Dimanche 30 mars 2008

Jacques Lachapelle, Pierre Noreau, Marc-André Patoine, Huguette Saint-Louis et Leonard E. Seidman, Membres de l'Observatoire du droit à la justice - Premier de deux articles

Édition du jeudi 27 mars 2008

Mots clés : tribunaux, monde judiciaire, Justice, Québec (province)

Le monde judiciaire est malade. Aujourd'hui, qui a les moyens de la justice? Les problèmes sont connus et doivent maintenant trouver une solution. Explorons d'abord les problèmes et leurs causes. On s'arrêtera par la suite aux avenues qui s'ouvrent.

Malgré l'imprécision des données disponibles en matière d'administration judiciaire, un constat lancinant s'impose tout de même: on assiste depuis 20 ans à la désaffection des tribunaux civils. Même devant la Cour des petites créances, le nombre de causes inscrites chaque année ne représente que le tiers de celles qu'on y entendait à la fin des années 70. Parallèlement, on assiste à une explosion du nombre de litiges nécessitant trois jours d'audition et plus, parfois plusieurs semaines, sinon plusieurs mois.

Cette désaffection des tribunaux a des causes profondes. Les citoyens n'y croient plus. Toutes les études sociologiques réalisées au cours des 15 dernières années concluent dans le même sens: la confiance du public vis-à-vis des tribunaux passe rarement la barre des 50 %. Si les citoyens font généralement confiance aux juges, ils se méfient de l'institution judiciaire. On apprend aussi de ces études que cette insatisfaction est encore plus élevée chez les citoyens qui bénéficient d'une expérience judiciaire et que même l'opinion de ceux qui ont vu leur prétention retenue par la cour n'est pas meilleure que celle des citoyens qui n'y sont jamais allés...

Ces constats s'accompagnent de problèmes très concrets. Plus de 80 % des citoyens croient qu'ils n'auraient pas les moyens de faire valoir leurs droits devant les tribunaux. Parmi d'autres facteurs, la question des honoraires professionnels est évidemment en cause ici. En matière civile, la rémunération «à l'heure» a graduellement remplacé la tarification forfaitaire ou la rémunération «au pourcentage».

Dans l'état actuel de la pratique, les procureurs ont la possibilité d'établir leur propre tarif horaire. En l'absence de balises claires, les coûts de la justice en viennent à suivre plus ou moins inexorablement la loi du marché, les tarifs les plus élevés servant implicitement de référence. Une certaine culture d'affaires traverse aujourd'hui le champ de la pratique juridique: «facturer des heures» devient dès lors une fin en soi. De requête en requête, d'expertise en interrogatoire préalable, les frais des parties en viennent ainsi à s'élever considérablement, bien au-delà de ce qui est prévisible.

Un simple calcul suffit pour s'en convaincre. La majorité des dossiers soumis aux tribunaux mettent en jeu des montants de moins de 35 000 $ alors que le coût estimé pour se rendre à procès s'élève au minimum à 6500 $ pour chaque partie. Pour un procès de trois jours, il faut ajouter 3500 $ pour les honoraires d'avocat -- au tarif horaire de 150 $ -- en plus des honoraires et des dépenses d'experts s'il y a lieu. Il tombe sous le sens que dans la majorité des causes, les coûts d'un procès deviennent disproportionnés par rapport aux montants en jeu au litige. Il s'ensuit que seuls les bénéficiaires de l'Aide juridique ou les citoyens les plus fortunés, entreprises ou institutions publiques, ont les moyens de faire valoir leurs prétentions devant les tribunaux.



La mystification des justiciables

Ces difficultés d'accès s'accompagnent d'une forme de mystification des citoyens. Ceux-ci entretiennent le sentiment de ne pas avoir les moyens de se faire représenter devant les tribunaux et de ne pas avoir non plus la compétence de s'y présenter seuls. S'ils voient dans le droit une expression des valeurs collectives, ils reconnaissent n'avoir eux-mêmes qu'une connaissance approximative des lois (52 %) et du système judiciaire (64 %). De même, ils avouent ne rien comprendre à la loi (79 %) et n'être pas en mesure de saisir ce qui se passe devant les tribunaux (61 %); ils sentent que tout recours à la justice les conduirait à perdre le contrôle de leur propre situation (61 %) et considèrent le système judiciaire comme un véritable labyrinthe (70 %).

