Lundi 4 juin 2007

JOURNAL CHRETIEN

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dimanche 3 juin 2007


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La réforme de la justice qui sera soumise au Parlement dès cet été respectera la Constitution ! Cela n’était pas si évident. Les deux mesures phares du projet de Nicolas Sarkozy contre la récidive - l’établissement de peines planchers et la suppression de l’excuse de minorité pour les 16-18 ans - risquaient, telles qu’elles étaient présentées, d’être inconstitutionnelles. A tel point qu’Emmanuelle Mignon, une des principales collaboratrices du président de la République, n’avait pas hésité, dans un entretien au Monde (du 12 mai), à affirmer que, le cas échéant, “on (réformerait) la Constitution”.

Les premières déclarations de Rachida Dati, la garde des sceaux, montrent qu’un certain bon sens a prévalu. La Constitution ne sera pas modifiée pour pouvoir appliquer des peines automatiques aux délinquants multirécidivistes ni pour condamner des mineurs sans tenir compte de leur âge. On ne peut que s’en réjouir.

Néanmoins, il ne faut pas s’y tromper. Le projet préparé par le ministère de la justice est clairement répressif. Il revendique un effet dissuasif. Des peines minimales seront instaurées pour les crimes et délits punis de plus de trois ans d’emprisonnement. Dans un premier temps, elles ne devaient toucher que les actes entraînant plus de dix ans d’emprisonnement. Les vols pourront être concernés alors que, initialement, seuls les crimes l’étaient.

Surtout, une nouvelle philosophie pénale se met en place. Jusqu’à présent, le juge devait motiver la privation de liberté. La logique du projet de loi présenté est inverse. C’est le maintien en liberté que le magistrat devra justifier. De même, alors qu’il y a un peu plus de 700 mineurs en détention, les mesures proposées par Mme Dati pourraient, selon les spécialistes, quintupler ce nombre.

En encadrant encore davantage la marge d’appréciation des magistrats, le gouvernement semble, quoi qu’en dise le garde des sceaux, critiquer le travail actuel des juges. Pourtant, la justice laxiste est un mythe. Autrement, comment expliquer que la population carcérale n’ait jamais été aussi nombreuse (63 365 personnes écrouées, en hausse de 4,3 % en un an), alors que Nicolas Sarkozy se félicite de la baisse de la délinquance ?

Rachida Dati présente un texte idéologiquement cohérent. Elle semble remplir sa première mission : rassurer l’opinion en promettant que la justice se montrera plus sévère. Mais à quel prix et pour quel résultat ? En n’accordant aucune attention à la façon dont les peines sont exécutées, en passant sous silence les conditions dans lesquelles les condamnés sont détenus, en négligeant l’accompagnement des sortants de prison, son projet néglige ce qui, en réalité, fait diminuer la récidive.

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P.-S.

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Récidive et mineurs dans la cible du gouvernement Version imprimable Suggérer par mail
Le gouvernement a décidé de frapper fort contre la récidive en instaurant des peines plancher, y compris pour les mineurs. Le projet de loi provoque la réprobation des principaux syndicats de magistrats, pour qui le texte va contribuer à remplir des prisons déjà surpeuplées

Rachida Dati a présenté le texte de loi sur les peines plancher qui est très contesté par les magistrats (Photo AFP)

Lors de sa candidature à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait promis une loi "anti-récidive". Promptitude donc, car cette loi devrait être entérinée dès cet été, mais les quatre articles que comporte le texte font déjà couler beaucoup d’encre.
En effet, le candidat Sarkozy avait proposé une loi visant les multirécidivistes, passant donc pour la troisième fois devant le juge, en ciblant des peines plancher uniquement pour les crimes ou les délits les plus graves. Mais la nouvelle loi dévoilée par la Garde des Sceaux, Rachida Dati, dans le journal Le Monde, semble être bien plus sévère.
Pour l'essentiel, la future loi prévoit des peines plancher d'environ un tiers de la peine maximale encourue: un an si le délit est puni de trois ans de prison, deux ans s'il encourt cinq ans... Ce texte ne concerne plus seulement les crimes, mais s'applique aussi aux délits les plus courants, à partir de trois ans d'emprisonnement encourus, soit les vols simples.

"Il y aura un régime plus sévère pour les violences graves, telles que les atteintes à l'intégrité physique ou les vols avec violence", expliquait la ministre au Monde. Mais pour les mineurs récidivistes de 16 à 18 ans, l'excuse de minorité disparaît au troisième acte délinquant : ils seront dès lors passibles des mêmes sanctions que les adultes.

Des prisons qui débordent déjà
Si certains proches du gouvernement se disent "satisfaits" de ce projet de loi, il n’en est rien du côté des magistrats et des avocats. "Ce projet est beaucoup plus dur que ce qui avait été présenté pendant la campagne présidentielle", indiquait Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats. "Les conséquences en termes de surpopulation carcérale vont être considérables, estime-t-il, car si, formellement, on laisse une marge d'appréciation au juge pour prononcer une peine de prison ferme ou non, dans les faits, on la lui enlève".
La crainte des magistrats et avocats est que cette loi, conjuguée avec le texte de décembre 2005 limitant les possibilités de sursis, va avoir pour effet de faire imploser des prisons déjà surpeuplées. La densité carcérale en France est déjà de 121%.
Enfin, la loi prévoit la révision des libérations conditionnelles, des réductions de peine accordées pour bonne conduite ou des remises supplémentaires accordées au titre de la réinsertion. De fait, beaucoup de juges estiment que ces mesures remettent "en question leur autorité".
Aurélien BARBIN. (lepetitjournal.com) lundi 4 juin 2007

Lire en plus
L’Express : Peines-plancher: le gouvernement va plus loin
 Le Nouvel Obs : Sarkozy "déterminé" à durcir les peines contre les récidivistes
Libération : Récidive: un seuil de peines très bas





Peines plancher, ca se précise

La mise en œuvre de peines plancher est une question à laquelle Nicolas SARKOZY tient depuis maintenant plusieurs années.

Maintenant qu’il est élu Président et que son gouvernement est en place, il entend faire rapidement voter un texte au parlement et ce dès cet été pour une mise en application à l’automne.

Le principe même des peines planchers est critiqué comme étant principalement contraire au principe constitutionnel d’individualisation de la peine et vécu également comme une mesure de défiance vis-à-vis des magistrats dont le Président de la République a déjà eu l’occasion de dire tout le bien qu’il pensait.

Je vous invite à lire ou relire le billet d’Eolas sur le sujet, celui d’Anaclet de Paxatagore

Ou encore celui que j’avais rédigé à la suite d’une audience de comparution immédiate récente.

D’autres soutiennent l’idée des peines planchers comme étant un outil de lutte contre les violences faites aux personnes de nature à réduire la part d’arbitraire de la décision de justice et une certaine homogénéité des décisions prononcées sur l’ensemble du territoire français

Dans une interview accordée au journal Le Monde du 2 juin, Rachida DATI a donné les détails du projet de loi qui sera soumis au parlement.

On y apprend tout d’abord que le texte vise les crimes et tous les délits faisant encourir une peine de 3 années d’emprisonnement.

On notera immédiatement sur ce point que ce projet serait donc plus sévère que la proposition de loi de Christian Estrosi (Député UMP) présentée en 2004 mais qui n’avait pas abouti.

A l’époque soutenue par Monsieur SARKOZY alors Ministre de l’intérieur, cette proposition visait uniquement les délits punis de 10 années d’emprisonnement, c’est-à-dire les délits les plus graves (notamment ceux relatifs aux atteintes aux personnes).

