministère de la Défense)

 Henri Poncet sur le site de l'Otan (en anglais)

 Sa fiche Wikipédia

 Toute l'actualité sur le site d'Abidjan.net

 Chronologie des événements depuis 1960, sur le site d'un professeur

 Un dossier complet sur la Côte-d'Ivoire, sur le site de la documentation française

Dans l'Obs Hebdo
 "Armée : enquête sur un assassinat silencieux" , par Jean-Paul Mari (10/11/05)

 "La faute du général Poncet" , par Jean-Paul Mari (27/10/05)

 "L'Afrique et nous" , par Gilles Anquetil (28/07/05)

 "Afrique : la France s'enlise" , par Henri Guirchoun, Laurent Bijard (12/05/05)

 "Le scénario de la peur" , par Robert Marmoz (07/04/05)

 "Journalistes français disparus" (03/02/05)

 Appel : "Gbagbo doit partir" (23/12/04)

 "Ce qu'a vraiment fait la France" , par Robert Marmoz et Jean Paul Mari (16/12/04)

 "Les Ivoiriens de Paris font le dos rond" , par Morgane Bertrand (ParisObs, 09/12/04)

 "Les sept erreurs de la France" , par Robert Marmoz (25/11/04)

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Dimanche 11 décembre 2005


Les familles des victimes du Bugaled Breizh se sont déclarées satisfaites de la levée du secret défense

Le ministère de la Défense a en effet annoncé vendredi que Michèle Alliot-Marie avait décidé de déclassifier l'ensemble des documents d'activités maritimes dans la zone du naufrage du Bugaled  Breizh, y compris la carte retraçant la position des sous-marins.

Le chalutier de Loctudy (Finistère) a coulé en quelques minutes, pour une raison encore inexpliquée, avec ses 5 membres d'équipage, au large du cap Lizard (Grande-Bretagne), dans une zone où se déroulaient des manoeuvres militaires internationales impliquant notamment des sous-marins.

"Le juge pourra procéder à des investigations complémentaires notamment auprès de la Marine française pour demander si des choses ont été repérées, entendues ou vues par ses navires le jour du naufrage" s'est réjoui l'avocat des familles des victimes du Bugaled  Breizh, Me Christian Bergot.


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Vendredi 2 décembre 2005


Le général Henri Poncet aurait ordonné implicitement la mort du jeune Ivoirien.

par Jean-Dominique MERCHET
QUOTIDIEN : vendredi 02 décembre 2005

«Faites-le transporter à l'hôpital et prenez votre temps. Vous m'avez compris...» C'est l'ordre qu'aurait donné le général Henri Poncet à ses subordonnés après l'arrestation par les militaires français de l'Ivoirien Firmin Mahé, le 13 mai 2005. Le jour même, ce jeune «coupeur de route» (bandit) avait été blessé à la jambe par balle à la suite de tirs français. L'homme, qui semait la terreur dans la région, était recherché par les militaires français. Au cours de son transfert vers l'hôpital de la ville de Man (ouest de la Côte-d'Ivoire), il a été tué par étouffement à bord d'un véhicule militaire VBL. Remis à l'hôpital de Man, son corps n'a pas été réclamé par sa famille.

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Confronté mercredi à ses hommes au cours de leur garde à vue, le colonel Eric Burgaud a craqué. Il a reconnu avoir transmis cet ordre après l'avoir reçu par téléphone de son supérieur, le général Poncet, alors commandant de l'opération Licorne. «J'ai compris la même chose que tout le monde, c'est-à-dire que l'idéal était que Mahé arrive mort à Man», a expliqué l'officier aux policiers de la brigade criminelle. Le général Henri Poncet pourrait donc être rapidement entendu par la justice. Son avocat, Me Jean-René Farthouat, a pris les devants, dès hier, en affirmant que son client n'avait donné «aucun ordre implicite», opposant un «démenti formel» aux déclarations du colonel Burgaud.