Cet état de fait est d'abord relié à l'ignorance dans laquelle on tient les citoyens à propos de tout ce qui a trait au monde juridique et aux mécanismes judiciaires. Cette situation est entretenue malgré les efforts extraordinaires déployés par des organismes comme Éducaloi qui, à ce chapitre, offrent un exemple à suivre. Nul n'est censé ignorer la loi, mais qui peut raisonnablement prétendre la connaître?

Il faut convenir d'un fait très simple: il n'existe, ni dans le cadre des programmes scolaires actuels ni dans les médias électroniques, aucun espace de formation continue sur le droit ou sur le fonctionnement des institutions judiciaires. S'ensuit une absence généralisée de culture juridique et un traitement médiatique souvent superficiel de l'activité judiciaire qui répond surtout aux impératifs du sensationnalisme. Cette ignorance des conditions réelles où se déploie l'activité judiciaire nourrit des attentes démesurées envers les capacités de la justice contemporaine et, par extension, alimente le cynisme des citoyens.

Rigidités structurelles

À ces difficultés d'ordre pédagogique s'ajoutent d'autres problèmes d'ordre structurel. Il en va ainsi du cloisonnement de certaines cours dont on devrait unifier les juridictions. C'est notamment le cas en matière familiale où, pour des raisons historiques, les tribunaux se partagent des responsabilités différentes selon qu'on juge de questions de divorce, de protection de la jeunesse ou de violence conjugale. C'est également le cas en matières civile, criminelle et administrative, où la multiplication des instances aux juridictions biscornues fait du système judiciaire un véritable casse-tête.

En matière de procédure civile, une partie des difficultés est liée à l'action tardive du juge dans le cours de la trajectoire judiciaire. Dans la plupart des cas, celui-ci n'intervient actuellement qu'à la toute fin du litige, c'est-à-dire plusieurs mois (sinon plusieurs années) après la naissance du différend, une fois englouti l'essentiel des frais associés à la cause. Les coûts de ces procédures dépassent alors souvent la valeur réelle des enjeux qui justifient la poursuite, au détriment du «principe de proportionnalité» établi par le Code de procédure civile.

Les praticiens lui opposent cependant le principe qui établit que les parties restent «maîtres de leur dossier». Les tentatives de conciliation surviennent ainsi à un moment où le justiciable, devenu vulnérable, n'est plus en mesure d'évaluer la portée des procédures qui ont été engagées en son nom. L'absence du juge au cours de la préparation de l'instance et sa réticence à intervenir rapidement dans l'administration de la cause s'opposent ainsi, souvent, à l'intérêt du justiciable et à la saine administration de la justice.



L'absence de données fiables

Autre difficulté: l'absence quasi totale de données précises et vraiment fiables sur le fonctionnement de l'institution judiciaire. Cette pauvreté d'information est à l'image de la discrétion qui entoure le monde juridique: c'est affaire de spécialistes. On compte ainsi bien peu d'études empiriques sur le fonctionnement de la justice au Québec. Cette situation contraste avec les recherches conduites de façon continue et systématique dans le domaine de l'éducation, de la santé ou des services sociaux.

La pénurie d'information met incidemment la forteresse judiciaire à l'abri des critiques de la presse, des analystes et des citoyens, tous condamnés à une évaluation impressionniste de la situation. Les différents groupes de travail périodiquement mandatés par le ministère de la Justice pour se pencher sur l'un ou l'autre des problèmes auxquels l'activité judiciaire fait face n'ont jamais bénéficié des ressources et du temps qui leur auraient permis de mener les recherches nécessaires à leurs travaux.

Cet inconfort trouve d'autres assises encore, tantôt dans la suspicion entourant le mode de nomination des juges, tantôt dans la double fonction du Barreau et de la Chambre des notaires, chargés à la fois de défendre le citoyen et de promouvoir la profession. Là-aussi, d'importants changements sont maintenant nécessaires.



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Dimanche 23 mars 2008

Une enquête très critique sur le dispositif français de lutte contre le blanchiment de l’argent du crime vient d’être réalisée par trois chercheurs du CNRS, Gilles Favarel Garrigues, Thierry Godefroy et Pierre Lascoumes. Intitulé «Les banques sentinelles de l’anti-blanchiment», ce rapport se base sur une soixantaine d’entretiens avec les responsables de ce secteur au sein des grandes banques, des services de police concernés et du ministère de la Justice.