Mais le projet diffère également des propositions de Nicolas SARKOZY pendant la campagne présidentielle puisque la encore seuls les délits les plus graves étaient visés d’après Emmanuelle Mignon alors directrice des études à l’UMP.

Le champ d’application du futur texte est donc très large. Il s’appliquera également aux mineurs.

D’après Madame DATI le texte s’appliquera de la façon suivante :

La peine minimale, en cas de récidive, sera d’un an de prison quand le délit est punissable de trois ans, de deux ans pour cinq ans, de trois ans pour sept ans et de quatre ans pour les délits punis de dix ans. Pour les crimes, en récidive, le minimum sera respectivement de cinq ans, sept ans, dix ans et quinze ans pour les actes encourant quinze ans, vingt ans, trente ans et la réclusion à perpétuité.

Pour la première récidive – c’est-à-dire le deuxième acte délinquant –, le juge pourra prononcer une peine inférieure à la peine minimale. Il devra spécialement motiver sa décision au regard des circonstances, de la personnalité de l’auteur et de ses garanties de réinsertion. En cas de nouvelle récidive, pour les infractions les plus graves, le juge pourra encore prononcer une peine inférieure à une peine minimale, mais dans des conditions encore plus restreintes. Il devra relever des garanties exceptionnelles de réinsertion. En conséquence, bien qu’encadrée, la marge d’appréciation du juge est préservée.

Il reste aujourd’hui à avoir sous les yeux le texte exact du projet qui sera soumis au parlement pour juger de l’ensemble car certaines questions restent en suspend.

En effet en relisant la proposition de loi Estrosi, on s’aperçoit qu’à l’époque il avait été prévu que dès lors qu’un individu se voyait infliger une peine plancher, il se voyait privé de toute possibilité d’aménagement de la peine par le juge de l’application des peines.

Un juge de l’application des peines vous expliquerait mieux que moi que le meilleur moyen d’éviter qu’une personne qui sort de prison ne réitère ou ne récidive est surtout d’avoir préparé la sortie notamment grâce aux mesures d’aménagement de peines.

Mais il faut bien admettre que si l’idée des peines plancher est d’assurer une véritable effectivité de la sanction (l’emprisonnement), la logique voudrait qu’on supprime la possibilité d’aménager de telles peines.

A mon sens, le résultat ne pourra qu’être négatif.

Autre question, quelles seront les conditions exactes permettant à une juridiction de ne pas prononcer la peine plancher ? On évoque bien entendu la nécessité d’une décision motivée mais le texte fixera t’il des critères particuliers et limitatifs ou laissera t’il toute liberté aux magistrats dans la motivation de leur décision ?

Que faut-il entendre lorsque Madame DATI explique que « En cas de nouvelle récidive, pour les infractions les plus graves, le juge pourra encore prononcer une peine inférieure à une peine minimale, mais dans des conditions encore plus restreintes » ?

Quid de ces conditions plus restreintes ?

A noter enfin que le 30 mai dernier, Madame DATI a reçu les deux principaux syndicats de magistrats (USM et SM) et n’a visiblement pas du tout évoqué avec eux les éléments contenus dans son interview publiée dans le Monde ce jour (sûrement un malencontreux oubli).

Le Syndicat de la Magistrature dans compte rendu de cette rencontre souligne qu’aucune question de fond n’a été évoquée mais que le Garde des Sceaux a assuré que les projets évoqués pendant la campagne électorale seraient traités en concertation.

Le Syndicat relève pourtant que le texte élaboré sur les peines plancher aurait déjà été communiqué au Conseil d’Etat.

Deux jours après cette rencontre, le Garde des Sceaux donne une interview traitant dans le détail de cette question.

Je ne suis pas membre (je suis avocat) ni même proche du Syndicat de la Magistrature mais je partage son étonnement sur cette conception de la concertation.

A suivre donc.

UPDATE:

Voici le pré projet de loi que l’on vient de me transmettre. Je n’ai pas le temps d’en faire un commentaire pour le moment (c’est le weekend ne l’oublions pas)

A lire ici




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Vendredi 1 juin 2007
Pour les magistrats, le projet de loi de Mme Dati va avoir "un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées". | AFP/DERRICK CEYRAC
AFP/DERRICK CEYRAC
Pour les magistrats, le projet de loi de Mme Dati va avoir "un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées".

LEMONDE.FR avec AFP | 01.06.07 | 16h00  •  Mis à jour le 01.06.07 | 16h15

es deux principaux syndicats de magistrats estiment que le projet de loi antirécidive dévoilé, vendredi 1er juin, par la ministre de la justice dans un entretien au Monde, va se traduire par un remplissage des prisons déjà surpeuplées.
Le projet crée "des peines minimales d'emprisonnement de l'ordre du tiers du maximum prévu pour l'infraction", a expliqué Rachida Dati vendredi. "Elles s'appliqueront aux crimes et aux délits punis de plus de trois ans d'emprisonnement, avec un régime plus sévère pour les violences graves". "Le champ des infractions concernées est très, très vaste. Cela va avoir un énorme impact sur le nombre de peines de prison prononcées", a souligné Bruno Thouzellier, président de l'Union syndicale des magistrats (USM). "Ce texte va remplir les prisons de manière décuplée. Elles vont craquer", pense également Hélène Franco, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature (SM).


"UN PROJET PLUS DUR QUE CELUI PRÉSENTÉ PENDANT LA CAMPAGNE"

Même si le texte prévoit que le juge pourra ne pas prononcer une peine plancher s'il motive sa décision, "les magistrats, vu leur charge de travail, n'auront pas la possibilité de rentrer dans les détails de chaque dossier" pour justifier leur décision, selon M. Thouzellier. "L'individualisation de la peine pour adapter au plus près la sanction est donc reléguée à l'exception, et au mieux à la bonne volonté du juge. Et vu le flux pénal, cette exception restera vraiment tout à fait exceptionnelle", renchérit Hélène Franco.

Contrairement à Mme Dati, qui estime que "les Français ont élu le président de la République sur un projet, qui incluait ce que nous proposons pour la justice", Bruno Thouzellier estime que ce projet "est beaucoup plus dur que ce qui avait été présenté pendant la campagne présidentielle" par le candidat Nicolas Sarkozy, qui parlait alors de "multirécidive", alors que les peines plancher vont s'appliquer dès la première récidive.



Ségolène Royal dénonce le "tout carcéral"
Ségolène Royal a vivement critiqué vendredi à Marseille les propositions de la ministre de la justice concernant l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans.  "C'est le tout carcéral" , a accusé Mme Royal. "Ça veut dire qu'à 16 ans, la solution ce sera la prison et non plus la prévention ou l'éducation (...). Comment ne pas voir qu'une école qui ouvre c'est une prison qui ferme !" Selon Mme Royal, le gouvernement est en train d'"agiter aujourd'hui une nouvelle loi sur la pseudo prévention de la délinquance, une nouvelle loi répressive par ceux-là mêmes qui ont eu cinq ans pour régler ce problème". (– avec AFP)

Sarkozy "déterminé" à durcir les peines contre les récidivistes

NOUVELOBS.COM | 01.06.2007 | 18:08

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A l'issue d'un entretien avec la famille de Sophie Gravaud, le président a "rappelé sa détermination à ce que les peines applicables aux délinquants multirécidivistes soient à la hauteur des drames qu'ils génèrent".

