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PARIS (AFP) — L'ex-chef rebelle ivoirien Ibrahim Coulibaly, alias "IB", et douze hommes soupçonnés d'avoir tenté de fomenter un coup d'Etat en Côte d'Ivoire en 2003 sont jugés à
partir de lundi, durant quatre semaines, par la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
La justice reproche à l'ancien dirigeant militaire du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), aujourd'hui âgé de 44 ans et vivant en exil, d'avoir dirigé le recrutement de
mercenaires qui devaient éliminer physiquement le président Laurent Gbagbo, en vue de permettre son accession au pouvoir.
Les 12 autres personnes poursuivies sont soupçonnées d'avoir participé au recrutement ou d'être les mercenaires qui devaient agir.
Tous mis en examen pour des faits en lien "avec le recrutement de mercenaires", ils encourent une peine de sept ans d'emprisonnement et 100.000 euros d'amende s'ils sont reconnus
coupables.
Pour la plupart d'abord placés en détention provisoire, ils ont tous été remis en liberté.
L'enquête, confiée aux juges antiterroristes Jean-Louis Bruguière et Marie-Antoinette Houyvet, avait été ouverte le 21 août 2003 à la suite d'informations parvenues à la
Direction de la surveillance du territoire (DST). Des interpellations avaient eu lieu à l'aéroport de Roissy.
Dans un premier temps également, tous avaient été mis en examen pour des infractions liées au terrorisme mais la cour d'appel de Paris avait annulé cette qualification en
2004.
"IB" vivait en exil au Bénin jusqu'en décembre 2007, date à laquelle il a été officiellement interdit de séjour dans ce pays. Depuis, on ne sait pas où se trouve l'ex-rebelle qui
n'assistera pas à son procès devant s'achever le 2 avril.
Le 8 janvier, le procureur militaire d'Abidjan a ouvert une information judiciaire contre "IB", accusé de tentative de "déstabilisation" en Côte d'Ivoire. On lui impute d'avoir
participé à un complot présumé qui aurait été déjoué fin décembre. Trois semaines plus tard, la Côte d'Ivoire a lancé un mandat d'arrêt international contre lui.
Dans une vidéo qui circule sur YouTube et qui a été saisie par la Direction de surveillance du territoire (DST, le contre-espionnage ivoirien), on peut voir IB et d'autres
personnes non identifiées tenant des propos ambigus pouvant laisser penser qu'un coup d'Etat est en préparation. Ce que dément l'intéressé qui se dit victime d'une "manipulation".
Tentative de coup d'Etat en Côte d'Ivoire: "IB" absent à son procès
AP | 10.03.2008 | 19:21
Le procès d'Ibrahim Coulibaly, dit "IB", soupçonné d'avoir fomenté de France un coup d'Etat en 2003 contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, s'est ouvert lundi en
son absence devant le tribunal correctionnel de Paris, où deux de ses complices présumés, d'ex-militaires français, ont reconnu qu'il avait été envisagé de tuer le chef de l'Etat.
Les avocats d'Ibrahim Coulibaly, ancien sergent-chef de l'armée ivoirienne, ont indiqué lundi au tribunal n'avoir aucune nouvelle de leur client qui, jusqu'en décembre 2007, se trouvait au
Bénin. Ce pays l'a déclaré persona non grata à la suite de son implication présumée dans une tentative supposée de coup d'Etat en Côte d'Ivoire en décembre dernier.
Il est poursuivi pour "recrutement de mercenaires", une qualification introduite en avril 2003 dans le code pénal et passible de sept ans d'emprisonnement. C'est la première fois qu'un
tribunal juge des faits de ce type.
Les treize prévenus ont tous été arrêtés fin août 2003 par la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), à Paris ou Orange. C'est dans cette ville du Vaucluse que
s'est tenue une réunion le 23 août entre cinq anciens légionnaires qui se voient proposer de participer à un coup d'Etat en Côte d'Ivoire.
Premier interrogé lundi, Eric Valentin, neuf ans de Légion étrangère. Ce dernier, qui s'est rendu à Orange, à l'invitation d'un ancien légionnaire, a reconnu qu'il avait été évoqué le projet
d'éliminer le président Laurent Gbagbo mais a dit ne pas savoir pour le compte de qui.
Jean-Michel Chapuis, présenté par l'accusation comme le chef des mercenaires, a confirmé que le principe de l'élimination du président ivoirien était acquis mais qu'en raison de certaines
réticences, le projet devait être mené par des Ivoiriens, les mercenaires restant "derrière".
Sur les treize prévenus, outre "IB", deux autres sont absents. l'un des mercenaires présumés et celui qui est présenté comme le financier de cette tentative de coup d'Etat, Hassan Sakr, à la
double nationalité, libanaise et ivoirienne.
Outre sept anciens militaires, figurent sur le banc des prévenus un ancien avocat du barreau de Saint-Nazaire, Mamadou Diomande, éphémère délégué aux relations internationales du Mouvement
patriotique pour la Côte d'Ivoire (MPCI); un ex-policier, Paul Leonelli, considéré comme le coordonateur de l'opération par l'accusation, son cousin, François, reconverti dans la charcuterie
corse, Pierre Mas, un agent de sécurité.
Ibrahim Coulibaly avait participé, aux côtés du général Robert Gueï, décédé depuis, au coup d'Etat de 1999 ayant conduit à la chute du président Henri Konan Bédié, successeur de Félix
Houphouët-Boigny, le "père de la nation" ivoirienne.
La loi française contre le mercenariat promulguée le 14 avril 2003 prévoit cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende pour les personnes recrutées pour participer à des coups d'Etat
ou des conflits armés entre Etats. Une peine de sept ans et de 100.000 euros d'amende est prévue pour les commanditaires. AP
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