Tous ces acteurs dénoncent l’échec du système de lutte contre le blanchiment. Les banquiers critiquent l’absence de suivi de leurs «déclarations de soupçons» qu’ils transmettent à Tracfin, la cellule du ministère des Finances, dès qu’un mouvement bancaire leur semble suspect : sur 11 500 déclarations adressées à Tracfin en 2005, seulement 400 ont été transmises à la justice, les responsables bancaires déplorant «l’absence de moyens de Tracfin» et même son «incompétence». Quant aux magistrats et aux policiers, ils dénoncent «l’inutilité» des informations transmises par les banques, qui sont trop tardives et portent, dans la plupart des cas, sur de petites sociétés éloignées des réseaux criminels.

Ce rapport, financé par le Ministère de la Justice et le CNRS, révèle aussi l’échec des enquêtes sur le financement du terrorisme. Selon les magistrats et les policiers interrogés, sur la centaine d’affaires en cours, aucune n’a encore abouti. «Nous sommes en retard par rapport à ce qui se fait dans des pays tels que la Grande Bretagne, les Pays Bas et la Belgique», regrette l’un d’eux.

Toutefois, les auteurs de cette étude insistent sur l’investissement considérable réalisé par les banques – plusieurs dizaines de millions d’euros - pour mettre en place ce système anti-blanchiment, de la formation de cadres à l’installation des outils informatiques. Il faut dire que les établissements bancaires craignent les amendes de la Commission Bancaire (100 000 euros en 2006 pour le Crédit Municipal de Paris) infligées pour le non respect des obligations légales.

Même s’il est très critiqué, ce dispositif anti-blanchiment a tout de même permis de révéler la récente affaire de la caisse noire de l’UIMM. C’est en effet après une déclaration de soupçon d’une des agences parisiennes de BNP Paribas à Tracfin, suite aux retraits en liquide de Denis Gautier-Sauvagnac, que la Justice a pu enquêter sur ce dossier.


 


© Capital.fr


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Samedi 22 mars 2008


Jean-Marc Leclerc
19/03/2008 | Mise à jour : 22:10 |
Commentaires 17
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Cette centrale sera capable de traiter voix, images, mails et SMS à un rythme industriel.

La place Vendôme est en passe de se doter d'une super-plate-forme d'écoutes, sorte de «boîte noire» électronique, qui deviendrait l'intermédiaire obligatoire pour les juges d'instruction et les procureurs désirant mettre un téléphone sous surveillance. Cette structure rattachée au secrétariat général du ministère de la justice n'interviendrait pas sur l'opportunité des demandes qui resteraient confidentielles mais jouerait un rôle de gare de triage, agissant comme un «tiers de confiance» auprès des opérateurs de téléphonie sollicités à grande échelle au fil des enquêtes.

Une trentaine d'agents seraient amenés à y travailler. Chaque ministère concerné y contribuerait, à commencer par l'Intérieur. L'étude des besoins a fait l'objet d'un marché classifié confié à la société Solucom. Une mission spéciale de la Chancellerie s'intéresse actuellement de près au système d'interception mis en place dans les Länder allemands. À Paris, tout doit être prêt en théorie pour 2009. «C'est sans doute le dossier le plus sensible du cabinet Dati, tant l'idée de centralisation agite le spectre de la menace pour les libertés publiques», confie un haut magistrat. Ces écoutes judiciaires n'ont, bien sûr, rien a voir avec les 6 000 interceptions administratives annuelles contrôlées par Matignon. Il s'agit des mesures ordonnées dans le cadre des affaires criminelles ou correctionnelles les plus graves : 20 000 par an au bas mot. Mais on est loin de l'Italie ou des Pays-Bas avec leurs 100 000 écoutes annuelles !

Difficilement contrôlable

Techniquement, le nouveau Big Brother de la Chancellerie pourra traiter aussi bien la voix que les images, les données de connexion, comme la date et l'heure de l'appel, mais aussi les SMS, les mails et toute communication circulant sur Internet. À terme, transiteront par la plate-forme les données de géolocalisation des appels pour savoir d'où le suspect téléphone. «En temps réel !» s'enthousiasme un fonctionnaire de la Chancellerie.