 

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy

(c) Reuters
Nicolas Sarkozy a reçu vendredi 1er juin à l'Elysée pendant une demi-heure la famille de Sophie Gravaud, cette jeune femme retrouvée morte le 13 avril dans un fossé à Bouguenais (Loire-Atlantique), près de Nantes. Il a réaffirmé à cette occasion son attachement au renforcement des droits des victimes et au durcissement des sanctions contre les multirécidivistes.
Selon son porte-parole David Martinon, le chef de l'Etat a tenu à recevoir la famille "pour lui témoigner de la solidarité du peuple français". Il les a assuré "de sa détermination à voir la justice aboutir à la manifestation de la vérité et à la sanction des auteurs". Ramiz Iseni, un homme de 46 ans d'origine bosniaque, a été mis en examen dans le cadre de cette affaire pour enlèvement, séquestration et détention suivi de mort. Il était déjà poursuivi pour agression sexuelle sur mineur mais avait été laissé en liberté surveillée en attendant la fin de l'instruction.
Nicolas Sarkozy a également affirmé "son attachement aux droits des victimes et de leurs familles, pour lesquelles il souhaite qu'une considération plus grande et plus humaine soit réservée", selon David Martinon. Il a aussi "rappelé sa détermination à ce que les peines applicables aux délinquants multirécidivistes soient à la hauteur des drames qu'ils génèrent".
Nicolas Sarkozy a demandé à la ministre de la Justice Rachida Dati "de veiller avec la plus grande attention à ce que tous les moyens soient mis en oeuvre à ces fins".

Royal critique le "tout carcéral"

Précédemment, Ségolène Royal avait vivement critiqué, à Marseille, les projets de la ministre de la Justice Rachida Dati visant à abaisser la majorité pénale à 16 ans, reprochant au nouveau gouvernement d'aller vers le "tout carcéral".
"Nous attendons des mesures urgentes sur la question des jeunes, et notamment de l'emploi. Là, on ne voit rien à l'horizon. On entend parler de l'abaissement de la majorité pénale pour les jeunes de 16 ans; ce qui est plus urgent pour empêcher la délinquance, c'est de donner du travail aux jeunes et la réussite scolaire", a déclaré l'ex-candidate à l'Elysée lors d'une conférence de presse à Marseille, où elle était venue soutenir les candidats socialistes aux législatives dans les Bouches-du-Rhône.
L'abaissement de la majorité pénale, "c'est le tout carcéral, a accusé Ségolène Royal. "Ca veut dire qu'à 16 ans, la solution ce sera la prison et non plus la prévention ou l'éducation (...) Comment ne pas voir qu'une école qui ouvre c'est une prison qui ferme!", a-t-elle lancé.
Selon Ségolène Royal, le gouvernement est en train d'"agiter aujourd'hui une nouvelle loi sur la pseudo prévention de la délinquance, une nouvelle loi répressive par ceux-là mêmes qui ont eu cinq ans pour régler ce problème".

Le respect de la Constitution, un devoir

Quinze jours après sa nomination, Rachida Dati, a détaillé ses projets de loi "prioritaires" sur la délinquance des mineurs et sur les "peines planchers" pour les récidivistes, assurant dans un entretien au quotidien Le Monde daté de samedi 2 juin que la "liberté d'appréciation du juge" ne sera pas remise en cause.
"C'est la fonction première de la loi pénale d'être dissuasive", souligne la ministre, elle-même magistrate, pour justifier un projet auquel une grande partie de la profession est hostile. "Nos grands principes ne seront pas remis en cause", assure-t-elle. "Nécessité, proportionnalité et individualisation des peines. Pour le garde des Sceaux, "le respect de la Constitution n'est pas un risque, mais un devoir".
Et de détailler le mécanisme: "Le projet crée des peines minimales d'emprisonnement de l'ordre du tiers du maximum prévu pour l'infraction. Elles s'appliqueront aux crimes et aux délits punis de plus de trois ans d'emprisonnement, avec un régime plus sévère pour les violences graves, telles que les atteintes à l'intégrité physique ou les vols avec violence".

Applicable aux mineurs récidivistes

"Cette loi s'appliquera aux mineurs récidivistes", a précisé la ministre, soulignant que Nicolas Sarkozy avait été élu sur un programme dans lequel figurait ce dispositif. Si "le principe de l'excuse de minorité demeure", cette excuse "sera écartée" dès la deuxième récidive pour "les mineurs de 16 à 18 ans qui auront commis des crimes portant atteinte aux personnes et des délits graves de violences ou agressions sexuelles".
Selon la ministre, la peine minimale en cas de récidive sera d'un an pour un délit punissable d'un maximum de trois ans, de deux ans pour cinq ans, de trois ans pour sept ans et de quatre ans pour dix ans. Un dispositif identique existera pour les crimes.
"Pour la première récidive, le juge pourra prononcer une peine inférieure à la peine minimale", a indiqué Rachida Dati mais il "devra spécialement motiver sa décision". "En cas de nouvelle récidive, pour les infractions les plus graves, le juge pourra encore prononcer une peine inférieure à une peine minimale, mais dans des conditions encore plus restreintes", a-t-elle ajouté. "En conséquence, bien qu'encadrée, la marge d'appréciation du juge est préservée".

Réforme pénitentiaire

Au programme de Rachida Dati figure également une loi pénitentiaire d'envergure qui doit être présentée à l'automne afin de "conformer" la situation française aux "standards européens" d'un détenu par cellule par exemple.
La "réforme portera aussi sur les conditions de travail du personnel pénitentiaire" et "la création d'hôpitaux-prisons pour les détenus atteints de troubles psychiatriques", a ajouté la ministre qui annonce également avoir déjà engagé "une réflexion sur la création d'un contrôleur général indépendant des prisons", tel qu'il existe en Grande-Bretagne.
Dans les autres chantiers prioritaires, Mme Dati évoque la mise en place d'une "véritable gestion des ressources humaines de la magistrature" et la "numérisation des dossiers judiciaires, afin d'améliorer l'efficacité de la justice".
Enfin la ministre répond prudemment qu'elle "ne donnera pas d'instructions individuelles de nature à dévier le cours de la justice" et a refusé tout commentaire sur les affaires concernant Jacques Chirac. (avec AP et AFP)

 



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Vendredi 1 juin 2007
01.06.07 | 12h19

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Les récidivistes coupables d'une infraction passible de trois ans d'emprisonnement ou plus seront condamnés au moins au tiers de cette peine, sauf dérogation motivée du juge, annonce la ministre de la Justice Rachida Dati dans un entretien au journal Le Monde daté de samedi.

Cette règle s'appliquera également aux mineurs, précise la Garde des Sceaux qui détaille dans le journal la loi en préparation contre la récidive, qui est actuellement examinée par le Conseil d'Etat mais n'avait pas été reçue vendredi par les syndicats de magistrats.

Ces peines plancher "s'appliqueront aux crimes et aux délits punis de plus de trois ans d'emprisonnement, avec un régime plus sévère pour les violences graves, telles que les atteintes à l'intégrité physique ou les vols avec violence", dit la ministre.

Démarrant au tiers, le système alourdit ensuite la peine plancher au fur et à mesure que les sanctions encourues sont plus élevées. "La peine minimale, en cas de récidive, sera d'un an de prison quand le délit est punissable de trois ans, de deux ans pour cinq ans, de trois ans pour sept ans, et de quatre ans pour les délits punis de dix ans", énumère-t-elle.

"Pour les crimes en récidive, le minimum sera respectivement de cinq ans, sept ans, dix ans, et quinze ans pour les actes encourant quinze ans, vingt ans, trente ans et la réclusion à perpétuité", ajoute-t-elle.

Cependant, fait-elle valoir, le projet ne crée pas pour autant "des peines automatiques que les magistrats seraient contraints de prononcer", explique la ministre, selon qui la loi va plutôt donner "des lignes directrices" aux juges, qui devront "motiver" leurs décisions quand ils n'appliqueront pas les peines plancher.