«Blâmé». Parole de colonel contre parole de général, tous deux saint-cyriens ! La justice va devoir trancher. «Blâmé» et muté à la Direction du renseignement militaire à Paris, le général Poncet a récemment demandé à être reçu par la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, qui l'a éconduit. «L'enquête de commandement (interne à l'armée, ndlr) ne permettait pas d'établir de façon formelle si un ordre avait été donné et de qui il émanait. La procédure judiciaire a pour mission d'établir la vérité et les responsabilités de chacun», a indiqué hier le porte-parole du ministère de la Défense.

Le colonel Burgaud a-t-il été plus explicite que son général dans l'ordre transmis à ses trois subordonnés, l'adjudant-chef Raugel, le brigadier-chef Schnier et le brigadier Ben Youssouf ? Selon les témoignages des trois hommes, «il fallait que Mahé arrive mort» à l'hôpital. L'hypothèse d'une balle dans la tête aurait même été évoquée, avant d'en venir à la «solution» de l'étouffement. Firmin Mahé a finalement été tué par l'adjudant-chef Raugel, avec l'aide du brigadier chef Schnier. Le brigadier Ben Youssouf, d'origine africaine, conduisait le VBL, un véhicule de petite taille comparable à un 4x4 blindé.

Obligation. «Ils n'ont pas pété les plombs et n'ont fait qu'exécuter les ordres reçus», explique l'avocat de Guy Raugel, Me Jacques Trémolet de Villers. Ce n'est pas une excuse, car tous les militaires français ont l'obligation de refuser d'obéir à des ordres manifestement illégaux. L'exécution d'un prisonnier blessé en fait évidemment partie.

L'adjudant-chef Guy Raugel et le brigadier-chef Johannes Schnier ont été mis en examen mercredi soir pour «homicide volontaire» et écroués à la prison de la Santé, à Paris. Mis en examen pour «complicité d'homicide volontaire», le colonel Burgaud et le brigadier Ben Youssouf ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire. Issu comme ses hommes des chasseurs alpins, le colonel a tenu à «assumer la responsabilité morale et humaine des actes commis par ses subordonnés», demandant même à être lui aussi incarcéré, a indiqué son avocat, Me Alexis Gublin.

Hypocrisie. L'affaire sera jugée par le Tribunal aux armées de Paris, composé de magistrats civils mais seul compétent pour les crimes commis par des militaires français à l'étranger. «Cette affaire est un monument d'hypocrisie, s'insurge Me Trémolet de Villers, qui fut l'avocat de Paul Touvier. Il est scandaleux que l'adjudant et le brigadier soient en prison et pas les commanditaires. On n'a pas voulu incarcérer un colonel en activité. Cela aurait été une première depuis la guerre d'Algérie.» Entre militaires français, la boîte à baffes est ouverte. Elle n'est sans doute pas prête d'être refermée.



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Mercredi 30 novembre 2005


AP | 30.11.05 | 17:22


PARIS (AP) -- Le colonel Eric Burgaud a été mis en examen mercredi pour "complicité d'homicide volontaire" dans l'enquête sur le décès suspect d'un civil ivoirien en mai 2005 dans un véhicule blindé de la Force Licorne, a-t-on appris de sources judiciaires.
Deux autres militaires, un adjudant-chef et le conducteur du véhicule blindé, ont également été mis en examen. Le premier pour "homicide volontaire" a été placé en détention provisoire; le second mis en examen pour "complicité d'homicide volontaire" a été laissé en liberté malgré des réquisitions de mandat de dépôt.
Un quatrième militaire devait être présenté mercredi à la juge d'instruction Brigitte Raynaud.
Le colonel Burgaud, chef de corps de l'unité dans laquelle servaient les trois hommes, a été laissé en liberté par le juge des libertés et de la détention. Le juge d'instruction du Tribunal aux armées de Paris (TAP) souhaitait son placement en détention provisoire. Le parquet ne souhaitait pas son incarcération.
Le colonel Burgaud est accusé par l'un des trois militaires d'avoir donné instruction d'achever un civil ivoirien, blessé par un tir de riposte. Ce que le gradé nie. Les déclarations des deux autres soldats ne semblent pas confirmer cette accusation.
Le civil ivoirien, Firmin Mahé, aurait été "tué par étouffement" le 13 mai dernier, par des militaires français dans un véhicule blindé de la Force Licorne après qu'il eut été blessé par un tir de riposte.
Le rapport d'enquête de l'armée, transmis par le ministère de la Défense à la juge d'instruction du TAP, fait apparaître deux niveaux de responsabilité dans cette mort. "Celui de l'implication directe ou indirecte dans l'homicide d'une part, celui de la falsification des rapports et de la dissimulation de l'ensemble des faits d'autre part".
Pour avoir couvert ce décès, le général Henri Poncet, ancien commandant des forces françaises en Côte d'Ivoire, et plusieurs autres responsables militaires français ont été rappelés en France avant d'être suspendus par la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Depuis, le général Poncet a fait l'objet d'un blâme avant d'être muté. AP