La justice se sentait jusque-là prisonnière d'un système coûteux et difficilement contrôlable. On compte en France plus de 200 stations d'écoute installées dans les locaux mêmes de police et de gendarmerie pour l'essentiel. Elles sont louées aux services avec leur technicien de maintenance sur frais de justice. Ce sont ces privés qui ont en fait, avec les opérateurs de téléphonie comme Bouygues ou France Télécom, la maîtrise opérationnelle des écoutes. «Ce qui a induit les effets pervers liés aux situations de monopole», déplore un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Place Beauvau.

Dans un premier temps, le gouvernement a imposé des tarifs aux privés : 88 euros hors taxes, quelle que soit la durée, pour une interception, au lieu de 300 euros par mois pour certains intervenants. Mais certains opérateurs continuent à exagérer, facturant des «frais de dossier» ou de mystérieux «frais de pôle». La centrale Dati aura une vision exhaustive des flux et gérera la facturation. Le risque de «réquisitions sauvages», à l'insu du juge, disparaîtra.

Depuis septembre, une mini-plate-forme capte déjà des centaines de SMS par jour pour les OPJ. Mais elle est située dans les locaux non sécurisés d'une banlieue dont il vaut mieux taire le nom. «Un simple cocktail Molotov dans cette salle suffirait à paralyser l'intégralité du système national de surveillance des SMS», s'inquiète un juge. La super-centrale de la Place Vendôme sera sans doute mieux protégée. Et surveillée par une haute autorité. Bruno Thouzellier, le patron de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), le dit : «Il faudra des garanties sur le caractère non nominatif des informations qui y transitent.» A priori, la plate-forme saurait de quelle cour d'appel émane la demande, mais pas de quel juge. Et encore moins à propos de quelle affaire…

» LIRE AUSSI - Les salariés se pensent surveillés, lus et écoutés

 

21.03.2008

M’Dame Michèle (Allo Marie ?) première hackeuse de France.

En France il n'y a pas d'écoutes téléphoniques. Tout le politique vous l'affirme. Pauvres demeurés!

La plate-forme d'écoutes téléphoniques automatisée voulue par le ministère de la Justice sous l’impulsion de Rachida Dati, permettra l'interception des communications, mais aussi des SMS et des MMS et des ordinateurs.

Et très heureusement elle a du retard, pas avant un an. De quoi faire la révolution pénard.

Alors ?
Et bien j’ai copié le titre, très beau titre, de Raphaël, vive le vent.

Donc !
Vive le vent est, sera, un OS virtuel Fantôme, ne permettant pas l’identification de l’utilisateur. Et pan.

Et dans un an le gouvernement aura plus que du plomb dans les deux ailes du multi-Airbus en 400 Ghs

C'est donc dans un an que le ministère de la justice sera en mesure de traiter de façon automatisée et centralisée les écoutes téléphoniques grâce à cette plate-forme capable d'intercepter toutes les communications téléphoniques, mais aussi les mails, les SMS et MMS échangés sur les réseaux mobiles. La géolocalisation des correspondants, envisagée dès l'origine, ne devrait pas être possible à son lancement. En attendant, la justice dispose depuis septembre dernier d'un centre d'interception des SMS qui capterait, selon une source qui peut ne pas divulguer sa source, des centaines de SMS par jour pour le compte des officiers de police judiciaire.
Cette nouvelle plate-forme fera ainsi l'interface entre les juges d'instruction qui donnent le feu vert à ces écoutes, et les services d'enquêtes qui font la demande de la collecte d'informations. Et c’est là que ça coince si si. Quel est le judiciaire qui donne l’aval à la plate-forme ? Pour le ministère, il s'agit de réaliser 45 millions d'euros d'économies. En 2006, 20.000 écoutes ont été réalisées (contre moins de 12.700 en 2002), représentant un coût de près de 30 millions d'euros. Au point que la Cour des Comptes s'était alarmée il y a deux ans de l'envolée des frais de justice, notamment ceux des écoutes téléphoniques. Une envolée néanmoins maîtrisée depuis 2005 avec l'imposition de nouveaux tarifs par l'Etat.
Cette plate-forme d'écoute n'est pas le seul dispositif de surveillance des communications électroniques en préparation au gouvernement. La ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie a dévoilé il y a un mois la création de l'Office central contre la cybercriminalité (OCC), sur les bases de l'actuel Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLTIC). De 8 policiers et gendarmes le service va passer à 50 fonctionnaires, qui entre autre piloteront 150 cyberenquêteurs de la police judiciaire disséminés dans toute la France. En plus de surveiller le Web et de signaler des contenus illicites (xénophobie, pédophilie..) ils pourront mettre des ordinateurs sur "écoutes" pour obtenir des informations sur des suspects, sous le contrôle d'un juge, grâce à la mise en place de logiciels de hacking.