En cas de deuxième récidive, pour les mineurs de 16 à 18 ans, l'excuse de minorité sera supprimée pour ceux "qui auront commis des crimes portant atteinte aux personnes et des délits graves de violences ou agressions sexuelles", annonce-t-elle encore.


Justice: Dati assure que la liberté d'appréciation des juges sera "préservée" ( AP, vendredi 1 juin 2007, 14h52)

Peines plancher: applicables pour les récidivistes encourant au moins 3 ans ( AFP, vendredi 1 juin 2007, 14h14)

Rachida Dati annonce des réformes judiciaires recadrées ( Reuters, vendredi 1 juin 2007, 13h06)

Peines plancher: applicables pour les récidivistes encourant au moins 3 ans ( AFP, vendredi 1 juin 2007, 12h31)

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Dimanche 27 mai 2007
27 mai 2007, 16h00
 

PARIS (AP) - La garde des Sceaux Rachida Dati a confirmé dimanche que la question des peines plancher pour les multirécidistes sera "évoquée lors de la session extraordinaire de cet été".

"Les peines planchers pour les multirécidivistes c'est quoi? C'est pouvoir avoir des outils de sanctions graves et importants pour des faits graves parfois exceptionnels", a expliqué Rachida Dati, invitée de l'émission "Dimanche+" sur Canal+. "On ne peut plus sans cesse condamner des personnes qui recommencent le même type de faits, des faits de violence. C'est cela être multirécidiviste".

Nicolas Sarkozy a promis lors de la campagne présidentielle de mettre en place une peine plancher pour les multirécidivistes et de supprimer l'excuse de minorité pour les mineurs récidivistes.

"C'est une attente des Français, parce qu'aujourd'hui la délinquance des mineurs est un phénomène grave", a expliqué la ministre de la Justice. "C'est de notre responsabilité de protéger les mineurs, mais aussi de les sanctionner dès lors qu'ils commettent des actes graves, 80% des mineurs sanctionnés ne récidivent pas", a noté Rachida Dati soulignant que les sanctions ne sont "pas uniquement la prison".

Elle a mis en avant "les centres éducatifs fermés" (CEF) où "la récidive a diminué de plus de 62%". Elle devait d'ailleurs se rendre dimanche après-midi au CEF de Saint-Denis-le-Thiboult (Seine-Maritime).

Alors qu'il existe "29" centres actuellement sur tout le territoire national, la ministre a annoncé que "d'ici 2008, on aura une quarantaine de structures". "Parce que ce sont des structures dans lesquelles les mineurs ont des obligations d'activité. Ils ne restent pas dans leur chambre à regarder la télévision ou à jouer à des jeux électroniques", a-t-elle noté. Elle a aussi souhaité que "les mineurs de 16 à 18 ans détenus puissent exercer une activité pour qu'ils ne restent pas à dormir dans leur cellule", a souligné la ministre.

Interrogée sur le budget du ministère de la Justice, Rachida Dati a rappelé "qu'il a beaucoup augmenté sous la législature précédente". "Il s'agit de voir comment la justice fonctionne, de la rendre plus efficace, plus lisible mais aussi plus proche tout en maintenant un degré de qualité", a-t-elle dit.

La garde des Sceaux a reconnu "un vrai problème avec les fonctionnaires et les greffiers". "Une décision non exécutée, c'est une forme d'impunité", a-t-elle admis promettant de mettre "les moyens sur les fonctionnaires et les greffiers en particulier".

Interrogée sur la fin prochaine de l'immunité pénale de l'ancien président de la République Jacques Chirac, qui pourrait être entendu dans plusieurs affaires comme celle des emplois fictifs de la mairie de Paris, Rachida Dati a dit ne pas avoir de "commentaires à faire là-dessus". "Nous sommes dans un Etat de droit, il y a un principe qui est la séparation des pouvoirs, la justice est indépendante et j'y tiens", a-t-elle rappelé. AP

gon/sb


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Jeudi 24 mai 2007

Par Jacky DURAND
QUOTIDIEN : jeudi 24 mai 2007
 
1 réaction  
L'instauration de peines plancher pour les multirécidivistes a été l'une des antiennes de la campagne de Nicolas Sarkozy. «Il s'agit d'adapter notre législation à des situations exceptionnelles», indiquait-on hier dans l'entourage de la ministre de la Justice, Rachida Dati. Des peines minima seraient inscrites dans le code pénal pour les délinquants à leur troisième passage devant le juge. Ses adversaires voient dans cette mesure une remise en cause du principe d'individualisation de la peine, inscrite dans la tradition juridique, la Constitution et la Convention européenne des droits de l'homme. Autre grand dossier qui devrait arriver cet été à l'Assemblée nationale, la suppression de l'excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans. Ce qui reviendrait à punir les mineurs entre 16 et 18 ans comme des majeurs. Ces mesures inquiètent plusieurs syndicats dont la CGT pénitentiaire pour qui elles «vont engendrer très rapidement une augmentation remarquable du taux d'incarcération et de récidive». 

stoch mesure dangereuse
Les peines planchers pour les multirécidivistes sont une mesure extrèmement dangereuse car elles ouvrent une brèche dans le principe d'individualisation des peines et peuvent mener à terme à une ... Jeudi 24 Mai 2007 - 10:20
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Lundi 21 mai 2007

lundi 21 mai 2007, 16h37


PARIS (AP) - Les réformes de la Justice "ne pourront se faire contre les magistrats", met en garde le président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) dans un courrier adressé lundi au nouveau garde des Sceaux, Rachida Dati.

"Nous avons besoin d'une ministre gestionnaire qui ait le courage de renoncer à l'inflation législative de ces dernières années pour se consacrer au fonctionnement quotidien de la Justice", écrit Bruno Thouzellier.

Estimant que Mme Dati vient d'être nommée à "un des ministères les plus maltraités de la République", l'USM souhaite être reçue "très rapidement" par la ministre. AP

pas/mw


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Samedi 12 mai 2007

Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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La France semblant s'inspirer de la procédure américaine, avec l'introduction du plaider coupable sous forme de procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, voici une innovation, le plaider-rapide, que le législateur pourrait bientôt introduire en France.

Bien sûr, il s'agit d'un gag, puisque c'est une publicité pour une chaîne sportive, Fox Sports Net, annonçant un match entre les Los Angeles Angels Of Anaheim, ou Angels tout court, une équipe de Base Ball de Los Angeles, et les San Diego Padres, l'équipe de San Diego, l'audience étant supposée se passer le jour où cette chaîne va retransmettre ce derby prometteur.

Au-delà de la drôlerie de cette saynète qui m'a beaucoup fait rire, il est à noter que le réalisateur a néanmoins respecté la procédure américaine, qui est le fameux modèle accusatoire, auquel on oppose le modèle inquisitoire français.

Donc, après avoir souri, cultivons nous.

Vous noterez d'abord la stricte égalité des parties : le procureur est la jeune femme en tailleur beige, accompagné d'un assistant. Ils sont en habits civils et sont assis à une table rigoureusement identique à celle de la défense, à droite de l'écran. L'avocat est l'homme en costume sombre, assis à côté de son client, l'homme aux cheveux blonds.

Le juge est un juge arbitre, et non un juge pilote du procès comme en France. Il ne tranche que sur les points de procédure et veille à l'égalité des parties.

A son entrée, l'huissier (clerk), qui assure le service d'ordre, s'exclame "All rise !" : Levez-vous. Le juge invite les parties à s'asseoir (sit, sit...).