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Mardi 29 novembre 2005
 

NOUVELOBS.COM | 29.11.05 | 16:22

2.563 sanctions dont 157 exclusions définitives ont été prises à l'égard de policiers en 2004, selon l'IGPN.

  (Sipa)
(Sipa)
 
C ent cinquante-sept. Voici le chiffre d'exclusions définitives au sein de la police. Le Figaro a révélé mardi 29 novembre les mesures prises par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices". Celle-ci a pris 2.563 sanctions à l'encontre de policiers en 2004, dont 157 exclusions définitives.
Les sanctions comme les exclusions sont en forte augmentation depuis 2001 (+21% et +84%).
La direction générale de la police nationale (DGPN) a expliqué mardi "les personnes portent plus volontiers plainte qu'elles ne le faisaient, pour des motifs fondés mais aussi pour tenter d'échapper aux poursuites dont elles font l'objet".
"Le nombre de sanctions augmente beaucoup plus que le nombre de plaintes, ce qui s'explique par une volonté de plus grande fermeté de la police nationale à l'égard du respect des règles de déontologie par ses agents", ajoute-t-on.

Fautes professionnelles

Dans Le Figaro, le chef de l'IGPN Jacques Lamotte évoque 724 allégations de mauvais traitements par des policiers. Chaque année la police nationale procède à quelque 4 millions d'interventions, souligne la DGPN.

Plus de la moitié des sanctions de 2004 sont imputables à des "fautes professionnelles" (1.625). Suivent les pertes de cartes et d'armes (323), la consommation d'alcool (222), un comportement privé critiquable (156), un manquement à la probité, dont les vols (107), les violences (84), des affaires de mœurs et de stupéfiants (27) et des activités lucratives privées (19).
Ces chiffres comprennent l'action de l'Inspection générale des services (IGS), la "police des polices" de Paris et des départements de la petite couronne, qui dépend de l'IGPN.

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Jeudi 24 novembre 2005

- Palais de justice de Bobigny -

Palais de justice de Bobigny
Le procès de trois policiers soupçonnés de violences sur des habitants de Saint-Denis a été une nouvelle fois reporté

Ce procès pour violences policières, commises en 2001, a été renvoyé mercredi au 28 juin 2006 et pour la seconde fois pour vice de procédure.

Lorsque des fonctionnaires sont mis en cause, un agent judiciaire du Trésor doit être présent au tribunal, or pour la seconde fois cette procédure a été omise.

Cet agent judiciaire doit être cité à comparaître afin de pouvoir répondre des dommages et intérêts éventuels qui peuvent être fixés.

Cette nouvelle omission a suscité l'agacement des parties civiles et des juges présents.

"Ca fait deux fois que l'on vient tous pour rien. C'est la preuve de  l'incurie de ce tribunal", a dénoncé l'avocate des victimes, Me Aude Catala.

"Ces trois policiers de Saint-Denis, âgés de 20 à 30 ans, ont été mis en examen en avril 2003 pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique". Ils encourent jusqu'à trois ans de prison.

Ils sont soupçonnés d'avoir commis des violences sur des habitants d'un immeuble de la dalle en bordure de la place du Caquet, à Saint-Denis, le 17 octobre 2001.


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