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Mercredi 12 mars 2008

DEBAT.

V.B.

mardi 11 mars 2008 | Le Parisien

(LP/HERVE OUDIN.)

(LP/HERVE OUDIN.)ZOOM

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De plus en plus de Français saisissent la justice pour obtenir réparation de petits préjudices ou régler des conflits mineurs. Pour les spécialistes, seules la médiation ou la conciliation peuvent résoudre cette tendance.

IL Y A BIEN SÛR les « doux dingues », comme les surnomme ce magistrat, qui inondent les tribunaux de requêtes loufoques, au motif, pour l'un, qu'une vendeuse a voulu se moquer de lui en lui vendant une veste trop grande parce qu'il est homosexuel. Ou, pour l'autre, que sa paire de chaussures neuve prend l'eau... Il y a surtout cette masse grandissante de Français qui n'hésitent plus à saisir la justice pour obtenir réparation d'un préjudice qui n'était imputé, il y a peu encore, qu'aux aléas de la vie.

« Pour un pot de fleurs tombé d'un balcon, il s'agit de trouver un responsable et de le faire payer, s'agace un juge. Ce sont des procédures souvent vouées à l'échec, qui vont nourrir le sentiment d'injustice et la frustration. C'est encore pire ! »

Improbables contentieux

La plupart des spécialistes relèvent cette tendance à la « judiciarisation » de la société qui envahit tous les domaines - santé, consommation, monde du travail, logement - et que des affaires comme celle du sang contaminé, de l'amiante ou de l'hormone de croissance ont légitimé. Au civil, comme au pénal, les tribunaux se trouvent saisis de contentieux de plus en plus variés. L'agence matrimoniale n'a pas su fournir l'âme soeur ? On réclame des dommages et intérêts. Le voyage en avion a viré au cauchemar ? On attaque pour « préjudice d'angoisse ». Le coq du voisin qui chante trop tôt, le bar du village trop près de l'église, l'horoscope du jour qui ne dit pas vrai... Tout, ou presque, peut aujourd'hui donner lieu à une procédure. « Les gens pensent que, la seule solution, c'est le rapport de forces. Alors, ils s'empressent de saisir le juge, constate Anne Caron-Deglise, la présidente de l'Association nationale des juges d'instance. Il ne faut pas pour autant déjudiciariser ces contentieux, car le tribunal est un lieu de pacification où l'on se parle. L'essentiel, c'est de systématiser le recours à la médiation et à la conciliation dans le cadre judiciaire avant que le juge ne se prononce. »

Ils ont beau se montrer critiques à son égard, les Français ont soif de justice, « comme si elle demeurait la seule institution capable de répondre à leurs problèmes », note Laurence Pécault-Rivolier, conseillère référendaire à la Cour de cassation. Et de citer l'exemple de cette femme au chômage qui réclamait des dommages et intérêts à EDF, après une coupure d'électricité, survenue alors qu'elle rédigeait son CV sur l'ordinateur. « Elle voulait être indemnisée de sa demi-journée de travail perdue, poursuit la magistrate. Il est évident qu'elle ne cherchait pas réparation de ce préjudice-là, anodin, mais de l'injustice dont elle se sentait victime depuis sa perte d'emploi. Cette personne attendait de nous, juges, ce que nous ne pouvions lui donner. »


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Samedi 8 mars 2008

 juges.jpg

Laurence de Charette
06/03/2008 | Mise à jour : 22:59 |
Commentaires 1
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Au sein de «pôles», les magistrats doivent travailler en équipe pour les affaires les plus complexes. Appliquée depuis le 1er mars, cette réforme bouscule les habitudes.