La première question qu'il pose est "Plea ?", c'est à dire what is your plea, que plaidez-vous ?

La défense répond : not guilty. Non-coupable.

Si l'accusé plaide coupable, l'audience ne portera que sur la peine. La présence du jury révèle que le tribunal savait déjà que ce serait un plaidoyer de non culpabilité, mais il doit le dire lui-même et peut changer d'avis au dernier moment. La procédure anglo-saxonne punit le coupable qui a plaidé non-coupable en prévoyant qu'une peine plus sévère sera prononcée.

L'enjeu du débat est fixé. Le juge donne donc la parole à l'accusation : Prosecution ?

La procureure propose alors des preuves : evidence en présentant une liasse de feuilles au tribunal.

Le juge répond alors : inadmissible : irrecevables.

La défense n'a rien demandé, c'est donc le juge qui soulève d'office une irrecevabilité. La procureure ne contestant pas cette irrecevabilité, l'incident ne va pas plus loin. La procédure américaine étant orale, et supposant que les témoins viennent témoigner en personne, y compris les officiers de police ayant procédé à l'arrestation (c'est ce qui justifie la sévérité d'une condamnation sur un plaidoyer de non culpabilité : cela a fait perdre du temps au juge, aux policiers, et aux témoins), on peut supposer que le juge écarte des preuves écrites.

L'accusation n'ayant pas d'autres éléments à apporter, elle annonce qu'elle en a fini : prosecution rests.

Le juge donne donc la parole à la défense : Defense ?.

La défense invoque un témoignage qui innocenterait son client : Alibi, du latin alius ibi, autre lieu, qui signifie que l'on prouve que l'accusé était en un autre lieu au moment où le crime a été commis.

L'accusation estime que cet alibi devrait être écarté comme irrecevable. Elle saisit donc le juge de cette question, qu'on appelle un incident en procédure, par le célèbre : Objection !, interjection emblématique de la profession d'avocat qui n'est pourtant absolument pas utilisée en droit français.

Le juge rejette aussitôt l'incident : overruled, objection rejetée.

Satisfaite, et un poil pressée, la défense estime en avoir terminée : Defense rests.

Le jury, qui s'est contenté de suivre l'audience sans pouvoir intervenir ni poser la moindre question, contrairement au jury français, doit alors rendre sa décision. Le juge lui demande : verdict ? du latin vere dictum, dire la vérité, la vérité judiciaire bien sûr (le mot verdict ne doit être utilisé que pour la cour d'assises).

Le jury répond : not guilty, non coupable. C'est tout ce qu'on lui demande au criminel. Le jury ne prononce pas la peine, c'est là le rôle du juge. Ici, son rôle est simplifié, il ne peut que constater l'acquittement, et se contente de lever l'audience : adjourned.

Après une journée bien remplie, chacun rentre donc chez soi avec la satisfaction du devoir accompli. Notons enfin que le prévenu fraîchement relaxé ne commet pas une récidive à la fin du sketch, faute de condamnation définitive.

Ou comment en trente secondes un réalisateur américain arrive à respecter le droit et la procédure ce qu'un réalisateur français semble incapable de faire en 52 minutes ni même en 90 minutes. Je vous reparlerai bientôt des séries judiciaires américaines qui peuvent faire rougir de honte les productions françaises, au sujet d'un moment extraordinaire dans l'une de ces séries diffusée il y a quelques jours aux Etats-Unis. Il faut que je trouve le temps de traduire l'intégralité de la plaidoirie de cet avocat, qui est une gifle adressée tant à l'administration Bush qu'au Congrès. Un superbe moment d'insolence et de liberté.

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Commentaires

1. Le vendredi 11 mai 2007 à 16:09, par Sartorius

A quoi attribuez vous cette incapacité des réalisateurs français?

Que pensez vous de la série "The Practice"?

(1) : En fait, c'est aux scénaristes, que je l'impute. A l'ignorance et la paresse.
(2) : Une des meilleures séries judiciaires à ce jour. Massacrée en version française.

Eolas

2. Le vendredi 11 mai 2007 à 16:40, par Manu

Les jurés américains ne posent pas de questions ? Heu effectivement je ne me souviens pas avoir vu ça dans mes longues études de.. films et séries américaines.

Pourtant, si ma mémoire ne me joue de tours, dans un épisode récent de la série "CSI" (les experts), les jurés posent des questions aux témoins présentés, par écrit.

Mais il ne s'agit pas là d'un procès, mais d'un "hearing" pour determiner si la mort d'un suspect par l'un des héros de la série était justifié. Je vais essayer de trouver plus d'informations...

..Ah! Voilà le script : www.kilohoku.com/transcri...
"PETE ATHENS: Thank you, ladies and gentlemen. My name is Pete Athens. I am the coroner of Clark County; I want to thank you all for being here. Coroner
inquests go back to medieval times during the reign of Richard I in England. In
fact, "coroner" comes from the word "crown." A public inquest was one of the
crown's checks and balances on the powers of the sheriff. And today, a thousand years later, it serves the same purpose in our county—checks and balances on the sheriff and for those who work for him. The Honorable Clayton Trueblood will be our hearing master. He's not a judge, but he's going to be more like a, um ...
a traffic cop, because an inquest isn't a trial. "

Voila donc, pas un "trial", mais un "public inquest".

Cela correspond il à quelque chose en droit français ?

Je n'ai pas vu l'épisode, mais je pense qu'il s'agissait d'un Grand Jury (en français dans le texte) par opposition au "Petit Jury" (idem) : le Grand Jury décide s'il y a assez d'éléments pour une mise en accusation. Dans ce cas, la défense est absente (il n'y a pas d'accusation par définition) et le jury, siégeant à huis clos et dans le plus grand secret, peut poser des questions, avant de voter la mise en accusation ou le non lieu. C'est le 5e amendement qui le prévoit, pour les crimes les plus graves. Ce n'est pas sans rappeler le juge d'instruction en France...

Eolas

3. Le vendredi 11 mai 2007 à 16:44, par valery

Un lien vers la version anglaise pour les anglophones ?

Non, ça briserait mon effet.

Eolas


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Samedi 12 mai 2007

Vendredi 04 Mai 2007

Multirécidiviste à 13 ans...

Par Maud PIERRON
leJDD.fr
>> Un jeune adolescent 13 ans a été interpellé vendredi, après avoir causé un accident au volant d'une voiture volée, sur la commune de Rognonas, dans les Bouches-du-Rhône. Grièvement blessé, il a été transporté à l'hôpital de La Timone, à Marseille. Malgré son jeune âge, le garçon était un multirécidiviste, qui a fait l'objet de 97 procédures pour vols et vols avec violence.

L'accident a eu lieu aux alentours de 3h00 du matin, dans la nuit de jeudi à vendredi, à la sortie de Rognonas, une commune des Bouches-du-Rhône. La Ford Fiesta signalée volée à Avignon, conduite par le jeune homme, a percuté une Berlingo, dont le conducteur a été légèrement blessé. Dans un état jugé très grave, le jeune homme, dont l'identité n'a pas été révélée, a été transporté immédiatement à l'hôpital d'Avignon avant d'être évacué à l'hôpital de la Timone, à Marseille. Lorsque les policiers ont vérifié l'identité de l'adolescent au fichier, ils ont eu la surprise de constater qu'à 13 ans, le jeune homme, originaire d'Avignon, avait déjà fait l'objet de 97 procédures pour des faits de vols et de vols avec violence.

Il était placé dans une famille d'accueil d'Alès après s'être échappé d'un centre éducatif renforcé dans la région de Grenoble, où il avait frappé un éducateur. Auparavant, le jeune mineur avait fréquenté d'autres foyers dont il avait fugué à plusieurs reprises.