Les pôles de l'instruction, premiers effets visibles de l'après-Outreau, ont fait cette semaine leurs tout premiers pas dans les tribunaux. Depuis le 1er mars en effet, toutes les affaires criminelles, ainsi que les affaires correctionnelles les plus complexes, doivent être instruites dans un «pôle». L'idée, inspirée du drame d'Outreau, est qu'une affaire délicate ne soit plus confiée à un juge isolé. En même temps qu'elle a dressé les contours de la réforme de la carte judiciaire, Rachida Dati a sélectionné les tribunaux de grande instance devant abriter un «pôle» et ceux qui perdraient, à l'avenir, leur juge d'instruction. 91 tribunaux ont ainsi été hissés au rang de «pôle» par un décret, le 18 janvier dernier. Depuis le 1er mars, ils ont donc vu arriver plusieurs nouveaux dossiers transmis par leurs voisins.

Mais cette nouvelle règle fait grincer quelques dents. Les magistrats instructeurs notamment s'inquiètent de la nouvelle charge de travail qui devrait leur échoir : l'intérêt de la création des pôles, c'est le travail en équipe, et donc la «co-saisine», dans le jargon judiciaire, c'est-à-dire le fait de travailler à deux sur un même dossier. Pour faire face à ce nouveau fonctionnement, la Chancellerie a promis 34 créations de postes, qui, en dehors de 4 personnes attendues prochainement, ne devront être pourvus qu'à l'automne prochain. Cette semaine, le pôle de Coutances (Manche) ne tournait qu'avec un seul magistrat sur place…

Par ailleurs, une trentaine de postes d'instruction ont été proposés à des magistrats tout juste sortis de l'ENM, qui arriveront en septembre prochain dans de petites juridictions où un tiers d'entre eux seront à la fois débutants et seuls situation justement décriée à la suite de l'affaire d'Outreau.

 

Changement culturel et accroissement des effectifs

Aujourd'hui, «les postes de juges d'instruction dans les petits tribunaux ne traitant plus que de “petites affaires”, ils deviennent très peu attractifs et n'attirent donc pas les candidatures des magistrats expérimentés», explique Christophe Regnard, juge d'instruction et membre de l'Union syndicale des magistrats, qui milite pour des créations de postes.

L'année suivant le fiasco judiciaire, la Chancellerie avait pourtant réduit le nombre de postes de juges d'instruction offerts aux débutants…

Par mail, les juges d'instruction s'interrogent déjà entre eux. À Villefranche-sur-Saône, un substitut du procureur se demande si un dossier criminel urgent doit vraiment être transmis au parquet voisin estampillé «pôle». À la cour d'appel de Rouen, un magistrat s'indigne de voir une affaire de mœurs minimisée selon lui pour ne pas être qualifiée de criminelle et devoir être cédée au «pôle» d'à côté.

«La nouvelle donne exacerbe la concurrence entre les tribunaux», reconnaît Thierry Lefevre, président de l'Association française des magistrats instructeurs, pourtant favorable à l'évolution de l'instruction vers un travail d'équipe. «Le parquet travaille en groupe, les avocats peuvent intervenir à plusieurs sur un dossier. Il n'y a pas de raison que le juge d'instruction reste isolé», explique-t-il.

Mais, comme la plupart des professionnels, c'est encore la deuxième étape, prévue dans la loi, qui l'inquiète le plus : à partir de janvier 2010, tous les dossiers devraient être traités en «collégialité», par un minimum de trois personnes. Ce qui supposerait, si le texte est appliqué à la lettre, un changement culturel certain, mais aussi un accroissement très important des effectifs

Manque d’ambition pour les pôles d’instruction
l'Humanité - 4 mar 2008
Justice . L’une des réformes phares héritées du fiasco d’Outreau est entrée en vigueur ce samedi. Les juges dénoncent l’insuffisance de moyens. ...
La fin de la solitude du ...
Nord Eclair.fr - 3 mar 2008
C’est, du moins, l’ambition affichée par la réforme qui crée les pôles de l’instruction. C’était une des préconisations de la commission d’enquête sur ...

 


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Mardi 4 mars 2008

 

 
 Toulouse-Palais.jpg

Plus lumineux et plus spacieux. Hier, le nouveau palais de justice a ouvert ses portes allées Jules-Guesde, quinze après le lancement du projet et plus de trois ans après le démarrage des travaux. Finies les audiences dans les préfabriqués. Désormais les cinq salles du tribunal de grande instance (TGI) jalonnent la salle des pas perdus, où l'on peut admirer une partie du rempart médiéval de la ville. « Les audiences se déroulaient dans des bungalows, ce qui n'était pas très digne pour la justice. Maintenant nous avons des bureaux bien insonorisés pour pouvoir y travailler tranquillement », explique Gilbert Cousteaux, premier vice-président du TGI.

Durant sept jours, 226 personnes se sont attelées au déménagement de 6 000 cartons de dossiers pour intégrer ces 13 200 m2 de construction neuve. « Ce fut enthousiasmant pour le personnel, qui attendait depuis longtemps d'intégrer ce nouveau site. Même les avocats disent qu'ils ont maintenant un lieu de rencontre grâce à la salle des pas perdus », souligne Isabelle Bosi-Vaï, directrice du greffe. En attendant que les justiciables s'y retrouvent, Daniel, agent de police depuis 1996 au tribunal, se charge de les guider. « Il est plus pratique et plus fonctionnel, mais moi qui ai connu l'ancien, le provisoire et le nouveau, je suis un peu nostalgique du premier et de son côté familial », assure-t-il à six semaines de la retraite. Il devra attendre l'année prochaine pour voir la transformation définitive. En 2009, le service des affaires familiales, celui de l'application des peines et le tribunal pour enfants intégreront à leur tour le nouveau palais.


B. C. - ©2008 20 minutes


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Mardi 26 février 2008

Un jugement prononcé un peu plus d'un mois après les faits c'est rarissime en Belgique. Cela est rendu possible via la procédure de comparution immédiate créée lors de l'euro 2000 essentiellement pour les faits de hooliganisme.
imprimer envoyer à un ami
27 fév 2008 06:43

 

C'est cette procédure qu'a appliquée le tribunal correctionnel de Tournai pour sanctionner un voyageur qui s'est montré violent dans un train. Les faits remontent au 21 janvier dernier autant dire que les choses n'ont pas traîné.
 
180 heures de travail d'intérêt général, le jugement a été prononcé 36 jours à peine après l'agression.
Une agression d'accompagnateur de train via un couteau que l'avocat de la défense aurait préféré plaider dans un contexte classique.
 
Pour la défense de la partie civile rien dans l'affaire ne nécessitait des devoirs complémentaires d'enquête. Maître Daniel Leclercq représentait les intérêts de la SNCB. Il se félicité de la manière dont les choses évoluent dans les transports en commun.

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Lundi 18 février 2008

 

Un cambrioleur a été surpris en pleine tentative de vol, la nuit de vendredi à samedi, dans les locaux du parquet de police situés dans le Palais de Justice de Charleroi, a-t-on appris samedi auprès du parquet.

L'individu n'a pas eu le temps d'emporter quoi que ce soit : son intrusion a déclenché le système d'alarme et a alerté le service de surveillance. Il s'est laissé appréhender et il a été déféré samedi devant le magistrat de garde. Il était déjà connu pour des faits similaires.

Un vol avait été commis il y a quelques semaines dans les locaux du même parquet de police, mais cette fois, le voleur avait emporté un butin : du matériel informatique. (belga/7sur7)


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Vendredi 8 février 2008
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Tribunal de grande instance de bordeaux
Les Echos Judiciaires du 22 janvier 2008
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L’activité du Tribunal de grande instance de Bordeaux est soutenue, que ce soit au civil ou au pénal. Dans l’attente d’un audit interne et en l’absence de moyens supplémentaires, les magistrats doivent continuer à faire face à une charge de travail difficilement gérable.

Rigueur. A écouter les discours du procureur de la République Claude Laplaud, et de Christian Riss, Président du Tribunal de grande instance de Bordeaux, mercredi dernier lors de l’audience solennelle de rentrée, on croit entendre ce mot en filigrane et dans ses deux acceptions. D’un côté, plus que la sévérité, c’est la méthode efficace, précise, bien réglée de la justice pénale qui est mise en exergue par le procureur, avec d’abord un hommage appuyé aux forces de l’ordre.
Le magistrat salue « le travail acharné des personnels et un commandement de qualité » qui ont permis en 2007 d’améliorer le taux d’élucidation concernant les crimes et délits.
Ce taux atteint 36 % des affaires, en hausse de 9 % par rapport à 2006 et de 21 % par rapport à 2005. Il note également une diminution assez générale du nombre d’infractions : -4,5 % de crimes et délits constatés, -14 % concernant la délinquance de voie publique, baisse des infractions contre les biens et des atteintes aux personnes, même si là des hausses sont constatées en Gironde sur Arcachon (de 120 faits en 2006 à 187 en 2007) et en zone gendarmerie (+9 % sur l’année).