Il était placé sous protection judiciaire pendant cinq ans

En novembre dernier, il avait comparu devant le tribunal pour enfants d'Avignon pour 55 dossiers de vols et de vols avec violences, de bijoux, de téléphones portables ou encore de vélos, commis en deux ans. Il avait été condamné à des sanctions éducatives par le Tribunal des enfants d'Avignon : Il devait notamment suivre un stage de formation civique et avait été placé sous protection judiciaire pendant cinq ans. Son avocat, à l'époque, avait assuré que son client souhaitait changer de vie et devenir électricien. Sa mère avait été condamnée à un mois de prison avec sursis pour manquement à ses obligations.

 

Journal d'un avocat

Instantanés de la justice et du droit

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J'ai déjà exprimé mon hostilité farouche à l'égard des peines planchers, et toute forme de sanction automatique, même revêtue du masque de mesure de sûreté. Ces lois, votées avec les meilleures intentions du monde, pour protéger les gentils et punir les méchants, deviennent parfois d'inhumaines machines à fabriquer des délinquants, sous les yeux impuissants des juges qui ne peuvent qu'appliquer la loi, tout pouvoir de tempérament leur ayant été retiré par le législateur.

J'en ai vu récemment une tragique illustration.

Un jour que j'étais de permanence aux comparutions immédiates, en train d'étudier le dossier de celui que j'allais défendre, un jeune confrère passe la tête par la porte du petit bureau au parois de verre mis à notre disposition pour préparer nos dossiers et nous entretenir avec nos clients.

- Excusez moi, vous avez un Code de procédure pénale ?

- Bien sûr, lui réponds-je en souriant.

Autre avantage du vélo : le porte bagage me permet de venir avec une mini bibliothèque sans me vriller le dos.

- Vous avez décelé une nullité de procédure, lui demandè-je, prêt à mettre ma science au service de la justice.

- Non, c'est que le délit qu'a commis mon client est dans le CPP...

Et il m'explique son dossier.

Son client a 33 ans. Quand il était mineur, il a été condamné par la cour d'assises des mineurs pour un viol en réunion. Je parle d'un temps où Bérégovoy était premier ministre. Il a fait quelques années de prison, puis a connu un épisode de délinquance de quelques années, ayant commis deux vols simples, et une affaire de violences volontaires, l'ayant reconduit quelques mois en prison. Depuis cinq ans, plus rien. Rangé des voitures. Il a rencontré une femme, s'est marié, a deux enfants, et travaille comme un fou pour leur offrir ce qu'il n'a pas eu : une famille, et les empêcher de sombrer dans la spirale qu'il a connue, et dont il parle comme étant un tunnel de malheur. Il a tourné la page.

Lui, oui. Mais le législateur, non. Un jour de 2004, il a voté la fameuse loi Perben II, qui a créé le FIJAIS, le Fichier Judiciaire National Automatisé des Auteurs d'Infractions Sexuelles ou Violentes (articles 706-53-1 et suivants du CPP). Mû par les meilleures intentions du monde : protéger le public des criminels les plus dangereux. Et il a décidé que toutes les personnes condamnées pour des faits de meurtre ou de viol sur mineur, ou d'agression sexuelle sur mineur y seraient inscrites pour une durée de trente ans, et pendant vingt ans si les faits ne sont que délictuels. Y compris les personnes condamnées avant l'entrée en vigueur de la loi et ayant purgé leur peine.

Qui peut être contre un tel fichier, visant à répertorier et à suivre des personnes pouvant avoir une dangerosité certaine ? Pas moi, en tout cas.

Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Une personne inscrite sur ce fichier a l'obligation de notifier une fois par an par lettre recommandée son domicile, avec justificatifs à l'appui (quittances EDf, contrat de bail ou attestation d'hébergement) et pour ceux qui ont commis un crime, de se présenter en personne tous les six mois à un service désigné par la préfecture.

Or notre prévenu du jour avait violé une fille de son âge. Il était mineur, donc elle aussi. Il entre dans le champ d'application de la loi.

Le prévenu a été convoqué lors de l'entrée en vigueur de la loi. On lui a fait signer un formulaire incompréhensible lui notifiant ses obligations (vous verrez pourquoi je dis incompréhensible). Croyant en avoir fini avec ces formalités liées à une condamnation remontant à presque vingt ans, il est retourné chez lui et a oublié cette affaire.

Jusqu'au jour où il a reçu une convocation au commissariat de police, lui enjoignant de venir avec ses justificatifs de domicile. Ha, zut, ça doit être encore cette histoire, s'est-il dit. Je n'ai pourtant pas déménagé. Bah, qu'importe, il prend ses justificatifs et va au commissariat. Où le place en garde à vue, on lui retire montre, lacets, ceinture, et on le met en cellule toute la journée, avant de le déférer pour une comparution immédiate.

Car ne pas se présenter spontanément au commissariat est puni de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende : article 706-53-5 du CPP. Le déferrement a été décidé par la section de l'application des peines, au grand dam de la section du traitement en temps réel (la section P12), qui a déjà le plus grand mal à gérer son flux tendu de dossier pour avoir en plus à ajouter ce dossier qui, m'a-t-il semblé, aurait selon eux mérité un classement sans suite.

Le prévenu est anéanti. Il ne veut pas prévenir son employeur, qui n'est pas au courant de cet aspect de son passé. Il a une absence injustifiée et n'est pas sûr de garder son emploi. Pourtant, il gagne près de 2.000 euros par mois, pour quelqu'un qui n'a aucun diplôme. Il est la source de revenus principale de sa famille, son épouse faisant des ménages pour 500 euros par mois.

Comment peut-il s'en sortir ? La loi prévoit gentiment que le condamné peut demander à être retiré du FIJAIS (article 706-53-10 du CPP). La demande est présentée au procureur de la République, s'il refuse, l'intéressé peut saisir le juge des libertés et de la détention, et en cas de refus, le Président de la chambre de l'instruction. Ajoutons à cela qu'en cas de crime, une expertise psychiatrique doit obligatoirement avoir lieu avant la décision. On ne peut pas dire que ce sera une décision prise à la légère, même pour ceux qui croient qu'il suffit de demander quelque chose à un juge pour qu'il l'accorde.

Mais le législateur s'est avisé qu'un juge pourrait bien malgré tout accepter une telle demande ! Vous savez comment ils sont : inhumains ou dégoulinants de compassion, quand ce n'est pas les deux à la fois, les fourbes. Donc il a mis une barrière supplémentaire : la demande de retrait du FIJAIS est irrecevable tant que la condamnation figure au bulletin numéro 1 du casier judiciaire. Ouf, nous voilà à l'abri des juges et de leur saleté de pouvoir de décision.

Or pour une peine d'emprisonnement comme a eu le prévenu, il faut, pour que la peine soit effacée, que s'écoulent dix années sans la moindre condamnation (art. 133-12 du code pénal). Les petits délits commis par le prévenu avaient repoussé d'autant son retrait du FIJAIS.

Tout au plus peut-il solliciter, dans la grande mansuétude du législateur, de ne plus avoir à se présenter tous les six mois mais seulement une fois par an (art. 706-53-10, al.5 du CPP).

Histoire d'ajouter encore une couche, la condamnation que le prévenu va recevoir immanquablement ce jour remet le compteur à zéro, et il devra à nouveau attendre dix ans pour pouvoir demander son retrait du FIJAIS, sinon, il continuera à pointer jusqu'au début des années 2020. Pour des faits commis quand il était mineur...