audit interne en cours

Mais l’activité pénale du TGI reste soutenue. Les services du procureur ont vu passer 131 000 affaires, dont 45 000 étaient susceptibles de donner lieu à des poursuites. 37 000 ont finalement reçu une réponse pénale. Si Claude Laplaud se réjouit de pouvoir annoncer un meilleur recouvrement des amendes puisque le Trésor Public a recouvré environ 4 millions d’euros en 2006, « largement le double de 2005 », « force est de reconnaître, dit-il, que tout est loin d’être parfait ». Le magistrat du parquet s’inquiète des délais pour rendre les décisions, parfois dix mois d’attente voire plus. Alors, « à qui la faute ? A la police et à la gendarmerie qui ont amélioré les élucidations ? Non, bien sûr. […] A la Chancellerie qui ne nous donne pas plus ? Ce serait oublier qu’elle est contrainte par la réduction des effectifs de fonctionnaires. » Reste la juridiction elle-même. « Un audit est en cours » annonce-t-il, laissant entendre de possibles « gains de productivité » avant d’admettre que « la machine tourne à peu près partout à plein régime ». Il faut donc développer les solutions alternatives, diversifier les réponses pénales, en particulier la composition pénale pour le contentieux routier.

Manque de personnels

De l’autre, la rigueur, dans la bouche de Christian Riss, c’est l’austérité de la justice démunie. Son discours, réduit par manque de temps, évoque à plusieurs reprises le manque de moyens budgétaires. « Aucune des créations d’emplois demandées n’a été obtenue et […] la situation sera comparable en 2008. » Plus grave, les crédits de personnels sont en baisse et conduiront à « une diminution de 4 équivalents temps plein travaillés de magistrats et de 15 ETPT de fonctionnaires. Une fois encore, il sera demandé plus avec moins de moyens. »
Le magistrat du siège est mesuré dans ses propos. Il n’y a pas dans la grande salle qui accueille pendant l’année les audiences de Cour d’Assises d’éclat de voix, de critique ouverte du Ministère de la Justice.
Mais l’on sent bien que les difficultés existent. « La charge de travail par magistrat au TGI a été classée cette année encore au n°1 des 10 plus importants tribunaux de France. C’est un palmarès dont nous nous dispenserions volontiers. » Christian Riss craint aussi que le pénal ne prenne trop de place par rapport au civil, une crainte déjà exprimée l’an dernier et qui « s’est concrétisée. […] Cela n’est pas sans conséquence sur la forte demande de nos concitoyens, pour lesquels la justice ne doit pas être uniquement répressive, mais à leur service pour la pacification de leurs conflits, dans le respect du droit et des obligations de chacun. »
Avec un nombre d’affaires en hausse de près de 8 % en chambre de la construction et de 4,38 % en matière familiale, le Président du TGI plaide lui aussi pour d’autres formes de traitement des contentieux pour accélérer la prise de décision, une redistribution plus urgente « que la suppression immédiate des petites juridictions dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire ».
Une note positive vient néanmoins conclure les débats : la numérisation des procédures pénales avance et la visioconférence fait ses preuves. Christian Riss espère que ces innovations techniques contribueront « à améliorer le fonctionnement des services […] et à offrir à tous un accès facilité à la justice ».
Vincent TRIDON

Légende photo : Le TGI de Bordeaux cherche les solutions pour faire face à l’activité soutenue, au civil et au pénal

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Vendredi 8 février 2008

 

08/02/2008 03:26

 

Une bombe a explosé dans la nuit de jeudi à vendredi devant le tribunal de Bergera au Pays Basque espagnol, provoquant d'importants dégâts matériels, mais sans faire de victime, ont annoncé les médias espagnols.

 

L'explosion, qui est intervenue peu après minuit, a été précédée quelques minutes auparavant d'un appel anonyme aux pompiers de cette localité de la province de Guipuzcoa. L'organisation séparatiste armée ETA est soupçonnée, mais l'appel ne revendiquait toutefois pas spécifiquement l'attentat au nom de l'ETA. (BVH) ./. ()


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