A l'audience, le président ne peut effectivement que constater que la violation de l'obligation de pointage est caractérisée. Le procureur, à la grande surprise de l'avocat, croit devoir demander une peine de prison ferme sans mandat de dépôt, histoire qu'en plus le prévenu aille rendre visite aux services du juge de l'application des peines. Pour une histoire vieille de plus de 15 ans...

Seul moment qui pourrait prêter à sourire, s'il ne rajoutait pas encore à l'aspect kafkaïen du dossier.

Le président, expliquant les faits reprochés au prévenu, et désireux de compenser leur faible gravité objective en insistant sur la négligence coupable de ce dernier, agite la copie du formulaire de notification des obligations de pointage et lui dit : « Enfin, vous avez pourtant signé le formulaire qui vous disait que vous deviez envoyer vos justificatifs une fois par an ! ». L'avocat de la défense l'interrompt : « Non, Monsieur le président. Vous avez mal lu. Il devait se présenter en personne tous les six mois. C'est la deuxième partie du paragraphe. Moi aussi, je me suis fait avoir en le lisant. ».

Le président s'interrompt, fronce les sourcils en relisant longuement le formulaire aux formulations tortueuses et redondantes avant de hausser les sourcils : « Ha, oui, tiens, en effet... ».

Il range le formulaire au dossier et passe rapidement à l'examen de la personnalité.

Le prévenu a été condamné à un mois de prison avec sursis, qui repousse de dix ans sa possibilité de demander à être retiré de ce fichier.

Voilà comment quelqu'un qui s'est rangé, vit une vie honnête, n'a aucune dangerosité établie ni aucune pulsion perverse, a vu son passé vieux de plus de 15 ans lui rejaillir à la figure, lui faisant risquer de perdre son travail, sur la base d'une loi limitant volontairement au minimum les pouvoirs du juge, au nom de la protection de la société.

Voilà comment cette loi a fabriqué un délinquant, a pris un père de famille, au passé turbulent mais révolu, parfaitement réinséré, et a décidé de le stigmatiser trente années durant, sans qu'il ait quoi que ce soit à dire, sauf supplier qu'on lui permette de devoir se présenter à la police tous les ans plutôt que tous les six mois.

Mais voyons, plaidera le législateur, nous n'avions pas prévu cette éventualité dans l'hémicycle. Nous n'avions à l'esprit que le prédateur sexuel qui fait les belles deuxièmes parties de soirées de TF1. C'est lui que nous voulions frapper.

Et oui : la réalité a toujours plus d'imagination que le législateur (et des scénaristes de TF1, mais là c'est pas dur).

C'est pourquoi on peut voter toutes les lois répressives et sécuritaires que l'on veut, mais il ne faut pas toucher au pouvoir du juge d'adapter sanctions, peines et mesures de sûreté aux nécessités réelles du dossier. Lui ôter ce pouvoir, en imposant des irrecevabilités arbitraires et insensées, en lui imposant des peines planchers ou en lui prohibant la clémence, c'est inévitablement aboutir un jour à une injustice imposée par la loi.

Quand on en est là, la République est vraiment malade.

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Commentaires

1. Le mardi 3 avril 2007 à 16:19, par Salomon Ibn Gabirol

Vous prechez un (des) convaincu(s).

Une question: je sais, nous savons tous votre attachement à la confidentialité et à ne pas parler de vos propres dossiers. Quid (pour paraphraser mon professeur de droit civil en premiere année - Nicolas, je te salue) des dossiers de vos confrères? Ce jeune confrère sait-il que vous racontez, avec toute l'anonymitude requise, l'histoire de son client? Et, s'il y a consenti, son client n'a-t-il pas son mot à dire?

L'audience était publique. Toute personne entrant dans la salle aurait eu ces même informations, avec en prime le nom du prévenu, son visage, son adresse, etc. J'ai veillé à rester assez évasif pour mettre à l'abri ce monsieur de tout risque d'identification. Quant aux propos échangés avec mon confrère, vous constaterez qu'ils sont passés sous silence, hormis le fait qu'il n'avait pas de CPP avec lui ; j'espère qu'il me pardonnera cette révélation.

Eolas

2. Le mardi 3 avril 2007 à 16:20, par Sylvestre

Au vu de votre description la personne en question est coupable au plus de ne pas être capable de comprendre les formulaires pondus par l administration française ou d'avoir oublié d'envoyer une lettre ?

Personnelement quand j'oublie d'envoyer mon loyer mon propriétaire m'envoie une "gentille" lettre pour me rappeler de le faire rapidement... L'administration judiciaire n'est elle pas capable de faire la meme chose ?

Au vu de l'immense gravité des faits le juge n'avais il pas le droit de prononcer un non lieu (je crois que c est le terme mais ne suis pas juriste) ou au pire de dispenser le condamné de peine ?

Question subsidiaire : la loi perben en question n'est elle pas une violation de la constitution ? Je croyais qu'on ne pouvais être condamné par une loi posétriéure aux faits hors l'inscription sur un fichier comme le FIJAIS n'est elle pas une condamnation ?

merci de vos lumière pour un ignorant du monde judiciaire.

La défense avait sollicité une dispense de peine. Ca m'aurait paru le plus opportun ; la garde à vue et le déferrement étant en soi une punition suffisante. Le juge ne pouvait pas prononcer de relaxe (le non lieu est réservé au juge d'instruction), les faits étaient établis. Et le FIJAIS est une mesure de sûreté, comme le casier judiciaire, pas une peine. Il peut s'appliquer aux personnes condamnée avant son entrée en vigueur.

Eolas

3. Le mardi 3 avril 2007 à 16:32, par christian17

Hallucinant de perversité.... comment avec des bonnes intentions...on arrive à une cata..et à désigner la justice comme coupable de cette absurdité..alors que c'est le législateur "aidé" par l'imagination...de la vie...qui produit du kafka. A minima le législateur devrait avoir un feed back et corriger dans ce cas ses erreurs rapidement...pour éviter de briser des vies ...et de ridiculiser sa justice ... mais bon j'ai encore une part de naiveté..:-)

4. Le mardi 3 avril 2007 à 16:33, par theo

exposé parfaitement convainquant en effet.
d'abord sur la nécessité de refuser les peines automatiques et les peines plancher,
et sur les modalités délirantes du contrôle prévu par ce fichier.
Je ne voudrais pas tout ramener à l'lection présidentielle, mais ça fait réfléchir.

pour ce qui est de l'existence du fichier et de son étendue, c'est là encore un autre débat, sur lequel je ne suis pas certain d'avoir un avis bien tranché.

La mode est aux fichiers, que voulez-vous. N'oublions pas que le FNAEG (les empreintes génétiques) est une création du gouvernement Jospin. Mais je suis d'accord pour garder le FIJAIS ; il a un rôle de police qui peut être utile. Mais il faut permettre à l'autorité judiciaire d'en tempérer les excès. Or le législateur fait tout au contraire pour la ligoter. Dès lors, l'injustice est inéluctable.

Eolas

5. Le mardi 3 avril 2007 à 16:42, par Glublutz

C'est consternant...
Juste une question pour cet homme en particulier : le fait d'être mineur au moment des faits n'aurait-il pas dû le dispenser d'être inscrit au fameux fichier et d'en subir les obligations ? (même si je conçois que, s'il avait commis cela en étant tout juste majeur, ça ne changerait pas grand-chose à son histoire)

J'ai tendance à le croire, puisque ce fichier est clairement destiné à lutter contre les criminels pédophiles, ce que n'est pas le mineur qui agresse un mineur de son âge.

Eolas

6. Le mardi 3 avril 2007 à 16:48, par Frère Ponce

Mais quel est donc ce système diabolique qui persécute impitoyablement les honnêtes violeurs?!

Que voulez-vous ? Un homme parfait tel que vous et qui n'a jamais fauté ne peut comprendre pourquoi l'humanité, outre le simple bon sens, commande de ne plus considérer comme violeur l'homme de 37 ans qui a violé quand il en avait 17 et n'a jamais recommencé depuis.

Eolas

7. Le mardi 3 avril 2007 à 16:59, par Gastiflex

Après le commentaire n°6, quelque chose me dit qu'on ne va pas tarder à vous demander si une seule fois vous avez pensé aux victimes dans cette histoire...

Bingo. Voyez le 14.

Eolas

8. Le mardi 3 avril 2007 à 16:59, par Guichardin

C'est une anecdote kafkaïenne comme toute grande administration en produit, mais je ne vois pas trop en quoi ça constitue une critique de la loi. On est clairement en présence d'une absurdité dans l'application, aisément correctible. Le législateur savait bien qu'avec cette loi, il allait emmerder un grand nombre d'anciens délinquants rangés pour pouvoir suivre et encadrer la petite minorité de délinquants pas rangés. C'était un choix conscient, et c'est ce choix qui est criticable. Là, cette histoire, elle est consternante, mais il ne s'est rien passé de bien dramatique non plus. Il y a des machines administratives et judiciaires autrement plus destructrices que ça de par le monde.

Mais je suis d'accord avec vous sur le fond, le pari jacobin qui consiste à faire prévoir tous les cas par la machine (qui n'a pas si mal fonctionné dans le cas que vous racontez, le gars s'en sort en ayant très mal, mais il n'est pas broyé) est un substitut peu satisfaisant au pouvoir d'appréciation de l'exécutant de terrain.

9. Le mardi 3 avril 2007 à 17:11, par Bozo

C'est un bel exemple de l'administration à la française : on met en place des procédures à peine compréhensibles pour les spécialistes, mais c'est au citoyen que l'on reproche de n'avoir pas été irréprochable dans son respect.

Plus généralement, et sans doute un poil hors sujet, je trouve que les forces de l'ordre ont la main bien lourde avec (et parfois pendant) les gardes à vue.

Encore merci pour ce savant décodage de l'aspect judiciaire de notre société : il est tellement facile pour nous autres néophytes d'avoir un point de vue extrême et tranché, faute de percevoir les excès auxquels cela pourrait mener ...

10. Le mardi 3 avril 2007 à 17:16, par nap1128

Bonjour,

ce poisson d'avril est vraiment beaucoup moins drôle que le précédent...

@+

11. Le mardi 3 avril 2007 à 17:25, par Canal Directo

Une question de non juriste, est-ce que le fait de fonctionner sous le système de Common Law comme l'Angleterre ou les Etats-Unis entre autres permet d'attenuer un peu ce genre de problèmes qui apparaissent dans l'application de lois mal étudiées ?

En effet j'ai l'impression (mais elle est surement fausse) que ce système donne plus de latitude à la branche judiciaire de l'état (notamment le judicial review aux Etat-Unis)

Même si le cas Genarlow Wilson est tout aussi abominable (maitre.eolas.free.fr/jour... et me ferait penser que non.

12. Le mardi 3 avril 2007 à 17:28, par charly

juste une remarque: si notre homme a 37 ans et avait 17 ans au moment des faits c'était en 1987 et Chirac était 1er ministre...

Flute, oui, je l'ai vieilli. En fait, c'était Cresson qui était premier ministre lors du jugement.

Eolas

13. Le mardi 3 avril 2007 à 17:33, par Guignolito

Sur un thème proche, voir aussi "The American Prison Nightmare" ici : www.nybooks.com/articles/...

14. Le mardi 3 avril 2007 à 17:41, par ferraille

Viol en réunion commis il y a quinze ans. Quand même, ce n’est pas une infraction légère, même pour un mineur.

Pensez-vous que la victime de ce viol, si elle est toujours en vie, soit désormais parfaitement « rangée des voitures » (si l’on peut dire : je ne le dis d’ailleurs que pour montrer ce qu’a de « dissonant » cette expression quelque peu pilatique) et réinsérée dans la vie ?

Il y a, dans notre système mental, une manière effrayante d’évacuer toute responsabilité à travers le temps ; mais certains actes ont des conséquences qui ne s’effacent pas et dont la gravité doit rester indélébilement marquée dans la personne de celui qui les a commis.

Notre société repose sur des transferts de charge « inter-temporels ». On ne peut pas vivre avec l’idée que le temps efface la portée de tous les actes.

Nous avons, par exemple, financé l’assurance-maladie à crédit. Notre dette sociale s’élève aujourd’hui à plus de 100 milliards d’euros. Peut-être a-t-on cru ainsi normal de nous faire payer les consommations médicales du passé en plus des nôtres aujourd’hui ou de celles dont nous aurons besoin demain ?

La leçon que nous devons tirer, c’est justement que certains héritages ne se refusent pas et que nos actes présents ont une portée sur la vie que nous vivrons dans un futur plus ou moins lointain ; qu’il n’y a pas, pour certains actes graves, de prescription ou d’effacement des conséquences.

Celui qui a commis un viol il y a quinze ans, alors qu’il était mineur, doit assumer aujourd’hui encore toutes les conséquences de cet acte.

Penser le contraire, c’est agir en considérant impossible toute forme de responsabilité « inter-temporelle », en imaginant qu’il y aurait un horizon temporel dans lesquels toutes les réalités présentes s’effaceraient.

Une telle approche est non seulement fausse, mais encore dangereuse. C’est être encore dans cette logique délétère qui veut que l’on fasse payer nos consommations présentes par les générations futures. Or, nous sommes, d’une certaine manière, liés à ces générations futures, liés à l’avenir, et, en tout cas, liés à notre vie future.

Que vous parliez au nom d'une victime que vous ne connaissez pas est déjà prétentieux. Mais la comparer à la dette de la sécu est en plus irrespectueux.

Eolas

15. Le mardi 3 avril 2007 à 17:44, par yves

J'ai déjà dit, au sujet de votre ex-futur confrère refusé au métier d'avocat, à quel point j'abhorrais les systèmes automatiques dans lesquels personne n'a plus le pouvoir de décider. La perpétuité dans toute son horreur. Le voleur de pain criminel à vie sans réinsertion possible même après quatorze ans de bagne.

Allo, Jean Valjean? ici Javert: "les criminels sont irrémédiablement perdus. Rien de bon ne peut en sortir".

16. Le mardi 3 avril 2007 à 17:45, par cyclomal

Tempérance des juges, plutôt que tempérament qui pourrait conduire à ajouter encore au côté kafkaïen de ce cas, c'est, me semble t-il, ce que vous voulez opposer à une automaticité qui n'apparaît toutefois pas évidente dans ce cas précis.Par ailleurs, l'effet pervers est bel et bien là et c'est avec à propos que vous le dénoncer, surtout quand il pénalise...un pervers présumé!Parfois, les grands esprits se rencontrent!

Je constate aussi que la jurisprudence Delarue ne s'applique pas dans ce cas, comme de juste s'agissant d'un misérable, et pourtant trois jours de rattrapage scolaire en lecture semblaient judicieux.OK, je plaide coupable et je demande mon inscription dans le fichier des dangereux narquois récidivistes...

17. Le mardi 3 avril 2007 à 17:45, par potagepekinois

Dans cette histoire j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi le procureur se montre aussi véhément...

18. Le mardi 3 avril 2007 à 17:56, p